Israël hausse le ton d'un cran: «Nos avions peuvent certainement atteindre l'Iran»

Un chasseur F-16 israélien dans une photo d'archives. Même avant la Guerre de 1967, la force aérienne israélienne constitue la pierre angulaire de l'armée de l'Etat hébreu. (Photo, AFP/Archives)
Un chasseur F-16 israélien dans une photo d'archives. Même avant la Guerre de 1967, la force aérienne israélienne constitue la pierre angulaire de l'armée de l'Etat hébreu. (Photo, AFP/Archives)
Le ministre Eli Cohen a en outre souligné qu'en plus de refuser à l'Iran les moyens d'enrichir de l'uranium et de développer des missiles balistiques, les puissances mondiales devraient l'empêcher de «déstabiliser d'autres pays» et de financer des milices. (Photo, Getty Images/Archives)
Le ministre Eli Cohen a en outre souligné qu'en plus de refuser à l'Iran les moyens d'enrichir de l'uranium et de développer des missiles balistiques, les puissances mondiales devraient l'empêcher de «déstabiliser d'autres pays» et de financer des milices. (Photo, Getty Images/Archives)
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Publié le Vendredi 30 avril 2021

Israël hausse le ton d'un cran: «Nos avions peuvent certainement atteindre l'Iran»

  • Le ministre israélien des Renseignements, Eli Cohen, affirme qu'un «mauvais accord sur le nucléaire avec l'Iran ferait basculer la région dans une guerre»
  • «Israël ne permettra jamais à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. L'Iran ne dispose pas de la moindre immunité»

JÉRUSALEM: Le ton des avertissements israéliens est monté d’un cran jeudi, quand un ministre s’est exprimé contre ce qu’il estime être une mauvaise affaire, à savoir le nouvel accord nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales, et affirmé qu’une guerre avec Téhéran suivrait inévitablement.

Le président Joe Biden explore un possible retour des États-Unis à l'accord de 2015 afin de contenir le programme nucléaire iranien, abandonné par son prédécesseur Donald Trump. Parallèlement, Israël intensifie les appels pour que des restrictions plus radicales soient imposées aux technologies et aux projets sensibles de la République islamique.

L'Iran, qui a repris cette semaine des pourparlers indirects avec des envoyés américains à Vienne, écarte toute nouvelle limite de ses activités. À l’ordre du jour, des discussions afin que Téhéran cesse ses transgressions vengeresses de l’accord en échange de la suppression des sanctions réimposées par Trump.

Réitérant la position d’Israël, qui ne se considère pas lié par la diplomatie, le ministre des Renseignements, Eli Cohen affirme que «mauvais accord ferait basculer la région dans une guerre».

«Quiconque recherche des avantages à court terme doit être conscient du long terme», dit-il à Reuters. «Israël ne permettra jamais à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. L'Iran ne dispose pas de la moindre immunité. Nos avions peuvent atteindre les quatre coins du Moyen-Orient, et ils peuvent certainement atteindre l’Iran».

Téhéran affirme que ses ambitions nucléaires sont pacifiques.

Cohen a en outre souligné qu'en plus de refuser à l'Iran les moyens d'enrichir de l'uranium et de développer des missiles balistiques, les puissances mondiales devraient l'empêcher de «déstabiliser d'autres pays» et de financer des milices.

Les pourparlers de Vienne ont été éclipsés par ce qui semblait être des attaques de sabotage réciproques contre des navires israéliens et iraniens, ainsi qu’une explosion à l’usine d’enrichissement iranienne de Natanz, imputée par Téhéran à Israël.

Cohen, conformément à la politique israélienne, s’est refusé à tout commentaire.

Cette semaine, Israël a envoyé de hauts délégués à Washington pour discuter du dossier iranien avec ses homologues américains. Selon la Maison Blanche, les alliés sont d’accord sur la «menace importante» que pose le comportement régional de l’Iran.

L'ambassadeur israélien aux États-Unis, Gilad Erdan, affirme que l'administration Biden va consulter Israël au sujet de tout nouvel accord nucléaire, quoi que ce dernier semble toujours loin.

«Nous croyons, avec regret, que les Iraniens refuseront d’avoir une telle discussion», a-t-il déclaré à la radio publique israélienne Kan, faisant allusion à l’insistance de l’Iran à rétablir l’accord initial, que Trump trouvait trop limité en portée et en durée.

«Mais s'il s’avère que nous nous sommes trompés, et que les Américains réussissent à obtenir une discussion sur un accord différent et meilleur, nous ferons certainement partie de cette discussion. Nous l'avons clairement indiqué, et l'administration Biden s'en réjouit, bien sûr».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com