Des femmes juges attaquent les banques au Liban

 La juge Ghada Aoun avait déjà été écartée d'une enquête sur d'éventuelles violations des règles d'exportation de devises. (Photo Twitter)
La juge Ghada Aoun avait déjà été écartée d'une enquête sur d'éventuelles violations des règles d'exportation de devises. (Photo Twitter)
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Publié le Vendredi 30 avril 2021

Des femmes juges attaquent les banques au Liban

  • Les juges Ghada Aoun, Amani Salameh et Rania Rahme ont rendu des décisions contre les principaux établissements financiers du pays ces dernières semaines
  • «Elles sont proches des gens. Elles ne rendent pas visite aux politiciens dans leurs palais et ne recherchent pas la bénédiction des dirigeants politiques»

BEYROUTH: Deux juges libanaises, Ghada Aoun et Amani Salameh, sont devenues des héroïnes du jour au lendemain pour une génération de jeunes qui se lèvent contre une autorité au pouvoir qu'ils perçoivent comme corrompue.

Jeudi, une troisième juge, Rania Rahme, s’est jointe au duo, en rendant une décision imposant une amende de 200 millions de livres libanaises (près de 133 000 dollars: 1 dollar = 0,83 euro) après le refus de la Byblos Bank d’appliquer sa décision de transférer les frais de scolarité universitaires à un étudiant libanais à l'étranger. Cette décision était basée sur la loi sur le «Dollar étudiant» adoptée par le Parlement en octobre dernier mais non appliquée par les banques.

La décision de Rania Rahme est la première amende à être infligée par la justice libanaise aux banques pour les contraindre à appliquer cette loi.

Une source judiciaire s'adressant à Arab News a décrit la promotion autour des décisions des trois juges sur les réseaux sociaux et dans certains médias comme une bataille héroïque. La source a déclaré que les décisions seraient probablement annulées en appel.

Le militant et avocat Hassan Bazzi déclare que les décisions prises contre les banques sont le signe que l'Association des juges libanais – à laquelle les trois juges sont affiliées, selon lui – lutte contre la corruption et veut que le pouvoir judiciaire soit son propre maître.

«Ces juges n'ont pas d'agenda politique», souligne-t-il. «Elles sont proches des gens. Elles ne rendent pas visite aux politiciens dans leurs palais et ne recherchent pas la bénédiction des dirigeants politiques. Je les connais bien.»

«Ces jeunes juges sont courageuses. Il n’est pas vrai que les décisions seront annulées en appel. Il existe de nombreux exemples de femmes juges dont les décisions ont été approuvées», poursuit-il. 

Mercredi, Amani Salameh – la première juge d’instruction de la Bekaa (gouvernorat) – a rendu une décision ordonnant la saisie des actions et parts des accusés dans des sociétés et des biens immobiliers et de leur argent à l’intérieur et à l’extérieur du territoire libanais.

Sa décision se fondait sur une plainte déposée par des plaignants du groupe de la société civile «People Want to Reform the System» contre les présidents des banques. Cette accusation repose sur des «abus de confiance, de fraude, de faillite négligente et frauduleuse, de formes de fraude, de contrebande de fonds pour nuire aux déposants, d'atteinte à la réputation financière de l'État, de blanchiment d'argent, d'échange d'argent sans licence et de création d'associations criminelles».

Les banques libanaises ont gelé les comptes des déposants en dollars et ont interdit les transferts internationaux après le début de la crise de pénurie de dollars dans le pays, fin 2019.

Les banques ont décidé de payer les dépôts saisis en livres libanaises sur la base d'un taux de change du dollar de 3 900 livres libanaises et ont imposé des plafonds sur les retraits, alors que le taux de change sur le marché noir était trois fois supérieur à ce chiffre.

Des militants et des avocats sur les réseaux sociaux ont qualifié la décision d’Amani Salameh comme «un précédent dans l’histoire des poursuites pénales engagées contre des banques et leurs conseils d’administration». D'autres membres de l’appareil judiciaire ont toutefois minimisé l'importance de la décision.

Amani Salameh est à la tête de l'Association des juges libanais, un organe représentatif formé lors du soulèvement d'octobre 2019 et distinct des organes judiciaires existants.

Elle a fait l'objet de controverses, notamment après sa fameuse déclaration au lendemain de l'explosion du port de Beyrouth en août 2020, dans laquelle elle accusait le corps judiciaire d'être «absent» et «d'accepter d'être rendu invisible par les politiciens».

Elle a également accusé «le procureur général auprès de la Cour de cassation et le parquet financier d’avoir conclu des accords avec les banques et de garder le silence sur l’enquête relative aux comptes suspects».

La décision d’Amani Salameh concernant les présidents de banque a été actée par Ghada Aoun, procureur de la République du Mont-Liban. Cette dernière a auparavant été accusée par le Conseil supérieur de la magistrature de «se rebeller» contre une décision du procureur de la Cour de cassation de l’écarter d'une enquête sur d’éventuelles violations des exportations de devises et de la renvoyer à l’Inspection judiciaire à la suite de plusieurs plaintes à son encontre.

La juge Aoun a également fait l'objet d’une controverse au cours des deux dernières semaines après avoir effectué une descente dans les bureaux de la société de change Mecattaf en compagnie de partisans du Courant patriotique libre (CPL).

Le dernier de ces «raids» a eu lieu lundi dernier à minuit, lorsqu'elle a appris que le juge Samer Lisha, qui a été nommé pour la remplacer, se trouvait dans les locaux de la société.

Ghada Aoun s'y serait rendue pour empêcher Samer Lisha d’interférer dans l'affaire et aurait expliqué qu'elle n'était pas concernée par une quelconque décision rendue à son encontre. Elle s’est attiré un soutien considérable pour ses actions de la part du grand public.

Les militants du CPL l’ont qualifiée de «plus audacieuse que les juges masculins pour rendre des jugements au nom du peuple et dans son intérêt».

Elle a cependant également fait l'objet de campagnes contre elle de la part d'autres militants et personnalités publiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
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  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com