Les migrants mineurs non accompagnés face aux risques des Balkans

Le jeune Rom Ainour Gashi regarde par la fenêtre de sa nouvelle maison à Belgrade le 28 mars 2018.  (Andrej Isakovic/ AFP)
Le jeune Rom Ainour Gashi regarde par la fenêtre de sa nouvelle maison à Belgrade le 28 mars 2018. (Andrej Isakovic/ AFP)
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Publié le Dimanche 23 août 2020

Les migrants mineurs non accompagnés face aux risques des Balkans

  • Dans le parc, un jeune Afghan aux yeux verts, âgé de 14 ans, raconte qu'il est parti en février après que les talibans ont tué son père, ses deux frères aînés et ses deux oncles
  • Près d'un tiers de jeunes migrants ont subi des violences, physiques, psychologiques et sexuelles, selon des chiffres de Médecins sans frontières (MSF)

BELGRADE : Dans un parc de Belgrade, un groupe de garçons, assis sur l'herbe, profitent du soleil, mais il ne s'agit pas d'un pique-nique.

Ce sont des "mineurs non accompagnés", le nom officiel donné à une des catégorie les plus vulnérables de migrants. Ils voyagent des milliers de kilomètres seuls, sans leurs proches, et doivent, en route, contacter des trafiquants pour franchir les frontières.

Bien que la dite "route des Balkans" ait officiellement été fermée en 2016, la région connaît une nouvelle vague de réfugiés qui affluent en dépit de la pandémie du coronavirus.

Quelque 30.000 ont été enregistrés en Serbie dans la première moitié de 2020, près de trois fois plus que l'année dernière.

1.200 d'entre eux sont des mineurs, le plus jeune ayant tout juste sept ans.

Dans le parc, un jeune Afghan aux yeux verts, âgé de 14 ans, raconte qu'il est parti en février après que les talibans eurent tué son père, ses deux frères aînés et ses deux oncles.

"Ma mère a décidé que je devais partir", a dit à l'AFP Ahmed, dont le nom a été changé pour les besoins de cette histoire.

Six mois, 4.000 km, la plupart franchis à pied, et cinq Etats plus tard, le voilà en Serbie.

"Lorsqu'on est passé d'Afghanistan en Iran, nous avons pris la route des montagnes. Il neigeait, 12 personnes sont mortes de froids", se souvient l'adolescent d'une voix tremblante.

Stress post-traumatique

Les jeunes comme Ahmed font face à d’innombrables dangers. Les trafiquants, les polices des frontières, trouver des endroits pour dormir dans des pays étrangers sont autant d'agissements porteurs de risques.

Près d'un tiers ont subi des violences, physiques, psychologiques et sexuelles, selon des chiffres de Médecins sans frontières (MSF).

Ils font état de "chantages, tortures et viols", a déclaré à l'AFP Natasa Toskic, ancienne psychologue auprès de MSF.

La majorité souffrent de troubles anxieux, de dépression, d'abus de substances illicites, de problèmes de comportement agressif et auto-agressif.

"Ceux souffrant du SSPT (syndrome de stress post-traumatique) sont plus nombreux que ceux n'affichant aucun symptôme", a-t-elle précisé.

Les centres d'accueil peuvent eux-aussi être dangereux.

En juin, une vidéo est apparue montrant des gardiens en train de frapper et battre des mineurs dans le camp de Bogovadja, où un employé du centre social est en charge de 330 enfants.

En mars, six migrants ont été arrêtés en Bosnie, soupçonnés de viol sur plusieurs mineurs dans un camp.

 Violences policières

Les Balkans ont été traversés par des centaines de milliers de migrants depuis 2015. Bien que la route soit officiellement fermée, les trafiquants trouvent des moyens de passer les réfugiés, parfois en entassant vingt d'entre eux dans une seule voiture.

Belgrade est un centre majeur. Depuis la capitale serbe, les trafiquants font passer les migrants vers la Hongrie, la Croatie et la Bosnie voisines.

Les prix montent jusqu'à plus de 8.000 euros par migrants, les poussant dans d'importantes dettes, note Vladimir Sjekloca de l'ONG Centre pour la politique de crise et la réaction.

"Ils ne peuvent payer qu'une partie de la sommes", dit-il a à l'AFP. En conséquence, certains laissent les jeunes sur place dans "une forme d'esclavage".

Tous les enfants sollicités par l'AFP ont évoqué des violences policières lorsqu'ils sont interceptés dans les zones frontalières, un fait que tous les pays de la région nient ou traitent comme des "incidents".

La plupart de ces repoussées violentes sont l'oeuvre des polices croates et hongroises, selon des témoignages réunis par l'ONG Réseau de surveillance des violences frontalières.

En 2020, 40 incidents contre des groupes de migrants au sein desquels se trouvaient des mineurs, y compris un bébés de cinq mois, ont été rapportés par cette organisation.

Rester en Serbie

Karox Pishtewan, un réfugié kurde est arrivé en Serbie il y a trois ans, "la peur au ventre", âgé de 16 ans.

Après un passage dans un orphelinat, il est un des rares à avoir obtenu un statut de réfugié en Serbie et est employé depuis comme traducteur dans une organisation de défense des droits de l'Homme. 

Agé aujourd'hui de 19 ans, le jeune homme à la barbe taillé a maintenant son appartement à Belgrade.

"Partout en Europe c'est pareil, vous êtes le migrants et l'étranger", dit-il à l'AFP, expliquant qu'il s'efforce de persuader d'autres jeunes migrants de rester.

Quand il est entré en Serbie, le pays était salué pour son approche humaine à la crise des migrants, à la différence des pays voisins qui érigeaient des clôtures à leurs frontières et avait un discours hostile aux migrants.

Mais la plupart souhaitent poursuivre leur route en dépit des risques.

"Je n'ai pas le choix, je sais que la mort menace en route, mais elle menace à la maison aussi, il n'y a pas de différence", dit Ahmed.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".