Négociations avec l’Iran: Riyad veut des «actes vérifiables»

L’ambassadeur Rayed Krimly, chef de la planification politique au ministère saoudien des Affaires étrangères
L’ambassadeur Rayed Krimly, chef de la planification politique au ministère saoudien des Affaires étrangères
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Publié le Lundi 10 mai 2021

Négociations avec l’Iran: Riyad veut des «actes vérifiables»

  • Les propos de l’ambassadeur Krimly étaient la première confirmation publique saoudienne que Riyad et Téhéran, qui ont coupé les ponts en 2016, tenaient des pourparlers directs
  • Le prince héritier saoudien a déjà affirmé que, même si le Royaume a un problème avec le « comportement négatif » de Téhéran, il souhaite entretenir de bonnes relations avec l’Iran

DUBAÏ : Un représentant officiel du ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré vendredi que les pourparlers entre l’Arabie saoudite et l’Iran visent à réduire les tensions régionales, mais a ajouté qu’il était encore trop tôt pour en juger le résultat et que Riyad souhaitait voir des « actes vérifiables ».

Les propos de l’ambassadeur Rayed Krimly, chef de la planification politique au ministère, étaient la première confirmation publique de Riyad que les rivaux, qui ont coupé les ponts en 2016, tenaient des pourparlers directs.

« En ce qui concerne les négociations actuelles entre l’Arabie saoudite et l’Iran, elles visent à étudier les moyens de réduire les tensions dans la région », indique M. Krimly à Reuters.

« Nous espérons qu’elles s’avèreront efficaces, mais il est encore trop tôt et prématuré pour tirer des conclusions définitives. Notre évaluation sera basée sur des actes vérifiables, et non sur des proclamations ».

Il a refusé de fournir des détails sur les pourparlers, mais les responsables et les sources régionaux avaient déclaré à Reuters que les discussions portaient sur le Yémen et l’accord sur le nucléaire de 2015 entre les puissances mondiales et l’Iran, auquel Riyad s’était opposé.

Le président irakien a mentionné mercredi que Bagdad avait accueilli plus d’un cycle de négociations entre l’Arabie saoudite et l’Iran, dont la rivalité s’est traduite par des conflits par procuration dans la région, notamment au Yémen.

Selon M. Krimly, la politique saoudienne avait été expliquée « très clairement » par le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a affirmé le mois dernier que, même si le royaume musulman sunnite a un problème avec le « comportement négatif » de Téhéran, il souhaite entretenir de bonnes relations avec l’Iran chiite.

La guerre au Yémen

Les tensions entre Riyad et Téhéran se sont envenimées en raison de la guerre au Yémen, où un groupe houthi, aligné sur l’Iran, a multiplié ses attaques contre l’Arabie saoudite. Les tensions entre les deux puissances du Golfe se sont également accentuées après l’attaque, en 2019, d’installations pétrolières que Riyad a imputée à l’Iran, accusation démentie par Téhéran.

Riyad a soutenu la décision de l’ancien président américain Donald Trump en 2018 de se retirer du pacte nucléaire car il ne traitait pas du programme de missiles et du comportement régional de Téhéran. Après les sanctions ré-imposées par Trump à l’Iran, Téhéran a répondu en enfreignant plusieurs restrictions nucléaires.

Au cours des pourparlers de Vienne, les puissances mondiales tentent de convaincre les États-Unis et l’Iran de respecter à nouveau pleinement l’accord. L’Arabie saoudite, quant à elle, les a exhortés à conclure un accord plus solide.

Riyad et Téhéran ont également soutenu des parties opposées au Liban et en Syrie, où l’Iran a soutenu le président Bachar al-Assad.

Les États du Golfe ont été alarmés par l’influence croissante de l’Iran, de la Russie et de la Turquie, pays non arabes, en Syrie, notamment après la suspension de l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe en 2011 en raison de la répression des manifestants au début de la guerre civile.

M. Krimly a indiqué que les récents articles de presse selon lesquels le chef des services de renseignement saoudiens avait eu des entretiens à Damas étaient inexacts.

Il a souligné que la politique saoudienne à l’égard de la Syrie demeurait fondée sur le soutien au peuple syrien, en vue d’une solution politique sous l’égide des Nations unies et conforme aux résolutions du Conseil de sécurité, ainsi que de l’unité et de l’identité arabe de la Syrie.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".