Tous les efforts de paix au Yémen ont échoué, déplore l'envoyé de l'ONU

Martin Griffiths, envoyé de l'ONU pour le Yémen. (Photo, Reuters/Archives)
Martin Griffiths, envoyé de l'ONU pour le Yémen. (Photo, Reuters/Archives)
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Publié le Jeudi 06 mai 2021

Tous les efforts de paix au Yémen ont échoué, déplore l'envoyé de l'ONU

  • «Pendant ce temps, la guerre se poursuit sans relâche, et cause d'immenses souffrances à la population civile»
  • Les Houthis exigent des vols directs de Sanaa vers l’Iran, la Syrie et le Liban, mais d'aucuns savent que ces vols permettront d’acheminer des armes et des renforts à la milice

AL-MUKALLA: Martin Griffiths, envoyé de l'ONU pour le Yémen, a déclaré mercredi que les factions en guerre au Yémen ne sont pas près de conclure un accord et mettre fin à la guerre, malgré les efforts diplomatiques considérables déployés jusque-là.

«Nous discutons de ces questions depuis plus d'un an maintenant, et la communauté internationale nous appuie sans réserve», affirme-t-il dans un communiqué. «Malheureusement, nous ne sommes pas dans une situation où nous pouvons parvenir à un accord. Pendant ce temps, la guerre se poursuit sans relâche, et cause d'immenses souffrances à la population civile».

L'annonce survient au moment où le président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi a ordonné à son gouvernement d'intensifier le soutien militaire aux troupes de l'armée et aux membres des tribus dans la province de Marib, dans le but de repousser les milices houthis soutenues par l'Iran.

Clôturant une série de réunions d'une semaine à Riyad et à Mascate, Griffiths affirme que les dernières discussions portent sur l'arrêt de l'assaut des Houthis contre Marib et l'assouplissement des restrictions sur les ports de Hodeidah ainsi que l'ouverture de l'aéroport international de Sanaa.

«Je vais continuer d'impliquer tous les acteurs et parties concernés sans relâche pour leur offrir les occasions de trouver des terrains d'entente et faire avancer les efforts de paix», a souligné Griffiths.

Trois responsables au courant des pourparlers à Mascate et à Riyad affirment à Arab News que les Houthis ont refusé de rencontrer l'envoyé de l'ONU et Tim Lenderking, l’envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen, dans la capitale omanaise, Mascate.

Les milices houthies insistent plutôt pour l’ouverture de l’aéroport de Sanaa à des destinations illimitées, en particulier l’Iran, la levée des restrictions imposées au port maritime, ainsi que l’arrêt complet des frappes aériennes de la coalition arabe, avant même d’envisager de mettre un terme à leur offensive meurtrière sur la ville centrale de Marib.

«Nous ne leur faisons pas confiance, ils n'ont jamais respecté aucun accord», martèle un haut responsable du gouvernement, sous couvert d'anonymat car il n'était pas autorisé à parler aux médias.

Le même responsable indique également que le gouvernement yéménite acceptera d'ouvrir des vols depuis l'aéroport de Sana'a vers l'Inde, l'Égypte, la Jordanie et le Soudan et lèvera ainsi les restrictions sur les navires à destination du port de Hodeidah.

Cependant, le gouvernement yéménite croit que des vols directs de Sanaa vers l’Iran, la Syrie et le Liban permettront aux Houthis d’acheminer des armes et des combattants.

Lundi, le médiateur en chef des Houthis, Mohammed Abdel Sallam, a admis l'échec des efforts diplomatiques lorsqu'il a rejeté les solutions «partielles» au conflit yéménite.

Le responsable Houthi s’est référé aux mesures punitives prévues par le Conseil de sécurité de l'ONU sur son mouvement pour rejeter les idées de paix. «Toute nouvelle action du Conseil de sécurité ne sera réalisable que dans ce qui répond à l'intérêt du Yémen», dit-il sur Twitter.

Par ailleurs, le président yéménite a ordonné à son gouvernement d’accroître son soutien militaire aux troupes gouvernementales combattant les milices Houthies dans la province centrale de Marib, a annoncé mardi le premier ministre du Yémen.

Présidant une réunion avec de hauts responsables gouvernementaux et militaires à Marib, Maeen Abdel Malik Saïd a avoué avoir reçu des ordres du président de rendre visite à Marib, qui subit des attaques agressives des Houthis depuis plus d'un an.

«L'histoire est en train de s’écrire maintenant à Marib. Tout le Yémen suit Marib de près et nous sommes venus à Marib pour faire partie de ce moment remarquable… l'État et ses moyens sont avec vous», assure le premier ministre.

Saïd affirme que le gouvernement va accepter tout effort de paix durable qui mette en œuvre un grand écart entre le Yémen et l'Iran.

«Nous n’allons pas implorer pour une paix qui établisse un État fragile et raciste, calqué sur le modèle iranien et ses milices dans la région», a-t-il ajouté.

Au cours de la même réunion, le gouverneur de Marib Sultan Al-Arada, qui a récemment appelé à mobiliser toutes les forces pour repousser les Houthis, prévient que la poursuite des opérations militaires des miliciens a provoqué un «énorme» déplacement. Des milliers de personnes ont fui les combats.

«Les Yéménites ne vont jamais jouir de la paix tant que les armes de l’État sont entre les mains de la milice houthie», a insisté le gouverneur de Marib.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
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  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.