Rencontre avec Ali Boumediene, fondateur et PDG de Bomare Company

Ali Boumediene, fondateur et PDG de Bomare Company
Ali Boumediene, fondateur et PDG de Bomare Company
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Publié le Lundi 10 mai 2021

Rencontre avec Ali Boumediene, fondateur et PDG de Bomare Company

  • « Notre stratégie est basée sur l’innovation, la fabrication et l’exportation »
  • « Le capital humain, c’est la colonne vertébrale de l’entreprise »

PARIS : Créée en 2001, Bomare Company, un des leaders majeurs de l’industrie électronique, fabrique des produits électroniques (TV, tablettes, Smartphones et autres) certifiés qui sont désormais commercialisés à l’international.

L’entreprise a signé plusieurs accords avec des partenaires étrangers, dont celui, signé en 2013, avec le groupe coréen LG Electronics, qui lui a permis de consentir un investissement de 10 millions de dollars (1 dollar = 0,83 euro) et de bénéficier, en retour, d’un transfert technologique. Un partenariat qui lui a aussi permis d’améliorer la qualité des produits de sa marque Stream System.

Élu meilleur entrepreneur algérien 2021 par European CEO, Ali Boumediene, fondateur et PDG de Bomare Company, répond aux questions d’Arab News en français sur la stratégie exportatrice de l’entreprise, sur son évolution, ses freins et ses perspectives.

Technologie

Bomare Company, qui a misé sur la qualité de ses produits et prestations, exporte aujourd’hui les produits de sa marque Stream System sur les marchés internationaux. Pouvez-vous nous en parler?

Depuis la création de l’entreprise, notre objectif était de devenir un exportateur. Notre stratégie est basée sur l’innovation, la fabrication et l’exportation. Nous avons réalisé notre première opération d’exportation en 2007, mais après une dizaine d’opérations d’exportation, nous avions décidé d’arrêter l’activité de l’export à cause de problèmes de bureaucratie administrative. Il nous fallait attendre, à chaque fois, deux semaines de traitement pour avoir un accord.

 

Quelles sont les mesures qui vous ont incité à reprendre vos activités à l’exportation?

En 2012, le gouvernement algérien a décidé d’améliorer le climat des affaires afin d’accompagner les exportateurs et les opérateurs économiques agréés dans le développement de l’activité. Cette même année, nous avons reçu notre agrément de statut d’opérateur économique agréé.

Malgré toutes les difficultés, nous avons continué à participer aux salons à l’étranger, comme le salon Ifa Mess Berlin en Allemagne, ou encore le salon de sous-traitance en électronique Midest de Paris. Notre objectif était de rencontrer des partenaires potentiels et de persévérer dans notre business. Nous avons, ainsi, pu poursuivre notre export vers l’Europe, en respectant les normes européennes. Cette stratégie nous a permis de proposer des produits conformes et crédibles sur le marché international. Notre objectif est d’être vraiment compétitif et de satisfaire un client exigeant.

En 2015, nous avons repris les exportations après la signature d’un contrat de 50 millions de dollars avec un partenaire espagnol. Cet accord nous a permis de toucher les marchés espagnol et portugais. Désormais, nous exportons nos produits et nous avons ouvert deux services après-vente en Espagne et au Portugal. En septembre 2019, Bomare Company a signé un autre contrat de 26 millions de dollars avec un client italien.

 

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L’écosystème actuel vous permet-il de renforcer votre positionnement sur le marché européen?

Pas complètement. Nous avons été approchés récemment par un client allemand qui nous a commandé 1 million de téléviseurs, un marché estimé à 200 millions de dollars. Après un échange d’échantillons, des négociations poussées avec un accord des deux parties, nous avons tout arrêté à cause du dispositif de l'association des banques et établissements financiers (Abef), lequel exigeait des opérateurs économiques agréés de payer leurs factures avec un différé de paiement de neuf mois. C’est un dispositif qui va à l’encontre de notre stratégie à l’export. Car la mesure de l’Abef aurait une incidence sur nos prix, plus précisément, cela engendrerait une augmentation de 16 %, ce qui ne nous permettra plus d’être compétitifs. Nous avons été obligés de mettre fin à cette opération avec notre partenaire allemand plutôt que d’avoir un produit plus cher et perdre notre crédibilité sur le marché.

 

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À propos de Bomare Company

Bomare Company, qui emploie 620 employés algériens, dont 40% de techniciens et d’ingénieurs, dispose de trois unités de production, sur un site de 15 000 m2, 21 services après-vente, 3 agents agréés, et 10 points de vente, ainsi qu’un service après-vente à l’international, avec deux ans de garantie, disponible en Espagne, au Portugal et en Italie.

La compagnie mise sur une stratégie d’inclusion et de valorisation de son capital humain. En quoi consiste cet accompagnement?

Le capital humain, c’est la colonne vertébrale de l’entreprise. Nos services de ressources humaines travaillent depuis bien longtemps en coopération avec l’université de Saad Dahlab de Blida pour la formation des étudiants. En 2016, Bomare Company a signé un contrat avec cette université afin d’accompagner et de former les étudiants dans la partie pratique. En 2017, nous avons installé une ligne d’insertion de cartes électroniques à l’université Saad Dahlab d’une valeur de 1,5 million de dollars.

Nous initierons, lors de la conférence de presse, qui sera organisée le 18 mai, le master professionnel saison 2021-2022. C’est le moment d’offrir aux meilleurs étudiants, l’opportunité d’effectuer un master professionnel et cela dans le cadre de la poursuite du partenariat entre Bomare et l’université. Il s’agit de créer un écosystème à travers l’université, de répertorier les petites et moyennes entreprises (PME/PMI) afin de fabriquer des composants électroniques pour notre activité, ici, en Algérie, au lieu de les importer de la Corée et de la Chine.

Notre vision consiste à préparer l’économie de la connaissance en 2030, échéance à laquelle nous commencerons à produire selon les critères de l’Industrie 4.0 (ou industrie du futur). Pour devenir plus compétitifs, nous aurons besoin de développer davantage de start-up, d’investir dans l’innovation, un écosystème qui nous permettra, à cette échéance, d’exporter des quantités importantes sur les marchés internationaux.

Vous venez d’être élu meilleur entrepreneur algérien 2021 par European CEO. Pouvez-vous nous parler de votre stratégie de management, aujourd’hui reconnue par vos pairs?

Précisément les jurys de European CEO ont sélectionné Bomare Company parmi trente chefs d’entreprise, non seulement pour son business à l’international mais aussi et surtout pour sa stratégie et sa vision à long terme.


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.

 


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
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  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.