Pour la neutralité carbone, pas de nouveaux projets fossiles, dit l'AIE

Dave Jones, du think tank Ember, spécialisé dans l'énergie, voit dans ce rapport «un revirement complet par rapport à l'AIE orientée fossiles d'il y a 5 ans»: «un vrai couteau planté dans l'industrie des énergies fossiles». (Photo, Shutterstock)
Dave Jones, du think tank Ember, spécialisé dans l'énergie, voit dans ce rapport «un revirement complet par rapport à l'AIE orientée fossiles d'il y a 5 ans»: «un vrai couteau planté dans l'industrie des énergies fossiles». (Photo, Shutterstock)
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Publié le Mardi 18 mai 2021

Pour la neutralité carbone, pas de nouveaux projets fossiles, dit l'AIE

  • Le chemin est «étroit» mais encore «praticable» et il promet «d'énormes bénéfices» tant en termes d'emploi que de croissance économique ou de santé, note l'AIE
  • Le secteur électrique devra avoir atteint mondialement la neutralité carbone dès 2040

PARIS: Oublier dès «maintenant» tout projet d'exploration pétrolière ou gazière et ne plus vendre de voiture thermique neuve au-delà de 2035: telles sont des mesures nécessaires pour atteindre en milieu de siècle la neutralité carbone et avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, estime l'Agence internationale de l'énergie.

Le chemin est «étroit» mais encore «praticable» et il promet «d'énormes bénéfices» tant en termes d'emploi que de croissance économique ou de santé, note l'AIE qui publie mardi, à six mois de la COP26 de l'ONU, une feuille de route permettant de conduire à cet objectif.

La «neutralité carbone», qui consiste à ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que le monde ne peut en absorber, implique de changer de paysage énergétique avec un déclin accéléré de la demande en combustibles fossiles et une montée en puissance des renouvelables.

«Au-delà des projets déjà engagés en 2021, notre trajectoire ne prévoit aucun nouveau site pétrolier ou gazier,» note ainsi l'Agence. «La baisse rapide de la demande de pétrole et de gaz naturel signifie qu'il n'y a pas d'exploration requise et qu'aucun champ gazier et pétrolier nouveau n'est nécessaire au-delà de ceux déjà approuvés».

Pour le charbon, le plus nocif, dont la consommation est repartie de plus belle, le monde doit déclarer la fin des décisions d'investissement pour de nouvelles centrales électriques.

Au contraire, le secteur électrique devra avoir atteint mondialement la neutralité carbone dès 2040. Ce qui impose d'installer d'ici à 2030 quatre fois plus de capacités solaires et éoliennes annuelles qu'en 2020, année record.

Pour 2050, l'Agence voit ainsi 90% de l'électricité venir des renouvelables, et une large part du reste du nucléaire. Les ressources fossiles ne fourniront plus qu'un cinquième de l'énergie (contre 4/5 aujourd'hui).

Mais pour cela, les ventes de voitures neuves à moteur thermique doivent cesser dès 2035. Les calculs de l'AIE rejoignent ainsi ceux de l'ONG Transport & Environment. Dans les faits pourtant, la plupart des constructeurs n'en sont pas là - même si quelques uns sont plus allants.

L'efficacité énergétique devra aussi croître de 4% par an dès cette décennie, soit trois fois plus que le rythme moyen des deux dernières décennies.

Coup de couteau, et défis

«L'ampleur et la rapidité des efforts requis par cet objectif critique et formidable - notre meilleure chance d'affronter le changement climatique et de limiter le réchauffement global à 1,5°C - en font peut-être le plus grand défi que l'humanité ait jamais eu à relever,» admet le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

«Placer le monde sur cette trajectoire requiert une action forte de la part des gouvernements, soutenus par une coopération internationale bien plus importante», ajoute l'économiste, alors que quelque 785 millions de personnes sont encore sans électricité.

Au total, cette trajectoire ferait passer l'investissement dans le secteur énergétique à 5 000 milliards de dollars annuels d'ici à 2030. Ce qui ajouterait 0,4 point de croissance par an au PIB mondial, indique l'AIE dans une analyse menée avec le FMI.

Les défis ne manquent pas, inhérents à la part accrue de l'électricité, par exemple au besoin en métaux rares, nécessaires aux technologies nouvelles mais concentrés dans un petit nombre de pays et porteurs d'instabilité si le marché n'est pas organisé, insiste l'AIE.

Enfin le scénario repose en partie sur des technologies encore indisponibles.

En 2050, près de la moitié des réductions d'émissions de CO2 viendront de technologies aujourd'hui au stade de la démonstration, dit l'AIE: batteries avancées, hydrogène vert compétitif, mais aussi systèmes de captage et stockage du CO2 (CCS), solution qui fait l'objet de débats au sein des experts du climat.

Dave Jones, du think tank Ember, spécialisé dans l'énergie, voit dans ce rapport «un revirement complet par rapport à l'AIE orientée fossiles d'il y a 5 ans»: «un vrai couteau planté dans l'industrie des énergies fossiles».


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com