La France retrouve un souffle de liberté avec une vague de réouvertures

Le président français et le Premier ministre français sur une terrasse de café à Paris mercredi alors que les restaurants et les terrasses des bars rouvrent aujourd'hui à 50% de leur capacité tandis que le couvre-feu sera repoussé à 21h00 (Photo, AFP)
Le président français et le Premier ministre français sur une terrasse de café à Paris mercredi alors que les restaurants et les terrasses des bars rouvrent aujourd'hui à 50% de leur capacité tandis que le couvre-feu sera repoussé à 21h00 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 mai 2021

La France retrouve un souffle de liberté avec une vague de réouvertures

  • La profession s'interroge aussi sur les restrictions : «Remettre tout en marche pour quatre tables, est-ce que ça vaut le coup?»
  • Si certains riverains s'inquiètent du retour du chahut des terrasses, pour bon nombre de Français leur réouverture est très symbolique de la reprise d'une vie sociale

PARIS: Un café en terrasse, une visite au musée, un couvre-feu repoussé de deux heures... Les Français savourent mercredi la première étape d'un déconfinement très attendu après plus de six mois de vie au ralenti.

En dépit d'une météo exécrable -pluie et nuages sur une grande partie du pays- qui risque de jeter un voile sur la réouverture des terrasses, ils sont nombreux à trépigner devant la perspective de retrouver une vie semi-normale, dans un pays lourdement endeuillé par la covid, avec près de 108 000 morts depuis mars 2020.

 

"J’ai déjà eu 3 clients qui sont venus boire leur cafés, ça fait du bien!", se réjouit Pascal, gérant de la brasserie Le Saint Jean dans le quartier de Montmartre à Paris.

Les terrasses rouvrent à 50% de leur capacité d'accueil, avec 6 personnes maximum par table et jusqu'à 21H seulement.

Alors que les contaminations ralentissent de façon continue depuis quatre semaines, cinémas, théâtres et musées peuvent de nouveau accueillir le public -- masqué -- avec des jauges maximales de fréquentation.

Cyrian, 24 ans, a pris son train tôt pour arriver 30 minutes en avance pour la première séance d'une salle parisienne. "Je n'allais quand même pas être en retard pour le jour de la reprise!". Il a prévu d'enchaîner trois films.

Autre réouverture encadrée, celle des magasins de jouets ou de vêtements, durement éprouvés économiquement par la crise sanitaire. 

Sortie de l'état d'urgence et pass sanitaire: le Sénat vote un texte largement modifié

Ajustement du calendrier pour davantage de clarté, encadrement renforcé du "pass sanitaire" controversé: le Sénat dominé par l'opposition de droite a adopté dans la nuit de mardi à mercredi le projet de loi de sortie progressive de l'état d'urgence, après l'avoir substantiellement modifié.

Le texte a été voté en première lecture par 221 voix pour et 102 contre. La très grande majorité des sénateurs LR et centristes a voté pour, de même que les groupes RDPI à majorité En Marche et Indépendants. Les groupes PS et CRCE à majorité communiste ont voté contre. Les écologistes se sont abstenus, le RDSE à majorité radicale se partageant.

Sans surprise, le pass sanitaire, controversé, a animé les débats.

Cet outil doit soumettre l'accès aux grands rassemblements ou à certains lieux à la présentation d'un résultat négatif de dépistage du virus, d'un justificatif de vaccination, ou encore d'une attestation de rétablissement après une contamination.

Les sénateurs ont précisé qu'il ne pourrait être mis en œuvre que dans les lieux qui ne permettent pas d'assurer le respect des gestes barrières. Il pourrait être présenté sous forme papier ou numérique et les informations médicales auxquelles auraient accès les personnes autorisées à le contrôler seraient restreintes.

Le Sénat s'est en revanche opposé à l'inscription dans la loi d'une jauge minimale pour exiger un pass sanitaire, réclamée à gauche. Le ministre de la Santé Olivier Véran a rappelé que le gouvernement "s'est prononcé clairement" pour que le pass sanitaire ne vise que des événements au-dessus de 1 000 personnes.

L'article tel que voté par la chambre haute prévoit de prolonger l’état d'urgence sanitaire jusqu’au 30 juin, pour prendre en compte le maintien d'un couvre-feu prévu jusqu'à cette date. 

Ce projet de loi "ne marque pas une rupture nette entre les contraintes qu'impose l'épidémie et le retour à la vie d'avant (...)", a déclaré le ministre. Il "dessine des perspectives sur le long terme et installe les conditions d'un déconfinement sûr et efficace", a-t-il ajouté.

Dans le champ social, le Sénat a adopté un amendement du gouvernement prolongeant jusqu'en septembre le maintien du dispositif de l'aide sociale à l'enfance des jeunes âgés de 18 à 21 ans, pris en charge par les départements. 

Si certains riverains s'inquiètent du retour du chahut des terrasses, pour bon nombre de Français leur réouverture est très symbolique de la reprise d'une vie sociale. Pour Amélie, une Parisienne de 32 ans, c'est le retour à "la vie, la vraie" et la possibilité de retrouver "les copines" autour d'un verre. Mais dans les villages aussi, la réouverture du café local où l'on se côtoie, où l'on trompe parfois sa solitude, est attendue comme un événement majeur.

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Retour au théâtre de Chaillot pour de premiers spectateurs chanceux (Photo, AFP)

 

« Combler le manque »: le public retrouve cinés et musées le public retrouve cinés et musées

Il y a ceux qui étaient dès 07H30 devant les cinémas, d'autres qui ont pris un jour de congé pour retourner au musée: mercredi, ils étaient nombreux à venir se nourrir de culture, après plus de 200 jours de sevrage. 

« Heureux de retrouver la Joconde! »  

C'est sous les applaudissements de la première cinquantaine de visiteurs que le Louvre a ouvert ses portes vers 09H00.  

Frédéric Destival, auto-entrepreneur de 47 ans, est le premier à entrer pour admirer la Joconde: « Elle m’a manqué pendant sept mois. Heureux de la retrouver! ». Comme pour tous les musées, la distanciation est de mise avec la règle des 8 m2 par visiteur. 

« Voir une œuvre sur place procure une émotion que l'on n'a pas avec un catalogue », explique Pierre Jorsin, premier dans la file d’attente pour la réouverture du Mucem, à Marseille. Un peu plus loin, Vassilia Ros, employée d'un centre de vaccination qui a pris un jour de congé pour l'occasion, se félicite « d’échapper pour un temps à la crise sanitaire ». 

A Strasbourg, au palais Rohan, Lou Abela, 19 ans, étudiante en art, ne cache pas sa joie. « On a fait tout un cours sur le musée sans pouvoir y aller. Aujourd'hui, j'ai pris cinq réservations (dans les musées) pour la journée complète ». 

Et au musée des Confluences à Lyon, Marie-Aimée, 69 ans, est »venue spécialement de Grenoble pour voir une exposition sur les oiseaux. 

« Sortir pour s'enfermer au ciné » 

« J'attendais juste de pouvoir sortir pour mieux m'enfermer dans une salle de ciné et faire le plein de films », s'enthousiasme Angie Sembach, étudiante de 21 ans, devant un cinéma du centre de Strasbourg où la file d'attente se prolongeait sur le trottoir.  

« On avait vu avec les pré-ventes qu'il y avait une attente. On a des films complets. Certes on est en jauge de 35%, mais quand même », se réjouit Flore Tournois, directrice d'exploitation des cinémas Star à Strasbourg.  

Luce Van Dam, 17 ans, venue pour la séance de 08H20 au MK2 Bibliothèque, à Paris, veut « enchaîner deux trois séances dans la journée ». Pour elle, « ce n’est pas tant le film qui compte mais l'ambiance, le grand écran, ressortir un peu groggy ». 

Le Grand Rex, lui, a accueilli dès la matinée 800 fans d'animation japonaise qui se sont pressés pour voir le manga « Demon Slayer », qui a fait déjà un carton au Japon. 

Séance VIP aux Sept Parnassiens, dans le quartier Montparnasse à Paris: le Premier ministre Jean Castex et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot ont été voir »Slalom », un premier film sur le harcèlement sexuel dans le sport. 

Théâtres ouverts, fermés... et occupés 

Le paysage est plus contrasté du côté des salles de théâtre et d'opéra, où la jauge est de 35%. Les grandes salles subventionnées rouvrent cette semaine.  

« Dès que la date d’ouverture a été annoncée, on a été débordé par les coups de fil, on sent que ça vibre », affirme Olivier Chapelet, directeur du Théâtre actuel et public de Strasbourg (TAPS).    

Représentation avancée à 19H00, fin du spectacle à 20H20, afin de respecter le couvre-feu à 21H00. Toutes les représentations sont complètes. Dans la salle, des housses en tissu ont été installées sur les fauteuil condamnés afin de respecter la jauge, qui limite la capacité d’accueil à 48 spectateurs, contre 135 en temps normal. 

« La vie de troupe ensemble, pouvoir boire un coup ensemble, on va enfin le retrouver.... Mais ce soir, avec le couvre-feu, les spectateurs ne pourront pas rester après, et le pot de première, traditionnel, c’est niet », souligne Sebastien Troester, directeur musical du spectacle au TAPS.  

Mais du côté du privé, la plupart des théâtres ont décidé de rouvrir en juin, lorsque la jauge remontera à 65%, voire à l'automne.  

« Quel est le producteur qui va se lancer dans un spectacle, avec une jauge plus que drastique? Il ne peut que perdre de l'argent ou déposer le bilan », affirme Jean Bouquin, à la tête du Théâtre Déjazet à Paris, qui compte rouvrir le 12 octobre.  

Et près de 100 théâtres continuent à être occupés en France par des intermittents qui réclament le retrait de la réforme de l'assurance chômage. A Paris, l'Odéon a annulé sa représentation prévue mercredi, avec Isabelle Huppert. 

« Grand bonheur »

Ces derniers jours, les cafetiers se sont activés pour être fin prêts, livrés en caisses de boissons et fûts de bière, terrasses proprettes et installées. Certains ont ouvert des créneaux de réservation, déjà remplis.

Pourtant, la profession s'interroge aussi sur les restrictions : "Remettre tout en marche pour quatre tables, est-ce que ça vaut le coup?", se demandait Stéphanie Mathey, qui gère trois bistrots dans Paris, à la veille de la réouverture.

Mais, assurait-elle aussi, "on va se chauffer comme un diésel (...) pour être vraiment prêts" pour les étapes suivantes de la levée des restrictions, en juin. 

Des confrères de Mme Mathey interrogés ces derniers jours par les médias français émettaient les mêmes doutes sur la pertinence économique d'une réouverture très partielle, face à une météo instable ne garantissant pas l'ouverture de leur terrasse chaque jour.

Alors que les Anglais par exemple peuvent désormais, depuis lundi, dîner à l'intérieur d'un restaurant et aller au pub, en France, les salles intérieures des restaurants ne devraient rouvrir que le 9 juin avec une jauge de 50% et des tablées de 6 personnes maximum. A la même date, les terrasses fonctionneront à pleine capacité, mais toujours avec des tablées de 6 personnes, et le couvre-feu devrait être retardé à 23 heures. Avant que la jauge en intérieur ne grimpe à 100% le 30 juin.

Jauge ou pas, les lieux de culture se félicitent néanmoins de commencer à sortir du marasme. "On est dans un état d’esprit de grand bonheur parce que ça fait six mois qu’on attend", a déclaré Brigitte Maccioni, la présidente des cinémas UGC, faisant état d'un taux de réservation "historiquement très élevé pour la semaine qui vient". "On sent l’appétit très, très, fort des gens !".

D'autant que des épidémiologistes se veulent rassurants : "Les terrasses ne sont pas des lieux reconnus comme favorisant la transmission par aérosols" et les musées, théâtres et cinémas, "avec les protocoles sanitaires prévus, ne sont pas non plus des lieux à haut risque de transmission du virus", explique l'épidémiologiste Antoine Flahault.


France Volontaires et l’Institut du monde arabe renforcent leur coopération 

Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre,  présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
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  • Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets
  • Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe

PARIS : France Volontaires et l’Institut du monde arabe (IMA) ont signé lundi 31 août un accord visant à développer les échanges de volontaires entre la France et les pays arabes, avec l’objectif de renforcer les liens entre les sociétés civiles et de favoriser la circulation des compétences et des savoirs.

Cette convention structure leur coopération autour du volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S.), avec une attention particulière portée au principe de réciprocité. Celui-ci permet de développer des missions de volontariat dans les deux sens, en accueillant notamment au sein d’organisations françaises des jeunes issus des pays partenaires.

Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets. Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe.

Deux premières missions au sein de l’Institut du monde arabe

La convention prévoit la mise en place de deux premières missions de volontariat au sein de l’IMA.

La première sera confiée à Layan Qarain, une Jordanienne de 28 ans, dans le cadre d’une mission de Volontariat de solidarité internationale (VSI). Trilingue en arabe, français et anglais, elle apportera son expertise à la communication en langue arabe de l’Institut.

Son parcours comprend notamment des expériences à l’Ambassade de France en Jordanie et à l’Institut français de Jordanie, dans des fonctions liées à la communication institutionnelle. Son profil se situe ainsi à la croisée de la coopération internationale, de la culture et du dialogue entre la France et le monde arabe.

Selon France Volontaires, cette mission doit permettre à Qarain de mettre ses compétences au service de projets favorisant les échanges et la compréhension mutuelle entre les sociétés françaises et arabes.

La deuxième mission prévoit l’accueil d’un volontaire dans le cadre du Service Civique de réciprocité. Celui-ci travaillera notamment sur les relations avec les fondations et les acteurs de la philanthropie dans les pays du Golfe.

L’association La Guilde, membre de France Volontaires, accompagnera la mise en œuvre de ces deux missions pour le compte de l’Institut du monde arabe.

Un partenariat inscrit dans la durée

Au-delà de ces deux premières expériences, France Volontaires et l’IMA souhaitent utiliser cette convention pour identifier et développer de nouveaux projets communs.

France Volontaires accompagnera notamment les équipes de l’Institut et ses partenaires dans la découverte des différents dispositifs de volontariat international. Des sessions d’information et des ressources pratiques doivent permettre de faciliter la conception et la mise en œuvre de futures missions.

La convention est conclue pour une durée de quatre ans et fera l’objet d’un suivi annuel. Celui-ci permettra notamment de recenser les projets réalisés, de suivre le nombre de volontaires mobilisés et d’évaluer les résultats de la coopération.

Pour Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, ce partenariat traduit concrètement la vocation de l’institution à rapprocher la France et le monde arabe.

« La réciprocité et le partage des compétences sont au cœur de cette démarche », a-t-elle déclaré.

De son côté, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, considère le volontariat comme un outil permettant de transformer le dialogue entre les sociétés en expériences concrètes.

« Nous souhaitons créer des opportunités d’engagement qui permettent aux jeunes de France et des pays arabes de se rencontrer, de mettre leurs compétences au service de projets communs et de construire ensemble de nouvelles formes de coopération engagée et réciproque », a-t-il affirmé.

À travers cet accord, les deux organisations entendent ainsi donner une dimension plus concrète aux échanges franco-arabes, en misant sur la mobilité des jeunes, le partage d’expertises et la coopération entre les sociétés civiles.


Interdiction du voile: critiqué de toute part, le RN assure ne pas «attaquer un symbole religieux»

Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité. (Combo/AFP)
Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité. (Combo/AFP)
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  • La candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé lundi soir qu'elle proposerait "aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile"
  • Le candidat LR Bruno Retailleau, qui veut interdire le voile dans les compétitions sportives et les sorties scolaires, a dénoncé sur RTL "des populistes" qui "trahiront leurs promesses parce qu'ils savent parfaitement que c'est inapplicable"

PARIS: Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité.

"Nous n'avons jamais stigmatisé les femmes qui portent le voile" mais "il peut arriver qu'on doive malheureusement parfois abandonner un certain nombre de symboles parce qu'ils ont été accaparés par une idéologie", a justifié sur franceinfo M. Tanguy, qui avait évoqué dimanche le projet de son parti de soumettre à des amendes les femmes portant le voile dans la sphère publique.

La candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé lundi soir qu'elle proposerait "aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public".

Cette proposition a été critiquée de toute part à la fois comme une atteinte à la liberté religieuse et pour son applicabilité pratique par les policiers.

Le candidat LR Bruno Retailleau, qui veut interdire le voile dans les compétitions sportives et les sorties scolaires, a dénoncé sur RTL "des populistes" qui "trahiront leurs promesses parce qu'ils savent parfaitement que c'est inapplicable".

"Cela patauge dur au RN entre l'expression de M. Bardella (qui ne veut pas "mettre en place une police du vêtement") et l'expression de Mme Le Pen", a-t-il fait remarquer.

Le candidat Renaissance Gabriel Attal s'est dit "en désaccord radical avec cette proposition" à l'occasion de la visite d'une école de sa circonscription.

"Le respect des valeurs de la République passe aussi par une liberté de croyance, une liberté de culte, et donc le respect du choix qui est fait par certaines femmes", a-t-il estimé.

M. Attal avait aussi suscité la polémique il y a quelques mois en proposant l'interdiction du voile aux moins de 15 ans mais "au nom de la protection de l'enfance".

Un référendum nécessiterait au préalable une révision de la Constitution qui limite le champ du référendum dans son article 11. Mais M. Tanguy considère que "l'article 11 est extensif" et pense que "les Français doivent pouvoir se prononcer sur tous les sujets".

Si elle est élue, Marine Le Pen entend de toute façon procéder dès son arrivée à une grande révision de la Constitution pour y introduire des dispositions sur l'immigration, la nationalité ou la primauté du droit national.

Elle veut réaliser cette révision directement par référendum par cet article 11, ce qui serait probablement dénoncé comme un coup de force par le Conseil constitutionnel.

Celui-ci considère que la seule procédure de la révision de la Constitution est l'article 89 qui exige l'accord des deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) sur un même texte avant ensuite un Congrès à Versailles ou un référendum.

 


Entre excitation et stress, 11,6 millions d'élèves de retour en classe

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, regarde à travers une clôture lors d'une visite à l'école primaire publique Annette Zaidman, le jour de la rentrée scolaire de l'année 2025-2026, après les vacances d'été, à Paris, le 1er septembre 2026. (Photo : SIMON WOHLFAHRT / AFP)
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, regarde à travers une clôture lors d'une visite à l'école primaire publique Annette Zaidman, le jour de la rentrée scolaire de l'année 2025-2026, après les vacances d'été, à Paris, le 1er septembre 2026. (Photo : SIMON WOHLFAHRT / AFP)
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  • Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant la présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme
  • "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", constate même Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire

PARIS: Les cartables ressortent du placard: 11,6 millions d'écoliers, collégiens et lycéens font mardi leur rentrée, marquée par quelques nouveautés, comme l'interdiction du portable au lycée, et pour certains par des perturbations après une importante cyberattaque ayant visé l'Éducation nationale.

Devant le collège Pasteur, à Strasbourg, Zuhal Chams est venue accompagner son fils Elham, qui rentre en sixième. "Je suis un peu stressée et lui aussi", confie la mère de famille.

A quelques mètres de là, Jawhara, 11 ans, arrivée seule pour sa rentrée en sixième, affiche un mélange d'inquiétude et d'impatience. "J'ai un peu peur mais j'ai aussi hâte", dit l'adolescente au sac à dos rose et au jogging gris.

Elham, petit brun de 12 ans, se dit aussi "un peu excité et stressé aussi". Plus habitué aux lieux, Rafi, 16 ans, qui effectue sa rentrée en troisième, assure se sentir "très bien". "J'en avais marre de rester à la maison", explique-t-il, se disant "très content" de retrouver ses camarades.

Pour cette première rentrée en tant que ministre de l'Education, et vraisemblablement sa dernière, Édouard Geffray se rend mardi au lycée Chaptal de Mende (Lozère) avec le président Emmanuel Macron.

Ils échangeront avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée.

Son application s'annonce complexe dans certains établissements, qui doivent encore adapter leur règlement intérieur et définir les dérogations autorisant l'usage des smartphones dans certains cas (paiement de la cantine, activités pédagogiques, etc.).

Parmi les autres grandes nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves, de la grande section à la terminale.

Rentrée "plan-plan" 

Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant la présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme. "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", constate même Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

"Il n'y aura pas de réforme Geffray", a répété la semaine dernière lors de première conférence de rentrée le ministre. Cette année, le ministre a mis l'accent sur sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique.

"Quand on regarde nos évaluations nationales, on a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps", a-t-il reconnu lundi sur France Inter alors que seront dévoilés la semaine prochaine les résultats de l'étude Pisa qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

Pour cette rentrée, Edouard Geffray met toutefois  en avant une amélioration du recrutement enseignant grâce au déplacement du concours à bac+3. "On a fait le plein cette année" grâce à cette réforme, s'est-il félicité lundi.

Les syndicats appellent néanmoins à la prudence, jugeant ces résultats en partie "en trompe-l'oeil" en raison de la coexistence cette année des concours à bac+3 et à bac+5. Plusieurs disciplines, comme les lettres classiques ou l'allemand, restent en tension.

Cyberattaque 

Cette rentrée est également marquée par les suites d'une importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques. Si un retour à la normale a été annoncé dans 28 des 30 académies, celles de Toulouse et de Nantes restent fortement perturbées.

"Nous ferons l'appel à partir de listes papier. C'est +Retour vers le futur+", ironise auprès de l'AFP Joeffrey Renaud, professeur d'histoire-géographie dans l'académie de Nantes et représentant du Snes-FSU, principal syndicat dans le second degré.

A Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.

Les personnels doivent encore composer avec l'absence d'accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives.

Dans les deux académies, "la rentrée se fait dans des conditions techniquement difficiles pour les personnels de direction notamment, mais elle se fait évidemment dans des conditions ordinaires pour les élèves", a assuré lundi M. Geffray.

"Chacun fait de son mieux pour que cette rentrée se déroule dans les meilleures conditions possibles", abonde Yvon Manac'h, secrétaire académique du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d'établissement, dans l'académie de Toulouse.