Des progressistes US veulent bloquer une vente d'armes à Israël

le sénateur américain Bernie Sanders, indépendant, à l'Université George Washington, le 24 septembre 2020 (Photo, AFP)
le sénateur américain Bernie Sanders, indépendant, à l'Université George Washington, le 24 septembre 2020 (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 20 mai 2021

Des progressistes US veulent bloquer une vente d'armes à Israël

  • « La triste vérité c'est que ces armes sont vendues par les Etats-Unis à Israël en sachant parfaitement que la grande majorité seront utilisées pour bombarder Gaza »
  • L'embrasement entre Israël et les Palestiniens a réveillé de nouvelles critiques envers l'Etat hébreu chez les démocrates modérés

WASHINGTON : La jeune élue du Congrès américain Alexandria Ocasio-Cortez et d'autres progressistes ont présenté mercredi une résolution pour tenter d'interdire une vente d'armes à Israël, une initiative qui a très peu de chances d'aboutir mais démontre les tiraillements des démocrates face au conflit israélo-palestinien. 

 

« Alors que de nombreuses voix, y compris celle du président (américain) Biden, soutiennent un cessez-le-feu, nous ne devrions pas envoyer des armements "d'attaque directe" au Premier ministre (israélien) Netanyahu pour prolonger la violence », a écrit l'élue démocrate de la Chambre des représentants dans un communiqué. 

« La triste vérité c'est que ces armes sont vendues par les Etats-Unis à Israël en sachant parfaitement que la grande majorité seront utilisées pour bombarder Gaza », a renchéri Rashida Tlaib, une élue de la Chambre d'origine palestinienne.

1
La jeune élue démocrate du Congrès américain Alexandria Ocasio-Cortez (Photo, AFP)

 

Bernie Sanders tente à son tour de bloquer une vente d'armes à Israël

Le sénateur américain Bernie Sanders a présenté jeudi une résolution pour tenter de bloquer une vente d'armes à Israël d'un montant de 735 millions de dollars, une initiative qui suit celle d'autres élus de l'aile gauche du parti démocrate mais qui a très peu de chances d'aboutir.  

« A un moment où des bombes fabriquées aux Etats-Unis dévastent Gaza, et tuent des femmes et des enfants, nous ne pouvons tout simplement pas laisser une autre énorme vente d'armes se dérouler sans même avoir un débat au Congrès », a écrit le sénateur indépendant. 

Le Congrès a été officiellement informé le 5 mai d'une vente d'armes destinée au ministère israélien de la Défense d'un montant de 735 millions de dollars. Selon les règles parlementaires, les élus ont jusqu'à ce jeudi pour présenter une résolution s'y opposant, et l'approuver. 

Mais les chefs démocrates, qui ne soutiennent pas cette résolution, n'ont pas fixé de date pour un vote.

Une grande majorité des Américains juifs se disent démocrates et le parti a traditionnellement soutenu Israël, hormis quelques rares voix critiques.

L'embrasement entre Israël et les Palestiniens a toutefois réveillé de nouvelles critiques envers l'Etat hébreu chez les démocrates modérés. Mais la dernière initiative des progressistes reste pour l'instant circonscrite à la gauche du parti.

Certains démocrates modérés avaient envisagé en début de semaine de demander un report de cette vente d'armes, mais ils se sont finalement ravisés. 

Les républicains, eux, ont encore affiché un soutien sans faille envers l'Etat hébreu mercredi. Plusieurs sénateurs ont ainsi exhorté, lors d'un discours, « Joe Biden et son administration à défendre notre allié Israël ». 

L'un d'eux, le conservateur Ted Cruz, a vivement critiqué sur Twitter l'initiative des élues progressistes, en affirmant qu'elles visaient « une promotion pour passer de porte-parole du Hamas à ministres de la Défense du Hamas ». 

Joe Biden a durci le ton mercredi avec Benjamin Netanyahu, en appelant à une désescalade dès « aujourd'hui » en vue d'un cessez-le-feu.

Après une neuvième nuit de violences, les frappes aériennes israéliennes se sont intensifiées mercredi sur la bande de Gaza.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
Short Url
  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Short Url
  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.