Ceuta: le calme est revenu à la frontière avec le Maroc

Des soldats espagnols montent la garde à la clôture frontalière entre le Maroc et l'Espagne dans l'enclave espagnole de Ceuta le 20 mai 2021 / AFP
Des soldats espagnols montent la garde à la clôture frontalière entre le Maroc et l'Espagne dans l'enclave espagnole de Ceuta le 20 mai 2021 / AFP
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Publié le Jeudi 20 mai 2021

Ceuta: le calme est revenu à la frontière avec le Maroc

  • Alors que ces incidents s'inscrivent dans un contexte de tensions diplomatiques entre l'Espagne et le Maroc, Madrid a encore haussé le ton jeudi en accusant Rabat d'«agression» et de «chantage»
  • Depuis lundi, quelque 8 000 migrants ont rejoint Ceuta par la plage ou par la mer, profitant d'un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain, sur fond de crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat

FNIDEQ: La zone frontalière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta a retrouvé son calme jeudi, après un déferlement sans précédent de Marocains candidats à l'exil, suivi de refoulements massifs puis de heurts entre des jeunes et les forces marocaines, selon des journalistes de l'AFP.

Alors que ces incidents s'inscrivent dans un contexte de tensions diplomatiques entre l'Espagne et le Maroc, Madrid a encore haussé le ton jeudi en accusant Rabat d'"agression" et de "chantage".

Après une nuit agitée, les rues de la ville Fnideq, où avaient afflué des flots de jeunes en quête d'un avenir meilleur, se sont vidées: les autorités ont lancé une vaste opération d'évacuation en affrétant des bus pour différentes villes du pays, selon les informations recueillies par l'AFP sur place.

Depuis lundi, quelque 8 000 migrants ont rejoint Ceuta par la plage ou par la mer, profitant d'un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain, sur fond de crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat.

«Aucun avenir»

Parmi eux, 6 000 ont déjà été expulsés vers le Maroc, selon les autorités espagnoles.

Beaucoup de ceux qui ont été refoulés, dont un nombre impressionnant de mineurs, certains très jeunes, sont restés tant qu'ils le pouvaient à proximité de la frontière pour tenter leur chance.  

"Je n'ai aucun avenir ici, je veux travailler pour aider ma famille", enrage Mohamed. Ce jeune de 17 ans a tout laissé tomber cette semaine, ses études, ses examens et sa famille dans l'espoir de passer la frontière.

Mais depuis mercredi, même les plus téméraires ont été bloqués par les forces marocaines, refoulés par les gardes espagnols, dissuadés par les tirs de lacrymogènes et de balle en caoutchouc.

"Un jour ou l'autre, je retenterai ma chance et j'y arriverai", assure Hassan, 17 ans. 

Pieds nus ou en sandales, habits déchirés par les barbelés, couverts de sable ou de poussière, certains ont encore tenté de forcer le passage dans la nuit de mercredi à jeudi.  

A Fnideq, l'épisode le plus violent a vu un millier de jeunes Marocains jeter des pierres sur les forces de l'ordre avant d'incendier la moto d'un responsable local de sécurité et de mettre le feu à des poubelles.

La ruée sans précédent vers le petit port situé à quelques encablures du continent européen, a pour toile de fond de fortes tensions entre Madrid et Rabat, qui ne décolère pas depuis l'arrivée le mois dernier en Espagne, pour y être soigné, de Brahim Ghali, chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, ennemi juré du Maroc.

Jeudi, le gouvernement espagnol a dénoncé le fait que Rabat "utilise les mineurs".

«Agression»

L'afflux de ces migrants "est une agression à l'égard des frontières espagnoles mais aussi des frontières de l'Union européenne", a affirmé le ministre de la Défense, Margarita Robles, sur la radio publique.

Mercredi, l'Union européenne a fait savoir qu'elle ne se laisserait pas "intimider" sur la question migratoire.

L'enclave de Ceuta, héritée de l'époque de la colonisation espagnole, est la seule frontière terrestre de l'UE avec l'Afrique avec l'autre enclave de Melilla, située à 400 kilomètres à l'est sur la côte marocaine.

"Ceuta, c'est l'Europe, cette frontière est une frontière européenne et ce qui se passe là-bas n'est pas le problème de Madrid, c’est le problème de tous" les Européens, a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas. 

Rabat a répondu sous forme d'une rafale de dépêches rageuses publiées par l'agence officielle MAP rappelant que "le Maroc est un pays souverain", "n'est pas le gendarme de l’Europe" et mène depuis longtemps une "politique migratoire volontariste et à visage humain". 

L’UE "vient de s’incruster dans la crise opposant Madrid à Rabat, non pas pour dénoncer l’accueil d’un criminel de guerre en terre européenne, mais pour défendre +l’européanité+ des présides marocains occupés de Sebta et Mellilia (...) survivance du passé colonial", affirme un de ces textes publiés mercredi. 

Jeudi, une autre dépêche accuse l'Espagne de "maltraiter les immigrés" en utilisant des moyens "disproportionnés" - bombes lacrymogènes et balles en caoutchouc- "comme si elle est en guerre contre des migrants". Le hashtag #Ceuta-y-Melilla_son_marroqui figurait mercredi en tête des tendances sur Twitter Maroc, avec le relais de comptes douteux créés récemment.

Pour Amnesty International, "les demandeurs d'asile et les migrants sont utilisés comme les pions d'un jeu politique entre le Maroc et l'Espagne".

"Les autorités marocaines les ont impliqués pour faire pression sur l'Espagne à des fins politiques" et "leur expulsion par l’Espagne est contraire aux traités internationaux des droits des enfants", s'indigne Omar Naji, un militant marocain des droits humains qui suit la question migratoire.

Jointe par l'AFP, la préfecture de Ceuta est restée très évasive sur le sujet, se contentant d'indiquer qu'il restait jeudi 800" des "quelque 1 500" mineurs arrivés depuis lundi et qu'il y a eu "beaucoup de retours volontaires".

Jeudi, des bus affrétés par le Maroc récupéraient les derniers refoulés à la frontière.


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
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  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com