Hariri reste ferme sur la formation du nouveau gouvernement au Liban

«Je ne formerai pas un gouvernement comme le souhaite l’équipe de Son Excellence le président, ni aucune autre faction politique», a affirmé le Premier ministre désigné Saad Hariri. (Photo, AFP)
«Je ne formerai pas un gouvernement comme le souhaite l’équipe de Son Excellence le président, ni aucune autre faction politique», a affirmé le Premier ministre désigné Saad Hariri. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 23 mai 2021

Hariri reste ferme sur la formation du nouveau gouvernement au Liban

  • Le Premier ministre désigné déclare: « Je ne formerai pas un cabinet qui répond simplement aux souhaits du président libanais»
  • Les commentaires de Hariri sont intervenues en réaction à la lettre du président Aoun au parlement demandant aux députés de trouver une autre alternative au Premier ministre désigné

BEYROUTH : Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, a déclaré samedi qu’il ne formerait pas un Conseil des ministres qui se contenterait de répondre aux souhaits du président Michel Aoun.

«Je ne formerai pas un gouvernement comme le souhaite l’équipe de Son Excellence le président, ni aucune autre faction politique», a affirmé Hariri lors d'une session parlementaire.

Le Premier ministre désigné a également ajouté qu'il «ne formera que le type de gouvernement nécessaire pour arrêter l'effondrement économique et empêcher la grosse chute qui menace les Libanais».

Les commentaires de Hariri sont intervenues en réaction à la lettre du président Aoun au parlement demandant aux députés de trouver une autre alternative au Premier ministre désigné.

La session plénière du Parlement a été retransmise en direct et a duré environ deux heures.

Le Liban est sans gouvernement depuis sept mois après la démission d’Hassan Diab de son poste de Premier ministre à la suite de l’explosion du port de Beyrouth qui a fait plus de 200 victimes en août dernier.

Hariri s’est adressé au Parlement en disant que «la vérité sur ce qui se passe est que le président de la république avoue aux députés dans son message:« Vous avez nommé un Premier ministre, je ne veux pas de lui et je ne l’autoriserai jamais à former un gouvernement. Je vous en prie, débarrassez-vous de lui». Cela n’est qu’une tentative de dispenser le président de la république de l’accusation d’entraver la formation du gouvernement».

Le Premier ministre désigné a en outre révélé qu'Aoun avait envoyé des messages aux capitales étrangères similaires à sa lettre au Parlement «dans l’intention de protéger certains membres de son entourage ainsi que l'équipe politique des sanctions européennes».

Hariri a accusé Aoun en disant «Aoun veut que nous modifions la constitution. Si nous ne le faisons pas, il veut quand même changer la constitution dans la pratique sans aucun amendement».

Hariri a affirmé que «le président veut coûte que coûte se débarrasser» de lui.

«Si Aoun avait publié la formation gouvernementale que je lui ai présentée il y a six mois, n’aurions-nous pas fait beaucoup de progrès dans le contrôle pénal à la Banque du Liban et l’aurions commencé dans tous les ministères et institutions de l’État?» Il a demandé.

«Si Aoun avait accepté la formation gouvernementale que je lui ai présentée il y a six mois, n’aurions-nous pas fait beaucoup de progrès dans le processus du contrôle judiciaire au sein de la Banque du Liban et l’aurions commencé dans tous les ministères et institutions de l’État?», a -t-il demandé.

«N'aurions-nous pas conclu l'accord avec le Fonds monétaire international et lancé les ateliers des réformes?»

«N'aurions-nous pas commencé à reconstruire ce qui a été détruit par l'horrible explosion du 4 août à Beyrouth?»

«La monnaie nationale n’aurait-elle pas été réglée sur un taux de change unifié et raisonnable par rapport au dollar?» Mais que peut-on faire, alors que nous avons une administration qui insiste pour s'imposer comme un héros en laissant passer des occasions en or».

Hariri a décrit la déclaration selon laquelle «un Premier ministre musulman n'a pas le droit de nommer des ministres chrétiens» comme un «discours futile».

MISE EN CONTEXTE

Le Premier ministre désigné a en outre révélé qu'Aoun avait envoyé des messages aux capitales étrangères similaires à sa lettre au Parlement «dans l’intention de protéger certains membres de son entourage ainsi que l'équipe politique des sanctions européennes».

En réagissant à l'accusation d'Aoun selon laquelle il était «incapable de former un gouvernement», Hariri a ajouté: «J'ai fait tout ce qui était nécessaire et plus, et j'ai enduré l'intolérable, pour former un gouvernement qui commence à lutter contre l'effondrement.

«J'ai littéralement entendu de certains blocs parlementaires dire qu'ils ne veulent rien et que tout ce sur quoi je suis d'accord avec le président est acceptable pour eux».

«J'ai rendu visite au président 18 fois, l'assurant de ma volonté de parvenir à un accord sur les principes nécessaires à un gouvernement selon les normes énoncées. À trois reprises, Il m'a confirmé son approbation d'un gouvernement de 18 ministres».

L'ancien secrétaire d'État adjoint américain aux Affaires du Moyen-Orient, David Schenker, a déclaré vendredi dans une interview accordée à la chaîne Al-Hurra que «le président Aoun et le député Gebran Bassil, le gendre du président, ne veulent pas d'un gouvernement technocrate qui entame des  réformes, car cela réduira la position du Hezbollah, ainsi que certaines ambitions politiques des politiciens libanais.

«Nous ne voulons pas changer le gouvernement au Liban ou faire face à toutes les milices soutenues par l'Iran dans la région», a assuré Schenker.

«Le président américain Joe Biden a pris pour cible ceux qui soutiennent le Hezbollah avec des sanctions, mais c'est au peuple libanais de se lever et de faire face à cette réalité».

La session parlementaire de samedi «a pris position selon laquelle le Premier ministre désigné devrait procéder conformément aux principes constitutionnels en vue de parvenir rapidement à la formation d'un nouveau gouvernement en accord avec le président».

Le président du Parlement Nabih Berri a ensuite présenté la position, qui a été adoptée à l'unanimité par un vote à main levée.

Avec cette mesure, Berri a suspendu toute discussion qui aurait suivi les discours de Gebran Bassil, le leader du Mouvement patriotique libre (MPL), et Hariri,  qui aurait pu évoluer vers une confrontation sectaire.

Les tensions ont été vives lors de la séance de samedi sur fond de deux discours, le premier de Bassil et le deuxième de Hariri.

Hariri quitta la salle dès que Bassil a commencé son discours.

La session parlementaire a débuté par le discours de Berri, dans lequel il a appelé à l’unité face aux événements récents en Palestine occupée.

Bassil, qui cherche à tout prix à élargir l'influence du président dans la formation du gouvernement et dans le choix des ministres, a souligné que «la répartition des portefeuilles doit être égale entre les sectes et les blocs».

Il a ainsi ajouté que le Premier ministre désigné «nomme tous les ministres sans même parler avec les blocs parlementaires, ce qui ne facilite pas la tâche pour la formation d’un gouvernement».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Short Url
  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Short Url
  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.