Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale d’architecture de Venise, nous parle d’espoir

L'architecte et doyen de la faculté d'architecture et de planning du MIT, Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale de Venise (AFP)
L'architecte et doyen de la faculté d'architecture et de planning du MIT, Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale de Venise (AFP)
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Publié le Lundi 24 mai 2021

Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale d’architecture de Venise, nous parle d’espoir

  • "Comment allons-nous vivre ensemble": le thème de la 17e Biennale d'architecture de Venise, résonne avec la pandémie comme une prémonition
  • Dans un entretien avec Arab News en français, Hashim Sarkis, commissaire de la Biennale, invite à "réfléchir et vivre à l'échelle de la planète"

BEYROUTH : De l’autre côté de l’écran qui nous sépare, Hashim Sarkis écoute en souriant les bruits de chantier qui secouent la corderie de l’Arsenal de Venise, à une poignée de jours de l’ouverture publique de la 17e Biennale d’architecture dont il est le commissaire. Le soleil qu’on voit par la fenêtre de son bureau a un goût d’Aperol, et le bleu du ciel et de la lagune -c’est lui qui le dit-, ressemble à « ces bleus de Tiepolo qui vous font croire en Dieu ». Sarkis nous rappelle que durant la pandémie, Venise vide a été la ville la plus photographiée au monde. Désertée des touristes, elle s’est enfin révélée dans toute sa beauté. « C’est grâce à la beauté de cette ville qu’on a pris conscience de l’ampleur de ce qui se passe » fait-il remarquer.

Le doyen de l’école d’architecture et planification de MIT, ancien tenant de la Chaire Agha Khan de Harvard qui explore et questionne l’architecture patrimoniale du monde arabe, veille avec une année de décalage due à la pandémie sur ce premier grand événement de la convalescence du monde. Cette Biennale d’architecture, dont il est, en tant que Libanais, le premier commissaire issu du « tiers monde » selon ses mots (le deuxième si l’on peut compter son prédécesseur, le Chilien Alejandro Aravena), il en a lui-même choisi le thème en 2019 : « How will we live together » (comment allons-nous vivre ensemble). Une préoccupation qui résulte de sa profonde conscience des enjeux de notre époque et qui ressemble véritablement, à deux ans d’écart marqués par le virus et la distanciation sociale que celui-ci a imposée, à une prémonition. « Parfois je pense que c’est un accident, ou que c’est ironique » commente sobrement Sarkis. Il ajoute : « Les Biennales reflètent l’esprit du moment, une responsabilité qu’on essaie d’équilibrer, une capsule temporelle. Une coupe dans le monde, qui expose ce qui est en train d’arriver ».

«Groove» de Philip Beesley au pavillon du Canada, à la Biennale d'architecture de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
«Groove» de Philip Beesley au pavillon du Canada, à la Biennale d'architecture de Venise.
(Marco Bertorello/AFP)

Tout ce qui nous a conduits à la pandémie

C’est en observant, explique-t-il à Arab News en français, le changement climatique, la pauvreté, le problème des réfugiés et des migrants, le conflit entre le politique et le géographique, les relations entre l’humanité et les autres espèces vivantes et les polarisations de plus en plus exacerbées, que la thématique du vivre ensemble s’est posée à lui avec une acuité nouvelle : « c’est tout cela qui nous a conduits à la pandémie ». « L’architecture peut favoriser l’interaction, à travers la définition de l’espace » affirme celui qui souhaite contribuer à « préparer un nouveau contrat social », dans le cadre cette Biennale particulière et particulièrement jeune (la moitié des participants ont entre 35 et 55 ans et n’ont jamais participé à cet événement). « Quand j'ai posé la question ‘comment allons-nous vivre ensemble’, j'ai regardé partout quelles étaient les solutions les plus innovantes et créatives qui étaient proposées. C’est selon ce critère que j'ai choisi les participants » affirme Hashim Sarkis, quand on lui demande, comme cela se fait à chaque Biennale, quelles sont les « stars » de l’événement. À l’arrivée, ce ne sont pas moins de 112 architectes et cabinets, 15 universités et 63 pavillons nationaux qui vont plancher sur cette question cruciale, y apportant chacun une réponse unique, et ces réponses vont coexister dans les mêmes salles et dialoguer entre elles, enclenchant du même coup un dialogue avec le visiteur.

Un contrat spatial pour un nouveau contrat social ?

Cette Biennale d’architecture au moment de son lancement, visait l’horizon 2020, une année symbolique, « une borne, une vision nouvelle » explique le commissaire qui poursuit : « nous avons réfléchi à ce que cela représente. Que faire du futur ? Quelle est la responsabilité de l’architecte dans la pacification des villes du futur ? Comment parvenir à un nouveau contrat social à travers un nouveau contrat spatial ? L’évidence est que l’humanité a trop consommé durant le siècle dernier, avec le modernisme, la révolution industrielle. Aujourd’hui, on doit s’efforcer de transformer, de reconcevoir nos ressources communes : les protéger, les préserver, les améliorer. Nous devons aussi réfléchir à la densification, à un usage plus efficace de l’espace, plus adaptatif ».

« La Biennale la plus jeune »

Dans la perspective, obsédante à notre époque, d’une éventuelle « fin de l’humanité », et à la question de savoir quel est son sentiment à ce sujet, Hashim Sarkis répond que « les architectes sont avant tout formés à proposer des alternatives à ce qui ne fonctionne pas » et se dit optimiste par fonction et par nature. « La question du vivre ensemble doit se poser à chaque génération », ajoute-t-il, « et avec la génération actuelle, nous avons plus d’une source pour y répondre. La réponse de chacun doit nous guider, l’unicité de la réponse de chacun. Aujourd’hui nous voilà en pleine pandémie, et c’est le moment ou jamais de reposer cette même question ». Il souligne aussi que les participants ont commencé à travailler à cet événement avant la pandémie. Leurs travaux sont marqués par la recherche commune d’une éthique globale. Très peu de changement y ont été apportés tout au long de la pandémie. « Cette Biennale est la plus jeune de l’histoire des Biennales d’architecture. Les participants ont cherché et trouvé un équilibre entre leur travail sur un lieu donné tout en apportant des solutions qui le transcendent. Nous ne sommes pas dans la mouvance d’une architecture internationale, comme cela s’est vu dans les années 1920, mais plutôt dans une disposition de l’architecte qui le met à l’écoute et au diapason du monde », constate Sarkis.

 "The Listener", sculpture de Giuseppe Penone au pavillon de l'Italie à la 17e Biennale d'architecture de Venise (Marco Bertorello/AFP)
"The Listener", sculpture de Giuseppe Penone au pavillon de l'Italie à la 17e Biennale d'architecture de Venise (Marco Bertorello/AFP)

L’architecture, un geste politique ?

« Pour répondre aux problèmes, les politiques utilisent des phrases », souligne le commissaire. L’architecte a beaucoup à offrir. »  « Quand nous étions petits, les adultes se mettaient à table et suivaient les codes du repas. Les enfants se mettaient sous la table et jouaient sans qu’on ne les voie. Dans le même espace, qui était la salle à manger, on observait deux contrats spatiaux. Le contrat spatial survit au contrat social. Il n’y a pas de causalité directe entre les deux, mais l’un inspire l’autre » ajoute-t-il, rappelant que « C’est Aristote qui a dit qu’une ville nait quand deux maisons sont érigées mur à mur. On ne peut pas sortir de l’espace de la ville. La ville est une promesse. C’est là que réside l’espoir, on évite de faire du bruit pour ne pas déranger l’autre, on partage certains frais. Si on construit une société autour de cela, on voit que c’est l’architecture qui nous donne la possibilité de vivre ensemble. » Aujourd’hui, ajoute Hashim Sarkis, il nous faut dépasser le cadre de la politique locale pour penser en termes de « cosmopolitique », une politique à l’échelle de la planète. « Chacun de nous doit se penser à cette échelle et vivre à cette échelle. Ce n’est pas facile, la planète est grande, et nous sommes petits, mais l’imagination individuelle et collective va nous sauver » insiste-t-il. Sous chaque pierre il y a de la politique, ajoute le commissaire : « Pendant la Renaissance ; quand les princes construisaient des villes, ils désignaient des responsables pour organiser les chantiers, payer les travailleurs, les loyers, le transport, la sécurité. A la fin du chantier cette organisation, ces responsables, ces ouvriers restaient en place et se chargeaient de l’organisation de la ville. J’aime l’idée que c’est le chantier de l’architecture qui organise la ville quand le chantier est fini : La structure politique sort de la structure du chantier ». Le commissaire rappelle par ailleurs que de nombreux participants ont exprimé par des cercles l’idée du vivre ensemble.

« Beyrouth me donne de l’espoir »

« Au Liban, l’espace politique est asphyxiant et sans réponses satisfaisantes » dit Sarkis à propos de son pays d’origine. « On a trouvé des solutions ailleurs, dans le commerce, l’urbanisme, le futur du travail, la santé. On attendra trop longtemps les réponses politiques. La société civile va nous guider », poursuit-il. Et quand on lui demande quelle est la ville idéale pour le vivre ensemble, il répond paradoxalement : « Beyrouth ». Beyrouth est laide, admet-il, « mais son énergie est irrésistible, elle a un rythme, une pulsion, chacun peut s’y exprimer dans l’espace public, les taxis, la rue ». S’il admet que les Libanais considèrent que leur optimisme a tué la possibilité de changer les choses, il n’en déclare pas moins : « Beyrouth me donne de l’espoir, parce que la diversité s’y manifeste partout, même en cacophonie, et que la ville est constamment sur le fil du rasoir. Vivre ainsi peut être fatiguant, épuisant, mais c’est cela qui donne son énergie à la ville et permet d’entrevoir la possibilité du changement. Vivre la ville dans sa réalité difficile, c’est aussi vivre la possibilité qu’elle donne. » Hashim Sarkis affirme vivre dans sa tête à Beyrouth : « pour moi qu’il n’y a que Beyrouth, la mer, la nourriture, le charme. Sa laideur m’attire aussi et me repousse en même temps. Ce n’est peut-être pas une belle ville, mais elle a un rythme qui est beau. Aristote dit que la ville est une promesse. Beyrouth continue à promettre, même si elle est inachevée. Cette Biennale, je la voudrais aussi comme un message d’espoir au Liban et du Liban ».

Pour conclure, Hashim Sarkis ajoute que la question qui l’intéresse le plus dans cette biennale est celle des réfugiés en tant que citoyens, mais aussi pour la problématique de la reconstruction que leur situation induit. 

Samedi 22 mai, jour de l’inauguration, le Lion d’or de la 17e Biennale de Venise a été attribué à l’architecte Rafael Moneo pour l’ensemble de sa carrière par le jury composé de Kazuyo Sejima, Sandra Barclay, Lamia Joreige, Lesley Lokko et Luca Molinari, des artistes de tous horizons. Un hommage a été rendu à l’architecte brésilienne Lina Bo Bardi, décédée en 1992 et considérée comme l’une des représentantes les plus iconiques de l’architecture du vivre ensemble, à travers ses travaux avec les communautés ethniques et son souci de restituer leur dignité aux communautés marginalisées.

 

 

 

 

 

 

 


Fabien Gabel, la musique de père en fils

Le chef d'orchestre et musicien français Fabien Gabel pose lors d'une séance photo à Paris, le 21 novembre 2022. (AFP).
Le chef d'orchestre et musicien français Fabien Gabel pose lors d'une séance photo à Paris, le 21 novembre 2022. (AFP).
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  • «J'avais trois ou quatre ans et c'était Noël. L'orchestre de l'Opéra jouait comme tous les ans l'ouverture de Carmen; je me souviens aussi d'un sapin immense et du père Noël au Palais Garnier», se remémore en souriant le chef d'orchestre de 47 ans
  • «Enfant, j'allais plus dans la fosse que dans la salle elle-même. J'ai connu l'envers du décor avant le lieu du décor», explique le maestro qui a grandi dans les Yvelines

PARIS : A huit ans, son père trompettiste l'avait emmené dans la fosse d'orchestre de l'Opéra de Paris, où son grand-père maternel était violoncelliste. Quatre décennies plus tard, le chef d'orchestre français Fabien Gabel fait ses débuts au pupitre de la prestigieuse maison.

Des débuts d'autant plus émouvants qu'il dirige à l'Opéra Bastille une longue série de "Carmen" de Bizet (jusqu'au 25 février), son premier souvenir à l'Opéra.

"J'avais trois ou quatre ans et c'était Noël. L'orchestre de l'Opéra jouait comme tous les ans l'ouverture de Carmen; je me souviens aussi d'un sapin immense et du père Noël au Palais Garnier", se remémore en souriant le chef d'orchestre de 47 ans.

Biberonné à la musique classique dès son plus jeune âge, avec également une mère harpiste et un frère aîné violoniste, il a été en immersion dans la fosse avant même d'apprendre un instrument - la trompette -, avant de se convertir plus tard à la direction d'orchestre.

"Enfant, j'allais plus dans la fosse que dans la salle elle-même. J'ai connu l'envers du décor avant le lieu du décor", explique le maestro qui a grandi dans les Yvelines.

Désir latent

"La première fois, c'était un soir où l'orchestre jouait Norma (de Bellini). Mon père m'a dit: 'Tu ne bouges pas'. J'étais tiré à quatre épingles, je me mettais au bord de la fosse pour que personne ne me voie", se souvient-il.

Il est alors fasciné par les musiciens, par le son enveloppant de l'orchestre mais aussi "les voix du public au-dessus de la fosse, les applaudissements et les coulisses".

"Il m'a même entraîné dans la fosse des Folies Bergère et, là, c'était des plumes qui tombaient", rit-il, en référence aux heures de gloire cet ancien cabaret.

A 16 ans, il est admis au Conservatoire de Paris pour étudier la trompette et, la même année, l'Opéra de Paris fait appel à lui pour jouer lors d'une soirée consacrée à l'opéra "Elektra" de Richard Strauss.

Mais la direction d'orchestre a toujours été un "désir latent". Alors qu'il a 14 ans, en 1989, il se souvient avoir vu le légendaire Carlos Kleiber diriger le concert du Nouvel An à Vienne.

Fasciné, cet amoureux du répertoire français entame cette nouvelle carrière à 27 ans; un long processus durant lequel il se forme aux côtés d'éminents maestros comme Sir Colin Davis, avant de se lancer à l'international. Il deviendra pendant de longues années directeur musical de l'Orchestre symphonique de Québec.

Avant lui, son père et son grand-père avaient côtoyé les plus grands.

Son grand-père, qui a également joué avec l'Orchestre Lamoureux, a travaillé avec les compositeurs Igor Stravinski, Wilhelm Furtwängler, Igor Markevitch ou Bruno Walter. Son père a connu l'ère de Rolf Liebermann, administrateur de l'Opéra entre 1973 et 1980 qui a attiré de grands noms.

"Un soir, Lorin Maazel dirigeait 'Pelléas et Mélisande', le lendemain, Georg Solti dirigeait "L'Or du Rhin" et la semaine d'après, Karl Böhm était là pour 'Elektra', en sachant que ces deux derniers avaient travaillé eux-mêmes avec Richard Strauss. C'était des légendes vivantes", précise Fabien Gabel.

Son expérience comme instrumentiste lui a appris l'humilité et surtout à être sensible aux états d'âme des musiciens qui lui font face.

"L'orchestre est une micro-société. (...) Il y a des musiciens nerveux, qui ont besoin d'aide, d'autres à qui on peut parler ouvertement", souligne-t-il.

Dans sa carrière, il dit avoir vu "des chefs très durs envers les musiciens, avec des comportements qui n'avaient pas lieu d'être, mais cela a changé".

Après, nuance-t-il, "cela n'empêche pas la rigueur et l'autorité car il faut bien que quelqu'un régule les choses".


Nour Cadour, une «porte-parole poétique»

Couverture de L'âme du luthier,  de Nour Cadour (fournie)
Couverture de L'âme du luthier, de Nour Cadour (fournie)
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  • Nour Cadour exerce le métier de docteur en médecine nucléaire à Montpellier, en Occitanie, non loin de la Méditerranée. Sa passion pour la littérature remonte à son enfance
  • «J'ai ce besoin d'écrire parce que, pour moi, la poésie est comme une arme, mais une arme pacifique»

PARIS: «Fait-il toujours aussi froid en Syrie?» Nour Cadour a pris du temps avant de comprendre le sens de cette question. Son malheureux interlocuteur français avait confondu la Syrie avec la Sibérie. Pays longtemps méconnu avant d’être au cœur de l'actualité internationale à partir de 2011, la Syrie mérite d'être vue autrement, selon la romancière, poétesse et peintre Nour Cadour. Arab News en français s'est entretenu avec celle qui se considère comme étant une «porte-parole poétique».

Nour Cadour (fournie)
Nour Cadour (fournie)

De l'importance de la poésie

Nour Cadour exerce le métier de docteur en médecine nucléaire à Montpellier, en Occitanie, non loin de la Méditerranée. Sa passion pour la littérature remonte à son enfance. Déjà, elle notait dans son carnet les critiques des livres qu'elle avait lus. Son goût pour la poésie naît après une remarque de sa professeure de français en seconde qui lui confie que son style est «poétique».

L’enseignante a vu juste. Nour Cadour remporte la mention spéciale du jury du concours international Poésie en liberté en 2014 dans la catégorie «Étudiants de France». Dès lors, celle qui défend la poésie contemporaine et la liberté qu'elle procure fait de belles rencontres et, surtout, rencontre le succès. Son recueil de poèmes Larmes de lune a reçu en 2021 le prix Jacques Raphaël-Leygues de la Société des poètes français et, en novembre 2022, le prix de poésie de la Fondation Saint-John Perse.

La force de la poésie est de dénoncer des choses en quelques vers tout en transmettant un message de beauté et d'espoir.

Elle est guidée par ce qu'elle appelle un «besoin d'écrire»: «J'ai ce besoin d'écrire parce que, pour moi, la poésie est comme une arme, mais une arme pacifique. Il y a des choses dans le monde dans lequel on vit qui me rendent triste et me mettent en colère. Ma poésie est engagée, elle pousse les gens non à adhérer à ce que j'écris, mais au moins à réfléchir sur certaines idées sur lesquelles ils ont des préjugés.»

La poésie est selon elle la forme artistique la mieux adaptée à son engagement: «La force de la poésie est de dénoncer des choses en quelques vers tout en transmettant un message de beauté et d'espoir. Cela apaise ce que l'on veut dénoncer, qui est parfois violent.»

La Syrie, un thème majeur de son œuvre

À travers son engagement, Nour Cadour souhaite changer les regards et les représentations qui pèsent sur son pays d'origine. La moitié de l'intrigue de son premier roman, L’Âme du luthier, publié chez Hello Éditions en février 2022, se déroule en Syrie. «J'ai publié ce roman parce que j'avais envie de montrer que la Syrie n'est pas seulement le pays que l'on est en train de découvrir aujourd’hui avec la guerre. Je voulais montrer, avec mes personnages et leur vie quotidienne, que c'est une terre de culture.» Ce roman possède une part autobiographique: «Je me suis inspirée de mes beaux souvenirs de vacances avec mes grands-parents.»

Sa démarche ne consiste pas simplement à changer les regards des gens, mais aussi à transmettre et à partager, dans la bienveillance. C’est dans ce but qu’elle a cofondé l’association de poésie montpelliéraine intitulée «L’Appeau’Strophe», qui organise une fois par mois une soirée de poésie en musique.

Logo de L'Appeau Strophe (fourni)
Logo de L'Appeau Strophe (fourni)

Son prochain projet littéraire est consacré à ce désir de partage et de transmission: «Je vais publier en janvier 2023 un recueil qui se partage en différents poèmes et chacun d’eux sera la voix d'une femme d'un pays ou d'une ville du monde. Ce sont des femmes que je connais ou que j'ai rencontrées lors de mes voyages. Il s'agit pour moi d'être leur “porte-parole poétique”, de parler des difficultés qu'elles rencontrent au quotidien. Les mêmes problématiques reviennent, quelles que soient les cultures ou les religions.»

Nour Cadour continue ainsi à faire passer un message universel de convivialité et de bienveillance, tout en exposant l’âpreté de la réalité. Un travail de poète et, surtout, d’alchimiste!


Trump vivement critiqué pour avoir dîné avec Kanye West et un suprémaciste blanc

Donald Trump et Kanye West (Photo, AFP).
Donald Trump et Kanye West (Photo, AFP).
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  • Interrogé, le président américain Joe Biden a balayé samedi la question: «Vous ne voulez même pas savoir ce que j'en pense»
  • Au coeur de la polémique, Nick Fuentes, 24 ans, connu pour diffuser les idées du suprémacisme blanc dans ses podcasts

WASHINGTON: L'ancien président américain Donald Trump a essuyé samedi une pluie de critiques de la Maison Blanche et d'une partie de son camp pour avoir dîné cette semaine avec le rappeur Kanye West et un suprémaciste blanc.

Kanye West, qui se fait appeler Ye, est au coeur d'une série de controverses, entre autres pour avoir publié des propos dénoncés comme antisémites sur ses réseaux sociaux.

Donald Trump, candidat à l'élection présidentielle de 2024, a confirmé avoir dîné avec la star de la mode et du rap à Mar-a-Lago, sa résidence en Floride, s'attirant immédiatement de vives critiques de la classe politique américaine.

"L'intolérance, la haine et l'antisémitisme n'ont aucune place en Amérique - y compris à Mar-a-Lago", a fustigé un porte-parole de la Maison Blanche, Andrew Bates.

Au coeur de la polémique, la participation à ce dîner de Nick Fuentes, 24 ans, connu pour diffuser les idées du suprémacisme blanc dans ses podcasts. Selon l'organisation américaine de lutte contre l'antisémitisme Anti Defamation League (ADL), le jeune aurait aussi remis en cause l'existence de l'holocauste.

Interrogé, le président américain Joe Biden a balayé samedi la question: "Vous ne voulez même pas savoir ce que j'en pense", a-t-il déclaré.

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Nick Fuentes, étudiant conservateur et sympathisant du président américain Donald Trump (Photo, AFP).

Les dénonciations ont également émané du camp de Donald Trump.

"Toute entrevue, même de courtoisie, avec un antisémite comme Kanye West et une ordure comme Nick Fuentes est inacceptable", a regretté David Friedman, son ancien ambassadeur en Israël. "Je veux dire à mon ami Donald Trump qu'il vaut mieux que ça", a-t-il tweeté.

L'ancien locataire de la Maison Blanche s'est défendu sur son réseau social, assurant que le repas était "rapide" et "sans histoire". Donald Trump a affirmé s'être "très bien entendu" avec Kanye West et que ce dernier n'avait tenu "aucun propos antisémite".

Le magnat de l'immobilier a précisé que le rappeur s'était "pointé avec trois de ses amis, dont je ne savais rien". "Je ne connaissais pas Nick Fuentes", a-t-il réitéré dans une autre publication.

Interviewé par l'AFP en 2017 après sa participation à un rassemblement d’extrême droite à Charlottesville, Nick Fuentes détaillait sa lutte contre l'"immigration massive" et "le multi-culturalisme".