L'Iran et l'AIEA prolongent l'accord d'inspection d'un mois

Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA (Photo, AFP).
Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 25 mai 2021

L'Iran et l'AIEA prolongent l'accord d'inspection d'un mois

  • Une extension qui offre un sursis aux grandes puissances négociant à Vienne pour sauver l'accord international de 2015
  • L'Iran avait restreint en février l'accès des inspecteurs à certains sites, et refuse depuis cette date de fournir en temps réel les enregistrements de caméras

VIENNE: L'AIEA a prolongé lundi d'un mois la « solution temporaire » trouvée avec l'Iran pour surveiller son programme nucléaire, une extension qui offre un sursis aux grandes puissances négociant à Vienne pour sauver l'accord international de 2015.

« Bonne nouvelle », a tweeté le diplomate européen Enrique Mora, qui chapeaute les discussions. « Cela nous donne un peu plus de marge de manœuvre pour parvenir à un résultat. Nous reprenons demain (mardi) ».

La Russie a également « loué » cette étape par la voix de son ambassadeur Mikhaïl Oulianov, tout comme les Etats-Unis. « En route vers Vienne pour une cinquième session », a commenté l'émissaire américain Rob Malley, toujours sur Twitter, soulignant qu'il restait « beaucoup de travail ».

« Les activités de surveillance et de vérification vont se poursuivre dans le cadre actuel pour un mois », avait déclaré un peu plus tôt le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafaël Grossi, au siège de l'organisation à Vienne.

L'Iran avait restreint en février l'accès des inspecteurs à certains sites, et refuse depuis cette date de fournir en temps réel les enregistrements de caméras et autres outils dans les installations nucléaires.

Mais l'AIEA avait à l'époque négocié un compromis avec Téhéran pour garantir un degré nécessaire de surveillance, accord qui reste donc en vigueur jusqu'au 24 juin.

« Pas idéal »

« Les équipements continuent à être sous la garde de l'Agence », a expliqué Grossi. « Les données ne seront pas effacées, c'est un aspect important ».

L'Iran s'est engagé à les transmettre dès que les sanctions américaines seront levées.

D'ici là, les informations « demeurent en possession de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) et ne seront pas transférées à l'AIEA », a prévenu Kazem Gharibabadi, l'ambassadeur d'Iran auprès du gendarme onusien du nucléaire, selon des propos cités par l'agence officielle Irna.

« Ce n'est pas idéal », a reconnu le chef de l'AIEA. « C'est une mesure d'urgence, (...) un remède palliatif pour éviter de naviguer complètement à l'aveugle ».

De son côté, Gharibabadi a appelé les pays participant aux pourparlers qui ont démarré début avril dans la capitale autrichienne, à saisir cette occasion pour accélérer la cadence.

Objectif : faire revenir Washington dans le giron du « plan d'action global commun » (JCPOA, selon son acronyme anglais) et annuler les sanctions américaines, en échange d'un retour au strict respect par Téhéran de ses obligations nucléaires.

L'accord de 2015, destiné à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique, est en effet moribond depuis le retrait des Etats-Unis en 2018 et le rétablissement des mesures punitives par Donald Trump.

Les doutes de Blinken

Les diplomates vont désormais s'atteler à surmonter les divergences persistantes entre les Etats-Unis et l'Iran, qui négocient indirectement par l'entremise des Européens.

Les autres protagonistes (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) ont fait état la semaine dernière de « progrès tangibles », estimant qu'un accord « prenait forme ».

Ils évoquent une ambiance « constructive » après des débuts perturbés par une explosion dans l'usine d'enrichissement de Natanz (centre), attribuée par l'Iran à Israël.

Dans la foulée, la République islamique avait annoncé porter le taux d'enrichissement d'uranium de 20% à 60%, se rapprochant ainsi des 90% nécessaires à une utilisation militaire, tout en réaffirmant que ses ambitions étaient exclusivement « pacifiques ».

Si tous espèrent aboutir avant la présidentielle du 18 juin en Iran, les Etats-Unis ont tempéré dimanche l'optimisme.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a déclaré que les Etats-Unis n'avaient à ses yeux « pas encore de réponse » à la question de « savoir si l'Iran (...) était prêt à faire le nécessaire pour se conformer de nouveau à l'accord ».

Les discussions « peuvent facilement donner des résultats si une décision politique est prise à Washington », a répliqué le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.