Au mémorial de Kigali, le souvenir de l'horreur du génocide rwandais

Le président français Emmanuel Macron regarde les photos des victimes du génocide exposées lors de sa visite au Mémorial du génocide de Kigali, où environ 250 000 victimes des massacres sont enterrés, le 27 mai 2021. (Photo / AFP)
Le président français Emmanuel Macron regarde les photos des victimes du génocide exposées lors de sa visite au Mémorial du génocide de Kigali, où environ 250 000 victimes des massacres sont enterrés, le 27 mai 2021. (Photo / AFP)
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Publié le Jeudi 27 mai 2021

Au mémorial de Kigali, le souvenir de l'horreur du génocide rwandais

  • Inauguré en 2004, il comprend une partie mémorielle organisée à l'extérieur, au milieu de fleurs et d'arbustes, autour de trois larges dalles recouvrant les restes de plus de 250 000 victimes tuées entre avril et juillet 1994 dans la région de Kigali
  • Après l'indépendance en 1962, «le Rwanda est devenu un État fort, centralisé, répressif», où les Tutsi «sont communément appelés des "cafards"», relate Serge Rwigamba, rescapé du génocide

KIGALI : Des crânes, des os, des habits déchirés, des images de cadavres entassés : le mémorial du génocide à Kigali, où Emmanuel Macron prononce un discours jeudi, ne cache rien des horreurs du drame vécu par le Rwanda il y a 27 ans.

"Je crois que personne ne comprendra vraiment ce qui s'est passé en 1994", témoigne, dans un film ouvrant la visite, l'un des rescapés de ce génocide qui a provoqué la mort de plus de 800 000 personnes, principalement des Tutsi, et fait du Rwanda "une nation de tueurs brutaux et sans pitié, et de victimes innocentes".

Implanté sur la colline de Gisozi, d'où l'on aperçoit les tours du Kigali moderne, le sobre bâtiment blanc est le principal des quelque 200 lieux de souvenir qui entretiennent la mémoire de la période la plus sombre du petit pays de l'Afrique des Grands Lacs.

Inauguré en 2004, il comprend une partie mémorielle organisée à l'extérieur, au milieu de fleurs et d'arbustes, autour de trois larges dalles recouvrant les restes de plus de 250 000 victimes tuées entre avril et juillet 1994 dans la région de Kigali.

Un musée adjacent, géré par Aegis Trust, une ONG britannique de prévention des crimes contre l'Humanité, retrace l'histoire officielle du génocide jusqu'à la mise en place de la politique "d'unité et réconciliation" par le régime actuel. 

La visite débute par l'évocation de "l'harmonie sociale" qui existait au Rwanda avant que les puissances coloniales, l'Allemagne puis la Belgique, ne décident de catégoriser les habitants entre "Hutu" et "Tutsi" sur les cartes d'identité à partir des années 1930. Avec l'aide d'une partie de l'église catholique, "les Belges présentaient les Tutsi comme une race +étrangère+, différents des +autochtones+ hutu", affirme l'un des panneaux d'exposition. 

Après l'indépendance en 1962, "le Rwanda est devenu un État fort, centralisé, répressif", où les Tutsi "sont communément appelés des 'cafards'", relate Serge Rwigamba, rescapé du génocide et guide du musée depuis 2009.

Seule une photo légendée, montrant un soldat français contrôlant un Rwandais à un barrage routier, témoigne du soutien apporté au régime par le gouvernement français "bien qu'il fut au courant des atrocités" commises contre les Tutsi.

En exposant machettes – l'outil privilégié des génocidaires - massues et fusils, le musée raconte comment le Rwanda a été "totalement dévasté" en 100 jours et sentait "la puanteur de la mort" avec "des cadavres partout".

En témoignent les vitrines où sont exposés des dizaines de crânes et une partie des 20 000 photos de victimes données au musée par leur famille. Des clichés de "vies gâchées" qui rappellent celles exposées par d'autres musées des grands drames du XXe siècles: Arménie, Holocauste, Cambodge...

"Il n'y aura pas d'humanité sans pardon. Il n'y aura pas de pardon sans justice", proclame une inscription dans la salle centrale du musée, autour de sculptures en bois de femmes et d'hommes.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.