Angawi House: une fenêtre sur le passé et l'héritage de l’ébénisterie en Arabie saoudite

Le mangoor est une technique ancienne utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné. C'est une caractéristique unique de la menuiserie dans la région du Hijaz. (AN photos par Huda Bashatah)
Le mangoor est une technique ancienne utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné. C'est une caractéristique unique de la menuiserie dans la région du Hijaz. (AN photos par Huda Bashatah)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Angawi House: une fenêtre sur le passé et l'héritage de l’ébénisterie en Arabie saoudite

  • Le mangoor est une technique ancienne, faisant partie du patrimoine saoudien, utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné
  • «Ce métier vous enseigne la véritable essence de la patience et développe votre sens de l'observation. Il m'a également appris que la précipitation conduit à des résultats négatifs.»

DJEDDAH: Dans le centre-ville de Djeddah se trouve un bâtiment très particulier et extravagant. La Maison Angawi est la demeure de la famille Angawi, un atelier de menuiserie et un musée public de l'artisanat du bois.

Il combine des styles urbains et traditionnels, notamment un extérieur luxueux semblable à un château et les traditionnels Hijazi Rawasheen, les cadres de fenêtres en bois aux motifs élaborés des vieux bâtiments de La Mecque et de Djeddah qui favorisent la lumière naturelle et la circulation de l'air.

Arab News a visité la maison avec Ahmad Sami Angawi – le fils de Sami Angawi, un architecte saoudien pionnier – et l'un des membres de son équipe les plus qualifiés, Mohammed Alemarah.

«Le travail du bois que je fais consiste principalement à équilibrer les exigences et les besoins contemporains avec la technique traditionnelle, la menuiserie mangoor, qui est un élément qui existe dans le Roshan (singulier de Rawasheen)», déclare M. Angawi, 40 ans, à Arab News.

Le mangoor est une technique ancienne, qui fait partie du patrimoine saoudien. Elle est utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné. C'est une caractéristique unique de la menuiserie dans la région du Hijaz à laquelle Ahmad Sami Angawi ajoute sa propre touche dans une approche qu'il appelle «l'amour et le bien-aimé», qui, selon lui, reflète «le lien entre un être humain et son héritage».

Les objets que lui et son équipe produisent, qu'ils soient artistiques ou fonctionnels, célèbrent cette technique Roshan. Il reprend les designs traditionnels des Rawasheen, les développe et les utilise dans les objets qu'il crée.

«Dans certains de mes projets, j’ai exploré non seulement le résultat esthétique, mais aussi le résultat final d’un point de vue géométrique et sur la façon de le fabriquer», dit M. Angawi.

L'artisanat du bois connaît un renouveau, souligne-t-il, car les jeunes Saoudiens le considèrent d’un œil neuf et appliquent des techniques modernes. Le ministère saoudien de la Culture soutient cette tendance notamment via une initiative, dans laquelle M. Angawi est impliqué, afin de promouvoir le travail des artisans locaux.

«Le ministère de la Culture s'intéresse à la promotion des artistes et des artisans et c'est un grand plaisir d'en faire partie», précise-t-il.

Il cite également Artisanat du Royaume: culture et créativité en Arabie saoudite, un livre de la princesse Najla benta Ahmad ben Salmane, supervisé par le ministère, comme un autre exemple de la manière dont la culture et la créativité dans le Royaume sont mis en valeur.

Ce livre emmène les lecteurs dans un voyage à la rencontre de certains des artisans les plus talentueux du pays et leur fait découvrir l'histoire, les techniques et les traditions des métiers qu'ils pratiquent ainsi que la façon dont ces métiers continuent d’être liés au quotidien du peuple saoudien.

Ahmad Sami Angawi et son équipe ont conçu la couverture du livre et son coffret en bois inspiré des Sadu, les formes géométriques traditionnellement utilisées dans la broderie et le tissage bédouins.

«Nous avions une équipe formidable et compétente sur ce projet», précise M. Angawi. «Nombre d’entre eux étaient de jeunes Saoudiens, et Mohammed Alemarah dirigeait l’équipe ainsi que tout le processus.»

Mohammed Alemarah, 28 ans, est un jeune architecte irakien expérimenté doué pour le travail du bois.

«J'ai découvert la véritable signification de l'art en étudiant la calligraphie arabe, j'ai alors pris conscience de ma capacité à ressentir la beauté», explique-t-il. «J'ai essayé de m’imaginer une pièce en bois, sculptée et écrite et la magie s'est produite. L'odeur du bois de pin est restée gravée dans mon esprit.»

«J'ai adoré le monde de l'artisanat et le matériau lui-même, notamment la connaissance de l'anatomie du bois, son comportement et ses variétés, même les organismes que nous trouvons autour du bois tels que les champignons, les coléoptères et les oiseaux. Je pense que je cesserai jamais de m'interroger sur la beauté du bois.»

M. Alemarah est un menuisier autodidacte qui suit les «grands ancêtres des artisans et des prophètes». Sa capacité naturelle à apprendre et à développer ses compétences lui a, ajoute-t-il, inculqué un sens des responsabilités envers le métier.

«Je dois être très prudent et précis en ce qui concerne les mesures: 1 millimètre peut gâcher des heures de travail», souligne-t-il. «Ainsi, un millimètre à mes yeux se transforme en pouce que je divise en parties infinies.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

En Bref :

• Le père d’Ahmad Sami Angawi, Sami Angawi, est un architecte saoudien de renommée internationale. Il a obtenu un doctorat en architecture islamique hijazie de l'université de Londres en 1988.

• Sa philosophie novatrice en matière d’architecture associe la créativité de l'architecture traditionnelle aux styles modernes. Il est considéré comme un leader dans le domaine de la préservation du style Hijaz.

• Il a cofondé makmad.org, une organisation allemande à but non lucratif basée à Hanovre. Il a rénové de nombreux bâtiments historiques, notamment la maison d'Al-Shafei à Al-Balad, (quartier historique de Djeddah), et Bab al-Haram, une maison historique à La Mecque.

 

«Ce métier vous enseigne la véritable essence de la patience et développe votre sens de l'observation. Il m'a également appris que la précipitation conduit à des résultats négatifs.

L'artisanat est basé sur la répétition et l'attention aux détails, précise Mohammed Alemarah.

«J'avais l'habitude de considérer chaque compétence et les informations que j’ignorais sur le travail du bois comme un mystère et un défi intéressant qui devaient être résolus», ajoute-t-il.

Travailler le bois nécessite la maîtrise de nombreux outils et une attention particulière aux angles, aux coupes, aux formes et aux marques. Un ébéniste doit pouvoir voir les choses différemment, déclare M. Alemarah. Il précise qu'il traite chaque outil comme un trésor et qu'il admire la capacité de ses prédécesseurs qui ont créé ces outils, qui sont encore utilisés des milliers d'années plus tard. Il considère la scie à ruban comme la plus difficile à utiliser.

«L’architecture m’est utile pour saisir la différence entre les lignes, les points, les arcs et les formes, ainsi que le style architectural dans la manière de percevoir les choses autour de moi», déclare Mohammed Alemarah. «Ces facteurs constituent une bonne base pour l’industrie du bois qui repose sur la maîtrise et le professionnalisme.»

Il explique que les arbres poussent de manière spécifique qui se reflète dans les fibres du bois. Lors de la coupe des arbres, les menuisiers prennent en compte les meilleures façons d'utiliser les caractéristiques du bois.

«Il me faut un coup d'œil précis afin de déterminer la méthode et l'outil à utiliser car je me concentre sur certains éléments, notamment l'angle de croissance des anneaux, la forme des veines, ainsi que les pores et leur direction», confie-t-il. «La tâche du menuisier est donc de comprendre l’aspect et la direction des fibres et d’essayer d’en tirer le meilleur parti.»

Mohammed Alemarah travaille essentiellement la menuiserie et mais parfois également, la sculpture. Il propose des ateliers afin de contribuer à la diffusion des connaissances de la science du bois et d’aider les gens à apprendre et à explorer l'artisanat.

M. Alemarah déclare que travailler avec les Angawi, l'une des familles de menuisiers les plus renommées, et Ahmad Sami Angawi en particulier, était un rêve de carrière devenu réalité.

«Le studio Angawi est un espace artistique qui prend en compte la beauté, la maîtrise et le développement des compétences et des techniques», souligne-t-il.

L'aspect le plus difficile de ce métier, dit-il, est que le bois réagit au climat, à la température et d'autres facteurs.

«Le bois est essentiellement un organisme vivant, avec des pores, des vaisseaux et des fibres à travers lesquels l'eau pénètre», explique-t-il. «Le bois respire entre l'hiver et l'été, et l'humidité de l'air commence à le façonner, il se dilate, rétrécit, se plie et se fissure.»

«J’essaie encore de comprendre la philosophie du bois et je sais avec certitude que cela prendra du temps.»

Sami Angawi, le père d’Ahmad Sami Angawi, est un architecte saoudien de renommée internationale. Il a obtenu un doctorat en architecture islamique hijazie de l'université de Londres en 1988. Sa philosophie novatrice en matière d’architecture associe la créativité de l'architecture traditionnelle aux styles modernes. Il est considéré comme un leader dans le domaine de la préservation du style Hijaz.

Il a cofondé makmad.org, une organisation allemande à but non lucratif basée à Hanovre. Il a rénové de nombreux bâtiments historiques, notamment la maison d'Al-Shafei à Al-Balad, (quartier historique de Djeddah), et Bab Al-Haram, une maison historique à La Mecque.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: le Maroc en liesse après la qualification des Lions de l'Atlas pour les 8es

Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
  • "L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada"
  • Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but

RABAT: Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat.

Le choc Maroc/Pays-Bas a tenu en haleine tout un pays. A peine la fin du match sifflée, de nombreux supporters ont conflué à pied, en voiture ou à moto vers l'avenue Mohammed V, l'une des principales artères du centre-ville de la capitale.

"Le Maroc entier est heureux de cette victoire. Nos Lions de l'Atlas ont fait preuve de combativité et de niaque", s'exclame l'un d'eux, Mehdi Bejdid.

Le stade Moulay El Hassan, à Rabat, a vibré au rythme de la ferveur des nombreux Marocains venus regarder le match sur un écran géant.

"L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada", s'est réjoui auprès de l'AFP Ahmed Al Khourassani après le match.

Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but (1-1, 3 tab à 2) à Monterrey, au Mexique.

"Match épique" 

"Honnêtement, les tirs au but et la tension du match ont été difficiles à gérer. Ça nous a rappelé les moments que nous avons vécus au Mondial-2022 contre l'Espagne. Dieu merci, nous avons gagné aujourd'hui", commente Yahia Bakhtaoui.

"Nous allons atteindre les demi-finales, puis la finale, pour remporter la coupe, si Dieu le veut. Dima Maghrib (vive le Maroc, en dialecte marocain)!", espère ce supporter de 20 ans qui a suivi le match au stade Moulay El Hassan.

Ce mardi matin, les médias marocains ont à l'unanimité encensé l'exploit de l'équipe nationale, parlant de "match épique" et de "qualification héroïque".

"Les Lions de l'Atlas continuent de faire rêver tout un peuple", écrit ainsi le site d'information Le360.

Sous la conduite de Mohamed Ouahbi, nommé il y a quatre mois seulement, le Maroc affrontera le Canada en 8e de finale. L'équipe a entamé ce Mondial-2026 sous de bons auspices en faisant d'abord match nul contre le Brésil (1-1), puis en battant l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2).

"C'est l'équipe nationale qu'on voulait et qui est capable de remporter la Coupe du monde", veut croire Samir Al Houti, 26 ans.


À Vision Golfe 2026, Athar accélère son ouverture internationale

Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
  • Pour sa première participation à Vision Golfe, Athar cherche à renforcer sa visibilité en Europe et à attirer davantage de participants internationaux vers son festival à Riyad
  • En trois ans, l’événement s’est imposé comme un acteur clé des industries créatives régionales et vise 10 000 visiteurs d’ici cinq à six ans, dont la moitié venus de l’étranger

PARIS: À l'occasion de sa première participation à Vision Golfe, le festival saoudien Athar affiche clairement ses ambitions internationales. L'événement souhaite séduire de nouveaux partenaires, intervenants et visiteurs étrangers afin de poursuivre son développement et de renforcer le rayonnement de l'écosystème créatif saoudien.

« L'objectif est de créer des synergies, d'identifier les opportunités et de révéler tout le potentiel de notre industrie », explique Mohamed Al Ayed, vice-président d'Athar et fondateur et directeur général de TRACCS.

Créé en 2023, Athar est né de la volonté de célébrer la créativité saoudienne tout en connectant le Royaume aux grands acteurs internationaux de la communication, du marketing et des industries créatives. En seulement trois éditions, le festival s'est imposé comme un rendez-vous de référence. L'édition 2025 a réuni près de 3 000 participants sur deux jours, dont un tiers venus de l'extérieur de l'Arabie saoudite.

Cette dynamique s'inscrit dans le parcours de Mohamed Al Ayed, figure reconnue de la communication au Moyen-Orient. En 1998, il fonde TRACCS à Djeddah, aujourd'hui devenu le plus grand cabinet indépendant de conseil en communication de la région MENA. L'entreprise est présente sur une dizaine de marchés, avec un réseau de bureaux couvrant notamment les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Liban et plusieurs autres pays de la région.

Athar poursuit désormais une stratégie d'internationalisation. Après une présence remarquée aux Cannes Lions 2026 et un agenda qui se déploie entre Riyad, Londres, Nice et Paris, le festival utilise sa participation à Vision Golfe comme une porte d'entrée vers les écosystèmes européens de la création. « Pourquoi Paris ? Pour donner envie aux acteurs de la création, de la communication et du marketing de venir découvrir Athar à Riyad », résume Mohamed Al Ayed.

L'événement rassemble aujourd'hui des participants de plus de vingt nationalités. Environ 85 % des participants sont des décideurs issus d'organisations publiques et privées, saoudiennes comme internationales. Le festival accueille également des étudiants et des établissements académiques afin de contribuer à la formation de la nouvelle génération de professionnels. Son programme comprend une trentaine de conférences réparties sur cinq scènes, offrant un espace d'échanges entre leaders de l'industrie, créatifs émergents et experts internationaux.

Le point d'orgue de ces deux journées est la cérémonie des Athar Awards, qui récompense les campagnes, les talents et les initiatives les plus remarquables des secteurs de la communication, du marketing et des industries créatives dans la région.

À plus long terme, Athar vise une nouvelle étape de son développement : atteindre 10 000 visiteurs dans les cinq à six prochaines années, avec une audience composée pour moitié de participants internationaux. Au-delà de la croissance de sa fréquentation, le festival ambitionne de bâtir une marque internationale de référence, capable de connecter les écosystèmes créatifs du Royaume avec ceux d'Europe et du reste du monde.

Pour Mohamed Al Ayed, la participation à Paris s'inscrit pleinement dans cette stratégie d'ouverture. « Nous voulons créer davantage de synergies et d'opportunités, tout en faisant d'Athar une plateforme incontournable pour tous ceux qui souhaitent contribuer à l'avenir des industries créatives en Arabie saoudite. »

Dans le cadre de Vision Golfe 2026, Mohamed Al Ayed est également intervenu lors de la table ronde « Culture as Soft Power: Franco-Gulf Synergies in Heritage and Creative Economies », aux côtés de représentants de TV5 Monde, de COFREX, de France Muséums, d'Atout France et du Groupe Novelty. Les échanges ont porté sur le rôle de la culture, du patrimoine et des industries créatives comme leviers de coopération et d'influence entre la France et les pays du Golfe.


Pour ses 80 ans, l'iconique Vespa retrouve la Ville éternelle

Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
  • La Vespa célèbre ses 80 ans à Rome, réunissant plus de 10 000 passionnés venus du monde entier pour rendre hommage à cette icône du style et du savoir-faire italiens
  • Symbole de liberté, de mobilité et d’émancipation sociale depuis 1946, la Vespa a dépassé le statut de simple scooter pour devenir un véritable phénomène culturel mondial

ROME: De "Vacances romaines" à "Journal intime" en passant par "La Dolce vita", elle est devenue à l'écran une icône mondiale du mode de vie à l'italienne: la légendaire Vespa, un scooter né en même temps que la République italienne, fête ce week-end ses 80 ans à Rome.

Samedi dans la matinée, des milliers de Vespa ont envahi les rues de la capitale italienne, créant un chaos coloré et bon enfant.

Qui en blouson de motard, défiant la chaleur romaine, qui en tee-shirt, en couple ou seul sur la selle, ces amoureux du célèbre scooter ont défilé dans le centre, y compris dans des rues d'ordinaire fermées au trafic de véhicules privés.

"Nous avons amené notre Vespa depuis les États-Unis. Nous sommes passés par l’Allemagne, puis par Vienne (...) et j’ai ensuite roulé avec ma Vespa de l’Autriche à Rome, pendant deux semaines", a déclaré à l'AFP-TV David Baamonde, un habitant du Texas.

"Pour moi, la Vespa, c’est un art de vivre, une insouciance, profiter de l’instant présent, découvrir les paysages — c’est un mode de vie", déclare pour sa part l'Italien Andrea Musco.

"L'histoire de la Vespa, qui accompagne littéralement la naissance et l'essor de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, est en quelque sorte un symbole iconique de notre histoire, de notre culture", avait rappelé le maire de la capitale italienne, Roberto Gualtieri, à l'occasion de la présentation des festivités.

La Vespa, qui signifie "guêpe" en italien - une référence au bruit du moteur de son prototype -, est née le 23 avril 1946, lorsque le premier brevet sur sa fabrication a été déposé en Italie par Piaggio. Elle continue depuis d'être produite notamment sur le site de Pontedera, en Toscane (centre-nord de l'Italie).

- "La Vespa, c’est spécial" -

Plus de 10.000 "Vespistes" en provenance du monde entier sont attendus sur leurs engins de toutes les époques, reconnaissables à leurs lignes arrondies, leur carrosserie en métal aux couleurs éclatantes et leur phare rond monté sur le guidon.

Parmi eux, Andrew Ward, 57 ans, et sa soeur Julie Stover, 63 ans, qui ont fait le déplacement depuis les Etats-Unis. Les deux Californiens ont loué une Vespa à Rome pour pouvoir participer au défilé.

"Nous avons eu des scooters et des motos toute notre vie. Mais j'ai toujours voulu une Vespa. (...) Maintenant, j'en ai deux", explique à l'AFP Andrew, coutumier des rassemblements de "Vespistes" dans son pays.

"C'est un scooter de grande qualité. Et il est associé à un certain statut. C'est classe, vous voyez. Ce n'est pas comme les petits scooters bon marché qu'on voit tout le temps sur la route. La Vespa, c'est spécial", poursuit sa soeur.

- Emancipation sociale -

Conçue pour être un moyen de transport populaire et accessible, la Vespa - qui a bénéficié de toutes sortes d'innovations dérivées de l'aviation, le coeur de métier de Piaggio - est aussi devenue le symbole d'une certaine émancipation sociale.

Son histoire est entremêlée avec "l'histoire d'un pays qui sort de l'après‑guerre, qui veut bouger, qui veut se relever", a commenté Matteo Colaninno, le président exécutif du groupe Piaggio, à la présentation des célébrations.

"Et ce désir de bouger n'est pas seulement une mobilité physique", c'est aussi "une sorte d'élan vers la mobilité économique et surtout la mobilité sociale", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui, la Vespa est devenue un phénomène mondial, nous sommes à l'aube des 20 millions de véhicules produits" depuis 1946, a relevé M. Colaninno.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni photographiée jeudi assise sur une Vespa blanche dans les salons du Palazzo Chigi, sa résidence officielle, a salué dans le fameux scooter non seulement "une excellence industrielle" mais aussi "l'une des icônes italiennes les plus appréciées au monde, symbole de la créativité et du style italiens".

Mais pour Illac Diaz, originaire des Philippines, le plus "beau avec la Vespa", ce sont les amitiés qu'elle fait naître.

"Il n'y a aucun endroit où tu te gares sans que les gens deviennent des amis. Donc, la Vespa, c'est comme une famille", souligne cet homme de 52 ans, qui vient tout juste d'acheter une maison à Trieste, dans le nord de l'Italie, où il prévoit d'acquérir au plus vite... une nouvelle Vespa.