Bac ou pas… la traditionnelle fête de fin d’année célébrée dans la rue au Liban

Chaque fête de fin d’année est d’habitude une journée joyeuse de rencontres et d’aurevoirs, qui marque un moment très émouvant dans la mémoire des élèves (Photo Zeina Zbibo)
Chaque fête de fin d’année est d’habitude une journée joyeuse de rencontres et d’aurevoirs, qui marque un moment très émouvant dans la mémoire des élèves (Photo Zeina Zbibo)
Chaque fête de fin d’année est d’habitude une journée joyeuse de rencontres et d’aurevoirs, qui marque un moment très émouvant dans la mémoire des élèves (Photo Zeina Zbibo)
Chaque fête de fin d’année est d’habitude une journée joyeuse de rencontres et d’aurevoirs, qui marque un moment très émouvant dans la mémoire des élèves (Photo Zeina Zbibo)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Bac ou pas… la traditionnelle fête de fin d’année célébrée dans la rue au Liban

  • La traditionnelle fête de fin d’année, qui est d’habitude une journée joyeuse de rencontres et d’au revoir au Liban, n’a pas eu lieu comme prévu
  • Le système éducatif libanais essaie de jongler entre les dégâts de l’explosion au port de Beyrouth, une crise économique, un vide politique, et les conséquences d’une pandémie

DUBAI: Le système scolaire libanais a longtemps été mis en valeur. On parlait de brain-drain, de fuite des cerveaux, et d’un pays qui n’exportait que ses ressources humaines. Aujourd’hui, le système éducatif libanais, comme d’autres secteurs, essaie de jongler entre les dégâts de l’explosion au port de Beyrouth, une crise économique, un vide politique, et les conséquences d’une pandémie.

Chaque fête de fin d’année est d’habitude une journée joyeuse de rencontres et d’aurevoirs, qui marque un moment très émouvant dans la mémoire des élèves de la promotion 2021 et de leur famille. Une tradition reprise chaque année par les élèves de terminale, avant de quitter le lycée, après quinze passés au sein du même établissement, de la maternelle à la terminale. Quinze ans d’une vie partagée, qui se célèbre dans la rue.

Une journée traditionnelle que Lynn, une élève de terminale, attendait avec impatience depuis des années, dans la foulée de son frère aîné.

Une «fête» qui n’a pas eu lieu, du moins pas comme prévu: est-ce dû à la Covid-19, au moment où les plus jeunes du collège accèdent au lycée? Est-ce dû à un manque de communication entre parents, responsables de la vie scolaire, et comités de parents? Ou bien, cela s’explique-t-il par une série d’événements, qui s’accumulent dans un pays déjà paralysé?

Au Liban, quel avenir peut aujourd’hui espérer une génération qui peine à célébrer ces petites victoires? Le pays est caractérisé par une incertitude croissante, une instabilité politique, un marché du travail qui ne redémarre progressivement que dans un contexte mondial et pas nécessairement local, des ambitions amoindries, et un espoir d’études supérieures à moitié obscurci, et dont l’horizon a été restreint.

Il est important de noter que le système éducatif libanais – scolaire et universitaire –, qui autrefois était l’un des pionniers de la région, a été impacté par les cours en ligne, en raison d’infrastructures pas nécessairement à la hauteur pour adapter ce type d’éducation à l’ensemble du territoire (du moins en ce qui concerne le secteur privé), dans un Liban frappé par une crise politique, économique, et de plus en plus sociale.

Que l’on prône un individualisme méthodologique, ou que l’on traite la question dans son ensemble, l’éducation reste l’un des piliers de l’ascension sociale. Une première étape vers un avenir meilleur. Ce même avenir qu’on met en péril: incertitude de la continuité, risque de manquer des fonds nécessaires pour des études supérieures au Liban et ailleurs, et menace perpétuelle d’une dévalorisation de la livre libanaise, en chute libre depuis octobre 2019.

Pour les plus jeunes, le risque est tout aussi présent, avec des frais de scolarité inchangés, alors que le pouvoir d’achat des familles libanaises a suivi le cours inflationniste de la devise nationale. Qu’on parle d’élèves de la maternelle ou du collège, les coupures d’électricité, une faible connexion internet, les cours en lignes sont devenus de plus en plus «un privilège».

Dans ce contexte, et une situation qui semble dans l’impasse, un gouvernement qui tarde à être formé, avec lequel une série de problèmes ne seront pas abordés, la promotion qui quitte le lycée cette année laisse la place à une autre qui, dans quelque mois, devra affronter les mêmes questions, la même incertitude.

Pour sauver cette journée de fin de cycle, dite «festive», la promotion 2021 du Lycée franco-libanais laisse voler des ballons, signe d’espoir et d’au revoir, cette fois hors de ses murs, dans la rue Verdun, dont l’établissement porte le nom. Une génération qui trouve dans la rue un refuge et une possibilité de s’exprimer, comme beaucoup d’autres Libanais.


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.