Semaine décisive en Israël avec une coalition hétéroclite aux portes du pouvoir

Des manifestants pro-Netanyahou ont investi les rues de Tel Aviv pour exprimer leur opposition à la formation de la nouvelle coalition gouvernementale. (Photo, AFP)
Des manifestants pro-Netanyahou ont investi les rues de Tel Aviv pour exprimer leur opposition à la formation de la nouvelle coalition gouvernementale. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 04 juin 2021

Semaine décisive en Israël avec une coalition hétéroclite aux portes du pouvoir

  • Le vote de confiance s’approche, mais Netanyahou commence à multiplier les tentatives de déstabilisation, espérant des défections de dernière minute
  • Bennett sera le premier chef du gouvernement, jusqu'en 2023, avant d'être remplacé par Lapid jusqu'en 2025, à moins que cette coalition contre nature n'éclate en vol

JERUSALEM : Israël s'approche de la fin d'une époque après la formation in extremis d'une coalition hétéroclite qui pourrait dès les prochains jours évincer du pouvoir Benjamin Netanyahou, Premier ministre le plus pérenne de l'histoire du pays.

Cette coalition inédite est composée de huit partis -- deux de gauche, deux du centre, trois de droite et une formation arabe -- que tout oppose si ce n'est la volonté d'écarter M. Netanyahou du pouvoir.

Le vote de confiance du Parlement à l'équipe gouvernementale doit intervenir dans un délai d'une semaine, mais M. Netanyahou a commencé dès jeudi à multiplier les tentatives de déstabilisation, espérant des défections de dernière minute.

« Tous les députés élus grâce au soutien de la droite doivent s'opposer à ce dangereux gouvernement de gauche », a-t-il tweeté dans la matinée, rompant son silence depuis la proclamation de l'accord de coalition.

Depuis son compte Twitter personnel, le chef du Likoud, parti de M. Netanyahou, a de son côté appelé ses anciens alliés de droite à « retirer maintenant » leurs signatures.

Le soutien du chef du parti de droite radicale Yamina et ancien allié du Premier ministre, Naftali Bennett, a été crucial à la formation de la coalition anti-Netanyahou.

Les tractations ayant conduit à cet accord ont duré plusieurs jours, sur fond de rumeurs, de pressions et de tensions. La nouvelle est tombée à 23H25 mercredi, quelques dizaines de minutes avant l'expiration du délai: Yaïr Lapid, chef de la formation centriste Yesh Atid, a annoncé avoir « réussi à former un gouvernement ».

Avec le soutien de 61 députés (sur 120), cet accord doit mettre un terme à deux ans de crise politique marquée par quatre élections et aucun gouvernement stable.

De cette crise, les Israéliens sont sortis polarisés, entre ceux qui voient dans cette alliance détonante une « trahison » des idées de la droite aussi bien que de la gauche, et ceux soulagés de voir l'indéboulonnable Premier ministre sur le départ après plus de 10 ans au pouvoir sans interruption.

« Nous avions presque perdu espoir et nous espérons qu'après ces deux années très difficiles, nous aurons enfin une nouvelle ère qui ramènera l'espoir en Israël », a déclaré Chen Kostukovsky, une habitante de Tel-Aviv rompue aux manifestations contre Benjamin Netanyahou.

Jugé pour « corruption » dans trois affaires, M. Netanyahou est devenu le premier chef de gouvernement israélien à faire face à des poursuites pénales en cours de mandat.

Il devrait redevenir simple député et ne pourra plus user de son influence pour tenter de faire passer une loi pour le protéger.

La soirée de mercredi, marquée par l'image de la signature de l'accord de coalition par Naftali Bennett coiffé d'une kippa, l'ex-vedette de la télévision devenu médiateur Yaïr Lapid et Mansour Abbas, chef d'un parti arabe, tout sourire, représente un tournant dans l'histoire politique d'Israël.

Les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948 qui représentent 20% de la population, restent généralement (deux exceptions en 71 ans) en marge du jeu politique.

Si la formation arabe islamiste Raam, dirigée par Mansour Abbas, a signé l'accord, elle ne prévoit pas de participer à ce cabinet.

« Ce gouvernement sera au service de tous les citoyens d'Israël incluant ceux qui n'en sont pas membres, respectera ceux qui s'y opposent et fera tout ce qui est en son pouvoir pour unir les différentes composantes de la société israélienne », a assuré M. Lapid mercredi soir.

Naftali Bennett, ancien assistant de M. Netanyahou devenu son rival, sera le premier chef du gouvernement, jusqu'en 2023, avant d'être remplacé par Yaïr Lapid jusqu'en 2025, selon les médias israéliens.

A moins que cette coalition hétéroclite -- divisée sur des questions économiques, de sécurité et sur la question sensible de la relation entre Etat et religion -- n'éclate en vol. 

« La création (de ce gouvernement) est un événement de dimension historique. Mais on peut déjà lui prédire une fin amère, banale et douloureuse », cinglait le journal de gauche Haaretz dans son éditorial de jeudi.


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.