Les leaders sunnites du Liban renouvellent leur soutien à Hariri

Au cours de la réunion, présidée par le Grand Mufti, Cheikh Abdel Latif Deriane, Saad Hariri a évoqué les obstacles à la formation du gouvernement. (Photo fournie)
Au cours de la réunion, présidée par le Grand Mufti, Cheikh Abdel Latif Deriane, Saad Hariri a évoqué les obstacles à la formation du gouvernement. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Dimanche 13 juin 2021

Les leaders sunnites du Liban renouvellent leur soutien à Hariri

  • La réunion du Conseil suprême de la charia islamique a mis en garde contre une «crise suffocante» à laquelle le pays est confronté
  • Il a été rapporté plus tôt que Hariri pourrait annoncer lors de la réunion qu'il se retirait de la tâche de former un nouveau gouvernement

BEYROUTH : Le Conseil suprême de la charia islamique, qui représente la communauté sunnite et ses leaders au Liban, a renouvelé son soutien à Saad Hariri, le Premier ministre désigné, au milieu d'un différend croissant sur l'échec de la formation d'un gouvernement dans le pays.

Après une longue réunion samedi, à laquelle Hariri a participé, le Conseil a averti que «toute recherche de nouvelles définitions concernant la Constitution ou l'accord de Taëf n'est acceptable sous aucun prétexte».

Il a été rapporté plus tôt que Hariri pourrait annoncer lors de la réunion qu'il se retirait de la tâche de former un nouveau gouvernement qui lui avait été confiée par le parlement en octobre dernier.

Ni l'initiative française ni la médiation du président du Parlement Nabih Berri n'ont jusqu'à présent pas permis de former un gouvernement en raison d'une intensification du différend entre Hariri et le président Michel Aoun, ainsi que son équipe politique représentée par son gendre Gebran Bassil, chef du Mouvement Patriotique Libre.

La réunion, qui s'est tenue à Dar Al-Fatwa et à laquelle ont participé d'anciens Premiers ministres, a signalé que la responsabilité du retard dans la formation du gouvernement incombe à ceux «qui essaient d'inventer des moyens et des méthodes qui annulent le contenu du document de l’accord national, qui bénéficie du consensus de tous les leaders libanais soucieux de l'indépendance, de l'unité, de la souveraineté et du panarabisme du Liban».

Au cours de la session, présidée par le grand mufti, Cheikh Abdel Latif Deriane, Hariri a discuté des obstacles à la formation du gouvernement et des mesures qu'il a prises pour les surmonter.

Les personnes présentes à la réunion ont exprimé leur crainte que «la crise suffocante à laquelle est confronté le Liban ne dégénère en un abîme sans fin au milieu de l'indifférence et de la confusion aléatoire qui caractérisent le comportement et les actions des leaders qui ont une influence sur les citoyens».

Le différend sur la formation du gouvernement est un «débat inutile», ont-ils ajouté.

Hariri a ensuite qualifié la discussion de positive.

«Le Liban assiste chaque jour à une détérioration politique et économique», a-t-il déclaré. «Ce qui compte pour nous, c'est le pays en fin de compte».

L'un des participants à la réunion, qui a refusé d'être nommé, a déclaré à Arab News que «Hariri a présenté les options devant la réunion, notamment la démission, mais les participants ont rejeté cette option et l'ont fait pression pour qu'il adhère à ses pouvoirs constitutionnels et attende de voir à quoi pourrait aboutir la médiation de Berri».

La source a également révélé que «l'importance de la déclaration publiée par la réunion ne doit pas être sous-estimée car il s'agit d'une déclaration publiée par Dar Al-Fatwa et désapprouve le président et son gendre».

Fouad Siniora, ancien Premier ministre, a indiqué que le problème de la formation du gouvernement est purement interne et qu'Aoun doit respecter la constitution. « Chaque jour, Aoun viole la constitution et n'agit pas comme celui qui doit unir les Libanais», a-t-il expliqué.

Siniora a confié que «le Hezbollah se cache derrière le président ainsi que le député Gebran Bassil. Le Hezbollah veut que le sort de la formation du gouvernement reste entre ses mains pour qu'il l'utilise comme une carte de négociation. Le Hezbollah est un problème majeur et une source de douleur».

Moustapha Alloush, vice-président du Mouvement du Futur, a avisé qu'«il y a des pressions de la communauté sunnite sur Hariri pour qu'il ne démissionne pas de sa mission et qu'il ne confiera pas la formation du gouvernement à des personnes agissant comme intermédiaires».

Alloush a enfin ajouté : «La déclaration de Dar Al-Fatwa reflète un signe clair de soutien à Hariri, et le dialogue se poursuit entre Hariri et les anciens Premiers ministres».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Short Url
  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
Short Url
  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Short Url
  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.