Deux journalistes algériens dénoncent leur arrestation «arbitraire»

La Cour Suprême algérienne, dans les environs d’Alger (Photo, AFP).
La Cour Suprême algérienne, dans les environs d’Alger (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 14 juin 2021

Deux journalistes algériens dénoncent leur arrestation «arbitraire»

  • Les deux journalistes algériens Khaled Drareni et Ihsane El Kadi, arrêtés à la veille des élections législatives avant d'être relâchés samedi, ont fait le récit de leur interrogatoire
  • L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2021 établi par RSF

ALGER: Les deux journalistes algériens Khaled Drareni et Ihsane El Kadi, arrêtés à la veille des élections législatives avant d'être relâchés samedi, ont fait le récit de leur interrogatoire, dénonçant des arrestations « arbitraires » et un « acharnement » judiciaire.

« J'estime que vous êtes en droit de savoir que deux journalistes et un homme politique (Karim Tabbou) ont été arbitrairement arrêtés et séquestrés sans raison apparente », a écrit samedi soir sur sa page Facebook Khaled Drareni, directeur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF).

Le journaliste, symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, a été interpellé jeudi et conduit à la caserne Antar, dans la périphérie d'Alger, pour y être interrogé par les services de sécurité.

Condamné à deux ans de prison pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l'unité nationale » après avoir couvert une manifestation du mouvement de contestation du Hirak en mars 2020, il a été remis en liberté provisoire en février et attend depuis un nouveau procès, sous contrôle judiciaire.

« Durant la trentaine d'heures de garde à vue, j'ai été interrogé à trois reprises » sur « ma rencontre avec les journalistes français venus à Alger couvrir les élections législatives », « mes rapports avec les ‘organisations terroristes’ MAK et Rachad » ou encore « les financements dont je dispose », a détaillé le journaliste indépendant, dénonçant les méthodes employées.

Le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK, indépendantiste) et Rachad, un mouvement islamo-conservateur, tous deux basés à l'étranger, ont été classés le 18 mai comme « organisations terroristes » par les autorités.

« L'acharnement doit cesser »

Le directeur de médias Ihsane El Kadi, proche du Hirak, et l'opposant Karim Tabbou ont été interpellés le même jour et détenus au même endroit.

El Kadi, directeur des sites d'information Radio M et Maghreb Emergent, a affirmé avoir été interrogé sur « le financement d'opérations précises », notamment le recours au financement participatif pour un prix de journalisme d'investigation, et sur la formation en 2015 de ses journalistes dans le cadre d'un projet de coopération avec l'Agence française de développement médias.

« L'acharnement sécuritaire et judiciaire que je subis depuis un an dans la continuité de l'emprisonnement de Khaled Drareni et de la censure de nos deux sites d'information doit cesser », a-t-il écrit dans un communiqué samedi.

Radio M et Maghreb Emergent ont été bloqués à plusieurs reprises par les autorités, les rendant inaccessibles pour les internautes en Algérie, sauf via connexion VPN.

Accusé de « diffusion de fausses informations à même de porter atteinte à l'unité nationale », de « perturbations des élections » et de « réouverture du dossier de la tragédie nationale » des années 1990 (guerre civile de la « décennie noire », 1992-2002), il se trouve sous contrôle judiciaire depuis le 18 mai.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2021 établi par RSF.

Au moins 222 personnes sont actuellement incarcérées en Algérie pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien. 


Le Soudan fait un pas vers la ratification du Statut de Rome de la CPI

Un accord historique conclu entre le gouvernement de transition et plusieurs groupes rebelles insiste sur la nécessité d'une «coopération complète et illimitée» avec la CPI. (Photo, AFP)
Un accord historique conclu entre le gouvernement de transition et plusieurs groupes rebelles insiste sur la nécessité d'une «coopération complète et illimitée» avec la CPI. (Photo, AFP)
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  • En février 2020, le pouvoir de transition avait pris l'engagement verbal de favoriser la comparution d'Omar el-Béchir devant la CPI, à une date indéterminée
  • Déjà reconnu coupable de corruption en décembre 2019, l'ex-président est actuellement détenu à la prison de Kober, à Khartoum

KHARTOUM: Le cabinet ministériel soudanais a voté mardi en faveur de la ratification du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), une nouvelle étape vers un éventuel procès de l'ex-dictateur Omar el-Béchir devant cette instance internationale à La Haye.

Arrêté et jugé au Soudan après sa destitution en 2019 sous la pression d'une révolte populaire, M. Béchir est recherché par la CPI, qui a émis des mandats d'arrêt contre lui et d'autres figures de l'ancien régime, pour "crimes contre l'humanité" et "génocide" au Darfour, une région de l'ouest soudanais déchirée en conflit.

"Pendant la réunion du cabinet, nous avons à l'unanimité adopté un projet de loi pour ratifier le Statut de Rome de la CPI", a annoncé le Premier ministre Abdallah Hamdok sur Twitter.

Il n'a pas donné plus de détails sur les conséquences de cette décision concernant un éventuel procès de l'ancien autocrate Omar el-Béchir, qui avait dirigé le pays d'une main de fer pendant trois décennies.

Pour que la ratification soit effective, il faut qu'elle soit également approuvée par le Conseil souverain, formé par des civils et militaires et qui avec le gouvernement composent les instances de transition mises en place après la chute de M. Béchir.

Une nouvelle réunion "conjointe" entre le cabinet ministériel et le Conseil souverain aura lieu afin que la ratification soit approuvée, a dit M. Hamdok, sans préciser de date.

"Justice et responsabilité constituent une fondation solide pour le nouveau Soudan que nous nous efforçons de construire", a-t-il ajouté.

En février 2020, le pouvoir de transition avait pris l'engagement verbal de favoriser la comparution d'Omar el-Béchir devant la CPI, à une date indéterminée.

Déjà reconnu coupable de corruption en décembre 2019, l'ex-président est actuellement détenu à la prison de Kober, à Khartoum. 

Il est de nouveau jugé par la justice soudanaise pour son rôle dans le coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir en 1989. Mais son procès a été à plusieurs reprises reporté depuis juillet 2020, les avocats de l'accusé avançant des arguments procéduraux.

Or un accord historique conclu entre le gouvernement de transition et plusieurs groupes rebelles insiste sur la nécessité d'une "coopération complète et illimitée" avec la CPI.

Cette dernière mène une enquête sous mandat de l'ONU sur les crimes au Darfour, où le conflit déclenché en 2003 entre le régime à majorité arabe de Béchir et les insurgés issus de minorités ethniques, a fait environ 300 000 morts et déplacé près de 2,5 millions de durant les premières années de violences, d'après l'ONU.


L'Algérie ferme les bureaux d'Al-Arabiya et d'Al-Hadath

Plateau de la chaine Al-Arabiya (Fichier/Al-Arabiya).
Plateau de la chaine Al-Arabiya (Fichier/Al-Arabiya).
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  • Les bureaux d'Al-Arabiya ont été fermés en Algérie pour «pratique de désinformation médiatique»
  • Le Comité pour la protection des journalistes a appelé les autorités algériennes à revenir sur cette décision

LONDRES: Le ministère algérien de la Communication a décidé samedi de retirer l'accréditation du bureau de représentation d'Al-Arabiya en Algérie.

La déclaration du ministère a souligné que la décision était due au «non-respect par Al-Arabiya des règles de déontologie professionnelle et à sa pratique de désinformation et de manipulation des médias».

Parallèlement, le Comité pour la protection des journalistes a appelé les autorités algériennes à revenir sur cette décision et à garantir que la chaîne fonctionne librement à l'intérieur du pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Incident au large des côtes des Émirats arabes unis, selon le groupe United Kingdom Maritime Trade Operations

Golden Brilliant, un chimiquier battant pavillon singapourien, a mis à jour son système d’identification automatique (SIA), modifiant son statut à «Pas sous commande». (Capture d’écran/YouTube/The Rotterdam Pilot)
Golden Brilliant, un chimiquier battant pavillon singapourien, a mis à jour son système d’identification automatique (SIA), modifiant son statut à «Pas sous commande». (Capture d’écran/YouTube/The Rotterdam Pilot)
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  • L’avertissement lancé par le groupe – sur base d’informations fournies par un tiers – incite les navires à faire preuve d’extrême vigilance sur plus de 110 kilomètres à l’est de l’émirat de Fujaïrah
  • Le Golden Brilliant était incapable de manœuvrer en raison de circonstances exceptionnelles

DUBAÏ: Un incident ne découlant pas d’un acte de piraterie a lieu en ce moment au large des côtes de Fujaïrah aux Émirats arabes unis, rapporte mardi le groupe United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO).

L’avertissement lancé par le groupe – sur base d’informations fournies par un tiers – incite les navires à faire preuve d’extrême vigilance sur plus de 110 kilomètres à l’est de l’émirat de Fujaïrah.

Le groupe britannique n’a fourni aucun détail sur le(s) navire(s) concerné(s).

Mardi après-midi, cependant, Golden Brilliant, un chimiquier battant pavillon singapourien, qui se trouve à peu près au même endroit au large des côtes de Fujaïrah, a mis à jour son système d’identification automatique (SIA), modifiant son statut à «Pas sous commande», selon  les données de suivi des navires de Refinitiv.

Ce statut indique qu’un navire est incapable de manœuvrer en raison de circonstances exceptionnelles.

La semaine dernière, une frappe de drone contre un pétrolier israélien au large des côtes d’Oman a fait deux victimes. Les États-Unis, Israël et le Royaume-Uni ont fait porter à l’Iran la responsabilité de l’attaque.

L’Iran a nié toute implication dans la frappe de drone et a déclaré lundi qu’il riposterait à toute tentative de nuire à sa sécurité.

Dimanche, les États-Unis et le Royaume-Uni ont déclaré qu’ils uniraient leurs forces à celles de leurs alliés pour répondre à l’attaque menée contre le Mercer Street la semaine dernière. Les propriétaires dudit pétrolier, qui bat pavillon libérien, sont japonais, mais il est exploité par Zodiac Maritime, une société israélienne.

Ces derniers mois, l’Iran et Israël ont échangé des accusations d’attaques réciproques contre leurs navires.

Les tensions se sont exacerbées dans les eaux du Golfe, et entre l’Iran et Israël depuis 2018, lorsque le président américain, Donald Trump, a désengagé son pays de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec six puissances mondiales, imposant par ailleurs de nouvelles sanctions qui ont paralysé l’économie en Iran.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com