Oubliez les autres schémas. Aramco devrait continuer à être ... Aramco

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Publié le Samedi 29 août 2020

Oubliez les autres schémas. Aramco devrait continuer à être ... Aramco

  • Le PDG de Aramco, Amin Nasser, a réitéré sa détermination à respecter son engagement par rapport aux 75 milliards de dollars, soulignant que la partie de ce paiement due aux investisseurs dans l'introduction en bourse était ‘’cantonnée’’ au moment de l’ém
  • Bien que les bénéfices de Aramco aient considérablement baissé au premier semestre, elle a été la seule des supermajors pétrolières à réaliser des bénéfices, grâce à une part de marché dominante et à un faible coût de production

Le grand débat dans le monde des entreprises énergétiques est de savoir si Saudi Aramco sera en mesure de payer les dividendes de 75 milliards de dollars (281 milliards de rials saoudiens) sur lesquels elle s’est engagée au moment de l'offre publique initiale (IPO) l'année dernière.

Selon divers observateurs, le géant pétrolier Saoudien n'aura pas les ressources financières suffisantes pour honorer cet important engagement, ou à tout le moins sans un emprunt substantiel sur les marchés internationaux de la créance.

Ces sinistres experts affirment que Aramco devrait ressembler davantage à d'autres compagnies pétrolières qui ont réduit leurs dividendes pour s'adapter aux conditions tendues du marché pétrolier actuel. Des compagnies européennes tels que Shell et BP ont réduit les paiements de dividendes pour le premier semestre de 2020, tandis que des compagnies américaines comme Exxon Mobil et Chevron ont maintenu les leurs.

Il est clair que Aramco considère davantage comme groupe de référence les grandes entreprises américaines que les entreprises européennes. Aramco a non seulement renouvelé son engagement sur les 75 milliards de dollars au moment des derniers résultats, mais elle est également tout à fait engagée, comme le sont les groupes américains, en tant que productrice de pétrole et d'énergie dans le futur, plutôt que de se lancer dans un avenir post-pétrolier que les Européens considèrent comme la voie à suivre.

Cela ne veut pas dire que Aramco ne croit pas à la transition énergétique ; plutôt que de penser que le pétrole et le gaz continueront à être des facteurs vitaux de l'équation énergétique pour les décennies à venir. Cela est certainement vrai.

Mais revenons aux dividendes. Lors de la récente présentation des résultats semestriels, le PDG de Aramco, Amin Nasser, a réitéré sa détermination à respecter son engagement par rapport aux 75 milliards de dollars, soulignant que la partie de ce paiement due aux investisseurs dans l'introduction en bourse était ‘’cantonnée’’ au moment de l’émission.

Ce qui a poussé les experts à spéculer, c'est qu'à première vue, ce paiement serait ‘’à découvert’’ cette année. Avec les prix bas du brut (bien que remontant lentement), les conditions financières dans le secteur pétrolier sont les plus difficiles jamais observées.

Dans ces circonstances, l’argument défendant cette thèse est que Aramco n'aurait pas assez de liquidités pour payer les dividendes sans un plus grand emprunt.

C'est un débat valable, mais qui ne résiste pas à un véritable examen, pour plusieurs raisons. Premièrement, bien que les bénéfices de Aramco aient été substantiellement en baisse au premier semestre, elle a été en fait la seule des grandes compagnies pétrolières à réaliser des bénéfices, grâce à une part de marché importante et à un faible coût de production.

La deuxième raison pour laquelle les dividendes de Aramco semblent sûrs a été soulignée par Christyan Malek, l'un des meilleurs analystes du secteur, auprès de J.P. Morgan. L'engagement sur les dividendes était tout à fait approprié et a fait des actions de Aramco un élément ‘’surpondéré’’ dans le portefeuille de JPM, a-t-il déclaré.

Bien que les bénéfices de Aramco aient considérablement baissé au premier semestre, elle a été la seule des supermajors pétrolières à réaliser des bénéfices, grâce à une part de marché dominante et à un faible coût de production.

 Frank Kane

La capacité de Aramco à payer les dividendes repose sur ses faibles coûts de production et l'énorme flux de trésorerie qui en résulte. Alors que d'autres sociétés pétrolières réduisent leurs investissements dans une nouvelle production, ou se retirent dans un monde post-pétrolier, Aramco sera en mesure de profiter à l’avenir de ces avantages, ‘’plaçant Aramco en position préférentielle pour prendre une part plus importante de l’accroissement de la demande.’’

Si, comme le croit JPM, nous nous dirigeons vers un ‘’supercycle’’ de hausse des prix du pétrole en 2022, Aramco profitera pleinement de toute flambée des prix.

 Aramco pourrait également, a noté Malek, réduire davantage ses futures dépenses en capital. La compagnie a précisé que ses dépenses pour l'année prochaine se situeraient dans la partie inférieure d'une fourchette déjà réduite par rapport au chiffre maximum de 30 milliards de dollars, ce que beaucoup sur le marché considèrent comme devant être d'environ 20 milliards de dollars.

L'autre raison pour laquelle les dividendes de Aramco sont sûrs est que, comme l'ont affirmé de nombreux observateurs, elle dispose d'une importante puissance de tir sur les marchés financiers internationaux pour augmenter la dette afin de couvrir tout déficit temporaire. Notée Triple-A, avec une feuille de route impressionnante sur les marchés obligataires avec l’émission historique de l'année dernière, toute émission de Aramco sera très intéressante pour les investisseurs obligataires.

Il est certain que les niveaux d'emprunt ont augmenté en raison de l'acquisition de SABIC, mais ils sont toujours très bas par rapport aux normes internationales, ce qui laisse une grande marge de manœuvre sur les marchés financiers internationaux.

Pour toutes ces raisons, cela n'a pas beaucoup de sens de dire que Aramco devrait être ‘’davantage comme Exxon ou Shell.’’
Entreprise unique à bien des égards, elle doit juste continuer à être Aramco.

Frank Kane est un journaliste spécialisé dans le domaine des affaires, ayant remporté de nombreux prix. Il est basé à Dubaï.  Twitter : @frankkanedubai

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cette rubrique par leurs auteurs sont personnelles, et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Arab News.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com