Josep Borrell accuse les politiciens libanais d’être à l’origine des malheurs du pays

Josep Borrell, le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, avec le président libanais. (Photo fournie)
Josep Borrell, le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, avec le président libanais. (Photo fournie)
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Publié le Dimanche 20 juin 2021

Josep Borrell accuse les politiciens libanais d’être à l’origine des malheurs du pays

  • «La crise économique du pays est due à une mauvaise gestion et n'est pas du tout liée aux réfugiés»
  • Il s'est adressé aux politiciens en disant : «Vous êtes au bord d'un effondrement financier complet»

BEYROUTH : Josep Borrell, le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a critiqué les responsables libanais en faisant passer un message «sévère» les condamnant pour n’avoir «pas formé un gouvernement après neuf mois de la démission du gouvernement d'Hassan Diab et de la nomination de Saad Hariri en tant que premier ministre désigné. »

Borrell, qui est également vice-président de la Commission européenne, a affirmé que «la crise au Liban n'est pas du tout liée aux conditions environnantes, ni à la guerre en Syrie, mais à la classe politique, qui en assume la pleine responsabilité».

La déclaration du responsable européen est intervenue après sa rencontre avec le président libanais Michel Aoun samedi au palais présidentiel. C'était la première d'une série de réunions qui incluront le président du Parlement Nabih Berri, et le Premier ministre désigné Saad Hariri ainsi que le Premier ministre par intérim Hassan Diab.

Avant l'arrivée de Borrell à Beyrouth, la nouvelle s'est répandue que l'UE avait l'intention d'imposer des sanctions aux politiciens libanais responsables d'avoir entravé la formation du gouvernement.

La nouvelle était basée sur une proposition de la France, qui a lancé en septembre dernier une initiative visant à former rapidement un gouvernement de sauvetage pour arrêter l'effondrement financier du pays. Cependant, l'initiative a rencontré des obstacles importants.

L’information était fondée sur une proposition de la France, qui a proposé en septembre dernier une initiative visant à former rapidement un gouvernement de sauvetage afin d’arrêter l'effondrement financier du pays. Cependant, l'initiative a rencontré des obstacles importants.

Borrell a également souligné que «la crise au Liban est d'origine interne et son impact est énorme sur le peuple libanais, car le chômage a atteint 40 % et plus de 50 % des Libanais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce sont des chiffres dramatiques, et le président et les leaders libanais doivent assumer leurs responsabilités dans le but de former le gouvernement sans délai, en plus de mettre en œuvre les réformes nécessaires».

Le responsable européen a indiqué que «seul un accord immédiat avec le Fonds monétaire international (FMI) sauvera le Liban d'un effondrement financier, et qu’il n'y a pas de temps à perdre».

Faits marquants

Avant l'arrivée de Borrell à Beyrouth, la nouvelle s'est répandue que l'UE avait l'intention d'imposer des sanctions aux politiciens libanais responsables d'avoir entravé la formation du gouvernement.

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L’information était fondée sur une proposition de la France, qui a proposé en septembre dernier une initiative visant à former rapidement un gouvernement de sauvetage afin d’arrêter l'effondrement financier du pays. Cependant, l'initiative a rencontré des obstacles importants.

Borrel s'est adressé aux politiciens en disant : «Vous êtes au bord d'un effondrement financier complet».

Il a en outre signalé que «le gouvernement intérimaire ne peut pas signer un accord avec le FMI, mais il peut jeter les bases des réformes tant demandées par la communauté internationale. Une aide financière et économique est généralement accordée aux gouvernements. Néanmoins nous sommes prêts à aider directement la société civile. 

Borrell a aussi affirmé : «L'Union européenne avait fourni €330 millions ($392,7 millions) d'aide au Liban en 2020. Cela équivaut à €1 million par jour. Nous avons aussi établi un cadre de coopération avec les Nations Unies de manière à fournir une aide directe au peuple libanais».

«Nous disposons de divers moyens et outils pour fournir de l'aide au gouvernement libanais, et nous sommes prêts à les déployer dès que nous sentirons un progrès tangible dans le processus de réforme nécessaire», a-t-il révélé.

Borrell a de plus commenté «la proposition de certains États de prendre des mesures contre ceux qui entravent la formation du gouvernement» en assurant que le «Conseil de l'Union européenne envisage de nombreuses options, en particulier des sanctions».

«Nous préférons ne pas avoir recours à ces mesures et nous espérons que nous ne serions pas obligés de les faire, mais cela dépend des leaders libanais», a-t-il ajouté.

«Les sanctions inciteront les politiciens à aller de l'avant, et la question est pour le moment, à l'étude. J'espère vraiment qu'il ne sera pas nécessaire d'imposer des sanctions. Le chemin des sanctions est long et nécessite de bonnes informations afin de déterminer qui est responsable de ces obstacles et qui ne l’est pas».

Lors de la rencontre avec Borrell, Aoun a exigé le «retour des réfugiés syriens dans leur pays, car la situation est à présent stable dans la plupart des territoires syriens, et le Liban n'est plus en mesure d’assumer l'impact de ce déplacement».

Borrell a répondu devant les journalistes en déclarant : «Nous sommes prêts à apporter davantage de soutien au Liban, à la Jordanie, à la Turquie et à d'autres pays qui accueillent des réfugiés. Nous sommes convaincus que les autorités libanaises ne passeront pas par un retour forcé des réfugiés dans leur pays».

«La crise économique du pays est due à une mauvaise gestion et n'est pas du tout liée aux réfugiés», a-t-il expliqué.

Borrel a d’ailleurs insisté sur le fait que les prochaines élections législatives devraient se tenir à temps et ne devraient pas être reportées : «Nous sommes prêts à envoyer une équipe d’observateurs (...) pour garantir que les élections seront équitables».

Il a affirmé qu'il rencontrera des militants de la société civile dans l’intention d’entendre leur opinion sur la situation actuelle et discuter des moyens de soutenir leurs efforts. 

Le responsable européen a aussi demandé aux «autorités libanaises d'enquêter sur l'explosion du port de Beyrouth, espérant que cela aboutira aux résultats attendus après près d'un an de cet incident». Selon le bureau des médias de la présidence, Aoun avait demandé à Borrell «une aide européenne en vue de récupérer les actifs financiers qui ont été introduits clandestinement du Liban vers les banques européennes».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com