Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 21 juin 2021

Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

  • Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour
  • L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum

PARIS : Les tractations sont lancées lundi matin pour le second tour des régionales et départementales, après le choc d'un premier tour déserté par deux électeurs sur trois, une "abstention abyssale" qui a profité aux présidents de région sortants, de droite comme de gauche.

 

Régionales en Guadeloupe: Ary Chalus (LREM) rate de peu une réélection dès le 1er tour

POINTE-A-PITRE : Le président sortant de la Région Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), a raté de peu dimanche une réélection dès le premier tour, avec 49,31% des suffrages, loin devant la liste de la présidente socialiste du département Josette Borel Lincertin (17,38%).

Surprise de ce premier tour, Ronald Selbonne, porte-parole de l'Alyans Nasyonal Gwadloup (nationalistes), arrive en troisième position.

Comme ailleurs, ce scrutin où 12 listes étaient en lice pour élire les 41 conseillers régionaux, a été marqué par une très forte abstention avec un taux de participation de 30,85% contre 47,21% en 2015.

Le vote a été perturbé dans certaines communes par l'ouverture de bureaux en retard, soit à cause d'un manque d'effectifs (assesseurs absents), soit à cause d'actes de vandalisme. Dans un communiqué, le préfet Alexandre Rochatte a "dénoncé les détériorations et saccages des bureaux de vote à Gosier" et les a "condamnés fermement".

La campagne électorale a été émaillée d'enquêtes politico-financières avec plusieurs candidats placés en garde à vue ces dernières semaines, parmi lesquels Ary Chalus dans le cadre d’une enquête pour "abus de confiance, détournement de fonds publics et financement illégal" de la campagne de 2015.

Josette Borel Lincertin (FGPS, Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste) a, elle, été placée en garde à vue une dizaine d’heures dans le cadre d’une enquête pour "prise illégale d’intérêt, complicité de prise illégale d’intérêt ou recel". Selon une source proche de l’enquête, les auditions portaient notamment sur "un recrutement à l’Office de l’Eau".

Arrivé quatrième avec 5,56% des voix, le député Max Mathiasin, ancien membre de la FGPS à la tête d'une liste d'union de plusieurs composantes de la gauche locale, est mis en examen depuis septembre 2020 pour "abus de confiance et détournement de bien public par personne dépositaire de l’autorité publique".

Quant aux départementales, dont les résultats n'étaient pas encore entièrement connus, elles sont elles aussi marquées par une forte abstention: le taux de participation s’élève à seulement 30,59%, alors qu’il était de 48,49% en 2015.

Plusieurs cantons ont été remportés dès ce premier tour. Quinze maires étaient candidats en tant que titulaires pour ces élections portant sur 21 cantons.

Le ticket emmené par le maire de Sainte-Anne, Christian Baptiste, arrive ainsi largement en tête devant les sept autres binômes en lice, avec 52,7% des suffrages. Même succès pour le maire de Petit-Bourg, Guy Losbar, dans le cinquième canton (Baie-Mahault 2/Petit-Bourg)

Josette Borel Lincertin, candidate dans le troisième canton des Abymes, n’échappera pas à un second tour.

Aucun suspense pour le seul binôme en lice dans le deuxième canton de Sainte-Rose, qui s'étend sur le territoire de Deshaies: il passe évidemment dès le 1er tour avec 100% des suffrages exprimés, même si le duo n’a, abstention oblige, réuni que 22,37% des électeurs inscrits.

Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour, notamment en Paca, région où le RN est le mieux placé et où la tête de liste de gauche Jean-Laurent Felizia n'entend pas se retirer en dépit des pressions d'EELV et du PS.

Pour le parti de Marine Le Pen, que les sondages annonçaient en tête dans plusieurs régions, la désillusion est sévère. Le Rassemblement national perd neuf points par rapport à 2015.

Reconnaissant que ses électeurs ne s'étaient "pas déplacés", la candidate à la présidentielle de 2022 a appelé "au sursaut" pour le second tour.

 

Paca: pour le RN Mariani, «rien est joué»

Rien est joué" en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, a lancé lundi le candidat du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani arrivé en tête au premier tour mais moins largement qu'attendu face au président sortant Les Républicains Renaud Muselier dans une région où se dessine une triangulaire.

Le candidat du Rassemblement écologique et social (16,89%), Jean-Laurent Felizia, a annoncé dimanche soir se maintenir au second tour, contre l'avis des partis à Paris dont EELV qui menace de l'exclure.

"On est surpris et déçu par les abstentionnistes (...) et il semble qu'il y ait beaucoup de notre électorat populaire qui ne se soit pas déplacé", a déclaré Thierry Mariani, devant un jus d'orange pressée sur une terrasse du Vieux-Port de Marseille.

Néanmoins, "il y a 4,5 points de différence" entre sa liste qui est en tête (36,38%) et le LR Renaud Muselier (31,91%), "seul président sortant qui n'arrive pas en tête dans sa région", a fait remarquer l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy passé à l'extrême droite.

Avant de repartir en campagne dans le Var, il a tendu la main aux électeurs de Debout La France, qui ont enregistré 2,70% des voix, pas suffisamment pour fusionner leur liste.

"On regarde ce que va faire la liste de (Nicolas) Dupont-Aignan (...) il devrait appeler à voter clairement pour nous", a-t-il ajouté.

Dimanche soir, le candidat de cette formation, Noël Chuisano, avait refusé de donner toute consigne de vote à chaud, selon le quotidien La Provence. Son équipe devait se réunir lundi, "mais je ne vois pas ce qu'on peut donner comme consigne", avait ajouté M. Chuisano.

Pour M. Mariani, le maintien de l'écologiste Jean-Laurent Félizia "est une bonne nouvelle pour la démocratie". Le but de la politique française, c'est pas de faire barrage à quelqu'un".

De son côté, M. Muselier en déplacement à Marignane sur le thème de l'aéronautique a estimé que M. Felizia "avait toujours dit qu'il prendrait ses responsabilités si il y avait un risque RN. Et il y a un vrai risque". 

"Ca devient une aventure personnelle, ça n'est plus une démarche politique", a-t-il estimé.

Dans le canton du Pas-de-Calais où elle se présentait aux départementales, elle a obtenu dimanche 61% des voix, mais n'est pas élue, le taux d'abstention de 66,4% étant aussi élevé que la moyenne nationale.

Egalement en retrait, les candidats de la majorité présidentielle ne totalisent que 11,5% des suffrages selon Ipsos, un score qui confirme la faible implantation locale de LREM.

La gauche peut remporter au moins sept régions, estime Faure

Le "bloc social et écologique" peut remporter au moins sept régions dimanche, a estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure lundi sur RTL. 

"Je pense que nous pouvons gagner sept régions dimanche prochain, cinq régions déjà détenues par la gauche (où les présidents PS sortants sont tous en tête, ndlr) et deux régions, Pays de la Loire et Ile-de-France, où nous pouvons l'emporter", a-t-il affirmé. Dans ces deux dernières régions, ce sont les candidats écologistes qui sont arrivés en tête de la gauche, et vont donc mener la liste d'union. 

Olivier Faure estime qu'il "n'est pas impossible" qu'un "sursaut démocratique" des électeurs ait lieu entre les deux tours.

Dans ce cas, "la Normandie n'est pas inaccessible, et y compris d'autres régions peuvent devenir des enjeux à la condition d'une mobilisation très forte de celles et ceux qui se reconnaissent dans ce bloc social et écologique", a-t-il poursuivi.

"Beaucoup nous ont dit +on ne supporte plus les divisions+. Et bien au 2e tour, il n'y aura pas de divisions, il y aura un élan créé par ce rassemblement et je souhaite qu'il porte ses fruits et que dimanche prochain nous ayons d'autres surprises positives", a-t-il ajouté. 

Pour lui, les résultats du premier tour des régionales ont montré qu'"il y a une possibilité de victoire" de la gauche au niveau national l'année prochaine, avait-il dit un peu plus tôt sur France Inter.

"Je ne vous dis pas que c'est ce qui se passera, je vous dis que c'est possible", a-t-il insisté, soulignant que "la réalité, c'est que les sondages se sont plantés aux européennes, ils se sont plantés aux municipales et se sont plantés aux régionales".

"Depuis hier nous savons que les Français ont choisi majoritairement de prendre soit les candidats de la droite, soit les candidats de la gauche, et en réalité, le bloc social et écologique est même devant celui de la droite", a-t-il poursuivi.

 

Résistance du duo gauche-droite

 

L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum. Jusqu'à présent, l'abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%.

"Abyssale", l'abstention est "en partie liée à la situation sanitaire", a plaidé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ajoutant qu'elle "doit tous nous alerter". Dans ces conditions, difficile de tirer des enseignements nets de ce scrutin local, dont les analystes disaient dès dimanche soir qu'il était "en trompe-l'oeil".

"Il n'est pas évident" que le résultat "corresponde à une réalité du pays. C'est la part la plus légitimiste de l'électorat français, très souvent un électorat plus âgé que la moyenne", qui s'est déplacé, jugeait ainsi Stéphane Zumsteeg (Ipsos).

Le premier tour est marqué par la résistance du duo gauche-droite, la première totalisant 34,4% des suffrages et la seconde 28,7%, selon les estimations de l'Ifop. Les deux grands partis traditionnels bénéficient à plein de la "prime aux sortants", qui ont été à la manoeuvre lors de la crise sanitaire. Cela permet à la droite d'espérer pouvoir conserver ses sept régions et la gauche ses cinq en France métropolitaine.

Malgré la mobilisation de cinq ministres, dont Eric Dupond-Moretti, la macronie est éliminée dès le premier tour dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand (ex-LR) est en très bonne posture pour conserver la région, un succès dont il compte faire une rampe de lancement pour 2022.

Selon les estimations, il réunirait entre 39% et 46,9% des voix, très loin devant son concurrent du RN Sébastien Chenu (22,5% à 24,4%).

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), donné à plus de 45%, avec plus de 30 points d'avance sur la candidate des Verts Fabienne Grébert ou le prétendant du RN Andrea Kotarac.

Autre candidate potentielle en 2022, Valérie Pécresse (ex-LR) arrive largement en tête en Ile-de-France (autour de 35%), mais reste sous la menace d'une hypothétique union des candidats de gauche (Julien Bayou, Clémentine Autain, Audrey Pulvar) qui va focaliser l'attention dans les prochaines heures.

Coude à coude en Paca

En Paca, le suspens reste de mise. La liste RN de Thierry Mariani (36,38%) arrive devant le sortant LR Renaud Muselier (31,91%).

Le troisième homme Jean-Laurent Felizia (EELV/PS/PCF) (16,89%), a dit vouloir se maintenir au second tour, amenant dans la nuit le bureau exécutif d'EELV à lui retirer son soutien pour faire barrage au RN. "Nous allons continuer à tenter de le convaincre", a déclaré lundi matin sur LCI Eva Sas, porte-parole d'EELV.

La droite peut se réjouir de voir sortir en tête Jean Rottner dans le Grand Est, Christelle Morançais dans les Pays de la Loire et Hervé Morin en Normandie.

A gauche, les sortants prennent également une option, comme Carole Delga (PS/PCF) en Occitanie (39,67%), ou Alain Rousset (PS) en Nouvelle-Aquitaine, tandis qu'en Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS) parvient à devancer le RN Julien Odoul (26,52% contre 23,19%).

Le jeu est très ouvert en Bretagne, où le socialiste Loïg Chesnais-Girard arrive en tête, et dans le Centre-Val-de-Loire, où François Bonneau (PS) devra négocier serré avec le candidat EELV/LFI Charles Fournier pour conserver sa région.

Enfin, en Corse, le président sortant de l'exécutif corse, l'autonomiste Gilles Simeoni, devra faire le plein des voix nationalistes pour battre la liste de droite menée par le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli, qu'il devance d'une courte tête, selon les sondages.

"Il ne faut pas tirer de leçons pour la présidentielle", considère le politologue Gérard Grunberg, pour qui "ces régionales sont la réplique des municipales", avec pour l'essentiel "une prime aux sortants".

Sur France Inter, la spécialiste de l'abstention Céline Braconnier a surtout retenu "une journée très très problématique du point de vue de la démocratie représentative" à cause de l'abstention, qui traduit à ses yeux une "offre politique illisible".

Pour les départementales, un scrutin resté à l'ombre des régionales, la stabilité était attendue, avec une large majorité pour la droite, selon l'Assemblée des départements de France.


Macron ouvre à Damas une nouvelle page, mais campe sur ses exigences pour le peuple syrien et le Liban

Quinze années après le début de la révolution syrienne et un peu plus de deux ans après la chute du régime de Bachar al-Assad, la visite qu’effectue le président français Emmanuel Macron à Damas, les 6 et 7 juillet, marque un tournant diplomatique majeur. (AFP)
Quinze années après le début de la révolution syrienne et un peu plus de deux ans après la chute du régime de Bachar al-Assad, la visite qu’effectue le président français Emmanuel Macron à Damas, les 6 et 7 juillet, marque un tournant diplomatique majeur. (AFP)
  • Jamais, depuis l’effondrement de l’ancien pouvoir, un chef d’État européen ne s’était rendu en Syrie
  • Aux yeux des autorités françaises, cette visite ouvre une nouvelle page dans les relations franco-syriennes, bâtie sur un principe simple : accompagner la reconstruction d’une Syrie nouvelle sans renoncer aux valeurs qui ont guidé la diplomatie française

PARIS: Quinze années après le début de la révolution syrienne et un peu plus de deux ans après la chute du régime de Bachar al-Assad, la visite qu’effectue le président français Emmanuel Macron à Damas, les 6 et 7 juillet, marque un tournant diplomatique majeur.

Jamais, depuis l’effondrement de l’ancien pouvoir, un chef d’État européen ne s’était rendu en Syrie. Pour la France, il s’agit du premier déplacement présidentiel depuis celui de Nicolas Sarkozy, en 2009, avant que la répression sanglante du soulèvement populaire ne conduise à la rupture des relations diplomatiques.

Aux yeux des autorités françaises, cette visite ouvre une nouvelle page dans les relations franco-syriennes, bâtie sur un principe simple : accompagner la reconstruction d’une Syrie nouvelle sans renoncer aux valeurs qui ont guidé la diplomatie française depuis le début du conflit.

Alors que de nombreux partenaires avaient progressivement renoncé à soutenir les aspirations nées du printemps syrien, la France a maintenu, malgré les difficultés et les rapports de force internationaux, une ligne constante de soutien au peuple syrien plutôt qu’au régime.

Cette constance demeure aujourd’hui le fondement de la relation de confiance que la France entend désormais construire avec les nouvelles autorités de Damas.

Pour Paris, cette visite vient clore une séquence tragique qui aura profondément marqué la Syrie, mais aussi toute la région et l’Europe.

Le constat est amer : quinze années de guerre ont laissé un pays dévasté, déplacé des millions de personnes, durablement fragilisé le Liban voisin et favorisé l’essor du terrorisme.

Dans cette perspective, soutenir aujourd’hui la stabilisation de la Syrie relève autant du réalisme que de la fidélité à des principes. C’est dans cet esprit qu’Emmanuel Macron avait été le premier dirigeant occidental à recevoir, à Paris, le président de la transition syrienne, Ahmad al-Chareh.

Cependant, la visite de Macron n’a rien d’un blanc-seing accordé aux nouvelles autorités. La France tient à souligner qu’il ne s’agit ni d’un acte de naïveté ni d’une approbation inconditionnelle. Elle entend accompagner la transition syrienne tout en maintenant un dialogue exigeant.

Les nouvelles autorités syriennes sont attendues sur leur capacité à transformer les aspirations de la révolution de 2011 en institutions durables. La France considère que la légitimité de la nouvelle Syrie reposera sur sa capacité à rassembler une société profondément meurtrie par des décennies de dictature, de divisions communautaires et de guerre civile.

C’est pourquoi Emmanuel Macron n’entend pas limiter son déplacement, malgré sa courte durée, à une série d’entretiens officiels. Son programme prévoit également des rencontres avec des représentants de la société syrienne dans toute sa diversité politique, confessionnelle et culturelle.

La France fait du pluralisme politique, du respect des minorités religieuses et ethniques, de l’État de droit et de la justice transitionnelle les conditions indispensables d’un partenariat durable.

Elle estime surtout que la transition ne pourra réussir que si elle parvient à réconcilier les Syriens et à garantir à chacun sa place dans la future architecture institutionnelle.

Au-delà des enjeux intérieurs, Paris accorde également une importance particulière au rééquilibrage des relations entre la Syrie et le Liban, longtemps marquées par des rapports de domination et d’ingérence.

Cette relation devra désormais reposer sur des bases entièrement nouvelles. La France défend une vision fondée sur le respect mutuel de la souveraineté des deux États, leur indépendance réciproque et le principe de non-ingérence.

Reconstruction de la Syrie et redressement du Liban

Vue de Paris, la reconstruction de la Syrie et le redressement du Liban sont étroitement liés. Aucun des deux pays ne pourra retrouver durablement la prospérité sans une relation apaisée avec son voisin.

La visite présidentielle comporte aussi un important volet économique, avec la participation d’une délégation de dirigeants de grandes entreprises françaises, parmi lesquelles CMA CGM, TotalEnergies, mais aussi plusieurs entreprises de taille intermédiaire spécialisées dans les infrastructures, les documents sécurisés ou encore les équipements essentiels à la reconstruction.

Mais l’engagement économique français reste conditionné aux réformes entreprises par Damas, notamment la modernisation du système bancaire, la sécurisation des investissements et l’amélioration du climat des affaires.

Au fond, cette visite présidentielle apparaît comme un pari sur la capacité de la Syrie à sortir définitivement de quinze années de guerre et à renouer avec son histoire.

C’est aussi un pari sur la possibilité de bâtir une relation nouvelle entre Paris et Damas, fondée non plus sur les rancunes du passé, mais sur une coopération lucide, exigeante et tournée vers l’avenir.

Paris n’ignore ni les fragilités ni les incertitudes qui entourent cette transition et estime que rien n’est encore acquis. Mais, après avoir accompagné le peuple syrien pendant les années les plus sombres, la France considère qu’il faut désormais l’accompagner dans sa reconstruction.


Budget: le gouvernement ne va pas «annoncer de mesures» mardi mais «un cap»

 Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
  • "On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz
  • Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités"

PARIS: Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Où en sommes-nous sur la croissance" et sur "l'inflation" du fait de la guerre au Moyen-Orient?, sera la question sur laquelle reviendra le gouvernement, a détaillé David Amiel sur RTL.

"On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités".

Sur ce sujet, David Amiel a indiqué que "les aides qui ont été apportées aux entreprises et aux ménages" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d'euros.

"C'est 50 fois moins que ce qui avait été fait" par le gouvernement "en 2022-2023" après le début de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix de l'énergie, a-t-il rappelé. Il s'est réjoui d'un "changement de doctrine" sur les dépenses publiques.

Le gouvernement avait alors décidé de largement diminuer les taxes sur l'électricité et le gaz pour contenir l'envolée des prix, ce qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Etat.

"Heureusement, le gouvernement n'a pas (...) écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards et des milliards d'euros", a-t-il affirmé.

Car "il n'y a pas eu de cagnotte" fiscale, a poursuivi le ministre des Comptes publics, qui a mis en avant le fait que les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant pris le pas sur la hausse des prix.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait toujours sur 0,9% de croissance pour 2026.

La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%. Ces prévisions, publiées en juin, ne prenaient pas en compte l'évolution actuelle autour du conflit au Moyen-Orient.

 


La «lutte acharnée» se poursuit contre un incendie dans le sud, 4.600 hectares brûlés

Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
  • Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs
  • "Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes

ILLE-SUR-TET: Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités.

Le feu "a parcouru à cette heure 4.600 hectares (...) Notre priorité de la journée est évidemment de reprendre cette lutte acharnée pour contenir sa propagation sur sa tête et sur ses flancs", a indiqué lors d'un point presse Pierre Regnault de la Mothe, le préfet du département des Pyrénées-Orientales, frontalier de l'Espagne.

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs.

"Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes.

Cet incendie, qui s'est propagé au massif des Aspres, aride et difficile d'accès, a par ailleurs blessé cinq personnes, dont deux sapeurs-pompiers. Le préfet a également fait état d'un bilan provisoire de "50 bâtiments impactés (...) à des degrés divers".

Face à une "situation très difficile", le représentant de l'Etat a annoncé dimanche soir que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aurait bien lieu lundi, mais "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France. Ce qui n'empêche pas que l'étape puisse avoir lieu", a-t-il dit lundi matin.

Les pompiers français luttent également contre de multiples feux ailleurs dans le sud du pays.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'être, comme 15 autres départements français lundi, en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Même si la plupart des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.