Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

  • Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour
  • L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum

PARIS : Les tractations sont lancées lundi matin pour le second tour des régionales et départementales, après le choc d'un premier tour déserté par deux électeurs sur trois, une "abstention abyssale" qui a profité aux présidents de région sortants, de droite comme de gauche.

 

Régionales en Guadeloupe: Ary Chalus (LREM) rate de peu une réélection dès le 1er tour

POINTE-A-PITRE : Le président sortant de la Région Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), a raté de peu dimanche une réélection dès le premier tour, avec 49,31% des suffrages, loin devant la liste de la présidente socialiste du département Josette Borel Lincertin (17,38%).

Surprise de ce premier tour, Ronald Selbonne, porte-parole de l'Alyans Nasyonal Gwadloup (nationalistes), arrive en troisième position.

Comme ailleurs, ce scrutin où 12 listes étaient en lice pour élire les 41 conseillers régionaux, a été marqué par une très forte abstention avec un taux de participation de 30,85% contre 47,21% en 2015.

Le vote a été perturbé dans certaines communes par l'ouverture de bureaux en retard, soit à cause d'un manque d'effectifs (assesseurs absents), soit à cause d'actes de vandalisme. Dans un communiqué, le préfet Alexandre Rochatte a "dénoncé les détériorations et saccages des bureaux de vote à Gosier" et les a "condamnés fermement".

La campagne électorale a été émaillée d'enquêtes politico-financières avec plusieurs candidats placés en garde à vue ces dernières semaines, parmi lesquels Ary Chalus dans le cadre d’une enquête pour "abus de confiance, détournement de fonds publics et financement illégal" de la campagne de 2015.

Josette Borel Lincertin (FGPS, Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste) a, elle, été placée en garde à vue une dizaine d’heures dans le cadre d’une enquête pour "prise illégale d’intérêt, complicité de prise illégale d’intérêt ou recel". Selon une source proche de l’enquête, les auditions portaient notamment sur "un recrutement à l’Office de l’Eau".

Arrivé quatrième avec 5,56% des voix, le député Max Mathiasin, ancien membre de la FGPS à la tête d'une liste d'union de plusieurs composantes de la gauche locale, est mis en examen depuis septembre 2020 pour "abus de confiance et détournement de bien public par personne dépositaire de l’autorité publique".

Quant aux départementales, dont les résultats n'étaient pas encore entièrement connus, elles sont elles aussi marquées par une forte abstention: le taux de participation s’élève à seulement 30,59%, alors qu’il était de 48,49% en 2015.

Plusieurs cantons ont été remportés dès ce premier tour. Quinze maires étaient candidats en tant que titulaires pour ces élections portant sur 21 cantons.

Le ticket emmené par le maire de Sainte-Anne, Christian Baptiste, arrive ainsi largement en tête devant les sept autres binômes en lice, avec 52,7% des suffrages. Même succès pour le maire de Petit-Bourg, Guy Losbar, dans le cinquième canton (Baie-Mahault 2/Petit-Bourg)

Josette Borel Lincertin, candidate dans le troisième canton des Abymes, n’échappera pas à un second tour.

Aucun suspense pour le seul binôme en lice dans le deuxième canton de Sainte-Rose, qui s'étend sur le territoire de Deshaies: il passe évidemment dès le 1er tour avec 100% des suffrages exprimés, même si le duo n’a, abstention oblige, réuni que 22,37% des électeurs inscrits.

Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour, notamment en Paca, région où le RN est le mieux placé et où la tête de liste de gauche Jean-Laurent Felizia n'entend pas se retirer en dépit des pressions d'EELV et du PS.

Pour le parti de Marine Le Pen, que les sondages annonçaient en tête dans plusieurs régions, la désillusion est sévère. Le Rassemblement national perd neuf points par rapport à 2015.

Reconnaissant que ses électeurs ne s'étaient "pas déplacés", la candidate à la présidentielle de 2022 a appelé "au sursaut" pour le second tour.

 

Paca: pour le RN Mariani, «rien est joué»

Rien est joué" en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, a lancé lundi le candidat du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani arrivé en tête au premier tour mais moins largement qu'attendu face au président sortant Les Républicains Renaud Muselier dans une région où se dessine une triangulaire.

Le candidat du Rassemblement écologique et social (16,89%), Jean-Laurent Felizia, a annoncé dimanche soir se maintenir au second tour, contre l'avis des partis à Paris dont EELV qui menace de l'exclure.

"On est surpris et déçu par les abstentionnistes (...) et il semble qu'il y ait beaucoup de notre électorat populaire qui ne se soit pas déplacé", a déclaré Thierry Mariani, devant un jus d'orange pressée sur une terrasse du Vieux-Port de Marseille.

Néanmoins, "il y a 4,5 points de différence" entre sa liste qui est en tête (36,38%) et le LR Renaud Muselier (31,91%), "seul président sortant qui n'arrive pas en tête dans sa région", a fait remarquer l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy passé à l'extrême droite.

Avant de repartir en campagne dans le Var, il a tendu la main aux électeurs de Debout La France, qui ont enregistré 2,70% des voix, pas suffisamment pour fusionner leur liste.

"On regarde ce que va faire la liste de (Nicolas) Dupont-Aignan (...) il devrait appeler à voter clairement pour nous", a-t-il ajouté.

Dimanche soir, le candidat de cette formation, Noël Chuisano, avait refusé de donner toute consigne de vote à chaud, selon le quotidien La Provence. Son équipe devait se réunir lundi, "mais je ne vois pas ce qu'on peut donner comme consigne", avait ajouté M. Chuisano.

Pour M. Mariani, le maintien de l'écologiste Jean-Laurent Félizia "est une bonne nouvelle pour la démocratie". Le but de la politique française, c'est pas de faire barrage à quelqu'un".

De son côté, M. Muselier en déplacement à Marignane sur le thème de l'aéronautique a estimé que M. Felizia "avait toujours dit qu'il prendrait ses responsabilités si il y avait un risque RN. Et il y a un vrai risque". 

"Ca devient une aventure personnelle, ça n'est plus une démarche politique", a-t-il estimé.

Dans le canton du Pas-de-Calais où elle se présentait aux départementales, elle a obtenu dimanche 61% des voix, mais n'est pas élue, le taux d'abstention de 66,4% étant aussi élevé que la moyenne nationale.

Egalement en retrait, les candidats de la majorité présidentielle ne totalisent que 11,5% des suffrages selon Ipsos, un score qui confirme la faible implantation locale de LREM.

La gauche peut remporter au moins sept régions, estime Faure

Le "bloc social et écologique" peut remporter au moins sept régions dimanche, a estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure lundi sur RTL. 

"Je pense que nous pouvons gagner sept régions dimanche prochain, cinq régions déjà détenues par la gauche (où les présidents PS sortants sont tous en tête, ndlr) et deux régions, Pays de la Loire et Ile-de-France, où nous pouvons l'emporter", a-t-il affirmé. Dans ces deux dernières régions, ce sont les candidats écologistes qui sont arrivés en tête de la gauche, et vont donc mener la liste d'union. 

Olivier Faure estime qu'il "n'est pas impossible" qu'un "sursaut démocratique" des électeurs ait lieu entre les deux tours.

Dans ce cas, "la Normandie n'est pas inaccessible, et y compris d'autres régions peuvent devenir des enjeux à la condition d'une mobilisation très forte de celles et ceux qui se reconnaissent dans ce bloc social et écologique", a-t-il poursuivi.

"Beaucoup nous ont dit +on ne supporte plus les divisions+. Et bien au 2e tour, il n'y aura pas de divisions, il y aura un élan créé par ce rassemblement et je souhaite qu'il porte ses fruits et que dimanche prochain nous ayons d'autres surprises positives", a-t-il ajouté. 

Pour lui, les résultats du premier tour des régionales ont montré qu'"il y a une possibilité de victoire" de la gauche au niveau national l'année prochaine, avait-il dit un peu plus tôt sur France Inter.

"Je ne vous dis pas que c'est ce qui se passera, je vous dis que c'est possible", a-t-il insisté, soulignant que "la réalité, c'est que les sondages se sont plantés aux européennes, ils se sont plantés aux municipales et se sont plantés aux régionales".

"Depuis hier nous savons que les Français ont choisi majoritairement de prendre soit les candidats de la droite, soit les candidats de la gauche, et en réalité, le bloc social et écologique est même devant celui de la droite", a-t-il poursuivi.

 

Résistance du duo gauche-droite

 

L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum. Jusqu'à présent, l'abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%.

"Abyssale", l'abstention est "en partie liée à la situation sanitaire", a plaidé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ajoutant qu'elle "doit tous nous alerter". Dans ces conditions, difficile de tirer des enseignements nets de ce scrutin local, dont les analystes disaient dès dimanche soir qu'il était "en trompe-l'oeil".

"Il n'est pas évident" que le résultat "corresponde à une réalité du pays. C'est la part la plus légitimiste de l'électorat français, très souvent un électorat plus âgé que la moyenne", qui s'est déplacé, jugeait ainsi Stéphane Zumsteeg (Ipsos).

Le premier tour est marqué par la résistance du duo gauche-droite, la première totalisant 34,4% des suffrages et la seconde 28,7%, selon les estimations de l'Ifop. Les deux grands partis traditionnels bénéficient à plein de la "prime aux sortants", qui ont été à la manoeuvre lors de la crise sanitaire. Cela permet à la droite d'espérer pouvoir conserver ses sept régions et la gauche ses cinq en France métropolitaine.

Malgré la mobilisation de cinq ministres, dont Eric Dupond-Moretti, la macronie est éliminée dès le premier tour dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand (ex-LR) est en très bonne posture pour conserver la région, un succès dont il compte faire une rampe de lancement pour 2022.

Selon les estimations, il réunirait entre 39% et 46,9% des voix, très loin devant son concurrent du RN Sébastien Chenu (22,5% à 24,4%).

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), donné à plus de 45%, avec plus de 30 points d'avance sur la candidate des Verts Fabienne Grébert ou le prétendant du RN Andrea Kotarac.

Autre candidate potentielle en 2022, Valérie Pécresse (ex-LR) arrive largement en tête en Ile-de-France (autour de 35%), mais reste sous la menace d'une hypothétique union des candidats de gauche (Julien Bayou, Clémentine Autain, Audrey Pulvar) qui va focaliser l'attention dans les prochaines heures.

Coude à coude en Paca

En Paca, le suspens reste de mise. La liste RN de Thierry Mariani (36,38%) arrive devant le sortant LR Renaud Muselier (31,91%).

Le troisième homme Jean-Laurent Felizia (EELV/PS/PCF) (16,89%), a dit vouloir se maintenir au second tour, amenant dans la nuit le bureau exécutif d'EELV à lui retirer son soutien pour faire barrage au RN. "Nous allons continuer à tenter de le convaincre", a déclaré lundi matin sur LCI Eva Sas, porte-parole d'EELV.

La droite peut se réjouir de voir sortir en tête Jean Rottner dans le Grand Est, Christelle Morançais dans les Pays de la Loire et Hervé Morin en Normandie.

A gauche, les sortants prennent également une option, comme Carole Delga (PS/PCF) en Occitanie (39,67%), ou Alain Rousset (PS) en Nouvelle-Aquitaine, tandis qu'en Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS) parvient à devancer le RN Julien Odoul (26,52% contre 23,19%).

Le jeu est très ouvert en Bretagne, où le socialiste Loïg Chesnais-Girard arrive en tête, et dans le Centre-Val-de-Loire, où François Bonneau (PS) devra négocier serré avec le candidat EELV/LFI Charles Fournier pour conserver sa région.

Enfin, en Corse, le président sortant de l'exécutif corse, l'autonomiste Gilles Simeoni, devra faire le plein des voix nationalistes pour battre la liste de droite menée par le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli, qu'il devance d'une courte tête, selon les sondages.

"Il ne faut pas tirer de leçons pour la présidentielle", considère le politologue Gérard Grunberg, pour qui "ces régionales sont la réplique des municipales", avec pour l'essentiel "une prime aux sortants".

Sur France Inter, la spécialiste de l'abstention Céline Braconnier a surtout retenu "une journée très très problématique du point de vue de la démocratie représentative" à cause de l'abstention, qui traduit à ses yeux une "offre politique illisible".

Pour les départementales, un scrutin resté à l'ombre des régionales, la stabilité était attendue, avec une large majorité pour la droite, selon l'Assemblée des départements de France.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.