Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

  • Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour
  • L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum

PARIS : Les tractations sont lancées lundi matin pour le second tour des régionales et départementales, après le choc d'un premier tour déserté par deux électeurs sur trois, une "abstention abyssale" qui a profité aux présidents de région sortants, de droite comme de gauche.

 

Régionales en Guadeloupe: Ary Chalus (LREM) rate de peu une réélection dès le 1er tour

POINTE-A-PITRE : Le président sortant de la Région Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), a raté de peu dimanche une réélection dès le premier tour, avec 49,31% des suffrages, loin devant la liste de la présidente socialiste du département Josette Borel Lincertin (17,38%).

Surprise de ce premier tour, Ronald Selbonne, porte-parole de l'Alyans Nasyonal Gwadloup (nationalistes), arrive en troisième position.

Comme ailleurs, ce scrutin où 12 listes étaient en lice pour élire les 41 conseillers régionaux, a été marqué par une très forte abstention avec un taux de participation de 30,85% contre 47,21% en 2015.

Le vote a été perturbé dans certaines communes par l'ouverture de bureaux en retard, soit à cause d'un manque d'effectifs (assesseurs absents), soit à cause d'actes de vandalisme. Dans un communiqué, le préfet Alexandre Rochatte a "dénoncé les détériorations et saccages des bureaux de vote à Gosier" et les a "condamnés fermement".

La campagne électorale a été émaillée d'enquêtes politico-financières avec plusieurs candidats placés en garde à vue ces dernières semaines, parmi lesquels Ary Chalus dans le cadre d’une enquête pour "abus de confiance, détournement de fonds publics et financement illégal" de la campagne de 2015.

Josette Borel Lincertin (FGPS, Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste) a, elle, été placée en garde à vue une dizaine d’heures dans le cadre d’une enquête pour "prise illégale d’intérêt, complicité de prise illégale d’intérêt ou recel". Selon une source proche de l’enquête, les auditions portaient notamment sur "un recrutement à l’Office de l’Eau".

Arrivé quatrième avec 5,56% des voix, le député Max Mathiasin, ancien membre de la FGPS à la tête d'une liste d'union de plusieurs composantes de la gauche locale, est mis en examen depuis septembre 2020 pour "abus de confiance et détournement de bien public par personne dépositaire de l’autorité publique".

Quant aux départementales, dont les résultats n'étaient pas encore entièrement connus, elles sont elles aussi marquées par une forte abstention: le taux de participation s’élève à seulement 30,59%, alors qu’il était de 48,49% en 2015.

Plusieurs cantons ont été remportés dès ce premier tour. Quinze maires étaient candidats en tant que titulaires pour ces élections portant sur 21 cantons.

Le ticket emmené par le maire de Sainte-Anne, Christian Baptiste, arrive ainsi largement en tête devant les sept autres binômes en lice, avec 52,7% des suffrages. Même succès pour le maire de Petit-Bourg, Guy Losbar, dans le cinquième canton (Baie-Mahault 2/Petit-Bourg)

Josette Borel Lincertin, candidate dans le troisième canton des Abymes, n’échappera pas à un second tour.

Aucun suspense pour le seul binôme en lice dans le deuxième canton de Sainte-Rose, qui s'étend sur le territoire de Deshaies: il passe évidemment dès le 1er tour avec 100% des suffrages exprimés, même si le duo n’a, abstention oblige, réuni que 22,37% des électeurs inscrits.

Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour, notamment en Paca, région où le RN est le mieux placé et où la tête de liste de gauche Jean-Laurent Felizia n'entend pas se retirer en dépit des pressions d'EELV et du PS.

Pour le parti de Marine Le Pen, que les sondages annonçaient en tête dans plusieurs régions, la désillusion est sévère. Le Rassemblement national perd neuf points par rapport à 2015.

Reconnaissant que ses électeurs ne s'étaient "pas déplacés", la candidate à la présidentielle de 2022 a appelé "au sursaut" pour le second tour.

 

Paca: pour le RN Mariani, «rien est joué»

Rien est joué" en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, a lancé lundi le candidat du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani arrivé en tête au premier tour mais moins largement qu'attendu face au président sortant Les Républicains Renaud Muselier dans une région où se dessine une triangulaire.

Le candidat du Rassemblement écologique et social (16,89%), Jean-Laurent Felizia, a annoncé dimanche soir se maintenir au second tour, contre l'avis des partis à Paris dont EELV qui menace de l'exclure.

"On est surpris et déçu par les abstentionnistes (...) et il semble qu'il y ait beaucoup de notre électorat populaire qui ne se soit pas déplacé", a déclaré Thierry Mariani, devant un jus d'orange pressée sur une terrasse du Vieux-Port de Marseille.

Néanmoins, "il y a 4,5 points de différence" entre sa liste qui est en tête (36,38%) et le LR Renaud Muselier (31,91%), "seul président sortant qui n'arrive pas en tête dans sa région", a fait remarquer l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy passé à l'extrême droite.

Avant de repartir en campagne dans le Var, il a tendu la main aux électeurs de Debout La France, qui ont enregistré 2,70% des voix, pas suffisamment pour fusionner leur liste.

"On regarde ce que va faire la liste de (Nicolas) Dupont-Aignan (...) il devrait appeler à voter clairement pour nous", a-t-il ajouté.

Dimanche soir, le candidat de cette formation, Noël Chuisano, avait refusé de donner toute consigne de vote à chaud, selon le quotidien La Provence. Son équipe devait se réunir lundi, "mais je ne vois pas ce qu'on peut donner comme consigne", avait ajouté M. Chuisano.

Pour M. Mariani, le maintien de l'écologiste Jean-Laurent Félizia "est une bonne nouvelle pour la démocratie". Le but de la politique française, c'est pas de faire barrage à quelqu'un".

De son côté, M. Muselier en déplacement à Marignane sur le thème de l'aéronautique a estimé que M. Felizia "avait toujours dit qu'il prendrait ses responsabilités si il y avait un risque RN. Et il y a un vrai risque". 

"Ca devient une aventure personnelle, ça n'est plus une démarche politique", a-t-il estimé.

Dans le canton du Pas-de-Calais où elle se présentait aux départementales, elle a obtenu dimanche 61% des voix, mais n'est pas élue, le taux d'abstention de 66,4% étant aussi élevé que la moyenne nationale.

Egalement en retrait, les candidats de la majorité présidentielle ne totalisent que 11,5% des suffrages selon Ipsos, un score qui confirme la faible implantation locale de LREM.

La gauche peut remporter au moins sept régions, estime Faure

Le "bloc social et écologique" peut remporter au moins sept régions dimanche, a estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure lundi sur RTL. 

"Je pense que nous pouvons gagner sept régions dimanche prochain, cinq régions déjà détenues par la gauche (où les présidents PS sortants sont tous en tête, ndlr) et deux régions, Pays de la Loire et Ile-de-France, où nous pouvons l'emporter", a-t-il affirmé. Dans ces deux dernières régions, ce sont les candidats écologistes qui sont arrivés en tête de la gauche, et vont donc mener la liste d'union. 

Olivier Faure estime qu'il "n'est pas impossible" qu'un "sursaut démocratique" des électeurs ait lieu entre les deux tours.

Dans ce cas, "la Normandie n'est pas inaccessible, et y compris d'autres régions peuvent devenir des enjeux à la condition d'une mobilisation très forte de celles et ceux qui se reconnaissent dans ce bloc social et écologique", a-t-il poursuivi.

"Beaucoup nous ont dit +on ne supporte plus les divisions+. Et bien au 2e tour, il n'y aura pas de divisions, il y aura un élan créé par ce rassemblement et je souhaite qu'il porte ses fruits et que dimanche prochain nous ayons d'autres surprises positives", a-t-il ajouté. 

Pour lui, les résultats du premier tour des régionales ont montré qu'"il y a une possibilité de victoire" de la gauche au niveau national l'année prochaine, avait-il dit un peu plus tôt sur France Inter.

"Je ne vous dis pas que c'est ce qui se passera, je vous dis que c'est possible", a-t-il insisté, soulignant que "la réalité, c'est que les sondages se sont plantés aux européennes, ils se sont plantés aux municipales et se sont plantés aux régionales".

"Depuis hier nous savons que les Français ont choisi majoritairement de prendre soit les candidats de la droite, soit les candidats de la gauche, et en réalité, le bloc social et écologique est même devant celui de la droite", a-t-il poursuivi.

 

Résistance du duo gauche-droite

 

L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum. Jusqu'à présent, l'abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%.

"Abyssale", l'abstention est "en partie liée à la situation sanitaire", a plaidé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ajoutant qu'elle "doit tous nous alerter". Dans ces conditions, difficile de tirer des enseignements nets de ce scrutin local, dont les analystes disaient dès dimanche soir qu'il était "en trompe-l'oeil".

"Il n'est pas évident" que le résultat "corresponde à une réalité du pays. C'est la part la plus légitimiste de l'électorat français, très souvent un électorat plus âgé que la moyenne", qui s'est déplacé, jugeait ainsi Stéphane Zumsteeg (Ipsos).

Le premier tour est marqué par la résistance du duo gauche-droite, la première totalisant 34,4% des suffrages et la seconde 28,7%, selon les estimations de l'Ifop. Les deux grands partis traditionnels bénéficient à plein de la "prime aux sortants", qui ont été à la manoeuvre lors de la crise sanitaire. Cela permet à la droite d'espérer pouvoir conserver ses sept régions et la gauche ses cinq en France métropolitaine.

Malgré la mobilisation de cinq ministres, dont Eric Dupond-Moretti, la macronie est éliminée dès le premier tour dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand (ex-LR) est en très bonne posture pour conserver la région, un succès dont il compte faire une rampe de lancement pour 2022.

Selon les estimations, il réunirait entre 39% et 46,9% des voix, très loin devant son concurrent du RN Sébastien Chenu (22,5% à 24,4%).

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), donné à plus de 45%, avec plus de 30 points d'avance sur la candidate des Verts Fabienne Grébert ou le prétendant du RN Andrea Kotarac.

Autre candidate potentielle en 2022, Valérie Pécresse (ex-LR) arrive largement en tête en Ile-de-France (autour de 35%), mais reste sous la menace d'une hypothétique union des candidats de gauche (Julien Bayou, Clémentine Autain, Audrey Pulvar) qui va focaliser l'attention dans les prochaines heures.

Coude à coude en Paca

En Paca, le suspens reste de mise. La liste RN de Thierry Mariani (36,38%) arrive devant le sortant LR Renaud Muselier (31,91%).

Le troisième homme Jean-Laurent Felizia (EELV/PS/PCF) (16,89%), a dit vouloir se maintenir au second tour, amenant dans la nuit le bureau exécutif d'EELV à lui retirer son soutien pour faire barrage au RN. "Nous allons continuer à tenter de le convaincre", a déclaré lundi matin sur LCI Eva Sas, porte-parole d'EELV.

La droite peut se réjouir de voir sortir en tête Jean Rottner dans le Grand Est, Christelle Morançais dans les Pays de la Loire et Hervé Morin en Normandie.

A gauche, les sortants prennent également une option, comme Carole Delga (PS/PCF) en Occitanie (39,67%), ou Alain Rousset (PS) en Nouvelle-Aquitaine, tandis qu'en Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS) parvient à devancer le RN Julien Odoul (26,52% contre 23,19%).

Le jeu est très ouvert en Bretagne, où le socialiste Loïg Chesnais-Girard arrive en tête, et dans le Centre-Val-de-Loire, où François Bonneau (PS) devra négocier serré avec le candidat EELV/LFI Charles Fournier pour conserver sa région.

Enfin, en Corse, le président sortant de l'exécutif corse, l'autonomiste Gilles Simeoni, devra faire le plein des voix nationalistes pour battre la liste de droite menée par le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli, qu'il devance d'une courte tête, selon les sondages.

"Il ne faut pas tirer de leçons pour la présidentielle", considère le politologue Gérard Grunberg, pour qui "ces régionales sont la réplique des municipales", avec pour l'essentiel "une prime aux sortants".

Sur France Inter, la spécialiste de l'abstention Céline Braconnier a surtout retenu "une journée très très problématique du point de vue de la démocratie représentative" à cause de l'abstention, qui traduit à ses yeux une "offre politique illisible".

Pour les départementales, un scrutin resté à l'ombre des régionales, la stabilité était attendue, avec une large majorité pour la droite, selon l'Assemblée des départements de France.


Inaugurant l’exposition Byblos à l’IMA, Macron réaffirme son soutien à la souveraineté et l’intégrité du Liban

La France, rappelle Macron, entend rester pleinement engagée aux côtés du Liban, notamment dans la préservation de son patrimoine. Dans un contexte marqué par les crises et les destructions, soutenir la culture n’est pas un luxe, affirme-t-il : c’est une nécessité. (Arlette Khouri)
La France, rappelle Macron, entend rester pleinement engagée aux côtés du Liban, notamment dans la préservation de son patrimoine. Dans un contexte marqué par les crises et les destructions, soutenir la culture n’est pas un luxe, affirme-t-il : c’est une nécessité. (Arlette Khouri)
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  • L’atmosphère dans les allées du musée de l’IMA n’était pas celle d’une simple visite officielle : Emmanuel Macron ne se contentait pas d’inaugurer une exposition, il prenait son temps
  • Prévue pour une trentaine de minutes, la déambulation s’est étirée sur près d’une heure, comme si chaque œuvre appelait une pause, une question, une réflexion

PARIS: Venu pour inaugurer l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban » à l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), le président français Emmanuel Macron a voulu profiter de cet événement culturel pour en faire un moment de soutien politique et de solidarité avec les Libanais.

L’atmosphère dans les allées du musée de l’IMA n’était pas celle d’une simple visite officielle : il ne se contentait pas d’inaugurer une exposition, il prenait son temps.

Prévue pour une trentaine de minutes, la déambulation s’est étirée sur près d’une heure, comme si chaque œuvre appelait une pause, une question, une réflexion.

À ses côtés, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, la ministre de la Culture Catherine Pégard ainsi que le ministre libanais Ghassan Salamé ; très vite, le protocole s’est effacé, cédant la place à une forme d’attention sincère, presque intime.

Il faut dire que cette exposition ne ressemble pas aux autres : elle raconte bien plus qu’une histoire antique. Elle parle du Liban d’hier et d’aujourd’hui, de ses fractures et de sa capacité à tenir debout.

ima byblos

Le président français, très impliqué dans les problèmes de ce pays et le conflit au centre duquel il se trouve, s’attarde, interroge, échange avec la commissaire de l’exposition, Élodie Bouffard. Cela n’a rien d’une visite de courtoisie, plutôt de la curiosité, voire un intérêt et une émotion manifestes.

Cet intérêt et cette émotion étaient au cœur de l’allocution qu’il a prononcée, après un mot de bienvenue de la part de la présidente de l’IMA, Anne-Claire Legendre, fraîchement installée et qui avait travaillé à ses côtés comme conseillère diplomatique.

Après un bref préambule, le propos du président s’élargit : cette exposition est le fruit d’un effort collectif, mobilisant institutions françaises et libanaises, chercheurs, mécènes et diplomates. Elle est donc le symbole du lien profond, ancien, presque organique entre les deux pays.

Une visite entre culture et engagement politique

La France, rappelle Macron, entend rester pleinement engagée aux côtés du Liban, notamment dans la préservation de son patrimoine. Dans un contexte marqué par les crises et les destructions, soutenir la culture n’est pas un luxe, affirme-t-il : c’est une nécessité.

À travers l’action conjointe d’institutions comme l’UNESCO ou les grandes institutions muséales, il s’agit de maintenir vivant ce qui pourrait disparaître.

Mais le moment le plus marquant du discours réside sans doute dans ce que le président appelle la « leçon de Byblos ».

Byblos n’est pas seulement un site archéologique, mais une métaphore, une leçon d’histoire, mais aussi de politique. Dans cette ville antique, on lit la capacité d’un peuple à résister aux empires non par la force brute, mais par l’intelligence, le commerce et la culture.

ima byblos
Le discours du ministre libanais Ghassan Salamé.

Cette idée résonne fortement aujourd’hui, car le Liban se trouve pris dans des logiques de puissance qui le dépassent. Mais il continue de tenir, non sans difficulté, non sans douleur, avec une forme d’entêtement qui force le respect.

L’exposition elle-même en est la preuve : retardée par la guerre, fragilisée par les circonstances, elle a malgré tout vu le jour, comme un acte de résistance silencieuse.

Le président insiste : rien ne peut arrêter la culture. Même lorsque certaines œuvres manquent, leur absence devient signifiante : elle témoigne de la volonté de celles et ceux qui continuent de chercher, de préserver, de transmettre.

Ce message culturel se double d’un message politique clair : la France réaffirme son soutien à la souveraineté du Liban et au respect du droit international. Il n’y a pas, insiste le président, de principe à géométrie variable.

Ce qui vaut en Europe doit valoir ailleurs : refuser les occupations, défendre l’intégrité territoriale, promouvoir la paix — autant de lignes directrices qui structurent l’engagement français dans la région.

Dans un contexte marqué par les tensions, les conflits et les fractures religieuses, le Liban, affirme Macron, apparaît alors comme une exception précieuse : un pays où, malgré tout, subsiste l’idée qu’il est possible de vivre ensemble sans renoncer à ses différences. C’est cette forme d’universalisme, fragile mais essentielle, que la France dit reconnaître et vouloir défendre.

Le rôle de la France, c’est d’être aux côtés du Liban en ce moment, souligne-t-il, et d’assurer continuer à soutenir et venir en aide aux déplacés de toutes les régions, ainsi que de tout faire pour que cessent les bombes, pour que cesse l’opération terrestre en cours et pour que l’intégrité territoriale du Liban soit recouvrée.

Et ce n’est que dans ce cadre, affirme le président, que la paix pourra être construite, et que la sécurité de tous dans la région pourra être assurée.

Aucune occupation, aucune forme de colonisation, ni ici, ni en Cisjordanie, ni ailleurs, ne saurait assurer la sécurité de qui que ce soit, assène-t-il, ajoutant ne pas oublier Gaza, qui a été aussi reconnue, magnifiée dans ces lieux avec une exposition remarquable il y a quelques mois.

La « leçon de Byblos », entre histoire et message diplomatique

Le discours du ministre libanais Ghassan Salamé vient prolonger cette réflexion. Lui aussi évoque Byblos comme une stratégie concrète : celle d’un pays qui, faute de puissance militaire, mise sur l’intelligence, l’ouverture et le rôle d’intermédiaire — une manière d’exister dans un environnement instable en transformant ses vulnérabilités en ressources.

Il rappelle également la profondeur de la coopération franco-libanaise, notamment dans le domaine archéologique, puisque depuis plus d’un siècle, chercheurs et conservateurs travaillent ensemble, explorant les strates d’un territoire riche et complexe.

Cette collaboration, dit-il, ne se limite pas à la science : elle participe à la construction d’un récit commun.

Son propos se fait plus grave, car derrière la célébration culturelle se profile une réalité difficile : celle d’un pays confronté à des crises multiples. Dans un tel contexte, préserver le patrimoine, soutenir les institutions, protéger les sites et maintenir une vie culturelle deviennent autant de défis quotidiens.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient, annonce l'Elysée

Les pompiers iraniens, assistés d’une pelleteuse, dégagent les décombres d’un immeuble résidentiel détruit dans le nord de Téhéran le 23 mars 2026. Une série de fortes explosions a été entendue dans la capitale iranienne, alors que la guerre avec les États-Unis et Israël entrait dans sa quatrième semaine. (AFP)
Les pompiers iraniens, assistés d’une pelleteuse, dégagent les décombres d’un immeuble résidentiel détruit dans le nord de Téhéran le 23 mars 2026. Une série de fortes explosions a été entendue dans la capitale iranienne, alors que la guerre avec les États-Unis et Israël entrait dans sa quatrième semaine. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron a convoqué un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient dans un contexte de fortes tensions régionales
  • Entre menaces américaines, démentis iraniens et échanges de missiles, la situation reste hautement volatile au Moyen-Orient

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 17 mars - se tiendra à 17H30.

Il intervient alors que Donald Trump a évoqué, dans un spectaculaire revirement, des "négociations" avec un responsable iranien non identifié.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a nié "toute négociation" avec les Etats-Unis depuis le 28 février,  reconnaissant toutefois avoir reçu via des "pays amis" des "messages transmettant une demande américaine de négociations" pour faire cesser le conflit.

Sur son réseau Truth Social, le président américain a également annoncé un report "de cinq jours" des frappes qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques et autres infrastructures en Iran si la République islamique ne débloquait pas le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

En réponse à l'ultimatum de Donald Trump, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.

Le président américain a fait savoir que son pays continuerait "à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.

Au Liban, où la guerre a fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés, l'armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue sud de Beyrouth.

De son côté, l'Iran a lancé de nouveau des missiles vers Israël mardi matin.


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
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  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.