Afghanistan: l'Allemagne a achevé le retrait de ses troupes

Les derniers soldats ont été transportés par quatre avions militaires depuis le camp de campagne de Marmal à Mazâr-e Charîf. (Photo, AFP)
Les derniers soldats ont été transportés par quatre avions militaires depuis le camp de campagne de Marmal à Mazâr-e Charîf. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 30 juin 2021

Afghanistan: l'Allemagne a achevé le retrait de ses troupes

  • «Après presque 20 ans de déploiement, les derniers soldats de notre Bundeswehr ont quitté l'Afghanistan ce soir. Ils sont maintenant sur le chemin du retour»
  • Selon la Bundeswehr, 59 soldats allemands ont été tués au cours de l'opération militaire débutée en 2001

BERLIN: L'Allemagne a achevé le retrait de ses troupes d'Afghanistan, commencé en mai, a annoncé mardi le ministère allemand de la Défense alors que l'armée américaine doit quitter ce pays d'ici le 11 septembre.

"Après presque 20 ans de déploiement, les derniers soldats de notre Bundeswehr ont quitté l'Afghanistan ce soir. Ils sont maintenant sur le chemin du retour", a expliqué la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer dans un communiqué.

"Un chapitre historique s'achève, un déploiement intensif qui a mis la Bundeswehr au défi et l'a façonnée, au cours duquel la Bundeswehr a fait ses preuves au combat. Une mission au cours de laquelle des membres de nos forces armées ont été blessés dans leur corps et dans leur âme, au cours de laquelle des personnes ont perdu la vie, au cours de laquelle nous avons dû pleurer ceux qui sont tombés", a-t-elle ajouté.

Selon la Bundeswehr, 59 soldats allemands ont été tués au cours de l'opération militaire débutée en 2001.

Afghanistan: l'Italie a rapatrié ses derniers soldats

L'Italie, l'une des puissances occidentales les plus engagées en Afghanistan, a annoncé mercredi avoir rapatrié ses derniers soldats dans le cadre du retrait accéléré des contingents de l'Otan.

"Dans la soirée d'hier (mardi) s'est officiellement conclue la mission italienne en Afghanistan", a indiqué le ministre de la Défense, Lorenzo Guerini, dans un communiqué.

"Pour autant l'engagement de la communauté internationale, à commencer par l'Italie, pour l'Afghanistan ne s'arrête pas ici. Il continuera sous d'autres formes, du renforcement de la coopération au développement et au soutien aux institutions républicaines afghanes", a-t-il ajouté.

Le dernier contingent italien, constitué de quelques dizaines de militaires, a quitté Hérat (ouest de l'Afghanistan) et est arrivé à l'aéroport de Pise (ouest de l'Italie).

Selon le ministère, 723 soldats italiens ont été blessés et 53 ont perdu la vie, sur un total de 50 000 militaires déployés ces vingt dernières années en Afghanistan.

Après 20 ans de présence, l'Otan avait annoncé le 29 avril le début du retrait de ses troupes qui ouvre une période d'immense incertitude pour l'Afghanistan, toujours en proie aux violences.

Le retrait a été jusqu'ici mené tambour battant, alimentant les spéculations sur son achèvement dès juillet.

L'Otan a indiqué que "le retrait de (ses) forces se déroule de manière ordonnée et coordonnée", sans plus de précision sur le calendrier.

L'Italie a par ailleurs commencé à accueillir sur son territoire des collaborateurs civils afghans des forces italiennes. Le 14 juin, 82 personnes, majoritairement des interprètes et leurs familles, sont arrivées à l'aéroport Fiumicino de Rome. L'armée italienne a déjà identifié 270 Afghans éligibles et étudie le dossier de 400 autres.

Les derniers soldats ont été transportés par quatre avions militaires depuis le camp de campagne de Marmal à Mazâr-e Charîf. Il s'agissait de deux avions de transport allemands A400 M et de deux avions américains C17.

Jusqu'au début de leur retrait en mai, le contingent allemand comptait encore quelque 1 100 soldats qui opéraient dans le cadre des missions de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et de "Resolute Support" (RS).

Les forces armées allemandes ont récemment dû accélérer le retrait de manière significative après que l'administration américaine du président Joe Biden ait accéléré leur propre retrait de troupes stationnées dans ce pays depuis 20 ans.

Les Etats-Unis, en tant que principal contributeur de troupes, s'étaient initialement engagés à se retirer avant le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats terroristes perpétrés par l'organisation islamiste Al-Qaïda aux Etats-Unis. 

Les Etats-Unis ont ainsi fait pression pour un retrait des troupes internationales avant le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine.

Jusqu'ici, les pays les plus engagés en Afghanistan étaient les Etats-Unis, l'Allemagne, la Turquie, le Royaume-Uni et l'Italie. Ces cinq pays ont déployé 6 000 des 9 592 militaires engagés par 36 pays membres de l'Otan et partenaires comme l'Ukraine (10 militaires) dans l'opération de l'alliance "Resolute Support".


Le prince héritier saoudien et le président ukrainien tiennent des pourparlers à Djeddah

Short Url
  • Zelensky s’est rendu à Djeddah et a rencontré le prince héritier saoudien pour renforcer les relations bilatérales
  • Les discussions portent sur la coopération en sécurité, énergie et infrastructures, après un soutien financier européen

DJEDDAH : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé à Djeddah vendredi pour sa deuxième visite en Arabie saoudite en un mois.

Au cours de cette visite, Zelensky a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, où les deux dirigeants ont discuté des moyens de renforcer les liens entre Kyiv et Riyad et d’élargir la coopération dans des secteurs clés, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

« Hier, lors d’une réunion avec des dirigeants européens, nous avons obtenu des garanties financières pour notre résilience. Aujourd’hui, nous faisons avancer nos accords avec l’Arabie saoudite dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et des infrastructures », a déclaré Zelensky dans un message publié sur X à son arrivée dans le Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington sanctionne Bagdad pour l'obliger à démanteler les milices pro-Iran

 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
Short Url
  • Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire"
  • Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias.

Le Wall Street Journal, citant des sources officielles irakiennes et américaines, a affirmé mardi soir que Washington avait, pour la deuxième fois depuis le début de la guerre, suspendu la livraison par avion-cargo de près de 500 millions de dollars en cash, provenant des ventes de pétrole irakien.

Un responsable du gouvernement irakien a affirmé à l'AFP que seul un envoi n'était pas arrivé, invoquant "des raisons logistiques liées à la guerre" et la fermeture de l'espace aérien.

Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire".

Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter".

Les revenus des exportations de pétrole irakiennes sont en grande partie déposés à la Réserve fédérale de New York, en vertu d'un arrangement conclu après l'invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.

Un accord qui donne à Washington un levier majeur sur les autorités de Bagdad.

En parallèle, les Etats-Unis ont suspendu le financement de formations des forces armées irakiennes et de programmes de lutte contre les jihadistes, au premier rang desquels le groupe Etat islamique.

Un responsable de la sécurité irakien a confirmé à l'AFP l'arrêt de cette coopération bilatérale, en raison "des milices et des (...) bombardements".

Il n'a fourni aucun détail mais les deux pays coopèrent depuis plusieurs années, en particulier dans la lutte antijihadiste.

L'Irak, voisin de l'Iran, a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël visant des groupes pro-iraniens. Ces derniers ont revendiqué des attaques contre les intérêts américains dans le pays.

L'équilibre précaire de l'Irak 

Au début de la guerre régionale déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Washington et Bagdad avaient déclaré vouloir "intensifier la coopération" pour prévenir les attaques contre les intérêts américains et garantir que le territoire irakien ne serait pas utilisé pour ces opérations.

Mais Washington s'est plaint d'efforts insuffisants de la part de l'Irak, qui tente depuis des années de conserver un équilibre précaire entre ses liens avec les Etats-Unis et sa proximité avec Téhéran.

Le 9 avril, le département d'Etat américain avait déclaré avoir "convoqué" l'ambassadeur irakien à Washington, pour condamner ces attaques.

Sollicitée mercredi par l'AFP, la diplomatie américaine n'a pas confirmé la suspension des livraisons de dollars mais affirmé que "l'incapacité du gouvernement irakien à prévenir ces attaques (...) nuit aux relations entre les Etats-Unis et l'Irak".

"Les Etats-Unis ne toléreront pas les attaques contre leurs intérêts et attendent du gouvernement irakien qu'il prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires pour démanteler les milices alignées sur l'Iran en Irak", a déclaré le porte-parole par intérim du département d'Etat, Tommy Pigott.

Plusieurs de ces factions ont cessé leurs attaques contre les "bases ennemies" dans le pays et la région après le cessez-le-feu irano-américain.

Avant la fin des combats, l'ambassade des Etats-Unis en Irak avait rapporté "de nombreuses attaques de drones" lancées selon elle par des milices pro-iraniennes contre des installations diplomatiques et l'aéroport international de Bagdad.

En janvier, Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, 75 ans, perçu comme proche de l'Iran, revenait au pouvoir.

L'Iran, pour autant, n'entend pas lâcher ses leviers sur son voisin.

Le général Esmaïl Qaani, un haut responsable militaire iranien, s'est rendu samedi à Bagdad pour rencontrer des responsables politiques et des groupes armés pro-iraniens, a indiqué à l'AFP un haut responsable irakien.


Journaliste tuée: les dirigeants libanais dénoncent un «crime de guerre»

Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • "Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre"
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales

BEYROUTH: Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d'avoir perpétré un "crime de guerre" après la mort d'une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

"Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre".

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s'étaient réfugiées dans une maison du village d'al-Tiri, après qu'une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l'accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s'étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que "des tirs israéliens visent l'ambulance", selon le ministère de la Santé.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l'autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d'avoir "entravé les opérations de sauvetage" et "visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge".

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d' al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des "terroristes", qui avaient "franchi la ligne de défense avancée" de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une "ligne jaune" ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d'y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2.400 morts au Liban.

L'armée israélienne a démenti avoir "empêché les équipes de secours d'accéder à la zone". Elle a indiqué que "des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes" et affirmé que l'incident était "en cours d'examen".

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l'ONU avaient réclamé une enquête internationale.