Nucléaire iranien: réunion des signataires de l'accord, sous la pression américaine

Une photo fournie par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique montrant le chef de l'agence atomique du pays, Ali Akbar Salehi. (AIEA/AFP)
Une photo fournie par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique montrant le chef de l'agence atomique du pays, Ali Akbar Salehi. (AIEA/AFP)
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Publié le Mardi 01 septembre 2020

Nucléaire iranien: réunion des signataires de l'accord, sous la pression américaine

  • L'Iran, la Chine, la Russie, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont retrouvés peu avant midi dans un grand hôtel
  • Le ton est monté comme rarement entre les deux rives de l'Atlantique, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo allant jusqu'à accuser la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne d'avoir « choisi de s'aligner sur les ayatollahs » au pouvoir

Vienne: Les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien ont entamé une réunion mardi à Vienne sur fond de bras de fer avec les Etats-Unis qui ont échoué à réimposer des sanctions onusiennes et accusent les Européens de « s'aligner sur les ayatollahs ».

L'Iran, la Chine, la Russie, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont retrouvés peu avant midi dans un grand hôtel, a constaté une journaliste de l'AFP, alors que Washington souhaite également prolonger l'embargo sur les armes expirant en octobre.

En 2018, les Etats-Unis ont claqué la porte de l'accord signé trois ans plus tôt et ont rétabli des sanctions unilatérales. En riposte, Téhéran poursuit sa production d'uranium qui dépasse désormais de presque huit fois le seuil autorisé, selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) datant du mois de juin.

Le 21 août, Washington a formellement activé à l'ONU une procédure controversée pour réclamer le rétablissement d'ici un mois des sanctions internationales contre l'Iran, mais s'est immédiatement heurté au refus de ses alliés européens. 

Le ton est monté comme rarement entre les deux rives de l'Atlantique, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo allant jusqu'à accuser la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne d'avoir « choisi de s'aligner sur les ayatollahs » au pouvoir dans la République islamique.

Dans ce contexte tendu, la cohésion entre les Iraniens, les Européens, les Russes et les Chinois avait souffert d'un manque de coopération de Téhéran avec l'AIEA, l'organisme onusien chargé de contrôler les activités nucléaires de l'Iran. 

Depuis des mois, ce dernier réclamait de pouvoir pénétrer au sein de deux sites iraniens pour y mener des contrôles et l'Iran refusait, ce qui rendait la position des Européens de plus en plus difficile à tenir face à leur allié américain.

Mais mercredi, l'Iran a fini par donner son feu vert à l'AIEA, se plaçant « globalement en phase avec le reste du monde alors que les Etats-Unis paraissent isolés », estime Mark Fitzpatrick, de l'International Institute for Strategic Studies.

Les inspecteurs de l'AIEA devraient rapidement pouvoir procéder à des prélèvements sur place et selon un diplomate interrogé par l'AFP, il faudra « trois mois pour avoir les résultats d'échantillons ». « Cela risque à ce moment-là d'être problématique avec les Iraniens », a-t-il ajouté.

Engagements de Téhéran

Selon le média Bloomberg, l'Iran a en outre récemment transféré des centrifugeuses, utilisées pour enrichir de l'uranium, dans un nouveau hall de sa principale usine de combustible nucléaire de Natanz, visée par un sabotage en juillet.

« Les activités nucléaires de l'Iran restent une source de préoccupation majeure pour les Etats qui se consacrent à la non-prolifération », estime Mark Fitzpatrick. Les grandes puissances devraient à nouveau rappeler mardi Téhéran à ses engagements de 2015.

L'AIEA, dont le siège est à Vienne et qui informe régulièrement ses Etats membres sur les activités nucléaires de l'Iran, doit publier un nouveau rapport dans le courant du mois de septembre.

La rencontre de mardi en Autriche, officiellement nommée « réunion de la commission conjointe du plan d'action global commun (PAGC/JCPoA) sur le nucléaire iranien », est présidée par Helga Schmid, du Service pour l'action extérieure de l'Union européenne.

Des représentants des différents ministères des Affaires étrangères des six pays concernés y participent.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.