France: des rêves à la réalité pour la ville écolo de Lyon

Dans cette photo d'archive , un client conduit un nouveau vélo «VeloV» à louer à Villeurbanne près de Lyon, dans le sud-est de la France . Lyon, troisième ville de France, est l'une des premières métropoles vertes d'Europe(AFP)
Dans cette photo d'archive , un client conduit un nouveau vélo «VeloV» à louer à Villeurbanne près de Lyon, dans le sud-est de la France . Lyon, troisième ville de France, est l'une des premières métropoles vertes d'Europe(AFP)
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Publié le Mercredi 07 juillet 2021

France: des rêves à la réalité pour la ville écolo de Lyon

  • Un an après, cette cité industrielle de quelque 520 000 habitants (1,4 million dans l'agglomération), point de passage vers le sud de la France et l'est de l'Europe, vit quelques changements et beaucoup de casse-têtes
  • Les compteurs y ont recensé plus de 15,7 millions de passages de cyclistes entre le 1er janvier et le 15 juin, contre 11,6 millions sur la même période en 2019

LYON :En juin 2020, Lyon, troisième ville de France, devenait l'une des principales métropoles écologistes d'Europe. Forêts urbaines, cantines entièrement bio, végétalisation des quartiers, ville "100% marchable et cyclable": les rêves étaient grands.

La ville "ne doit plus être un poids pour la planète", lançait le nouveau maire de Lyon (centre-est) Grégory Doucet, novice en politique de 47 ans élu parmi d'autres écologistes à la tête de grandes villes (comme Bordeaux dans le sud-ouest ou Strasbourg à l'est) lors d'une vague verte inédite.

Un an après, cette cité industrielle de quelque 520 000 habitants (1,4 million dans l'agglomération), point de passage vers le sud de la France et l'est de l'Europe, vit quelques changements et beaucoup de casse-têtes.

Les premiers pas ont été électriques et les procès en idéologie récurrents. Taxer le sacro-saint Tour de France cycliste de "machiste et polluant" est mal passé.

Tout comme l'annonce en février du retrait de la viande des menus scolaires, pour raisons sanitaires. La mesure, temporaire, a provoqué colère de l'opposition, manifestations d'agriculteurs, polémique au sein du gouvernement. Quelques semaines plus tard la viande était réintroduite.

Mais de nombreux chantiers ont été lancés - dont des forêts urbaines pas encore sorties de terre - et "l'état d'urgence climatique" a été décrété avec un tiers des investissements d'ici la fin du mandat en 2026 consacrés à la transition écologique.

Comment une grande métropole européenne se verdit-elle ? Pour mesurer ambitions et difficultés, le bureau de Lyon de l'AFP s'est penché sur trois domaines d'action.

Les cantines, laboratoire du «mieux manger»

Des menus "100% bio et 50% local" : c'est l'objectif affiché pour 2026. Reste qu'à l'échelle d'une ville comme Lyon, où plus de trois millions de repas scolaires sont servis annuellement, cela ne se fait pas comme ça.

Pour renouveler en 2022 le gestionnaire de la cuisine centrale des cantines, un appel d'offres a été lancé fin avril. Il doit répondre à ce cahier des charges, bras armé des ambitions écologistes. Qui se heurtent d'emblée à une réalité: dans le département du Rhône, seules 10% des exploitations sont en bio, selon la Chambre d'agriculture, comme dans les départements voisins de la Loire ou de l'Isère. Il a fallu revoir à la baisse.

"On a précisément la volonté politique de transformer la filière", explique le conseiller délégué à l'alimentation locale Gautier Chapuis. "On veut créer une dynamique de conversion", abonde l'adjointe à l'Éducation, Stéphanie Léger.

La ferme bio du Val Fleury, à l'ouest de la ville, coche déjà toutes les cases.

Avec une trentaine de vaches, l'éleveur Adrien Mazet produit 200.000 litres de lait par an, dont la moitié sert à produire des yaourts et crèmes dessert servis aux petits Lyonnais, via une coopérative.

En ce jeudi de mai, jour de visite pour l'AFP, la conditionneuse tourne sans relâche pour préparer 27.000 pots à la vanille. Par un simple tuyau, la traite matinale alimente directement la machine à yaourts : "On peut difficilement faire moins en termes d'empreinte carbone", s'amuse le trentenaire.

Ce "signal fort" de la mairie sur le bio va, espère-t-il, "susciter des vocations car on renouvelle péniblement une exploitation sur trois dans la région".

Jadis, les collines environnantes ne manquaient ni d'agriculteurs ni de petites unités de production, avant que l'industrie alimentaire et la grande distribution imposent un autre modèle.

Récemment, dans les environs, Adrien Mazet a créé une fromagerie, un atelier de transformation de fruits a vu le jour et une légumerie-conserverie est en projet. Une renaissance ?

Pour conjuguer bio et local en quantité significative, "il faut avoir les outils adaptés" à proximité, souligne l'éleveur partisan d'une agriculture "paysanne", "à taille humaine", destinée à faire vivre le territoire qui l'entoure.

Actuellement, les omelettes de la cantine arrivent toutes prêtes de Bretagne (nord-ouest), qui concentre les ateliers de transformation, et la casserie la plus proche pour se fournir en oeufs liquides est à plus de 100 km...

Ruser

À Rillieux-la-Pape, au nord de Lyon, la cuisine centrale prépare les 28 000 repas servis en moyenne, quatre jours par semaine, dans les écoles.

Ce jour de juin, c'est poisson-purée. Près de six tonnes de pommes de terre, produites à trois km de là, ont été livrées pour être mécaniquement épluchées, désinfectées, rincées ; avant d'être cuites, écrasées, mélangées au lait dans des marmites de 250 kg.

Trouver localement de la patate ou de la carotte bio, en quantités suffisantes, est possible en développant les cultures maraîchères ou de plein champ chez des éleveurs en quête de diversification. Mais pour des cultures plus techniques comme le concombre ou la tomate, c'est compliqué.

Les contraintes sont nombreuses: saisonnalité des produits, aléas climatiques, calibrages. Et surtout, une réglementation qui interdit le critère du local dans les appels d'offres...

Les écologistes contournent l'obstacle en rusant.

Par exemple, pour le poulet, ils demandent au futur prestataire de proposer différents morceaux (émincés, blancs, etc.) et non plus seulement des cuisses. Cela permettra à des producteurs plus petits, des environs, de proposer leur viande, alors que seuls de gros opérateurs, plus lointains, peuvent fournir 30 000 cuisses d'un coup.

Reste que sur le papier, la mairie n'exige que 75% de bio et non les 100% promis durant la campagne, regrette l'Association des producteurs bio du Rhône et de la Loire (Ardab).

Confrontés au principe de réalité, les élus admettent qu'ils "ne mesuraient pas toutes les contraintes" et craignaient de se retrouver le bec dans l'eau en en demandant trop.

La voiture dans le collimateur des Verts

Chaque matin, Karine Arditti, professeure d’histoire-géographie de 44 ans, enfourche son vélo-cargo, conduit sa fille de cinq ans à l'école avant de poursuivre sa route vers un lycée de Villeurbanne, limitrophe de Lyon.

Les conditions de circulation s'améliorent, note-t-elle, notamment grâce aux "coronapistes", ces voies cyclables qui ont fleuri à la faveur des confinements. "Les relations sont plus apaisées avec les automobilistes."

"Apaiser la voirie": c'est le leitmotiv des écologistes à Lyon. En clair: moins de voitures, plus de piétons, de vélos et de transports en commun, "une ville 100% cyclable et marchable." Pas si simple.

L’objectif est de passer de 1000 à 2000 km de pistes sur le mandat dans les 59 communes de l'agglomération. A la faveur de la crise sanitaire, 33 km d’aménagements cyclables ont été pérennisés, soit plus 10% de voies en moins d’un an.

Les compteurs y ont recensé plus de 15,7 millions de passages de cyclistes entre le 1er janvier et le 15 juin, contre 11,6 millions sur la même période en 2019.

"Les ventes de vélo ont explosé, les marchands sont en manque de stock", confirme Frédérique Bienvenue, co-présidente de l'association La Ville à Vélo.

Un projet phare de Réseau express vélo (REV), vient d'être lancé, 250 km de pistes à créer ou aménager d'ici 2026 pour relier les communes de l'agglomération à la ville-centre.

Pourtant, les pro-vélo restent frustrés. "Au bout d’un an on en est encore à des réunions de concertation" sur la mise en place de pistes en dur et du REV, souligne Mme Bienvenue. "La voirie, c'est forcément du temps long", répond un vice-président de la métropole Fabien Bagnon.

Les adeptes du cycle s'agacent aussi de devoir partager les ressources... avec les piétons. "On nous a annoncé un doublement du budget +mobilités actives+ à 320 millions d’euros mais cela comprend aussi la remise à niveau de l’espace +marchable+. Un énorme budget va partir là-dessus", dit Mme Bienvenue.

«Dissuader»

Car avoir "une ville qui respire", c'est aussi mettre l’accent sur la piétonnisation.

"On ne souhaite pas rendre la voiture invisible mais qu’il y en ait moins", explique Valentin Lungenstrass, adjoint à la mobilité et à la logistique urbaine. "Le principe revient à réorganiser la circulation pour dissuader les automobilistes qui n’ont rien à y faire" d'emprunter des petites rues en suivant leurs applications de guidage.

Le cap fixé est celui d’un parc automobile "réduit et dépollué" avec bannissement du diesel d’ici 2026 dans la Zone à faibles émissions. Ce qui fâche de nombreux élus et automobilistes, dont 70% roulent au diesel.

L'association "40 millions d'automobilistes" dénonce une mesure "discriminatoire envers les foyers les plus modestes".

"Ce qui me gêne, c'est quand on prend une mesure sans faire de plan de circulation ou d'étude d'impact, quand on fait de la politique", accuse Pierre Chasseray, délégué général de l'association. "Leur objectif, c'est de créer des bouchons."

"Les embouteillages, est-ce bon pour le climat?", tweetait récemment l'ancien maire, Gérard Collomb, passé dans l'opposition.

"Je ne ne veux pas de bouchons, je veux moins de voitures pour créer plus de places pour les autres", se défend le président de la Métropole de Lyon Bruno Bernard.

Comme à New York ou La Paz, pour diminuer la part de la voiture individuelle, les Verts de Lyon comptent sur un téléphérique urbain pour relier l'ouest au sud de la ville fin 2025, avec à terme l'ambition de transporter 20000 à 25000 voyageurs par jour.

Mais là aussi, ça grince : ses opposants évoquent le survol de quartiers résidentiels et de bâtiments historiques ou classés, des pollutions visuelles et sonores, la crainte d'expropriations, le coût de 160 millions d'euros au moins...

"Quand on a près de 6 km de câble à une vingtaine de mètres au-dessus des maisons, huit gares et 40 pylônes, ça va se voir !", s'alarme Patrick Romestaing, habitant de Sainte-Foy-lès Lyon, membre de l’association Touche Pas à Mon Ciel.

Un urbanisme vert par petites touches

"Un projet qui part à la poubelle... Un autre... Encore un autre". Le promoteur Didier Caudard-Breille, réputé pour ses constructions innovantes, égraine les projets bloqués depuis l'arrivée des Verts à Lyon.

A la maison du projet, qui présente le visage futur du quartier d'affaires de La Part Dieu, la maquette a été changée début juin : les tours qui devaient donner un "skyline" digne d'une métropole européenne, comparable à Milan ou Munich, ont disparu.

"Tout ce qui est au-dessus de 50 mètres" "a été enlevé", décrypte-t-on à la société publique chargée d'aménager le site, la SPL Part Dieu.

Quelque 100 000 m2 de constructions sont passés à la trappe, deux voies de circulation ont été réservées aux "modes doux" de déplacement, les rares espaces verts prévus seront élargis.

Végétalisé et "apaisé", le premier quartier d'affaires de France hors Paris doit devenir un endroit "à vivre", au service de ses habitants, ambitionnent les écologistes qui présentaient leur premier grand chantier.

Michel Le Faou, qui pilota la politique d'urbanisme de la précédente équipe, s'attendait à "beaucoup plus percutant": pour lui, les écologistes "se sont contentés de +greenwasher+ le projet existant".

La transformation de ce quartier symbolique des errements des années 70, avec son architecture brutaliste et la priorité donnée à la voiture, était déjà bien engagée avant leur arrivée.

D'autres chantiers, moins écologiquement vertueux, étaient trop avancés pour être remis en cause. Les nouveaux élus ont dû avaler la construction d'un spectaculaire gratte-ciel jouxtant la gare, dont les premiers étages sortent de terre. Ou couper le ruban après l'achèvement des travaux du centre commercial de La Part-Dieu - le plus vaste d'Europe en centre-ville.

Ailleurs, par petites touches, depuis un an, une multiplicité de petites annonces esquissent la ville verte de demain: piétonnisation devant les écoles, plantation de mini-vergers, réduction des places de parking au profit du vélo.

Mais l'opposition reproche aux écologistes un manque d'ambition, attesté par l'absence de ces grands projets qui ont marqué les mandatures précédentes, comme la réhabilitation des berges du Rhône et de la Saône.

"Ce qui a porté la visibilité de Lyon depuis 40 ans était sa capacité à se projeter vers l'avant grâce à des projets emblématiques", estime M. Le Faou. "On en voit peu sortir et ceux en cours sont soumis à réinterrogation ou mis en +stand-by+."

Prendre son temps

Ce choix de prendre son temps avant de fixer les grandes orientations de la ville pour des décennies, les Verts l'assument. 

"Je ne veux pas signer les permis de construire de bâtiments qu'il faudra détruire dans moins de 40 ans", affirme l'adjoint à l'Urbanisme de la ville, Raphaël Michaud qui dénonce le lancement dans le passé d'opérations trop "expérimentales".

Même le nouveau quartier branché de la Confluence, où se multiplient les initiatives écologiques, ne trouve pas grâce à ses yeux. Trop "bling-bling", avec ses architectes stars (Kengo Kuma, Jean Nouvel, Rudy Ricciotti...).

Avec le projet Hikari, qui ambitionnait de devenir le premier îlot urbain à énergie positive d’Europe, "on s’est ridiculisés". Les futurs projets seront tous examinés sous le prisme de leur contribution à la transition écologique, assure l'élu.

En matière de planification urbaine, les Vert ne partent pas d'une page blanche à Lyon.

Sans être la "ville du quart d'heure", où les déplacements ne prennent pas plus de 15 minutes comme ils l'appellent de leur vœux, l'agglomération est déjà largement multipolaire, avec l'arrivée des nouveaux quartiers où cohabitent assez harmonieusement bureaux et logements.

Mais l'attractivité de la troisième ville de France a propulsé les prix de l'immobilier à des niveaux jamais atteints en province.

"La priorité du mandat, c'est le logement abordable, pas le logement tout court", insiste M. Michaud.

Sauf qu'au-delà des baux fonciers solidaires et de l'augmentation du budget des logements sociaux, pour faire vivre ses ambitions en matière immobilière, l'exécutif devra trouver où construire puisqu'il s'est engagé à ne pas bétonniser des surfaces encore intactes et à rebasculer en zones agricoles nombre de terrains jusqu'alors promis à l'urbanisation.


Bernadette Chirac, veuve du président Chirac, est décédée à 93 ans

Le président français Jacques Chirac prononce un discours en présence de son épouse, Bernadette Chirac, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Palais de l'Élysée à Paris, le 5 mai 2006. Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français, est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans. (AFP)
Le président français Jacques Chirac prononce un discours en présence de son épouse, Bernadette Chirac, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Palais de l'Élysée à Paris, le 5 mai 2006. Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français, est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans. (AFP)
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  • Bernadette Chirac, veuve de Jacques Chirac, est décédée à 93 ans, a annoncé sa fille Claude Chirac
  • Ancienne Première dame et élue de Corrèze pendant plus de 35 ans, elle était également connue pour son engagement avec l’opération Pièces Jaunes

PARIS: Bernadette Chirac, veuve de l'ancien président de la République Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l'âge de 93 ans, a annoncé samedi matin à l'AFP sa fille Claude Chirac.

Mme Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel, "s'est éteinte dans la soirée", dans les Hauts-de-Seine, "paisiblement, entourée des siens. Elle venait d'avoir 93 ans", le 18 mai, a déclaré sa fille.

Elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.

Emmanuel Macron a aussitôt salué la mémoire d'une "grande dame de coeur", qui "a marqué notre histoire" et "changé tant de vies avec discrétion et obstination".

En hommage à Bernadette Chirac, le président de la République et son épouse Brigitte ont invité sur le réseau X "toutes celles et ceux qui le souhaitent à se rendre dès 15h à la Maison Élysée située en face du Palais" où "un registre de condoléances sera mis à disposition".

Epouse pendant plus de 60 ans de Jacques Chirac, restée longtemps dans l’ombre du "grand", elle a accompagné son époux tout au long de son chemin vers l’Elysée (ministères, Matignon, mairie de Paris, RPR…) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, au troisième essai.

Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du XVIe arrondissement de la capitale. Elève de Sciences-Po Paris, c’est dans cette grande école qu’elle rencontre Jacques Chirac, qu'elle épouse en 1956.

Le couple a eu deux filles: Laurence (1958), longtemps malade et dont le décès en 2016 avait plongé Bernadette Chirac dans une très sévère dépression, et Claude (1962), gardienne du temple chiraquien, qui a pris la suite de sa mère en se faisant élire conseillère départementale de Corrèze en 2021.

Durant le premier mandat présidentiel (1995-2002) de Jacques Chirac, elle est d’abord reléguée au second plan. Avant de jouer un rôle essentiel dans la réélection de son mari en 2002, devenue très populaire auprès des Français, notamment à la tête de l’opération Pièces jaunes en faveur des enfants hospitalisés, et la coqueluche des élus de droite, qui s’arrachent son soutien aux municipales et aux législatives.

D’allure classique et bourgeoise, réputée beaucoup plus conservatrice que son mari, dotée d’un solide sens politique, celle qui avait acquis le surnom de "Bernie" avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre d’une dissolution, dont elle accablait le secrétaire général de l’Elysée d'alors Dominique de Villepin, appelé "Néron" en petit comité.

Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002.

"Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble !", disait d’elle Jacques Chirac dans ses "Mémoires". 


Ukraine : Macron, Merz et Starmer rencontreront Zelensky dimanche à Londres, annonce l’Élysée

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E3, dans le cadre de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E3, dans le cadre de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz rencontreront Volodymyr Zelensky dimanche à Londres pour coordonner le soutien à l’Ukraine et accroître la pression sur l’effort de guerre russe
  • Les dirigeants feront également le point sur les initiatives visant une paix juste et durable en Ukraine, notamment dans le cadre de la Coalition des volontaires

PARIS: Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz rencontreront dimanche à Londres Volodymyr Zelensky afin d'échanger sur le "soutien à l'Ukraine" et le "renforcement de la pression sur l’effort de guerre russe", a annoncé vendredi l'Elysée.

Le président français, le Premier ministre britannique et le chancelier allemand s'entretiendront d'abord tous les trois, avant de recevoir le président ukrainien. "Cette réunion permettra également de faire le point sur les travaux engagés en faveur d’une paix juste et durable en Ukraine et sur le continent européen, notamment dans le cadre de la Coalition des volontaires", a ajouté la présidence française dans un communiqué.


Algérie: les derniers obstacles judiciaires levés avant une possible grâce de Gleizes

Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont "closes", ont annoncé ses avocats mercredi, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison. (AFP)
Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont "closes", ont annoncé ses avocats mercredi, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison. (AFP)
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  • Le journaliste sportif français avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie (nord-est) où il réalisait un reportage sur la JSK, une prestigieuse équipe de foot, puis condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme"
  • Il avait retiré en mars un pourvoi en cassation et le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle résidait dans le pourvoi déposé par le procureur général

ALGER: Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont "closes", ont annoncé ses avocats mercredi, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison.

Les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud ont fait savoir dans un communiqué sur Facebook que la Cour de cassation avait "définitivement statué" sur ce dossier en date du 25 mai. Elle a "pris acte du désistement du pourvoi" de M. Gleizes et a "rejeté au fond" un autre recours introduit par le parquet.

Le journaliste sportif français avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie (nord-est) où il réalisait un reportage sur la JSK, une prestigieuse équipe de foot, puis condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme", une peine confirmée en appel en décembre dernier.

Il avait retiré en mars un pourvoi en cassation et le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle résidait dans le pourvoi déposé par le procureur général.

"Le débat juridictionnel étant désormais clos, l'avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président" Abdelmajid Tebboune, ont ajouté les avocats à propos de la grâce du journaliste réclamée par sa famille.

L'avocat algérien et son collègue français ont dit exprimer "formellement le voeu" qu'une "mesure de grâce présidentielle soit accordée dans les plus brefs délais afin d'apporter un dénouement rapide et humain à cette affaire".

En Algérie, les présidents accordent traditionnellement leurs grâces lors des fêtes religieuses musulmanes et aussi à l'occasion de la fête du 5 juillet, qui célèbre l'indépendance du pays acquise au terme de 132 ans de colonisation française et huit années d'une guerre sanglante (1954-1962).

"Seule issue" 

"Nous attendions cette nouvelle depuis (...) mi-mars et nous en sommes particulièrement heureux", a déclaré à l'AFP Sylvie Godard, la mère du journaliste.

Le sort de M. Gleizes, qui fait partie de nombreux sujets de tension entre Paris et Alger, a encore été évoqué ce lundi lors d'une rencontre à Paris entre le ministre de l'Intérieur algérien Saïd Sayoud et son homologue français Laurent Nuñez.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 entre les deux pays lorsque Paris avait apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ.

Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Stéphane Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par le retour de l'ambassadeur à Alger et les visites en Algérie de trois ministres français.

La décision de la Cour de cassation "ouvre la voie à une grâce présidentielle, seule issue pour le drame humain que vivent Christophe Gleizes et sa famille", a indiqué à l'AFP Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), qui chapeaute le comité de soutien à Christophe Gleizes.

"A quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde", qui démarre le 11 juin aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, "il est indispensable que Christophe retrouve les siens et la tribune presse des stades", a-t-il ajouté.