Un journaliste d'opposition turc demande à Berlin d'intervenir après une agression

Le journaliste turc d'opposition Can Dündar vit en exil à Berlin (Photo, AFP).
Le journaliste turc d'opposition Can Dündar vit en exil à Berlin (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 14 juillet 2021

Un journaliste d'opposition turc demande à Berlin d'intervenir après une agression

  • «Nous demandons au gouvernement allemand de faire tout ce qui est nécessaire (...) pour retrouver non seulement les assaillants mais aussi les instigateurs», a assuré Can Dündar
  • Le journaliste et opposant déclaré au président Recep Tayyip Erdogan, Erk Acarer, a été agressé dans la cour de son immeuble berlinois mercredi dernier

BERLIN: Le journaliste turc d'opposition Can Dündar, qui vit en exil à Berlin, a demandé mercredi au gouvernement allemand d'agir pour retrouver les commanditaires d'une agression commise contre un confrère également réfugié en Allemagne, accusant Ankara d'en être à l'origine.

« Nous demandons au gouvernement allemand de faire tout ce qui est nécessaire (...) pour retrouver non seulement les assaillants mais aussi les instigateurs », a assuré ce journaliste de renom réfugié en Allemagne depuis 2016, lors d'une conférence de presse à Berlin organisée par Reporters sans frontières (RSF).

« Nous savons tous que cet initiateur se trouve à Ankara et fait tout ce qu'il peut pour faire taire les voix des opposants vivant en Allemagne », a-t-il ajouté.

Le journaliste et opposant déclaré au président Recep Tayyip Erdogan, Erk Acarer, a été agressé dans la cour de son immeuble berlinois mercredi dernier.

Blessé à la tête, cet exilé de 48 ans a imputé cette attaque à des affidés du parti du chef de l'Etat turc, l'AKP, et assuré que l'un des trois assaillants avait crié en turc : « tu n'écriras pas ».

Il a répété ses accusations mercredi, affirmant que l'agression avait été commanditée par Ankara.

« Les trois agresseurs parlaient turc (...) Ce n'est pas difficile à deviner » d'où vient l'ordre, « de tout en haut » à Ankara, a-t-il dit. 

Dündar, qui fait l'objet d'une lourde condamnation dans son pays, a également averti que si « Berlin ignore l'origine de cette agression (...) je pense que d'autres suivront ».

Ankara « a essayé de nous empêcher d'écrire et de parler de toutes les manières mais ce qui est nouveau, c'est que le gouvernement d'Erdogan essaie d'étendre ses attaques à l'Allemagne », a-t-il ajouté. 

‘Le message porté par Erdogan est : « je peux attaquer des opposants même sur votre sol. Vous ne pouvez pas empêcher ça car vous êtes liés à moi’ », a-t-il insisté, citant notamment le pacte qui lie l'Union européenne et la Turquie sur l'accueil des réfugiés syriens.

En décembre dernier, un tribunal turc a condamné par contumace Can Dündar, ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, à 27 ans de prison pour avoir publié un article faisant état d'une livraison d'armes par les services secrets turcs à des groupes islamistes en Syrie.

La Turquie occupe la 153e place sur 180 au classement 2021 de RSF.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

Short Url
  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.