La technologie est désormais le compagnon de voyage idéal au Moyen-Orient

Des passagers saoudiens arrivent à l’aéroport international du roi Khaled à Riyad le 17 mai, au moment où les autorités lèvent les restrictions de voyage pour les citoyens vaccinés contre la Covid-19 (photo AFP)
Des passagers saoudiens arrivent à l’aéroport international du roi Khaled à Riyad le 17 mai, au moment où les autorités lèvent les restrictions de voyage pour les citoyens vaccinés contre la Covid-19 (photo AFP)
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Publié le Samedi 17 juillet 2021

La technologie est désormais le compagnon de voyage idéal au Moyen-Orient

  • Le secteur des technologies du voyage s’adapte déjà aux besoins changeants des voyageurs et certaines entreprises connaissent une véritable prospérité dans cette nouvelle
  • Trift, une plate-forme qui favorise l’écotourisme, a lancé des visites guidées virtuelles pendant la pandémie pour donner aux voyageurs un avant-goût de leur destination depuis chez eux.

LE CAIRE: Le secteur des voyages est l’un des plus affectés par la pandémie de Covid-19. Avec la fermeture des frontières et la mise en place du confinement obligatoire dans plusieurs pays pour limiter la propagation du virus, le secteur enregistre les pires résultats depuis des décennies.

Entre janvier et mars 2021, le monde a accueilli 180 millions de voyageurs internationaux de moins que l’année dernière au même premier trimestre. L’Asie et le Pacifique continuent d’enregistrer les niveaux d’activité les plus faibles avec une baisse de 94%, suivis par l’Europe (83%), l’Afrique (81%), le Moyen-Orient (78%) et les Amériques (71%).

Cela fait suite à la diminution de 73% des arrivées de touristes internationaux dans le monde en 2020, faisant de cette dernière la pire année de l’histoire du secteur, selon les données de l’Organisation mondiale du tourisme, une agence spécialisée de l’ONU.

Il existe cependant quelques signes de reprise. Le secteur des technologies du voyage s’adapte déjà aux besoins changeants des voyageurs et certaines entreprises connaissent une véritable prospérité dans cette nouvelle réalité.

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Fundok, une nouvelle plate-forme de solutions numériques dans le secteur de l’hôtellerie, a diversifié ses produits pour répondre aux besoins changeants du voyageur contemporain. (Photo fournie)

La pandémie a entraîné des changements considérables au niveau du déplacement des voyageurs. Selon Rana Dababneh, fondatrice de Pomalo Travel, ceux qui voyagent veulent se rendre dans des endroits sûrs et éloignés, même si le nombre de voyageurs est nettement plus réduit aujourd’hui.

«On pouvait déjà deviner que la donne allait changer, même au tout début de la pandémie», explique-t-elle. «On s’est alors mis à la recherche de destinations qui proposent un isolement naturel et des expériences en pleine nature, loin des villes.»

Pour cette agence de voyages basée à Amman et à Dubaï, les Maldives étaient la première destination de vacances en 2020, compte tenu de son éloignement géographique et de son attrait naturel. Les pays mettent continuellement à jour leurs restrictions de voyage, ce qui dissuade souvent les gens de voyager.

«C’est aussi une question de confiance», affirme Dababneh. «Quand je voyage, je veux être sûre que je peux retourner. Il ne s’agit pas uniquement de Covid-19. Il faut également qu’il n’y ait pas de complications.»

Selon une enquête récente menée dans 12 pays, les personnes interrogées aux Émirats arabes unis ont fait part de leur inquiétude concernant la fermeture des frontières et la mise en quarantaine à l’arrivée. Le sondage montre qu’elles sont plus préoccupées par le fait de devoir s’isoler que par le risque de contamination lors du voyage ou du séjour à l’étranger.

Il est vrai que la pandémie a gravement touché le secteur, mais elle a également permis aux entreprises innovantes de recourir à la technologie pour s’adapter à cette nouvelle ère du voyage.

Trift, une plate-forme qui favorise l’écotourisme, a lancé des visites guidées virtuelles pendant la pandémie pour donner aux voyageurs un avant-goût de leur destination depuis chez eux.

«Nous avons tiré profit de ce temps d’arrêt pour permettre aux gens de mieux planifier leurs prochaines vacances après la pandémie», affirme le fondateur Tarun Krishna.

«Nous avons également voulu soutenir notre communauté de guides locaux et de créateurs de contenu voyage en lançant le produit “Expériences virtuelles”, pour une planification de voyage interactive, disponible en format live ou sur demande.»

Krishna a récemment mis sur pied un projet pilote en partenariat avec l’Institut pour le développement de Bonito au Brésil, dans le but de soutenir le tourisme dans le pays. L’entreprise met les expériences naturelles à la disposition de tous, tout en proposant également des expériences virtuelles payantes, accessibles sur demande, en vue de soutenir les guides touristiques locaux.

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Nous vivons une époque où les interactions sans contact sont privilégiées et où les gens veulent le moins de contact possible avec les autres. (Photo fournie)

Pendant ce temps, Fundok, une nouvelle plate-forme de solutions numériques dans le secteur de l’hôtellerie, a diversifié ses produits pour répondre aux besoins changeants du voyageur actuel. En plus de fournir des informations sur la destination, elle a mis en place un grand nombre de services numériques, y compris les enregistrements et les départs, les visites des chambres et les services de conciergerie.

Tous ces services sont disponibles dans les chambres et les appartements, ainsi que sur les téléphones portables des clients. «Nous sommes passés de solutions basées sur les services à des expériences holistiques», précise Mohammed Nassar, cofondateur de la plate-forme.

Nous vivons une époque où les interactions sans contact sont privilégiées et où les gens veulent le moins de contact possible avec les autres. Ces solutions numériques s’avèrent donc précieuses. La startup a augmenté son portefeuille de 300% environ et a étendu ses activités jusqu’au Caire.

Nassar regarde l’avenir avec optimisme. «La période apocalyptique a beaucoup été évoquée, mais nous sommes toujours là. Les entreprises sont résilientes et capables de s’adapter à l’environnement actuel. Ce ne sera pas une promenade de santé, mais nous gardons espoir pour 2021», conclut-il.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Iran: le bilan des morts s'alourdit, le pouvoir appelle à des contre-manifestations

Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". (AFP)
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". (AFP)
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  • "Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées", a-t-elle souligné, dénonçant un "massacre" et un "crime (...) majeur contre le peuple iranien"
  • D'une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l'un de ses plus grands défis

PARIS: Le pouvoir iranien a perpétré un "massacre", selon un groupe de défense des droits humains, pour réprimer le mouvement de contestation dans le pays, où les autorités ont appelé à des manifestations lundi en soutien à la République islamique.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.

"Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées", a-t-elle souligné, dénonçant un "massacre" et un "crime (...) majeur contre le peuple iranien".

D'une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l'un de ses plus grands défis.

Déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants protestant contre la cherté de la vie, il a gagné de nombreuses autres villes. Les autorités ont imposé une coupure d'internet, désormais en vigueur depuis plus de 72 heures, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, a appelé les autorités à "la plus grande retenue" dans l'usage de la force et à rétablir les communications.

L'IHR a aussi estimé à plus de 2.600 les manifestants arrêtés.

Le pouvoir judiciaire a réitéré que les mis en cause seraient traités "avec fermeté", après que le chef de la police a fait état "d'importantes arrestations".

"Deuil national" 

En fin de journée, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les "martyrs de la résistance", en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués.

Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des "émeutiers" instrumentalisés selon elles par l'étranger, les Etats-Unis et Israël en tête.

Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains".

La télévision d'Etat a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d'agents des forces de l'ordre.

Dimanche, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.

La télévision d'Etat s'est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d'une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a affirmé à la télévision que "le nombre de manifestations (était) en baisse".

Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a de son côté appelé à de nouvelles actions, se disant prêt à retourner dans son pays et mener une transition démocratique.

Hôpitaux "débordés" 

Des images publiées sur les réseaux sociaux  - probablement par des moyens satellitaires - ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l'est du pays.

Dans une autre vidéo authentifiée par l'AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient "débordés" par l'afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de boutiques qui ont baissé le rideau.

Les écoles sont fermées et l'enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l'absence de réseau rend toute activité difficile.

Des manifestations de solidarité ont rassemblé des milliers de personnes dimanche à Paris, Londres ou Vienne, tandis qu'à Istanbul, la police turque a bloqué les manifestants devant le consulat iranien.

"Vivant ou non" 

"Nous ne savons rien de nos proches actuellement en Iran", a déploré dans la foule londonienne Fahimeh Moradi, 52 ans. "Mon fils est là-bas, et je ne sais pas s'il est vivant ou non".

Le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté".

En cas de frappes américaines, l'Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui dit espérer que Téhéran "serait bientôt délivré du joug de la tyrannie", tandis qu'un haut responsable militaire affirmait que l'armée serait "en mesure de répondre avec force si nécessaire".

La mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l'ONU.


Soudan: chassé par la guerre, le gouvernement annonce son retour à Khartoum

Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire. (AFP)
Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire. (AFP)
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  • "Nous sommes de retour aujourd'hui (...) le gouvernement de l'espoir revient dans la capitale nationale", a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum, promettant de "meilleurs services" pour les habitants
  • Plus de 3,7 millions de personnes avaient fui la capitale dès les premiers mois du conflit, déclenché en avril 2023, lorsque les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s'en étaient emparés

KHARTOUM: Le Premier ministre soudanais a annoncé dimanche le retour dans la capitale Khartoum du gouvernement qui en avait été chassé en 2023 par la guerre et avait été transféré à Port-Soudan, dans l'est du pays.

"Nous sommes de retour aujourd'hui (...) le gouvernement de l'espoir revient dans la capitale nationale", a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum, promettant de "meilleurs services" pour les habitants.

Plus de 3,7 millions de personnes avaient fui la capitale dès les premiers mois du conflit, déclenché en avril 2023, lorsque les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s'en étaient emparés.

Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire.

Reprise en mars 2024 par l'armée, Khartoum a depuis enregistré le retour de plus d'un  million de personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais après plus de 1.000 jours de guerre, les services de base de la capitale -- hôpitaux, aéroports, centrales électriques-- restent dévastés.

L'ONU estime à environ 350 millions de dollars le coût de la réhabilitation des infrastructures.

Dans son discours dimanche, M. Idris a promis de reconstruire les hôpitaux, d'améliorer les services éducatifs, d'électricité, d'eau et d'assainissement.

Lors d'une visite à Khartoum en juillet dernier, la première depuis sa prise de fonction en mai, il avait déjà affirmé que "Khartoum redeviendra une capitale nationale fière".

Depuis, les autorités ont commencé à reconstruire certains quartiers, même si les FSR ont mené à plusieurs reprises des frappes de drones, notamment contre des infrastructures.

Fin octobre, les paramilitaires qui avaient redirigé leurs offensives vers l'ouest du pays après la perte de la capitale, s'étaient emparés d'El-Facher, la dernière des cinq capitales de la vaste région du Darfour qui était encore contrôlée par l'armée.

Depuis, les FSR se concentrent sur la région voisine du Kordofan, terre pétrolifère située sur l'axe entre le Darfour et Khartoum.

La guerre a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et déraciné plus de 11 millions d'autres, tant à l'intérieur du territoire qu'au-delà de ses frontières.


Syrie: les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles. (AFP)
Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles. (AFP)
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  • L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est"
  • Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations

ALEP: Les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche l'évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep, après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales.

"Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l'évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d'Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l'est de la Syrie", ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est".

Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations.

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles.

Accusations mutuelles 

Les deux camps s'accusent mutuellement d'en être à l'origine.

Ces combats ont fragilisé encore plus un accord conclu en mars entre les deux parties pour intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'Etat syrien, qui n'a pas encore été appliqué.

L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales pour mettre fin aux attaques et aux violations commises contre notre peuple à Alep", a affirmé le FDS, après avoir au contraire dénoncé quelques heures plus tôt des déplacements forcés et des enlèvements de civils.

Depuis Damas, l'émissaire américain Tom Barrack avait lancé samedi un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités, après avoir rencontré le président Ahmad al-Chareh dont le gouvernement se dit déterminé à asseoir son autorité sur Alep, la deuxième ville du pays.

Un correspondant de l'AFP posté samedi à l'entrée du quartier Cheikh Maqsoud a vu au moins cinq autocars transporter des hommes, escortés par les forces de sécurité.

Prises au piège pendant des jours, des familles hagardes ont enfin pu quitter le lieu des combats.

Des hommes portent leurs enfants sur le dos, des femmes et des enfants pleurent. "Papa, papa", répète une petite fille cherchant son père.

Mais plusieurs dizaines de jeunes gens sont mis à l'écart par les forces de sécurité, qui les forcent à s'asseoir par terre, tête baissée, sous leur garde, avant de les embarquer dans des cars.

Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également Ahmad al-Chareh.

Les combats ont fait craindre une escalade régionale, la Turquie voisine se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le pouvoir islamiste s'est engagé à protéger les minorités. Mais les combats d'Alep sont le troisième épisode de violences avec des minorités, après des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des combats avec les druzes dans le sud en juillet.

Les Kurdes, qui ont tiré profit du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas.