Sélection d’un nouveau Premier ministre: Aoun débute les consultations lundi

Le président libanais Michel Aoun. (Photo, AP, Archives)
Le président libanais Michel Aoun. (Photo, AP, Archives)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

Sélection d’un nouveau Premier ministre: Aoun débute les consultations lundi

  • Une délégation du bureau du financement du terrorisme et des crimes financiers du département américain du Trésor est arrivée lundi à Beyrouth
  • La coalition d'opposition, le «Syndicat se révolte», formée lors de la révolution du 17 octobre 2019, a remporté une victoire retentissante sur les partis au pouvoir

BEYROUTH : Le président libanais Michel Aoun a annoncé lundi que les consultations parlementaires pour sélectionner un nouveau Premier ministre vont débuter le 26 juillet.

Le Liban est dirigé par un gouvernement intérimaire depuis près d'un an. Un an durant lequel la monnaie nationale s'est effondrée, beaucoup ont perdu leur emploi et les banques ont gelé les comptes de leurs clients, une spirale décrite comme l'une des crises financières les plus graves de l’histoire moderne.

Saad Hariri, désigné comme Premier ministre il y a neuf mois, a démissionné jeudi après d’âpres négociations avec Aoun qui n'ont pas abouti. Le cabinet précédent, dirigé par le Premier ministre Hassan Diab, a démissionné au milieu de la colère générale à la suite de l'explosion dans le port de Beyrouth, le 4 août de l'année dernière.

Depuis, l'escalade financière alimente la famine, l’agitation et les pénuries de carburant, alors que le pays est aux prises avec sa pire crise depuis la guerre civile de 1975. Les réserves de change de la Banque centrale s'épuisent à vue d’œil, et la monnaie nationale a perdu la plupart de ses valeurs depuis 2019, alors que la flambée des prix propulse plus de la moitié de la population dans la pauvreté.

Une délégation du bureau du financement du terrorisme et des crimes financiers du département américain du Trésor est arrivée lundi à Beyrouth. Elle doit rencontrer «des acteurs du secteur financier et des organismes de la société civile pour discuter de questions liées à la corruption, au financement illicite et à la lutte contre le terrorisme», selon l'ambassade des États-Unis au Liban.

Dana Stroul, la sous-secrétaire américaine adjointe à la Défense pour le Moyen-Orient, a averti samedi que «l'incapacité des Libanais à mettre de la nourriture sur la table pourrait mener vers la violence».

Elle craint que l’absence d'un nouvel exécutif, en plus des tentatives continues du Hezbollah de défier le Liban «en raison du soutien qu'il reçoit de l'Iran», ne maintiennent le pays dans état de faiblesse, sans pour autant offrir «une alternative à un gouvernement légitime».

 «Le Pentagone surveille de près la situation et encourage les dirigeants libanais à prendre des mesures rapides pour empêcher le déclenchement de ce type de violence», ajoute-t-elle.

Entre-temps, les résultats des élections du Syndicat des ingénieurs à Beyrouth dimanche suggèrent que les électeurs commencent à prendre les choses en main. La coalition d'opposition le «Syndicat se révolte», formée lors de la révolution du 17 octobre 2019, a remporté une victoire retentissante sur les partis au pouvoir, du jamais vu dans l'histoire des élections syndicales au Liban.

Le militant Ralph Germany, membre de Tahalof Watani (Coalition nationale), s’est entretenu avec Arab News. «Le peuple, ingénieurs y compris, est en colère contre les partis au pouvoir. Habituellement, la classe instruite au sein de la société est celle qui tient ses partis pour responsables; c'est ce que font les peuples civilisés», explique-t-il.

«Par leurs votes, les ingénieurs ont voulu signifier aux partis au pouvoir que le peuple n'est pas composé de moutons», poursuit-il.

L'alliance de l'opposition a remporté environ les deux tiers des voix dans ce scrutin considéré comme un referendum, et qui a vu les contestataires s’unir contre l'autorité au pouvoir.

Des 46 000 ingénieurs syndicaux enregistrés, et dont beaucoup travaillent en dehors du Liban, 8 727 personnes ont voté en tout. Aref Yassin du «Syndicat se révolte» a remporté 5 798 voix et succède à Jad Thabet.

Yassin a battu le candidat soutenu par le Mouvement du futur et le Mouvement Amal, Bassem Al-Oueini, et le candidat soutenu par d'autres partis au pouvoir, Abdo Sukaria, par une marge d'environ quatre contre un.

Les partis au pouvoir avaient tenté de perturber les élections avec des rumeurs dont le but est de salir le candidat de l'opposition et décourager le vote.

«Les partis au pouvoir (ont mené une campagne sale) pour rester au pouvoir», estime Germany. «Ces partis profitent du syndicat à travers les transactions, d'autant plus que (le syndicat) a son mot à dire sur l'urbanisme, le sort de la propriété maritime et l'octroi de permis».

Tant que les partis au pouvoir sont en place, dit-il, chaque décision sert leurs intérêts.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.