Hajj 2021: l’incidence des épidémies au fil des années

Le Hijaz a eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises, menaçant les chemins du pèlerinage. (Image Getty)
Le Hijaz a eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises, menaçant les chemins du pèlerinage. (Image Getty)
Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)
Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)
Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)
Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)
Short Url
Publié le Mardi 20 juillet 2021

Hajj 2021: l’incidence des épidémies au fil des années

  • L’une des premières épidémies à faire rage à La Mecque était connue sous le nom d’«al-Machri». Elle a entraîné la mort d’un grand nombre de personnes et de chameaux en 968, comme l’a rapporté le célèbre historien, Ibn Khatir
  • En 1831, une épidémie de choléra, apparue en Inde, a tué 20 000 personnes à la Mecque. D’autres épidémies ont frappé la ville sainte en 1841, en 1847, en 1851, en 1856-57 et en 1859

DJEDDAH: Le Hajj – pèlerinage annuel vers les Lieux saints de La Mecque – est l’un des plus grands rassemblements religieux du monde et fait partie des plus anciens mouvements de foule sur de longues distances.

Avant la pandémie de Covid-19, le Hajj a été touché par plusieurs épidémies au cours de l’Histoire. Le pèlerinage a parfois été suspendu, et le déplacement des pèlerins vers la Ville sainte limité. Ces maladies ont fait des victimes parmi les pèlerins et les habitants de La Mecque.

L’un des premiers fléaux répertoriés à La Mecque est mentionné par l’éminent historien musulman, Ibn Khatir. Dans son ouvrage Al-Bidāya wa-n-Nihāya («Le Commencement et la fin»), il raconte qu’une épidémie connue sous le nom d’«al-Machri» a ravagé La Mecque en 968, tuant un grand nombre de personnes et de chameaux. Les croyants qui ont réussi à terminer leur pèlerinage sont morts peu de temps après.

Plusieurs historiens racontent que les convois de pèlerins étaient nettement plus réduits au cours de cette période, particulièrement dans les régions touchées par l’épidémie, en raison de la détérioration de la situation sociale et économique découlant de cette maladie ou, plus tard, d’autres maladies.La révolution mondiale des transports au XIXe siècle a radicalement transformé le Hajj. De nouveaux moyens de transport ont facilité le déplacement de grands groupes à travers le monde, rendant la transmission de maladies plus rapide et impossible à gérer.

Au cours de ce même siècle, les épidémies se sont multipliées et l’espérance de vie est tombée à 29 ans. Différentes maladies se sont propagées, tuant des millions de personnes aux quatre coins du monde. Le Hijaz a également eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises via les pèlerins indiens.

Les musulmans connaissent depuis longtemps l'efficacité de la quarantaine, plus particulièrement depuis que le prophète Mahomet a indiqué dans un hadith: «Si la peste est dans un pays, n’y entrez pas mais si vous êtes dans la contrée où elle sévit, restez-y.» Les pèlerins étaient souvent mis en quarantaine dès leur retour dans certains pays lors des épidémies, comme en Égypte sous l’Empire ottoman.

Les mesures de quarantaine ne faisaient cependant pas partie d’une politique de santé publique généralisée à l’époque, et les épidémies mondiales n’étaient pas courantes. Contrairement à la peste, le choléra était une maladie totalement nouvelle et l’humanité n’en avait que très peu de connaissances.

Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)

Le choléra a constitué une véritable menace sur les chemins du pèlerinage, notamment après l’ouverture du canal de Suez qui a facilité la propagation des maladies via le transport maritime et ferroviaire. Les pèlerins étaient alors mis en quarantaine pendant quinze jours dans la zone géographique du canal ou de la mer Rouge avant de se diriger vers le Hijaz. 

La maladie apparaît pour la première fois dans la péninsule Arabique en 1821. Pourtant, ce n’est qu’en 1831 qu’elle atteint le Hijaz, se manifestant pour la première fois à La Mecque. Elle entraîne la mort des trois quarts des pèlerins qui affluent à l’époque. Elle porte alors le nom d’«épidémie indienne» et sa propagation est fulgurante.

Selon l’ouvrage Histories of Health in South Asia, publié par l’Indiana University Press, le choléra aurait causé la mort de 20 000 personnes à La Mecque en 1831. D’autres épidémies ont frappé la Ville sainte en 1841, en 1847, en 1851, en 1856-57 et en 1859.

En 1840, l’Empire ottoman a rendu obligatoire la mise en quarantaine, imposant des contrôles aux postes-frontières et dans les villes à proximité des Lieux saints.

Les considérations politiques allaient souvent de pair avec les mesures médicales imposées dans le cadre du Hajj. La flambée de la maladie a incité les puissances coloniales britanniques et européennes à accorder de l’importance à cette crise et à l’inclure dans leur programme de politique internationale, plus pour préserver leurs colonies et leurs intérêts géopolitiques et économiques que pour protéger les pèlerins. Cette politique s’est poursuivie tout au long de la période coloniale qui s’étend de la fin du XIXe siècle au début du XXe.

Les puissances coloniales ont fait pression pour tenir une série de réunions internationales à grande échelle en vue de lutter contre la menace du choléra. La première réunion, connue sous le nom de «Conférence sur le choléra», a eu lieu à Constantinople.

La politique britannique va cependant à l’encontre des données scientifiques publiées par la Conférence sur le choléra. Les Britanniques ont soutenu pendant longtemps que le choléra indien n’était pas contagieux, niant l’efficacité des cordons sanitaires et de la mise en quarantaine des navires après l’ouverture du canal de Suez, ce qui a entraîné de considérables pertes humaines évitables. 


 

QUELQUES FAITS

Le choléra aurait causé la mort de 20 000 personnes à La Mecque en 1831.

Bien que les pèlerins aient souvent été accusés d’être à l’origine du choléra, ce sont les nouvelles technologies, le colonialisme et le capitalisme qui sont responsables de la propagation de la maladie à l’échelle mondiale. Les pèlerins, porteurs de la maladie à leur insu, en ont été victimes.

En 1895, la première Direction de la santé a été créée à La Mecque. Peu à peu, avec le développement de l'assainissement, puis de contre-mesures telles que les vaccins et les antibiotiques, la façon dont le monde aborde les épidémies a radicalement changé. 

Au début des années 1950, le royaume d’Arabie saoudite a construit une carrière pour les pèlerins à l’extérieur de la ville de Djeddah – à l'emplacement de ce qui deviendra plus tard l’hôpital du roi Abdelaziz.

Entre le succès mondialement reconnu de l’Arabie saoudite dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 et la mort de dizaines de milliers de personnes à cause du choléra en 1865, le Royaume a acquis une expérience de quatre-vingt-quinze ans dans la gestion des maladies.

«L’Arabie saoudite a acquis une grande expérience en matière de santé publique, notamment en accueillant un grand nombre de pèlerins au cours des saisons du Hajj et de l’Omra», affirme le Dr Wael Bajahmoom, consultant en maladies infectieuses et chef du service de médecine interne à l’hôpital du roi Fahd à Djeddah, dans un entretien à Arab News.

L'Histoire du Royaume a permis aux autorités saoudiennes modernes d'acquérir une grande expérience dans la gestion des foules et le contrôle des maladies.

Un rapport récemment publié par l’Institut de recherche sur le Hajj et l’Omra indique que les maladies infectieuses constituent une véritable menace pour les saisons actuelles du Hajj.

Selon ce rapport, 26 à 60,5 % des cas signalés au cours des saisons précédentes du Hajj souffrent de maladies respiratoires comme le rhume et la pneumonie. Pour les autres cas, il s’agit de maladies digestives comme la grippe intestinale, la diarrhée et la méningite. Le taux de mortalité dû aux maladies infectieuses pendant le Hajj varie de 1,08 à 13,67 % avec une moyenne de 7,1 %. 

«Il vaut mieux prévenir que guérir.» Telle est la politique que l’Arabie saoudite prône, selon le Dr Bajahmoom. Sa gestion exemplaire de la pandémie de Covid-19 en est un parfait exemple. Le gouvernement a en effet limité le Hajj aux pèlerins locaux vaccinés.

«Le Royaume est déterminé à préserver la sécurité des fidèles et des visiteurs des Lieux saints. L’un des piliers de la sécurité est la prévention – et donc la vaccination. Les vaccins ont joué un rôle incontournable pour lutter contre les crises sanitaires au cours des dernières décennies», ajoute Wael Bajahmoom.

La méningite constitue l’une de ces menaces, une maladie hautement contagieuse lors des rassemblements dans des Lieux saints comme La Mecque. Les vaccins ont joué un rôle primordial pour en freiner la propagation.

Selon la Meningitis Research Foundation, une institution basée au Royaume-Uni, plusieurs épidémies de méningite ont été liées aux pèlerinages du Hajj. Des cas apparaissent également dans le monde après le retour des pèlerins dans leurs pays. Depuis 2002, l’Arabie saoudite a rendu obligatoire la vaccination contre la maladie pour entrer dans le Royaume durant le Hajj et l’Omra. Aucun foyer de la maladie en lien avec le Hajj n’a été recensé depuis. 

Le rapport Public Health Concerns publié par le ministère saoudien de la Santé en 2019 –dernière année au cours de laquelle le Royaume a accueilli des pèlerins du monde entier avant la pandémie de Covid-19 – indique que le vaccin contre la méningite est obligatoire pour toute personne dans la région du Hajj. Il indique également que les vaccins contre la poliomyélite et la fièvre jaune sont obligatoires pour les pèlerins en provenance de certains pays et que le vaccin contre la grippe saisonnière est facultatif mais fortement recommandé.

Le ministère de la Santé a également mis en garde contre d’autres virus et maladies comme la dengue, la poliomyélite, la tuberculose, les fièvres hémorragiques dont le virus Ebola et la fièvre Lassa, la rougeole, le virus Zika, les virus à diffusion hématogène, ainsi que les maladies transmises par l'eau et les aliments.

Le Dr Bajahmoom explique que des facteurs spécifiques sont à l’origine des vaccins exigés pour les pèlerins comme le taux de propagation d’une épidémie dans une région donnée ou à l’échelle internationale, ainsi que des facteurs environnementaux qui facilitent la propagation de certaines maladies comme une saison particulière ou des changements météorologiques.

Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)

«Le premier vaccin requis pendant cette saison du Hajj est celui contre la Covid-19», précise-t-il.

L’Arabie saoudite a été confrontée à plusieurs épidémies et virus depuis la méningite. En 2009, avec la propagation de la grippe porcine, le Royaume a interdit aux personnes âgées, aux enfants et aux pèlerins souffrant de maladies chroniques d’effectuer le pèlerinage du Hajj.

En outre, avec la propagation rapide du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en 2013, les autorités saoudiennes ont incité les personnes âgées ainsi que celles souffrant de maladies chroniques à s’abstenir d’effectuer le Hajj, la maladie ayant déjà entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes à travers le Royaume.

Par ailleurs, au cours de l’épidémie d’Ebola qui a tué 11 300 personnes entre 2014 et 2016, l’Arabie saoudite a établi des plans d’intervention spécifiques, comme le déploiement de personnel médical dans les aéroports et la mise en place d’unités d’isolement alors que trois millions de musulmans en provenance du monde entier se rendaient au Royaume pour le Hajj. Le pays a également suspendu les visas pour les pèlerins venant de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia, les trois pays les plus gravement touchés par l’épidémie.

Avec la propagation de la Covid-19 qui a fait des milliers de morts dans le monde au début de l’année 2020, des dizaines de travailleurs ont été chargés de stériliser les sols de la Grande Mosquée de La Mecque. L’Arabie saoudite a également décidé d’interdire l’entrée dans le pays aux pèlerins, en sus de la mise en place de mesures sanitaires pour effectuer le Hajj et l’Omra – une décision saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«L’Arabie saoudite a joué un rôle majeur dans la lutte contre les épidémies tant sur le plan local qu’international», affirme le Dr Bajahmoom. «Sa coopération avec le reste du monde ne s’est pas limitée à un échange de données de recherche, mais aussi à un soutien médical et financier aux pays voisins, ainsi qu’à ceux plus éloignés.»

L’un des plus importants contributeurs à la recherche scientifique est le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, affilié au ministère de la Santé, et qui travaille en étroite collaboration avec l’OMS pour la gestion sanitaire des rassemblements de masse. C’est l’un des rares centres au monde spécialisés dans ce domaine.

«Ces deux années d’expérience dans la gestion de la pandémie de Covid-19, ainsi que les autres expériences vécues par le Royaume afin de freiner les crises sanitaires, nous dotent de capacités exceptionnelles pour venir à bout de toute éventuelle crise sanitaire», déclare le Dr Bajahmoom.

À mesure que l’Arabie saoudite se rapproche de plus en plus de l’immunité collective, Wael Bajahmoom espère que le Royaume pourra de nouveau accueillir des pèlerins du monde entier.

«Cette pandémie n’est qu’une des nombreuses crises auxquelles nous avons dû faire face. Bientôt, elle ne sera plus qu’un lointain souvenir. Elle nous donnera la force qu’il faut pour affronter l’avenir.»

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
Short Url
  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.

 


Trump affirme que «les dirigeants» israélien et libanais vont se parler jeudi

Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • "On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social
  • Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël

BEYROUTH: Les "dirigeants" d'Israël et du Liban vont se parler jeudi, a affirmé mercredi soir le président américain Donald Trump, après des discussions directes cette semaine entre les deux pays.

Cette annonce survient alors qu'Israël et le Hezbollah sont en guerre depuis le 2 mars. Le mouvement pro-iranien libanais a revendiqué jeudi matin plusieurs attaques aux drones visant des positions militaires dans le nord d'Israël.

"On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

Le président n'a toutefois pas précisé de quels dirigeants il parlait.

Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël.

Il a toutefois précisé que cet éventuel accord n'entrait pas dans le cadre des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à obtenir une fin durable du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Une trêve est en vigueur depuis le 8 avril.

"Les Etats-Unis souhaitent voir s'instaurer une paix durable, mais n'ont pas exigé un cessez-le-feu immédiat" entre Israël et le Hezbollah, a indiqué à la presse ce responsable, sous couvert d'anonymat.

 


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais discutent de la médiation entre les États-Unis et l'Iran

Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
Short Url
  • Les pourparlers de Djeddah mettent l'accent sur la nécessité de reprendre les négociations
  • Les efforts de médiation du Pakistan occupent le devant de la scène

RIYAD/DJEDDAH : Le prince héritier Mohammed bin Salman a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Jeddah mercredi, avec des entretiens axés sur la diplomatie régionale et les efforts visant à faire progresser les négociations entre les États-Unis et l'Iran.

La réunion a souligné le rôle du Pakistan dans la facilitation du dialogue, les deux dirigeants ayant passé en revue les développements entourant les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran organisés par Islamabad et souligné l'importance d'un engagement diplomatique soutenu pour rétablir la stabilité dans la région.

Le prince héritier a salué les efforts déployés par M. Sharif pour soutenir la croissance économique du Pakistan et renforcer le partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Le prince héritier a également salué les efforts diplomatiques du Premier ministre Sharif et du chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir.
Une vidéo de l'agence de presse saoudienne a montré les discussions entre les deux dirigeants, accompagnés du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et de son homologue pakistanais, Ishaq Dar. Le ministre de la Défense, le prince Khalid bin Salman, le ministre d'État et conseiller à la sécurité nationale, Musaed Al-Aiban, et de hauts responsables pakistanais ont également assisté à la réunion.

M. Sharif est arrivé à Djeddah plus tôt dans la journée, première étape d'une tournée diplomatique de quatre jours en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, qui s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large visant à créer une dynamique avant un éventuel deuxième cycle de négociations entre les États-Unis et l'Iran, qui se déroulerait au Pakistan.

"Le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif effectuera des visites officielles au Royaume d'Arabie saoudite, à l'État du Qatar et à la République de Turquie du 15 au 18 avril 2026", a indiqué le ministère pakistanais des affaires étrangères dans un communiqué.

M. Sharif participera au forum diplomatique d'Antalya pendant son séjour en Turquie.

Il tiendra également des réunions bilatérales avec le président Recep Tayyip Erdogan et d'autres dirigeants en marge du forum d'Antalya, précise le communiqué.

Washington et Téhéran ont tenu leurs premiers entretiens en face à face depuis des décennies à Islamabad le week-end dernier, avec des efforts de médiation en cours pour mettre fin à la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran le 28 février.

Le conflit a exacerbé les tensions au Moyen-Orient, l'Iran ayant pris pour cible les alliés des États-Unis dans le Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, en guise de représailles, et perturbé les flux d'énergie en provenance de la région.

Les pourparlers d'Islamabad se sont terminés sans percée, mais le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations pourraient reprendre cette semaine dans la capitale pakistanaise.

Un cessez-le-feu fragile reste en place jusqu'à la semaine prochaine, bien que les États-Unis aient ordonné un blocus naval de l'Iran.

M. Sharif était accompagné de M. Dar - une figure clé des efforts de médiation - et d'autres hauts fonctionnaires lors de ses visites, a indiqué son bureau mercredi après-midi.

Le Pakistan et l'Arabie saoudite entretiennent des liens étroits et le ministère des finances d'Islamabad a annoncé mercredi que Riyad fournirait au Pakistan 3 milliards de dollars pour l'aider à renforcer ses réserves de change.

Le ministère des finances a déclaré qu'un dépôt saoudien existant de 5 milliards de dollars serait également prolongé pour une période non précisée.

(Avec SPA et AFP)