Hajj 2021: l’incidence des épidémies au fil des années

Le Hijaz a eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises, menaçant les chemins du pèlerinage. (Image Getty)
Le Hijaz a eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises, menaçant les chemins du pèlerinage. (Image Getty)
Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)
Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)
Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)
Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

Hajj 2021: l’incidence des épidémies au fil des années

  • L’une des premières épidémies à faire rage à La Mecque était connue sous le nom d’«al-Machri». Elle a entraîné la mort d’un grand nombre de personnes et de chameaux en 968, comme l’a rapporté le célèbre historien, Ibn Khatir
  • En 1831, une épidémie de choléra, apparue en Inde, a tué 20 000 personnes à la Mecque. D’autres épidémies ont frappé la ville sainte en 1841, en 1847, en 1851, en 1856-57 et en 1859

DJEDDAH: Le Hajj – pèlerinage annuel vers les Lieux saints de La Mecque – est l’un des plus grands rassemblements religieux du monde et fait partie des plus anciens mouvements de foule sur de longues distances.

Avant la pandémie de Covid-19, le Hajj a été touché par plusieurs épidémies au cours de l’Histoire. Le pèlerinage a parfois été suspendu, et le déplacement des pèlerins vers la Ville sainte limité. Ces maladies ont fait des victimes parmi les pèlerins et les habitants de La Mecque.

L’un des premiers fléaux répertoriés à La Mecque est mentionné par l’éminent historien musulman, Ibn Khatir. Dans son ouvrage Al-Bidāya wa-n-Nihāya («Le Commencement et la fin»), il raconte qu’une épidémie connue sous le nom d’«al-Machri» a ravagé La Mecque en 968, tuant un grand nombre de personnes et de chameaux. Les croyants qui ont réussi à terminer leur pèlerinage sont morts peu de temps après.

Plusieurs historiens racontent que les convois de pèlerins étaient nettement plus réduits au cours de cette période, particulièrement dans les régions touchées par l’épidémie, en raison de la détérioration de la situation sociale et économique découlant de cette maladie ou, plus tard, d’autres maladies.La révolution mondiale des transports au XIXe siècle a radicalement transformé le Hajj. De nouveaux moyens de transport ont facilité le déplacement de grands groupes à travers le monde, rendant la transmission de maladies plus rapide et impossible à gérer.

Au cours de ce même siècle, les épidémies se sont multipliées et l’espérance de vie est tombée à 29 ans. Différentes maladies se sont propagées, tuant des millions de personnes aux quatre coins du monde. Le Hijaz a également eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises via les pèlerins indiens.

Les musulmans connaissent depuis longtemps l'efficacité de la quarantaine, plus particulièrement depuis que le prophète Mahomet a indiqué dans un hadith: «Si la peste est dans un pays, n’y entrez pas mais si vous êtes dans la contrée où elle sévit, restez-y.» Les pèlerins étaient souvent mis en quarantaine dès leur retour dans certains pays lors des épidémies, comme en Égypte sous l’Empire ottoman.

Les mesures de quarantaine ne faisaient cependant pas partie d’une politique de santé publique généralisée à l’époque, et les épidémies mondiales n’étaient pas courantes. Contrairement à la peste, le choléra était une maladie totalement nouvelle et l’humanité n’en avait que très peu de connaissances.

Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)

Le choléra a constitué une véritable menace sur les chemins du pèlerinage, notamment après l’ouverture du canal de Suez qui a facilité la propagation des maladies via le transport maritime et ferroviaire. Les pèlerins étaient alors mis en quarantaine pendant quinze jours dans la zone géographique du canal ou de la mer Rouge avant de se diriger vers le Hijaz. 

La maladie apparaît pour la première fois dans la péninsule Arabique en 1821. Pourtant, ce n’est qu’en 1831 qu’elle atteint le Hijaz, se manifestant pour la première fois à La Mecque. Elle entraîne la mort des trois quarts des pèlerins qui affluent à l’époque. Elle porte alors le nom d’«épidémie indienne» et sa propagation est fulgurante.

Selon l’ouvrage Histories of Health in South Asia, publié par l’Indiana University Press, le choléra aurait causé la mort de 20 000 personnes à La Mecque en 1831. D’autres épidémies ont frappé la Ville sainte en 1841, en 1847, en 1851, en 1856-57 et en 1859.

En 1840, l’Empire ottoman a rendu obligatoire la mise en quarantaine, imposant des contrôles aux postes-frontières et dans les villes à proximité des Lieux saints.

Les considérations politiques allaient souvent de pair avec les mesures médicales imposées dans le cadre du Hajj. La flambée de la maladie a incité les puissances coloniales britanniques et européennes à accorder de l’importance à cette crise et à l’inclure dans leur programme de politique internationale, plus pour préserver leurs colonies et leurs intérêts géopolitiques et économiques que pour protéger les pèlerins. Cette politique s’est poursuivie tout au long de la période coloniale qui s’étend de la fin du XIXe siècle au début du XXe.

Les puissances coloniales ont fait pression pour tenir une série de réunions internationales à grande échelle en vue de lutter contre la menace du choléra. La première réunion, connue sous le nom de «Conférence sur le choléra», a eu lieu à Constantinople.

La politique britannique va cependant à l’encontre des données scientifiques publiées par la Conférence sur le choléra. Les Britanniques ont soutenu pendant longtemps que le choléra indien n’était pas contagieux, niant l’efficacité des cordons sanitaires et de la mise en quarantaine des navires après l’ouverture du canal de Suez, ce qui a entraîné de considérables pertes humaines évitables. 


 

QUELQUES FAITS

Le choléra aurait causé la mort de 20 000 personnes à La Mecque en 1831.

Bien que les pèlerins aient souvent été accusés d’être à l’origine du choléra, ce sont les nouvelles technologies, le colonialisme et le capitalisme qui sont responsables de la propagation de la maladie à l’échelle mondiale. Les pèlerins, porteurs de la maladie à leur insu, en ont été victimes.

En 1895, la première Direction de la santé a été créée à La Mecque. Peu à peu, avec le développement de l'assainissement, puis de contre-mesures telles que les vaccins et les antibiotiques, la façon dont le monde aborde les épidémies a radicalement changé. 

Au début des années 1950, le royaume d’Arabie saoudite a construit une carrière pour les pèlerins à l’extérieur de la ville de Djeddah – à l'emplacement de ce qui deviendra plus tard l’hôpital du roi Abdelaziz.

Entre le succès mondialement reconnu de l’Arabie saoudite dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 et la mort de dizaines de milliers de personnes à cause du choléra en 1865, le Royaume a acquis une expérience de quatre-vingt-quinze ans dans la gestion des maladies.

«L’Arabie saoudite a acquis une grande expérience en matière de santé publique, notamment en accueillant un grand nombre de pèlerins au cours des saisons du Hajj et de l’Omra», affirme le Dr Wael Bajahmoom, consultant en maladies infectieuses et chef du service de médecine interne à l’hôpital du roi Fahd à Djeddah, dans un entretien à Arab News.

L'Histoire du Royaume a permis aux autorités saoudiennes modernes d'acquérir une grande expérience dans la gestion des foules et le contrôle des maladies.

Un rapport récemment publié par l’Institut de recherche sur le Hajj et l’Omra indique que les maladies infectieuses constituent une véritable menace pour les saisons actuelles du Hajj.

Selon ce rapport, 26 à 60,5 % des cas signalés au cours des saisons précédentes du Hajj souffrent de maladies respiratoires comme le rhume et la pneumonie. Pour les autres cas, il s’agit de maladies digestives comme la grippe intestinale, la diarrhée et la méningite. Le taux de mortalité dû aux maladies infectieuses pendant le Hajj varie de 1,08 à 13,67 % avec une moyenne de 7,1 %. 

«Il vaut mieux prévenir que guérir.» Telle est la politique que l’Arabie saoudite prône, selon le Dr Bajahmoom. Sa gestion exemplaire de la pandémie de Covid-19 en est un parfait exemple. Le gouvernement a en effet limité le Hajj aux pèlerins locaux vaccinés.

«Le Royaume est déterminé à préserver la sécurité des fidèles et des visiteurs des Lieux saints. L’un des piliers de la sécurité est la prévention – et donc la vaccination. Les vaccins ont joué un rôle incontournable pour lutter contre les crises sanitaires au cours des dernières décennies», ajoute Wael Bajahmoom.

La méningite constitue l’une de ces menaces, une maladie hautement contagieuse lors des rassemblements dans des Lieux saints comme La Mecque. Les vaccins ont joué un rôle primordial pour en freiner la propagation.

Selon la Meningitis Research Foundation, une institution basée au Royaume-Uni, plusieurs épidémies de méningite ont été liées aux pèlerinages du Hajj. Des cas apparaissent également dans le monde après le retour des pèlerins dans leurs pays. Depuis 2002, l’Arabie saoudite a rendu obligatoire la vaccination contre la maladie pour entrer dans le Royaume durant le Hajj et l’Omra. Aucun foyer de la maladie en lien avec le Hajj n’a été recensé depuis. 

Le rapport Public Health Concerns publié par le ministère saoudien de la Santé en 2019 –dernière année au cours de laquelle le Royaume a accueilli des pèlerins du monde entier avant la pandémie de Covid-19 – indique que le vaccin contre la méningite est obligatoire pour toute personne dans la région du Hajj. Il indique également que les vaccins contre la poliomyélite et la fièvre jaune sont obligatoires pour les pèlerins en provenance de certains pays et que le vaccin contre la grippe saisonnière est facultatif mais fortement recommandé.

Le ministère de la Santé a également mis en garde contre d’autres virus et maladies comme la dengue, la poliomyélite, la tuberculose, les fièvres hémorragiques dont le virus Ebola et la fièvre Lassa, la rougeole, le virus Zika, les virus à diffusion hématogène, ainsi que les maladies transmises par l'eau et les aliments.

Le Dr Bajahmoom explique que des facteurs spécifiques sont à l’origine des vaccins exigés pour les pèlerins comme le taux de propagation d’une épidémie dans une région donnée ou à l’échelle internationale, ainsi que des facteurs environnementaux qui facilitent la propagation de certaines maladies comme une saison particulière ou des changements météorologiques.

Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)

«Le premier vaccin requis pendant cette saison du Hajj est celui contre la Covid-19», précise-t-il.

L’Arabie saoudite a été confrontée à plusieurs épidémies et virus depuis la méningite. En 2009, avec la propagation de la grippe porcine, le Royaume a interdit aux personnes âgées, aux enfants et aux pèlerins souffrant de maladies chroniques d’effectuer le pèlerinage du Hajj.

En outre, avec la propagation rapide du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en 2013, les autorités saoudiennes ont incité les personnes âgées ainsi que celles souffrant de maladies chroniques à s’abstenir d’effectuer le Hajj, la maladie ayant déjà entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes à travers le Royaume.

Par ailleurs, au cours de l’épidémie d’Ebola qui a tué 11 300 personnes entre 2014 et 2016, l’Arabie saoudite a établi des plans d’intervention spécifiques, comme le déploiement de personnel médical dans les aéroports et la mise en place d’unités d’isolement alors que trois millions de musulmans en provenance du monde entier se rendaient au Royaume pour le Hajj. Le pays a également suspendu les visas pour les pèlerins venant de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia, les trois pays les plus gravement touchés par l’épidémie.

Avec la propagation de la Covid-19 qui a fait des milliers de morts dans le monde au début de l’année 2020, des dizaines de travailleurs ont été chargés de stériliser les sols de la Grande Mosquée de La Mecque. L’Arabie saoudite a également décidé d’interdire l’entrée dans le pays aux pèlerins, en sus de la mise en place de mesures sanitaires pour effectuer le Hajj et l’Omra – une décision saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«L’Arabie saoudite a joué un rôle majeur dans la lutte contre les épidémies tant sur le plan local qu’international», affirme le Dr Bajahmoom. «Sa coopération avec le reste du monde ne s’est pas limitée à un échange de données de recherche, mais aussi à un soutien médical et financier aux pays voisins, ainsi qu’à ceux plus éloignés.»

L’un des plus importants contributeurs à la recherche scientifique est le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, affilié au ministère de la Santé, et qui travaille en étroite collaboration avec l’OMS pour la gestion sanitaire des rassemblements de masse. C’est l’un des rares centres au monde spécialisés dans ce domaine.

«Ces deux années d’expérience dans la gestion de la pandémie de Covid-19, ainsi que les autres expériences vécues par le Royaume afin de freiner les crises sanitaires, nous dotent de capacités exceptionnelles pour venir à bout de toute éventuelle crise sanitaire», déclare le Dr Bajahmoom.

À mesure que l’Arabie saoudite se rapproche de plus en plus de l’immunité collective, Wael Bajahmoom espère que le Royaume pourra de nouveau accueillir des pèlerins du monde entier.

«Cette pandémie n’est qu’une des nombreuses crises auxquelles nous avons dû faire face. Bientôt, elle ne sera plus qu’un lointain souvenir. Elle nous donnera la force qu’il faut pour affronter l’avenir.»

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le prince William arrive à AlUla pour la prochaine étape de sa tournée en Arabie saoudite

Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
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Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
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  • Accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine

ALULA : Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Il a été accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine.

Le comité d’accueil comprenait également le général de division Yousef ben Abdullah Al-Zahrani, directeur de la police régionale, Ibrahim ben Abdullah Barri, directeur du Bureau du protocole royal, ainsi que d’autres hauts responsables.

Plus tôt mardi, le prince William s’était rendu à Riyad, où il a rencontré des joueuses de football, joué aux jeux vidéo et échangé avec des clients dans un café.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.