Arrivée à Marrakech de touristes israéliens à bord d'un premier vol commercial direct

La liaison aérienne entre Tel-Aviv et Marrakech a été opérée à bord d'un avion du transporteur aérien israélien Israir qui a atterri vers 13H00 (heure locale). La porte-parole d'Israir, Tali Leibovitz, a indiqué que deux à trois vols commerciaux entre les deux villes étaient prévus par semaine. (AFP)
La liaison aérienne entre Tel-Aviv et Marrakech a été opérée à bord d'un avion du transporteur aérien israélien Israir qui a atterri vers 13H00 (heure locale). La porte-parole d'Israir, Tali Leibovitz, a indiqué que deux à trois vols commerciaux entre les deux villes étaient prévus par semaine. (AFP)
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Publié le Dimanche 25 juillet 2021

Arrivée à Marrakech de touristes israéliens à bord d'un premier vol commercial direct

  • «Je suis originaire de Marrakech, j'y suis retourné une trentaine de fois mais cette fois-ci, le voyage a un goût spécial, c'est comme si c'était la première fois!»
  • En joie, les premiers touristes israéliens ont été accueillis avec dattes, gâteaux et thé à la menthe lors d'une cérémonie de bienvenue organisée en leur honneur

MARRAKECH: Le premier vol commercial direct entre Israël et le Maroc s'est posé dimanche à Marrakech, avec à son bord une centaine de touristes israéliens, a constaté l'AFP, sept mois après la normalisation des relations entre les deux pays. 


"Je suis originaire de Marrakech, j'y suis retourné une trentaine de fois mais cette fois-ci, le voyage a un goût spécial, c'est comme si c'était la première fois!", a témoigné, tout ému, Pinhas Moyal, masque et sacoche aux couleurs du drapeau marocain sur le tarmac de l'aéroport. 


En joie, les premiers touristes israéliens ont été accueillis avec dattes, gâteaux et thé à la menthe lors d'une cérémonie de bienvenue organisée en leur honneur. 


La liaison aérienne entre Tel-Aviv et Marrakech a été opérée à bord d'un avion du transporteur aérien israélien Israir qui a atterri vers 13H00 (heure locale). La porte-parole d'Israir, Tali Leibovitz, a indiqué que deux à trois vols commerciaux entre les deux villes étaient prévus par semaine.


Un autre vol, de la compagnie nationale El-Al, est attendu dimanche après-midi. "Cette ligne va contribuer au développement d'accords touristiques et commerciaux entre les deux pays", a affirmé le ministre israélien du Tourisme Yoel Razvozov, selon un communiqué de la compagnie.


Cette dernière a précisé qu'il y aurait cinq vols par semaine vers les villes de Marrakech et Casablanca.


La communauté juive du Maroc est la plus importante d'Afrique du Nord et les quelque 700.000 Israéliens d'ascendance marocaine ont souvent gardé des liens très forts avec leur pays d'origine.


"Qu'est-ce que ça fait du bien de revenir sur la terre de mes ancêtres! Nous respirons enfin après deux ans à subir le Covid", a confié à l'AFP Sophie Levi, 58 ans, originaire de Casablanca.  


Avant la pandémie, les quelque 50.000 à 70.000 touristes qui venaient chaque année d'Israël, pour beaucoup originaires du Maroc, devaient transiter par d'autres pays.


Le Maroc a été le quatrième pays arabe à annoncer en 2020 la normalisation de ses relations avec Israël -- après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan -- en contrepartie d'une reconnaissance américaine de sa "souveraineté" sur l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental. 


Un premier vol direct transportant des officiels israéliens avait été opéré en décembre 2020 entre Tel-Aviv et Rabat. Des accords bilatéraux ont été signés dans la foulée notamment sur l'exemption de visas pour les diplomates et le lancement de vols directs entre les deux pays.


La semaine dernière, le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a annoncé qu'il se rendrait au Maroc, après l'ouverture de la ligne aérienne directe vers ce pays, sans toutefois annoncer de date précise.


L'annonce de M. Lapid est intervenue peu après la diffusion par un consortium de médias internationaux d'une enquête dans laquelle les services de renseignement marocains sont accusés d'avoir eu recours à un logiciel israélien pour espionner notamment des journalistes.


Le gouvernement marocain a fermement démenti le recours par ses services au logiciel israélien Pegasus pour espionner journalistes ou personnalités nationales ou étrangères.


La mort d’un employé de l’ambassade américaine détenu par les Houthis suscite l’indignation

Des miliciens houthis passent devant l’ambassade des États-Unis à Sanaa, au Yémen. (Reuters)
Des miliciens houthis passent devant l’ambassade des États-Unis à Sanaa, au Yémen. (Reuters)
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  • L’ambassade des États-Unis à Sanaa a annoncé jeudi qu’Abdelhamid al-Ajami, membre de son personnel dans la capitale yéménite, qui avait été enlevé par les Houthis à la fin de l’année dernière, était mort dans les geôles des Houthis
  • M. Al-Ajami faisait partie d’une dizaine d’employés yéménites de l’ambassade et de l’USAID qui ont été enlevés et ont ensuite été portés disparus

AL-MUKALLA: Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont de nouveau été critiqués pour le mauvais traitement qu’ils infligent aux prisonniers après la mort d’un employé d’une organisation humanitaire américaine au Yémen alors qu’il était détenu par le groupe.

L’ambassade des États-Unis à Sanaa a annoncé jeudi qu’Abdelhamid al-Ajami, membre de son personnel dans la capitale yéménite qui avait été enlevé par les Houthis à la fin de l’année dernière, était mort dans les geôles des Houthis.

Dans un communiqué, appelant également à la libération des autres employés détenus par les Houthis, l’ambassade écrit : «Nous pleurons la mort d’Abdelhamid al-Ajami, employé retraité de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international), qui est mort alors qu’il était détenu par les Houthis.

«C’était un grand-père innocent qui n’aurait jamais dû mourir loin de sa famille, un fier Yéménite qui se consacrait à l’éducation des enfants de son pays.»

«Nous présentons nos condoléances à ses proches et appelons les Houthis à mettre fin à cette injustice et à libérer dès maintenant chaque employé actuel et ancien de l’ambassade américaine.»

M. Al-Ajami faisait partie d’une dizaine d’employés yéménites de l’ambassade et de l’USAID qui ont été enlevés et ont ensuite été portés disparus après que la milice a pris d’assaut le complexe de l’ambassade.

Selon des militants yéménites et des médias locaux, M. Al-Ajami aurait été brutalement torturé par les Houthis et se serait vu refuser la médiation qui aurait pu lui sauver la vie. C’est cette décision-là qui a mené à sa mort.

La mort de M. Al-Ajami est survenue alors que les amis de Bassam al-Mardahi, un autre employé de l’ambassade américaine enlevé par les Houthis, ont prévenu qu’il pourrait mourir lui aussi, car il se trouvait dans un état critique en raison des actes de torture infligés par ses ravisseurs.

Des représentants du gouvernement yéménite, des militants des droits de l’homme et d’anciennes personnes enlevées ont fermement condamné les Houthis pour les mauvais traitements infligés aux prisonniers, déclarant que la mort d’Abdelhamid al-Ajami était une preuve supplémentaire de l’utilisation par le groupe de méthodes de torture contre des milliers de prisonniers.

Le ministre yéménite de l’Information, Mouammar al-Eryani, a présenté ses condoléances à la famille de M. Al-Ajami et a appelé à une action internationale pour contraindre les Houthis à cesser de maltraiter les prisonniers et à les libérer immédiatement.

Il a exprimé sa ferme condamnation de la «torture psychologique et physique» infligée par le groupe à M. Al-Ajami, traitement qui, selon le ministre, aurait entraîné sa mort huit mois après son enlèvement, ajoutant qu’il avait été privé «de ses droits les plus fondamentaux, y compris des médicaments».

L’ambassade de France au Yémen a également dénoncé ce décès et demandé aux Houthis de relâcher les employés américains et onusiens encore en détention.

«Elle réitère sa demande de libération de tous les recrutés locaux américains et onusiens détenus arbitrairement par les Houthis depuis plusieurs mois», indique l’ambassade dans un tweet.

Les Houthis détiennent toujours deux Yéménites travaillant pour l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Sanaa, qui ont été enlevés dans cette ville en novembre. Les deux employés n’ont pas été jugés et les Houthis les ont empêchés de contacter leurs familles, a indiqué l'ONU.

De même, des militants yéménites des droits humains ont affirmé que la torture était monnaie courante dans les prisons des Houthis et que des dizaines de civils enlevés par le groupe étaient morts en détention.

Fouad al-Mansouri, un militant yéménite des droits de l’homme, a expliqué à Arab News que si les Houthis ne sont pas contraints de cesser de maltraiter les prisonniers, de nombreux détenus dans les prisons des Houthis connaîtront le même sort que M. Al-Ajami.

«La mort de M. Al-Ajami est une preuve très grave des mauvais traitements infligés aux détenus dans les prisons de la milice houthie. Ce n’est pas le premier incident et ce ne sera pas le dernier», a lancé M. Al-Mansouri.

Amat al-Salam al-Hajj, présidente de l’Abductees’ Mothers Association, organisation qui regroupe les mères de milliers de prisonniers de guerre, a révélé à Arab News que les Houthis avaient interdit aux proches des employés de l’ambassade américaine détenus de s’adresser à l’organisation ou aux médias, exhortant l’envoyé de l’ONU pour le Yémen à œuvrer à la libération de milliers de détenus.

«Dans les prisons des Houthis, la dignité de l’être humain yéménite est insultée. Le dossier des personnes enlevées est une véritable crise humanitaire qui doit être résolue», a-t-elle souligné.

Abdallah al-Munifi, journaliste yéménite et ancien détenu libéré d’une prison houthie en 2018, a raconté à Arab News qu’il était fouetté avec des câbles électriques, suspendu par les bras, privé de sommeil et de toilettes, électrocuté et maintenu à l’isolement pendant des mois.

«J’aimerais mourir de torture. Parfois, ils infligent des blessures au corps et mettent du sel sur les plaies», a confié M. Al-Munifi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La journaliste Shireen Abu Akleh tuée par un soldat israélien, selon le procureur palestinien

La famille et les amis de la journaliste d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh assistent à une veillée aux chandelles devant l'église de la Nativité à Bethléem. (Photo, AFP)
La famille et les amis de la journaliste d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh assistent à une veillée aux chandelles devant l'église de la Nativité à Bethléem. (Photo, AFP)
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  • Jeudi soir, le procureur en chef de l'Autorité palestinienne, Akram al-Khatib, a dévoilé lors d'une conférence de presse à Ramallah les conclusions de son rapport
  • Selon un journaliste sur place, aucun combattant palestinien ne se trouvait à proximité du groupe de reporters postés sur une zone ouverte à l'entrée du camp

RAMALLAH: La journaliste vedette de la chaîne Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, tuée récemment en Cisjordanie occupée, a été la cible d'un tir d'un soldat israélien utilisant un fusil de précision, a conclu jeudi le procureur en chef palestinien. 

L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et la chaîne qatarie Al Jazeera accusent Israël d'avoir tué Shireen Abu Akleh le 11 mai dernier aux abords du camp de réfugiés de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes où les forces israéliennes menaient ce jour-là un raid. 

Jeudi soir, le procureur en chef de l'Autorité palestinienne, Akram al-Khatib, a dévoilé lors d'une conférence de presse à Ramallah les conclusions de son rapport. 

Selon ce rapport, Shireen Abu Akleh a été la cible d'une balle de calibre 5.56 mm tirée par un Ruger M40, un fusil de précision américain.  

La journaliste américano-palestinienne portait une veste pare-balles sur laquelle était inscrite le mot « presse » et un casque de protection lorsqu'elle a été atteinte d'une balle juste sous la coupe de son casque.  

Un autre journaliste sur place a été blessé par balle. Et trois autres balles ont atteint un arbre à proximité, a indiqué le procureur, affirmant que les cinq projectiles provenaient de la même arme. 

Selon un journaliste sur place, aucun combattant palestinien ne se trouvait à proximité du groupe de reporters postés sur une zone ouverte à l'entrée du camp.  

« Cible d'un meurtre »  

D'après le procureur palestinien, une jeep des forces israéliennes se trouvait à 200 mètres des journalistes et les balles ont été tirées à environ 170-180 mètres. 

« Les traces sur l'arbre sont concentrées à une hauteur de 127 à 178 cm, ce qui indique que le tireur vise les parties supérieures du corps dans le but de tuer », a-t-il déclaré. Des traces de trois balles sont d'ailleurs encore visibles dans le tronc de l'arbre, a constaté cette semaine une équipe de l'AFP.  

« L'ensemble de ces faits: le type de projectile, l'arme, la distance, le fait qu'il n'y avait aucun obstacle à la vision et qu'elle portait une veste de presse (...) nous porte à conclure que (Shireen) Abu Akleh a été la cible d'un meurtre. La seule source de tirs était les forces d'occupation israéliennes », a-t-il ajouté. 

Dans une enquête diffusée plus tôt cette semaine, la chaîne américaine CNN pointait aussi en direction d'une responsabilité israélienne. « Le nombre de marques sur l'arbre sur lequel Shireen se tenait montre que ce n'était pas un tir aléatoire (à l'arme automatique, ndlr) mais un tir ciblé », a déclaré à la chaîne, Chris Cobb-Smith, un consultant en sécurité et expert en balistique. 

Jeudi soir, le nouveau secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein al-Cheikh, a annoncé avoir transmis ce rapport d'enquête palestinien aux autorités américaines. 

D'après une enquête préliminaire israélienne, il est impossible de déterminer dans l'immédiat l'origine du tir ayant tué la journaliste d'Al Jazeera. 

L'Etat hébreu a rejeté les appels à une enquête internationale, arguant du « sérieux » de ses procédures judiciaires internes, tandis que l'Autorité palestinienne a refusé de collaborer à l'enquête israélienne.  

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a qualifié jeudi soir de « mensonge éhonté toute affirmation selon laquelle l'armée israélienne visait intentionnellement des journalistes ou des civils non impliqués » dans des violences, fustigeant à la fois le rapport palestinien et l'enquête de CNN. 

Le ministère israélien de la Défense n'a pas rendu public le compte-rendu de ses soldats qui opéraient dans le secteur de Jénine au moment du drame. 


Palestiniens: Hussein al-Cheikh nommé secrétaire général de l'OLP

Le président Abbas, élu en 2005 et dont le mandat devait s'achever en 2009, est d'ailleurs au plus bas dans les sondages et des manifestations se sont multipliées en Cisjordanie l'an passé pour appeler à sa démission. (Photo, AFP)
Le président Abbas, élu en 2005 et dont le mandat devait s'achever en 2009, est d'ailleurs au plus bas dans les sondages et des manifestations se sont multipliées en Cisjordanie l'an passé pour appeler à sa démission. (Photo, AFP)
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  • Le président palestinien a nommé son ministre des Affaires civiles et potentiel successeur Hussein al-Cheikh à titre de secrétaire général de l'OLP
  • De façon générale, les institutions palestiniennes sont de plus en plus décriées

RAMALLAH: Le président palestinien Mahmoud Abbas a nommé jeudi dans un décret officiel Hussein al-Cheikh, un des membres de sa garde rapprochée, nouveau secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). 

A l'issue d'une rare réunion en février dernier, le comité exécutif de l'OLP avait nommé des proches du président Abbas à des postes clés sans toutefois nommer de nouveau secrétaire général pour succéder à Saëb Erakat, décédé en 2020 après avoir contracté le coronavirus. 

Mais jeudi, dans un court décret, le président palestinien, âgé de 87 ans, a nommé son ministre des Affaires civiles et potentiel successeur Hussein al-Cheikh à titre de secrétaire général de l'OLP, regroupement de factions palestiniennes reconnue comme représentant du peuple palestinien. 

De façon générale, les institutions palestiniennes sont de plus en plus décriées. Le président Abbas, élu en 2005 et dont le mandat devait s'achever en 2009, est d'ailleurs au plus bas dans les sondages et des manifestations se sont multipliées en Cisjordanie l'an passé pour appeler à sa démission. 

Il avait annulé en avril 2021 la présidentielle et les législatives prévues en mai, les premières en 15 ans, arguant que le scrutin n'était pas garanti à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville sainte occupé et annexé par Israël qui y refuse la tenue de ces élections. 

L'annulation de ces élections avait été vivement critiquée par des différentes factions palestiniennes, dont les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza et ne font pas partie de l'OLP, entité ayant signé les accords israélo-palestiniens d'Oslo dans les années 90.