L'inquiétante agitation politique en Tunisie s'aggrave

La Tunisie a d'abord été félicitée pour sa gestion de la pandémie à son commencement, en janvier 2020. La direction laïque du pays ayant laissé la place au parti Ennahdha, la Tunisie connaît désormais l'un des taux d'infection les plus élevés du monde arabe
La Tunisie a d'abord été félicitée pour sa gestion de la pandémie à son commencement, en janvier 2020. La direction laïque du pays ayant laissé la place au parti Ennahdha, la Tunisie connaît désormais l'un des taux d'infection les plus élevés du monde arabe
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Publié le Jeudi 29 juillet 2021

L'inquiétante agitation politique en Tunisie s'aggrave

  • Le passage du taux d'infection à la Covid-19 le plus bas à l'un des plus élevés est directement lié au parti islamiste Ennahdha
  • Les bouleversements politiques causés par la prise de pouvoir d'Ennahdha ont laissé le pays sans préparation pour faire face à la montée en puissance du variant Delta

CHICAGO: Les troubles politiques et la montée en puissance du parti islamiste Ennahdha en Tunisie ont sapé la stabilité du pays et paralysé sa capacité à contrôler la propagation de la pandémie de Covid-19, a déclaré mercredi un analyste et auteur de premier plan.

La Tunisie a d'abord été félicitée pour sa gestion de la pandémie à son commencement, en janvier 2020. La direction laïque du pays ayant laissé la place au parti Ennahdha, la Tunisie connaît désormais l'un des taux d'infection les plus élevés du monde arabe.

Selon Ammar ben Aziz, journaliste tunisien de longue date, le passage du taux d'infection à la Covid-19 le plus bas à l'un des plus élevés est directement lié à l'expansion d'Ennahdha et à sa mauvaise gestion des services de santé publics.

«En Afrique du Nord, je pense que la politique a affecté la lutte contre le coronavirus et non l'inverse. Si l'on remonte au premier stade de la pandémie, on se souvient que la Tunisie a été le premier pays au monde à maîtriser la propagation du virus. Il n'y avait aucun cas en mai 2020», a déclaré mercredi Ammar ben Aziz lors d'une interview sur The Ray Hanania Radio Show.

«Ce fut un très grand succès pour le gouvernement, qui était alors dirigé par Elyes Fakhfakh, nommé par le président, Kaïs Saïed, et non par le parti Ennahdha. Gardons cela à l'esprit. Et puis quand il y a eu le changement de Premier ministre, tout s'est effondré car Ennahdha a utilisé la pandémie afin d’en tirer profit politiquement.»

M. Ben Aziz souligne que le président Saïed a nommé M. Fakhfakh au poste de Premier ministre en février 2020. Mais Elyes Fakhfakh a été démis de ses fonctions par Ennahdha sept mois plus tard tandis qu'il consolidait ses pouvoirs au gouvernement.

«C'est la principale raison pour laquelle nous assistons à ces événements ayant récemment eu lieu en Tunisie. Le gouvernement, contrôlé par Ennahdha, essaie simplement de tirer profit de tout», déclare Ammar ben Aziz, rédacteur en chef de la chaîne d'information Al-Arabiya basée à Dubaï.

«Pour rappel, en Algérie, dans les premiers jours de la pandémie, le président, Abdelmadjid Tebboune, a contracté la Covid-19 et a quitté l'Algérie. Il a passé des mois en Allemagne en convalescence. Cet incident a également affecté la situation en Algérie et retardé le plan de gestion de la pandémie.»

Les troubles politiques causés par la prise de pouvoir d'Ennahdha ont laissé le pays sans préparation pour faire face à l'apparition du variant Delta, une version beaucoup plus virulente et dangereuse du virus.

«Ils estimaient en avoir suffisamment fait. Ils pensaient être le premier pays à avoir réussi à contrôler la pandémie au lieu de passer à l'étape suivante et d'écouter les experts qui les ont avertis d'autres vagues à venir. Ils ont alors décidé de s'ouvrir au monde», indique le journaliste. «C'est le premier pays à avoir ouvert ses frontières, notamment à l'Europe et aux émigrés tunisiens.»

Ennahdha n'a pas su anticiper l'évolution de la pandémie au fur et à mesure de sa propagation, ni l'apparition du variant Delta.

Ammar ben Aziz qualifie la décision politique d'Ennahdha de vouloir placer quelqu’un de leur propre parti à la tête du département de la santé de «décision stupide».

«Ils ont commencé à évoquer la destitution de Hisham Machichi, l'actuel ministre de la Santé, et son remplacement par leur ministre afin de montrer aux opposants qu'ils en avaient les moyens. Ils voulaient exploiter les succès de Kaïs Saïed», déclare M. Ben Aziz. M. Saïed a répondu en accusant Ennahdha de «faire de la politique avec la vie du peuple tunisien».

M. Ben Aziz note que les efforts d'Ennahdha pour se rapprocher des Russes ont également joué un rôle majeur dans la flambée de la pandémie en Tunisie. Le gouvernement Ennahdha a choisi d'utiliser le vaccin russe, considéré comme moins efficace que les vaccins développés en Occident, tels que Pfizer et Moderna.

De nombreux pays arabes ont promis leur soutien afin d’aider la Tunisie à reprendre le contrôle de la pandémie. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, s'est engagé à envoyer des vaccins et du matériel médical tandis que la Libye a également promis une aide médicale, indique le cabinet du président cette semaine.

Le Koweït, la Turquie et l'Algérie ont également promis de l'aide tandis que le Qatar a envoyé un avion médicalisé avec 200 médecins et 100 respirateurs.

Ammar ben Aziz a tenu ces propos lors d'une apparition mercredi sur The Ray Hanania Radio Show, diffusé en direct sur WNZK AM 690 Radio à Detroit et WDMV AM 700 Radio à Washington D.C. sur l’US Arab Radio Network. L'émission a été diffusée en direct sur la page Facebook d'Arab News et en podcast sur ArabNews.com/RayRadioshow.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


La Syrie annonce avoir pris le contrôle d'une autre base américaine

 Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
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  • Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom
  • Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier

DAMAS: Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne.

"Les forces de l'armée arabe syrienne ont pris le contrôle de la base militaire d'al-Chaddadi dans la campagne de Hassaké après coordination avec la partie américaine", indique un communiqué du ministère.

Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom.

Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier.

Cette annonce intervient après la confirmation par Washington, jeudi, du retrait de ses forces de la base d'al-Tanf, près des frontières syriennes avec la Jordanie et l'Irak, qui constituait un point d'appui stratégique pour les Etats-Unis.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont été un partenaire majeur de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l'EI et ont joué un rôle central dans la défaite du groupe en Syrie en 2019.

Mais après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, les Etats-Unis se sont rapprochés du nouveau pouvoir de Damas, estimant récemment que la nécessité de leur alliance avec les forces kurdes s'était largement estompée.

Malgré sa défaite territoriale, l'EI demeure actif en Syrie.

Samedi, le Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir frappé plus de 30 cibles de l'organisation en Syrie depuis le début du mois.

Les frappes aériennes menées entre le 3 et le 12 février ont visé des infrastructures et des dépôts d'armes du groupe, selon un communiqué du Centcom.

 


Erdogan reporte une visite à Abou Dhabi, citant un «problème de santé» du président émirati

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a reporté une visite prévue lundi à Abou Dhabi, au motif que son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane fait face à un "problème de santé", selon un message posté dimanche sur X par ses équipes et rapidement effacé. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a reporté une visite prévue lundi à Abou Dhabi, au motif que son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane fait face à un "problème de santé", selon un message posté dimanche sur X par ses équipes et rapidement effacé. (AFP)
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  • Dans ce message de trois paragraphes, repris aussitôt par les médias officiels turcs, la présidence turque précisait que M. Erdogan "se rendrait aux Émirats arabes unis à une date ultérieure qui sera déterminée au moment opportun"
  • Le message a depuis été supprimé des comptes X de la présidence turque, et la chaîne étatique TRT a retiré de son article sur le report de la visite de M. Erdogan la mention du "problème de santé" supposément rencontré par le président émirati

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a reporté une visite prévue lundi à Abou Dhabi, au motif que son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane fait face à un "problème de santé", selon un message posté dimanche sur X par ses équipes et rapidement effacé.

"Notre président, M. Recep Tayyip Erdogan, s'est entretenu par téléphone avec le président des Émirats arabes unis (...) Au cours de l'appel, le président Erdogan a exprimé sa tristesse face au problème de santé rencontré par (le président) Al-Nahyane et lui a souhaité un prompt rétablissement", a écrit la direction de la communication de la présidence turque dimanche soir sur X, dans un message dont l'AFP a conservé une capture d'écran.

Dans ce message de trois paragraphes, repris aussitôt par les médias officiels turcs, la présidence turque précisait que M. Erdogan "se rendrait aux Émirats arabes unis à une date ultérieure qui sera déterminée au moment opportun".

Le message a depuis été supprimé des comptes X de la présidence turque, et la chaîne étatique TRT a retiré de son article sur le report de la visite de M. Erdogan la mention du "problème de santé" supposément rencontré par le président émirati.

La présidence turque a publié un nouveau message dimanche soir sur X affirmant que "les deux dirigeants ont indiqué que leur rencontre avait été reportée à une date ultérieure", sans citer de raison.

De son côté, l'agence de presse officielle émiratie WAM a fait état dans une dépêche en arabe de l'entretien téléphonique entre les deux dirigeants, sans évoquer le report de la visite du chef de l’État turc.

Contactées dimanche soir par l'AFP, ni la présidence turque ni les autorités émiraties, qui n'ont pas fait état d'un éventuel problème de santé rencontré par leur dirigeant de 64 ans, n'ont répondu pour le moment.

Les services du président Mohamed ben Zayed Al-Nahyane, surnommé MBZ, avaient publié samedi soir des photos prises le jour même le montrant tout sourire et apparemment en bonne santé au côté de l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani.

 


La Défense civile de Gaza annonce que des frappes israéliennes ont fait 12 morts

La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé que des frappes israéliennes avaient fait 12 morts dimanche à travers le territoire, où l'armée israélienne a affirmé avoir riposté à une "violation flagrante" du cessez-le-feu. (AFP)
La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé que des frappes israéliennes avaient fait 12 morts dimanche à travers le territoire, où l'armée israélienne a affirmé avoir riposté à une "violation flagrante" du cessez-le-feu. (AFP)
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  • Selon la Défense civile, une organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas, une des frappes israéliennes a visé une tente abritant des déplacés dans le secteur de Jabalia, dans le nord de Gaza, faisant cinq morts
  • Une autre frappe a fait cinq morts à Khan Younès, dans le sud, et deux autres personnes ont été tuées à Gaza-ville et Beit Lahia (nord), selon cette source

GAZA: La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé que des frappes israéliennes avaient fait 12 morts dimanche à travers le territoire, où l'armée israélienne a affirmé avoir riposté à une "violation flagrante" du cessez-le-feu.

Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas s'accusent mutuellement de violer ce cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre après deux ans de guerre.

Selon la Défense civile, une organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas, une des frappes israéliennes a visé une tente abritant des déplacés dans le secteur de Jabalia, dans le nord de Gaza, faisant cinq morts.

Une autre frappe a fait cinq morts à Khan Younès, dans le sud, et deux autres personnes ont été tuées à Gaza-ville et Beit Lahia (nord), selon cette source.

Les hôpitaux al-Chifa de Gaza-ville et Nasser à Khan Younès, ont confirmé avoir reçu sept corps.

"Israël ne comprend pas ce qu'est un cessez-le-feu ou une trêve. Nous vivons sous une trêve depuis des mois mais ils nous frappent, ils disent une chose et en font une autre", a déclaré à l'AFP Ossama Abou Askar, dont le neveu a été tué.

D'après lui, quatre civils ont été tués à l'aube dans le camp de réfugiés de Jabalia "pendant qu'ils dormaient dans la rue".

A Khan Younès, des dizaines de Palestiniens se sont rassemblés à l'hôpital Nasser pour veiller leurs proches tués, dont les corps étaient enveloppés dans des linceuls blancs, selon des images tournées par l'AFP.

"Installations souterraines" 

L'armée israélienne a affirmé avoir mené des frappes après avoir identifié "plusieurs terroristes armés qui s'abritaient sous des décombres", "probablement après être sortis d'installations souterraines", dans le secteur de Beit Hanoun (nord).

L'armée, qui a dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu, a précisé que ces hommes avaient traversé la Ligne jaune, délimitant la zone qu'elle occupe encore depuis le début du cessez-le-feu.

"Viser des déplacés dans leurs tentes est une grave violation de l'accord de cessez-le-feu", a dénoncé le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.

Bien que les échanges de tirs se poursuivent quotidiennement dans le territoire, les Etats-Unis avaient annoncé à la mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan du président Donald Trump, visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Elle prévoit un retrait progressif israélien de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

L'armée contrôle toujours plus de la moitié du territoire tandis que le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, refuse catégoriquement de déposer les armes aux conditions posées par Israël.

Un total de 601 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a fait état de quatre soldats tués.

Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations et bilans des différentes parties.

Après plus de quatre mois de trêve, le territoire reste plongé dans une crise humanitaire majeure.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) avait décidé de suspendre fin janvier ses activités non-essentielles à l'hôpital Nasser, l'un des plus importants du territoire, après que des patients et des membres du personnel y ont constaté la présence d'"hommes armés, certains masqués".

MSF a indiqué dimanche à l'AFP ne pas avoir identifié ces hommes, tandis qu'Israël a de nouveau accusé le Hamas d'utiliser l'établissement à des fins militaires.

"Après bien trop longtemps, MSF a fini par reconnaître ce qu'Israël affirme depuis toujours: le Hamas utilise l'hôpital Nasser comme base terroriste", a affirmé le Cogat, un organisme du ministère de la Défense.

Le Hamas a toujours rejeté ces accusations.