Syrie: pourparlers en cours pour une fin des combats à Deraa

Les combats qui ont secoué jeudi plusieurs zones de Deraa étaient les plus violents depuis la reconquête de la province en 2018 par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe. (Photo, AFP)
Les combats qui ont secoué jeudi plusieurs zones de Deraa étaient les plus violents depuis la reconquête de la province en 2018 par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

Syrie: pourparlers en cours pour une fin des combats à Deraa

  • Berceau du soulèvement contre le régime en 2011, la province est régulièrement secouée par des attentats et des attaques contre les forces du régime
  • La France a condamné «fermement l'offensive meurtrière à Deraa, l'un des symboles des souffrances endurées par les Syriens au cours d'une décennie de conflit»

BEYROUTH : Des pourparlers ont débuté vendredi en Syrie dans la province de Deraa pour mettre fin aux affrontements meurtriers ayant cours entre forces du régime et combattants locaux et qui ont déjà fait 28 morts, dont 11 civils, selon une ONG.

Ces combats qui ont secoué jeudi plusieurs zones de Deraa étaient les plus violents depuis la reconquête de la province en 2018 par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Berceau du soulèvement contre le régime en 2011, Deraa est régulièrement secouée par des attentats et des attaques contre les forces du régime depuis sa reconquête. En vertu d'un accord inédit en 2018, les rebelles qui s'y trouvaient avaient été autorisés à y rester.

Vendredi des "tirs sporadiques" sont venus briser un calme précaire, sans toutefois entraîner une escalade de violences, a rapporté l'OSDH.

Sous la pression de l'allié russe, des négociations ont été entamées entre l'armée syrienne, des responsables sécuritaires et un comité regroupant des habitants de Deraa, toujours selon l'ONG.

Jeudi, les forces du régime ont mené des tirs d'artillerie et tenté de progresser au sol pour donner l'assaut contre Deraa al-Balad, un grand quartier de la ville tenu par d'anciens rebelles.

En représailles, le camp adverse a lancé une contre-attaque et conquis plusieurs positions du régime dans la province, capturant une quarantaine de combattants du régime, a indiqué l'Observatoire.

Au total, 28 personnes ont été tuées: huit combattants pro-régime, neuf combattants rebelles, et 11 civils dont des enfants, selon un nouveau bilan de l'OSDH.

Dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, la France a condamné "fermement l'offensive meurtrière lancée par le régime syrien" à Deraa, "l'un des symboles des souffrances endurées par les Syriens au cours d'une décennie de conflit".

"Cette attaque vient confirmer qu'en l'absence de processus politique crédible, la Syrie, y compris les zones sous contrôle du régime, ne retrouvera pas la stabilité", a souligné la porte-parole de la diplomatie française, Agnès von der Mühll.

Depuis la reprise de Deraa en 2018 par les forces du régime, les institutions gouvernementales s'y sont réinstallées, mais les forces armées ne se sont pas déployées dans toute la province.

En mars, l'OSDH a fait état d'une embuscade tendue par des hommes armés à Deraa et ayant tué 21 soldats du régime. Les soldats attaqués se dirigeaient vers le village de Mzirib (dans l'ouest de Deraa) dans le but d'arrêter un ancien commandant rebelle, en vain.

Depuis 2011, la guerre en Syrie a fait près de 500 000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.


Israël: Netanyahu quitte l'hôpital après un malaise

Les derniers sondages créditent le Likoud (droite) de M. Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d'affaires, de la première place dans les intentions de vote avec un peu plus d'une trentaine de sièges sur les 120 de la Knesset (Parlement). (AFP)
Les derniers sondages créditent le Likoud (droite) de M. Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d'affaires, de la première place dans les intentions de vote avec un peu plus d'une trentaine de sièges sur les 120 de la Knesset (Parlement). (AFP)
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  • M. Netanyahu, qui aura 73 ans dans deux semaines, s'était «senti mal» alors qu'il assistait mercredi en début de soirée dans une synagogue à la prière «Neïlah»
  • Les services de M. Netanyahu n'ont pas détaillé la nature de son malaise, mais des médias israéliens ont évoqué une «douleur à la poitrine»

JERUSALEM: L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en lice pour les législatives du 1er novembre, a quitté jeudi matin un hôpital de Jérusalem où il a passé des examens après avoir subi un malaise la veille lors d'une cérémonie religieuse, ont indiqué ses services.

M. Netanyahu, qui aura 73 ans dans deux semaines, s'était "senti mal" alors qu'il assistait mercredi en début de soirée dans une synagogue à la prière "Neïlah", célébrée dans le cadre du Yom Kippour, jour phare du calendrier juif.

Les services de M. Netanyahu n'ont pas détaillé la nature de son malaise, mais des médias israéliens ont évoqué une "douleur à la poitrine". L'ex-Premier ministre s'est rendu à l'hôpital Shaare Zedek pour des examens complets.

"Les résultats des tests sont totalement normaux (...) Netanyahu est de retour à ses activités complètes, il se prépare d'ailleurs à sa marche matinale", ont indiqué ses services.

Le Premier ministre Yaïr Lapid avait souhaité un "rétablissement prompt et complet" à M. Netanyahu, son rival pour les législatives.

Les Israéliens sont conviés aux urnes le 1er novembre, pour une cinquième fois en trois ans et demi, pour des législatives qui pourraient consacrer le retour aux affaires de M. Netanyahu, plus pérenne des chefs de gouvernement de l'histoire du pays qui avait quitté le pouvoir au printemps 2021 à la faveur d'une coalition hétéroclite actuellement menée par M. Lapid.

Les derniers sondages créditent le Likoud (droite) de M. Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d'affaires, de la première place dans les intentions de vote avec un peu plus d'une trentaine de sièges sur les 120 de la Knesset (Parlement).

Son "bloc de droite", qui comprend aussi ses alliés des partis ultra-orthodoxes et de l'extrême-droite, flirte avec le seuil de la majorité (61 députés) sans garantie toutefois de l'atteindre, selon les sondages.


L'Association italienne des magistrats condamne l'Iran pour la répression des manifestants

Le siège principal de la Cour des comptes à Rome, en Italie (Photo, Wikimedia Commons).
Le siège principal de la Cour des comptes à Rome, en Italie (Photo, Wikimedia Commons).
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  • L'Association des magistrats de la Cour des comptes prend rarement position sur les questions politiques
  • Amini, 22 ans, est morte aux mains de la police des mœurs iranienne, la Gasht-e Ershad, après avoir été détenue pour avoir prétendument enfreint les codes vestimentaires

ROME: Une importante association de juges italienne a condamné l'Iran pour la répression des manifestations liées à la mort en détention de Mahsa Amini.

L'Association des magistrats de la Cour des comptes prend rarement position sur les questions politiques, mais dans un communiqué, elle a critiqué la réaction sévère du régime iranien aux manifestations qui ont secoué tout le pays.

Amini, 22 ans, est morte aux mains de la police des mœurs iranienne, la Gasht-e Ershad, après avoir été détenue pour avoir prétendument enfreint les codes vestimentaires stricts imposés aux femmes.

Sa mort a depuis déclenché des protestations dans presque toutes les provinces d'Iran contre la répression des libertés individuelles.

Dans sa déclaration, l'association a exprimé sa «profonde solidarité et sa proximité avec les femmes iraniennes, qui manifestent de multiples façons pour revendiquer leur liberté et contre une oppression qui dure depuis quarante ans, mettant leur propre vie en danger».

La présidente de l'association, Paola Briguori, a qualifié les actions de Téhéran d'«horribles et inacceptables», ajoutant que «lorsque les droits fondamentaux sont mis à mal, on ne peut rester silencieux en attendant que tout se calme».

Briguori a indiqué que la répression des manifestants reflétait «l'héritage d'un régime qui viole constamment les droits de l'homme et la liberté d'expression, réprimant et annulant les droits des femmes. Il est temps de donner une voix à la désapprobation et de dire assez.»

Le président de la Fédération nationale de la presse italienne, Beppe Giulietti, a participé à une manifestation devant l'ambassade d'Iran à Rome. Il a déclaré que les médias avaient un rôle important à jouer pour mettre en lumière la situation en Iran et a exhorté les organisation médiatique à «donner de l'espace à ceux qui n'ont pas de voix aujourd'hui».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Yémen: Le gouvernement a «pleinement» respecté la trêve et a fait des concessions «majeures»

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad ben Moubarak, donne une conférence de presse dans la capitale marocaine Rabat, le 5 octobre 2022 (Photo, AFP).
Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad ben Moubarak, donne une conférence de presse dans la capitale marocaine Rabat, le 5 octobre 2022 (Photo, AFP).
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  • «Le groupe Houthi a imposé la guerre afin de satisfaire l'agenda expansionniste de Téhéran dans la région», a déclaré ben Moubarak
  • Au cours des six derniers mois, le pays a connu la plus longue cessation des hostilités et des violences en huit ans, ce qui a entraîné une baisse significative du nombre de décès de civils

AL-MUKALLÂ: Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a rempli toutes ses obligations dans le cadre de la trêve négociée par l'ONU et a fait des concessions «majeures» pour ouvrir la voie à son renouvellement et à la fin de la guerre, a déclaré mercredi le ministre yéménite des Affaires étrangères.

Ahmed Awad ben Moubarak a indiqué aux journalistes dans la capitale marocaine Rabat que les Houthis ont imposé de nombreuses restrictions et conditions pour contrecarrer les tentatives de prolonger la trêve.

Il a ajouté que la milice soutenue par l'Iran a refusé de payer les employés de la fonction publique dans les zones qu'elle contrôle, bien qu'elle ait gagné des millions de dollars grâce à la vente de cargaisons de pétrole qui sont entrées dans le port d’Al-Hodeïda pendant la trêve.

«Nous avons exécuté tout ce qui était prévu dans l'accord d'armistice et fait des concessions majeures. Les Houthis ont placé de nouveaux barrages routiers à chaque étape des pourparlers», a signalé le ministre yéménite, soulignant que l'artillerie, les drones chargés d'explosifs, les tireurs d'élite et les mines terrestres des Houthis avaient tué ou blessé 1 400 soldats et officiers gouvernementaux, ainsi que 94 civils pendant la trêve.

Le ministre a affirmé que le gouvernement ne paierait les employés publics dans les zones houthies que si la milice déposait les recettes du port d’Al-Hodeïda à la banque centrale, conformément à l'accord de Stockholm négocié par l'ONU en 2018.

«Les Houthis ont pillé plus de 18 millions d’euros avant l'armistice et n'en ont pas versé un seul comme salaire aux employés de la fonction publique depuis la signature de l'accord de Stockholm.»

Il a accusé l'Iran d'utiliser les Houthis pour servir ses objectifs expansionnistes et a promis de s'opposer aux tentatives de Téhéran de prendre le contrôle des ressources du pays, notamment du pétrole.

«Le groupe Houthi a imposé la guerre afin de réaliser l'agenda expansionniste de Téhéran dans la région», a-t-il déclaré. «Nous utiliserons notre droit constitutionnel afin de défendre notre nation et notre peuple, et nous ne laisserons pas l'Iran prendre le contrôle des richesses pétrolières du Yémen.»

Les efforts déployés par la communauté internationale pour mettre fin à la guerre au Yémen ont pris un sérieux coup cette semaine lorsque les Houthis, soutenus par l'Iran, ont refusé de renouveler la trêve et menacé de prendre pour cible les navires transportant les exportations de pétrole du pays depuis les zones contrôlées par le gouvernement.

Les Houthis ont refusé une proposition visant à alléger partiellement leur siège de Taïz en ouvrant au moins une route principale pour rentrer et sortir de la ville, et ils ont déclaré à l'envoyé des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, qu'ils n'accepteraient de renouveler la trêve que si le gouvernement yéménite payait les fonctionnaires dans les zones qu'ils contrôlent.

Au cours des six derniers mois, le pays a connu la plus longue cessation des hostilités et des violences en huit ans, ce qui a entraîné une baisse significative du nombre de décès de civils.

Grâce à la trêve entrée en vigueur le 2 avril et renouvelée deux fois, des milliers de passagers ont pu prendre l'avion à l'aéroport de Sanaa et plus de 50 navires de ravitaillement sont entrés dans le port d’Al-Hodeïda, mettant fin aux graves pénuries de carburant dans les zones contrôlées par les Houthis.

De même, la mission de l'UE au Yémen a accusé les Houthis de saper les efforts internationaux visant à renouveler la trêve par leurs «exigences maximalistes» et a exhorté les factions belligérantes, notamment les Houthis, à coopérer avec l'émissaire des Nations unies pour le Yémen et à désamorcer la situation.

«Nous exhortons en particulier les Houthis à modérer leurs exigences et à s'engager de manière constructive avec l'envoyé spécial des Nations unies, Hans Grundberg, afin que la trêve puisse se poursuivre et se transformer en un cessez-le-feu réel, ouvrant la voie à un processus global menant à la paix au Yémen», a soutenu la mission de l'UE dans un communiqué.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com