Rencontre émouvante entre un médecin syro-britannique et la famille du chirurgien qui fut sa source d’inspiration

Karim al-Jian, 24 ans, est né à Alep mais a grandi au Royaume-Uni (à gauche), et le Dr Abbas Khan, un chirurgien orthopédiste londonien tué dans une prison syrienne. (Compte Twitter @Idlibie)
Karim al-Jian, 24 ans, est né à Alep mais a grandi au Royaume-Uni (à gauche), et le Dr Abbas Khan, un chirurgien orthopédiste londonien tué dans une prison syrienne. (Compte Twitter @Idlibie)
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Publié le Mardi 03 août 2021

Rencontre émouvante entre un médecin syro-britannique et la famille du chirurgien qui fut sa source d’inspiration

  • Une enquête britannique menée en 2014 a conclu qu’Abbas Khan avait été illégalement exécuté
  • Karim al-Jian: «Que quelqu’un puisse se rendre dans un pays – avec lequel il n’a absolument aucun lien – comme ça, par générosité, uniquement pour sauver des vies, est absolument incroyable»

LONDRES: Une rencontre particulièrement émouvante a eu lieu entre un médecin britannique d’origine syrienne fraîchement diplômé et deux membres de la famille du chirurgien défunt dont le sacrifice l’a poussé à suivre cette voie.

Karim al-Jian, 24 ans, est né à Alep et a grandi au Royaume-Uni. Il a récemment rencontré le frère et la sœur du Dr Abbas Khan, un chirurgien orthopédiste originaire de Londres tué dans les geôles syriennes. Ce dernier avait troqué le confort de sa maison contre une mission humanitaire dans un pays ravagé par la guerre.

M. Al-Jian a publié une photo de lui tenant entre les mains une photo d’Abbas Khan. Il écrit: «En 2012, le chirurgien britannique Abbas Khan s’est rendu à Alep en Syrie afin de venir en aide aux personnes blessées. Il a été torturé et tué par le régime syrien. Son histoire en a touché plus d’un, notamment un petit garçon alépin qui voulait être comme le Dr Khan. Aujourd’hui, ce garçon est devenu médecin.»

La sœur du Dr Khan, Sara, 31 ans, demande alors aux utilisateurs de Twitter de l’aider à localiser Karim al-Jian. «C’est si touchant que j’en ai les larmes aux yeux. J’aimerais, si possible, lui envoyer un message», écrit-elle.

C’est la BBC qui organise la rencontre entre le nouveau médecin et la famille de M. Khan. Sara déclare à Karim al-Jian: «Que vous ayez dédié votre carrière médicale à Abbas est une source d'inspiration. Je ne peux vous décrire à quel point les membres de ma famille et moi étions touchés. Ça nous a fait tellement plaisir de lire vos mots.»

Shah, le frère du défunt, est également chirurgien orthopédiste. Il confie qu’il restera en contact avec Karim al-Jian afin de lui donner des conseils sur son parcours professionnel. M. Al-Jian a l’intention de choisir la même spécialité que les frères Khan.

Adolescent, Karim al-Jian avait été extrêmement inspiré par le sacrifice d’Abbas Khan, ce qui l’a poussé à suivre une formation médicale.

Le jour de l’obtention de son diplôme, et huit ans après la mort du chirurgien, Karim al-Jian a tenu à rendre hommage à Abbas Khan sur les réseaux sociaux, en posant avec sa photo, vêtu de sa toge.

M. Khan s’était rendu en Syrie via la Turquie afin de venir en aide aux victimes des hôpitaux bombardés, souvent pris pour cible par les forces du régime.

Il fut arrêté et emprisonné dans les geôles du régime pendant plus d’un an. En décembre 2013, il est retrouvé pendu dans sa cellule. Il avait 32 ans. Une enquête britannique menée en 2014 a conclu qu’il avait été illégalement exécuté.

L’histoire d’Abbas Khan a profondément marqué Karim al-Jian, notamment le récit qu’il fait sur la souffrance dont il a été témoin.

«Que quelqu’un puisse se rendre dans un pays – avec lequel il n’a absolument aucun lien – comme ça, par générosité, uniquement pour sauver des vies, est absolument incroyable. La vie des autres lui importait plus que la sienne», souligne M. Al-Jian. «J’ai vraiment senti que la douleur de sa mère est celle de centaines de milliers de Syriens.»

Vivant à l'époque dans le nord de l'Angleterre, Karim al-Jian a obtenu une place afin d’étudier sur la côte sud du pays, à la Brighton and Sussex Medical School. Il a obtenu son diplôme le mois dernier après cinq ans d’études.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.