Le Venezuela en proie à l'hyperinflation va supprimer six zéros à sa monnaie

Les pouvoirs publics qui espèrent à terme revenir à une économie se servant du bolivar assurent que l'utilisation du dollar est «temporaire». (Photo, AFP)
Les pouvoirs publics qui espèrent à terme revenir à une économie se servant du bolivar assurent que l'utilisation du dollar est «temporaire». (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 06 août 2021

Le Venezuela en proie à l'hyperinflation va supprimer six zéros à sa monnaie

  • Bien avant la mesure, la rue a déjà «adopté» partiellement la nouvelle suppression de zéros puisque les prix étaient souvent annoncés ou écrit en milliers et non en millions pour des raisons pratiques
  • Jadis acteur majeur du marché pétrolier mondial, le Venezuela, qui a produit jusqu'à 3,3 millions de barils par jour, en est aujourd'hui à un peu plus de 500 000 b/j

CARACAS : Le Venezuela va supprimer le 1er octobre six zéros à sa monnaie, le bolivar, en raison de l'hyperinflation qui l'a dépouillé de sa valeur et conduit à une dollarisation de l'économie, a annoncé jeudi la Banque centrale.

En 13 ans, le bolivar aura perdu 14 zéros, signe des dévaluations successives imposées au gouvernement.

L'ancien président Hugo Chavez (1999-2013) avait supprimé trois zéros en 2008. Son successeur et actuel président, Nicolas Maduro, avait fait de même en août 2018 en supprimant cinq zéros.

"A partir du 1er octobre, entrera en vigueur le bolivar digital lors de l'application d'une nouvelle échelle monétaire qui supprime six zéros à la monnaie nationale", indique un communiqué de la Banque centrale dans un pays où l'économie s'est presque totalement dollarisée ces derniers mois. 

La plupart des transactions se font en monnaie américaine alors que l'inflation a été de plus de 250% entre janvier et mai. L'hyper-inflation a atteint 400 000% en 2018, près de 10 000% en 2019 et 3 000% en 2020. 

Jadis riche pays pétrolier, le Venezuela a vu son PIB chuter de 80% depuis 2013 et 65% des ménages vivent dans la pauvreté.

Le pays va imprimer de nouveaux billets pour accompagner la  mesure alors que ceux-ci ont presque disparu de la circulation dans le pays. La plupart des échanges qui ne se font pas en dollars se font de manière numérique (paiements par carte, virement ou transfert bancaire).

Cette décision vise à "faciliter" l'utilisation de la monnaie, en la ramenant à "une échelle monétaire plus simple", poursuit le texte.

Selon la Banque centrale, "ce changement d'échelle monétaire qui s'appuie sur l'approfondissement et le développement de l'économie numérique constitue un fait historique au moment où le pays entame un redressement économique après une crise provoquée par l'attaque brutale de notre économie, de notre monnaie et le blocus économique criminel et financier".

Mesure «nécessaire» mais pas miraculeuse

Le gouvernement invoque régulièrement les sanctions internationales imposées depuis 2019, notamment par les Etats-Unis, pour tenter d'évincer le président Maduro du pouvoir, même si la crise dure depuis plus de 8 ans. 

"C'était une décision attendue. C'était nécessaire", a indiqué l'économiste César Aristimuño. 

"Les facturations et les processus comptables des entreprises étaient presque impossibles" avec autant de zéros, souligne-t-il. 

Bien avant la mesure, la rue a déjà "adopté" partiellement la nouvelle suppression de zéros puisque les prix étaient souvent annoncés ou écrit en milliers et non en millions pour des raisons pratiques. 

Si la mesure est "pratique (...) on ne peut pas attendre des miracles économiques étant donné" que cette opération "arrive sans mesures économiques de fond" qui pourraient enrayer l'inflation, estime M. Aristimuño. 

"Plus de zéros, moins de zéros, c'est du pareil au même", soupire Marisela Lopez, 34 ans, vendeuse de légumes au marché municipal de Catia, quartier populaire du ouest de Caracas "L'activité reste la même, ça ne change rien".

"On a tiré de nouveaux billets, et encore des billets. Maintenant, on les voit par-terre, on les brûle, on ne sait plus quoi en faire!", dit-elle à propos des anciens billets.

Alors que les échanges numériques (cartes ou transferts) avaient pris le pas sur les paiements en liquide, elle souligne que désormais tout le monde "cherche à se débarrasser de ses billets. Nous aussi d'ailleurs parce que si on se retrouve avec beaucoup de billets... qu'est ce qu'on en fera ensuite? On ne sait pas"  

Jadis acteur majeur du marché pétrolier mondial, le Venezuela, qui a produit jusqu'à 3,3 millions de barils par jour, en est aujourd'hui à un peu plus de 500 000 b/j.

L'utilisation du dollar, la monnaie du principal adversaire du Venezuela, "est très paradoxale", avait reconnu en avril le ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, alors que les autorités nationales avaient longtemps tenté d'empêcher sa circulation.

Les pouvoirs publics qui espèrent à terme revenir à une économie se servant du bolivar assurent que l'utilisation du dollar est "temporaire". 


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.