Le nouveau président iranien ultraconservateur prête serment

Le président iranien nouvellement élu, Ebrahim Raïssi (à droite), prête serment devant le Parlement iranien à Téhéran, le 5 août 2021. (Photo, AFP)
Le président iranien nouvellement élu, Ebrahim Raïssi (à droite), prête serment devant le Parlement iranien à Téhéran, le 5 août 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 06 août 2021

Le nouveau président iranien ultraconservateur prête serment

  • La toile de fond est d’autant plus assombrie par le refus de Washington à ce jour de desserrer les tenailles des sanctions qui paralysent le régime
  • Le pays enrichit désormais une petite quantité d'uranium jusqu'à 63%, à un cheveu des niveaux de qualité militaire

TÉHÉRAN : Le nouveau président iranien et protégé du guide suprême, Ebrahim Raïssi, a prêté serment jeudi dans une cérémonie au Parlement, une inauguration qui scelle la mainmise des ultraconservateurs sur toutes les branches de l’État de la République islamique. 

L'ancien chef du système judiciaire, réputé pour sa méfiance à l'égard de l'Occident, prend les rênes du pouvoir dans un contexte on ne peut plus tendu. 

Les pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis pour sauver l'accord nucléaire historique de 2015 de Téhéran sont au point mort. Une toile de fond d’autant plus assombrie par le refus de Washington à ce jour de desserrer les tenailles des sanctions qui paralysent le régime, ainsi que par des hostilités régionales croissantes.

«Les sanctions doivent être levées», affirme Raïssi lors d’un discours d'investiture d'une demie heure. «Nous appuierons toute initiative diplomatique qui soutient cet objectif».

Coiffé du turban noir traditionnel qui l'identifie dans la tradition chiite comme descendant direct du prophète de l'islam Mohammed, Raïssi a récité le serment d'entrée en fonction la main droite sur le Coran.

Dans son discours, Raïssi souligne son adhésion à la diplomatie pour lever les sanctions américaines et résoudre les désaccords avec le voisinage, une référence subtile à la rivale sunnite, l'Arabie saoudite. Mais il indique également que l'Iran compte étendre sa puissance pour contrebalancer les ennemis de la région.

«Partout où il y a de l'oppression et du crime dans le monde, au cœur de l'Europe, aux États-Unis, en Afrique, au Yémen, en Syrie, en Palestine… nous nous tiendrons aux côtés du peuple», dit-il, dans une allusion aux milices soutenues par l'Iran tels que les Houthis au Yémen et le Hezbollah du Liban. Sa voix s'élève avec émotion et suscite une clameur d'approbation de la part du public. «Le message de l'élection indique la résistance contre les pouvoirs arrogants».

Raïssi, qui a remporté une victoire écrasante dans un scrutin témoin de la participation électorale la plus faible de l'histoire du pays, fait face à une montagne de problèmes. Une situation qu’il résume lui-même dans son discours avec «le plus haut niveau d'hostilités de la part des ennemis de l'Iran, des sanctions économiques injustes, une guerre psychologique généralisée et les difficultés de la pandémie du coronavirus».

Les sanctions en vigueur laissent l'Iran aux prises avec une inflation incontrôlable, une baisse de revenus, de continuelles pannes d'électricité, ainsi que des pénuries d'eau qui ont déclenché un nombre de manifestations. Privé du droit de vendre son pétrole à l'étranger, le régime voit son économie et sa monnaie s'effondrer, une chute libre qui touche surtout les citoyens ordinaires. 

Sans proposer un programme spécifique, Raïssi s'engage à résoudre la crise économique croissante du pays, à améliorer la chute de la monnaie et à «redonner confiance aux pauvres».

La décision de l'ancien président Donald Trump de se retirer de l'accord nucléaire iranien en 2018 a conduit Téhéran à abandonner au fil du temps toutes les limitations qui balisaient son programme d’enrichissement nucléaire. 

Le pays enrichit désormais une petite quantité d'uranium jusqu'à 63%, à un cheveu des niveaux de qualité militaire, contre le taux de 3,67% stipulé dans le cadre de l’entente. Il fait également tourner des centrifugeuses beaucoup plus nombreuses et avancées que ce qu’autorise par l'accord, ce qui inquiète les experts en matière de non-prolifération nucléaire, et bien que Téhéran insiste que son programme soit purement pacifique.

Raïssi, 60 ans, un religieux conservateur profondément façonné par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a promis de s'engager avec les États-Unis. Toutefois, il adopte également une position dure qui exclut les négociations pour limiter le développement de missiles iraniens et le soutien aux milices régionales, un sujet que l'administration Biden tient à aborder. 

La cérémonie officielle à Téhéran survient une semaine seulement après qu'un drone se soit écrasé sur un pétrolier exploité par un milliardaire israélien au large des côtes d'Oman, tuant deux membres d'équipage

Les États-Unis, Israël et le Royaume-Uni accusent l'Iran de la frappe et ont promis une riposte collective, le ministre israélien de la Défense ayant même averti jeudi que le pays était prêt à attaquer l'Iran. Bien que Téhéran nie toute implication, l'agression intensifie une guerre fantôme longue de plusieurs années, qui cible la navigation commerciale au Moyen-Orient et menace de compliquer les efforts pour relancer l'accord nucléaire.

La cérémonie d’investiture, en comité restreint en raison de la pandémie du coronavirus qui ravage le pays, a quand même attiré des leaders et des dignitaires du monde entier. Les présidents irakien et afghan se sont déplacés pour l'occasion, ainsi qu'Enrique Mora, le responsable de l'Union européenne qui a coordonné les récentes négociations nucléaires à Vienne. Des hauts responsables d'Oman, du Qatar, du Koweït, du Venezuela et de la Corée du Sud étaient également présents. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.