Disney attire abonnés et estivants, sans craindre le variant Delta

A Wall Street, le titre de Disney s'appréciait de plus de 5% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse. (Photo, AFP)
A Wall Street, le titre de Disney s'appréciait de plus de 5% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Disney attire abonnés et estivants, sans craindre le variant Delta

  • Désormais, le géant du divertissement a accès directement à son public via le streaming et les salles dépendent de son bon-vouloir
  • Le patron a rappelé que le groupe avait choisi de privilégier la flexibilité, pour être capable de suivre le consommateur où qu'il aille

SAN FRANCISCO : Disney a séduit au-delà des attentes d'avril à juin, aussi bien du côté des plateformes de streaming que dans les parcs d'attraction, et le variant Delta du Covid ne devrait pas affecter dramatiquement ses activités cet été.

Disney+ compte désormais 116 millions d'abonnés, bien au-delà des attentes du marché, d'après le communiqué de résultats du groupe américain publié jeudi. Le service de streaming a gagné plus de 12 millions de souscriptions supplémentaires depuis fin mars, malgré l'augmentation de son prix mensuel de base à 8 dollars en avril.

Les analystes escomptaient seulement entre 113 et 114 millions d'adhérents. Le chiffre est suivi de près, pour voir si le service continue de croître malgré la sortie progressive de la pandémie, qui a largement contribué à son succès depuis son lancement fin 2019.

"Maintenant que Disney+ a été lancé dans la plupart des marchés majeurs, le travail difficile commence. Il va falloir continuer à attirer de nouveaux abonnés tout en conservant ceux qui ont déjà souscrit", a souligné Eric Haggstrom du cabinet eMarketer.

Mais "le catalogue de streaming de Disney constitue la concurrence la plus importante pour Netflix, et Disney+ gagne du terrain rapidement sur le leader du secteur", a-t-il ajouté.

Sans compter les sorties de nouveaux titres, comme la série télévisée "Loki" de Marvel ou le dernier film d'animation de Pixar, "Luca", pendant le trimestre écoulé.

"Nos plateformes marchent très bien", s'est félicité le patron de la firme, Bob Chapek. 

"Nous avons désormais 174 millions d'abonnements en tout à Disney+, ESPN+ (sports, ndlr) et Hulu, et de nombreux nouveaux contenus sur le point d'être diffusés", comme la comédie musicale West Side Story de Steven Spielberg, dont la sortie a été reportée à décembre 2021.

Sale temps pour les salles de cinéma

Il y a deux ans, Disney produisait des contenus pour les cinémas et chaînes de télévision. Désormais, le géant du divertissement a accès directement à son public via le streaming et les salles dépendent de son bon-vouloir. 

Un phénomène accéléré par la pandémie et même le variant Delta qui se propage en ce moment.

"Nous n'avions pas anticipé, et personne d'autre non plus, la résurgence du Covid avec le variant, qui a un impact significatif sur le marché" de la distribution des films, a admis Bob Chapek.

Le patron a rappelé que le groupe avait choisi de privilégier la flexibilité, pour être capable "de suivre le consommateur où qu'il aille". Et "quand les salles ont rouvert, il y avait une immense réticence du public à revenir", a-t-il insisté.

Le film "Black Widow" est ainsi sorti en même temps sur Disney+ et dans les cinémas, ce qui vaut à la firme californienne des poursuites en justice de la star Scarlett Johansson. Elle accuse Disney de rupture de contrat lui ayant coûté des millions de dollars, car la sortie en ligne aurait affecté les recettes au box-office.

"Les tactiques de Disney autour des sorties en salles vont avoir des conséquences importantes sur l'industrie", a commenté l'analyste Joe McCormack de Third Bridge. 

"Les experts estiment que s'ils continuent à sortir les films le même jour en personne et sur la plateforme, ils pourraient potentiellement diviser par deux l'industrie des cinémas."

Grand soleil dans les parcs

Mais à Wall Street, le titre de Disney s'appréciait de plus de 5% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

Car le Royaume enchanté a ravi les investisseurs avec des résultats supérieurs à leurs attentes : 17 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 923 millions de profits d'avril à juin, au lieu de la perte nette de 4,7 milliards de dollars à la même période l'année dernière, quand la crise sanitaire heurtait de plein fouet ses parcs d'attraction et croisières.

Au troisième trimestre de son exercice décalé, sa division "parcs, expériences et produits dérives" est enfin revenue dans le vert, pour la première fois depuis le début de la pandémie, notamment grâce à la réouverture des magasins Disney et la levée partielle des restrictions dans les parcs d'attraction en Floride et en Californie.

Même s'ils fonctionnent toujours avec des capacités limitées, l'activité a engrangé 4,3 milliards de dollars de revenus, contre 1,1 milliard il y a un an.

A cause du variant Delta, Disney a dû ré-imposer fin juillet le masque à ses visiteurs dans les endroits fermés de ses parcs d'attraction. Et Bob Chapek a mentionné lors de la conférence téléphonique pour les analystes que les réservations de groupe étaient plus facilement annulées.

Mais "de façon générale les réservations pour nos parcs sont largement au-delà du niveau du trimestre écoulé, qui était déjà remarquable", a-t-il ajouté.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.