En Libye, le juteux marché de la reconstruction attise les convoitises

Chantier d'un hôtel non terminé, dans la capitale libyenne de Tripoli, le 13 août 2021. (Photo AFP)
Chantier d'un hôtel non terminé, dans la capitale libyenne de Tripoli, le 13 août 2021. (Photo AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 15 août 2021

En Libye, le juteux marché de la reconstruction attise les convoitises

  • Des centaines de projets, estimés à eux seuls à plusieurs milliards de dollars, ont été abandonnés après la chute en 2011 du dictateur Mouammar Kadfhafi, en raison de l'instabilité
  • Ces chantiers pourraient néanmoins bientôt reprendre de plus belle: la fin des combats, notamment aux portes de la capitale, et l'installation en mars dernier d'une autorité exécutive unifiée pour mener la transition ravivent l'espoir d'une reconstruction

TRIPOLI, LIBYE :  Après une décennie de chaos, la Libye s'engage dans un vaste chantier de reconstruction à la faveur d'une embellie politique, avec des projets représentant des dizaines de milliards de dollars dans ce riche pays pétrolier, une manne qui attise les convoitises.


Des grues rouillées sur les carcasses de bâtiments inachevés se succèdent le long de la corniche de Tripoli, la capitale, un témoignage d'une économie longtemps à l'arrêt.


Des centaines de projets, estimés à eux seuls à plusieurs milliards de dollars, ont été abandonnés après la chute en 2011 du dictateur Mouammar Kadfhafi, en raison de l'instabilité. Ils avaient été lancés au tournant de la décennie 2000-2010 par des mastodontes mondiaux.


Ces chantiers pourraient néanmoins bientôt reprendre de plus belle: la fin des combats, notamment aux portes de la capitale, et l'installation en mars dernier d'une autorité exécutive unifiée pour mener la transition ravivent l'espoir d'une reconstruction dans un pays où les infrastructures existantes ont aussi beaucoup souffert.


D'après certaines estimations, les besoins après les dégâts infligés par une décennie de conflit "dépassent les 100 milliards de dollars", souligne l'économiste libyen Kamal Mansouri, qui voit "la Turquie, l'Italie et l'Egypte décrocher la plus grosse part du gâteau".


Comparée à la Syrie, pays meurtri par dix ans de guerre, "la Libye représentera un plus grand champ de compétition pour la reconstruction", juge l'expert Samuel Ramani. Et cette "compétition pour les contrats sera beaucoup plus intense qu'en Syrie", dit-il

«Se repositionner»

Dès l'installation du nouveau gouvernement de transition en mars, Tripoli est devenue le théâtre d'un ballet diplomatique, où l'économie n'est jamais loin. 


Quand le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, s'est rendu dans le pays quelques jours après l'éclaircie politique du printemps, il était accompagné du patron du géant pétrolier italien ENI.


Actif en Libye depuis 1959, le groupe italien se positionne désormais pour la construction d'une centrale photovoltaïque dans le sud de la Libye.


Quelques semaines plus tard, lors d'un déplacement à Paris, le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah a été reçu par l'organisation patronale française, le Medef, qui souhaite voir les entreprises tricolores "prendre activement part à la reconstruction".


Début juin, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, est, lui, venu accompagné de plusieurs hommes d'affaires, dans l'espoir de participer à "la reconstruction et au développement" du pays.


Les voisins de la Libye ne sont pas en reste: le groupe algérien Sonatrach a récemment dit envisager une reprise de ses activités, alors que les responsables tunisiens ont multiplié les appels du pied pour réactiver une collaboration vitale pour leur économie, surtout celle du sud.


Des discussions ont également eu lieu avec l'Egypte, pour qui la Libye était un important marché avant 2011, notamment dans le bâtiment.


Profitant de sa proximité avec les élites de la Tripolitaine, la Turquie s'est déjà positionné sur d'importants projets dans l'Ouest.


Depuis la désignation de M. Dbeibah, lui-même issu des milieu d'affaires, de nombreux "conseils" bilatéraux ont été réactivés, et les "forums économiques" se sont multipliés.

Financements

"La Libye n'a rien construit depuis 10 ans, elle n'a pas maintenu son infrastructure. C'est un pays riche qui a des besoins de travaux légitimes", confie à l'AFP Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye au sein du centre de réflexion Global Initiative.


Le réseau électrique est défaillant, les infrastructures sont à plat: la plupart des aéroports ont été endommagés par les combats et il n'y a ni ligne ferroviaire ni autoroutes. 


Mais ce marché prometteur n'est pas sans risques: "avant 2011, il y a eu quantité exceptionnelle de chantiers lancés et attribués à la Chine, la Russie et la Turquie. Sauf que la Libye n'est plus ce qu'elle était en 2006, on ne sait pas où en sont les réserves de dollars, on ne sait pas si les conditions de sécurité sont bonnes", note M. Harchaoui.


"Dbeibah s'imaginait avoir le budget de l'Etat depuis mars, or, ce n'est toujours pas le cas", insiste-t-il.


La sécurité reste à ce jour précaire. Les mercenaires étrangers sont toujours stationnés dans le pays, les milices n'ont pas été démantelées.


Politiquement, les élections législatives et présidentielle annoncées pour décembre, censées boucler la phase de transition, semblent de plus en plus hypothétiques. Avec le risque persistant de voir le pays replonger dans le chaos.


Pourquoi l’Irak ne peut subvenir aux besoins de ses jeunes en matière d’emploi

Des Irakiens participent à des manifestations contre la corruption et le chômage. (Photo, AFP)
Des Irakiens participent à des manifestations contre la corruption et le chômage. (Photo, AFP)
Short Url
  • L’Irak ne semble pas près de se libérer de sa dépendance de longue date vis-à-vis de son seul atout: le pétrole
  • La question de l’allégement du fardeau qui pèse sur les caisses de l’État et de l’orientation des travailleurs vers des entreprises privées créatrices de richesse est difficile à résoudre pour les gouvernements successifs

DUBAÏ: Lorsque des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans les rues de Bagdad et des villes du sud et du centre de l’Irak fin 2019, une revendication fondamentale a résonné plus fort que toutes les autres: les possibilités d’emploi. 

Le pays, qui venait tout juste de sortir de décennies de tyrannie, de blocus, de guerres et d’insurrections, n’a que très peu apporté à la génération de jeunes Irakiens ayant atteint l’âge adulte dans les années qui ont suivi la chute de Saddam Hussein en 2003. 

Deux ans après ces manifestations, qui se sont essoufflées avec l’apparition de la pandémie de Covid-19 au début de l’année 2020, et face à la répression infligée par les puissantes milices irakiennes, les jeunes Irakiens affirment que rien n’a changé. 

«En réalité, c’est même pire qu’avant», déclare Rachid Mansour, un coiffeur de l’ouest de Bagdad, à Arab News. «Mes cousins et moi ne pouvons nous permettre de rester ici. Nous travaillons tous à temps partiel. Tout comme le reste du pays, nous avons du mal à joindre les deux bouts», poursuit-il. 

Avec peu d’indicateurs de performance qui suggèrent le contraire, l’économie vacillante de l’Irak ne semble pas près de se libérer de sa dépendance de longue date vis-à-vis de son seul atout: le pétrole. 

Même si le pays s’est ouvert à l'ensemble de la région et au monde, après avoir assoupli les restrictions de visas pour les visiteurs, il n’existe pas beaucoup de possibilités d’investissement au-delà du secteur pétrolier dans les nombreuses autres industries et entreprises longtemps défendues par ses dirigeants. 

Les appels à diversifier l’économie du pays sont restés sans réponse, tandis que les autorités continuent de faire la sourde oreille quant aux demandes de rationalisation du secteur public pléthorique. Les efforts d’efficacité sont ouvertement raillés par les citoyens, tout comme les obstacles que les investisseurs doivent franchir pour créer des entreprises privées. 

Près de deux décennies après que l’invasion menée par les États-Unis a renversé le régime baasiste, l’Irak continue d’avoir l’un des plus grands effectifs au sein du secteur public par habitant au monde. Sur le papier, le pays emploie quelque 7 millions de personnes sur une population estimée à 39,3 millions. 

La question de l’allégement du fardeau qui pèse sur les caisses de l’État et de l’orientation des travailleurs vers des entreprises privées créatrices de richesse est difficile à résoudre pour les gouvernements successifs. Aucun n’a osé agir contre un district d’électeurs qui pourrait faire basculer le résultat d’une élection, ou contre un système qui a longtemps été au cœur de la manière dont le pays est dirigé. 

1
Un Irakien fume la chicha sous une peinture murale féministe qui porte le slogan arabe: «Ainsi sont nos femmes.» (Photo, AFP) 

«L’Irak se retrouve dans un cercle vicieux», confie à Arab News Ahmed Tabaqchali, stratège du fonds AFC pour l’Irak et chercheur principal à l’Institut de recherche sur les politiques Iris Mideast. «D’autres pays, à l’image de l’Arabie saoudite, prennent des initiatives comme le projet Vision 2030. C’est une bonne façon de mettre fin à la dépendance au pétrole. Mais en Irak, c’est différent. Il n’existe pas de gouvernement central puissant, mais plutôt de multiples sources de pouvoir.» 

«Les revenus pétroliers jouent un rôle primordial. Ils permettent de payer les retraites et les salaires du secteur public et ils offrent une sécurité sociale. C’est un défi d’en sortir. Il existe un accord tacite entre le gouvernement et le peuple. Les gens s’attendent à recevoir des services en échange de leur acceptation du gouvernement au pouvoir et un emploi dans le secteur public constitue l’un de ces services.» 

«Aucun parti ne veut se lancer seul dans les réformes car cela affaiblirait son pouvoir. L’Irak a besoin d’une classe politique engagée dans des plans à long terme, parce que c’est la seule façon de s’en sortir. Le secteur privé a besoin de temps pour se développer.» 


Début de l’entraînement naval entre l’Arabie saoudite et l’Égypte

Les exercices navals conjoints Morgan-17, entre les marines saoudienne et égyptienne, ont commencé en Arabie saoudite. (Porte-parole de l’armée égyptienne)
Les exercices navals conjoints Morgan-17, entre les marines saoudienne et égyptienne, ont commencé en Arabie saoudite. (Porte-parole de l’armée égyptienne)
Short Url
  • Les exercices Morgan-17 «visent à renforcer la coopération entre les marines des deux pays»
  • Les exercices Taboul-5 en cours dans le Royaume impliquent les forces spéciales saoudiennes et égyptiennes, l’infanterie, des véhicules blindés et diverses armes spécialisées

LE CAIRE: Un entraînement conjoint entre les marines saoudienne et égyptienne a commencé et durera plusieurs jours. 

Les exercices Morgan-17 comprennent «de nombreux séminaires et conférences de formation, et la mise en œuvre de plusieurs activités pratiques, telles que des exercices de tir tactique par les forces spéciales des marines des deux parties avec diverses armes légères, des exercices de tir d’artillerie sol-sol sur une cible, des exercices de tir sol-air sur une cible aérienne, et l’exécution de formations de navigation», précise le porte-parole de l’armée égyptienne, Gharib Abdel Hafez. 

Les exercices Morgan-17 «visent à renforcer la coopération entre les marines des deux pays, à unifier leurs concepts opérationnels dans les méthodes d’exécution des tâches navales contre diverses menaces, et à former les équipages aux tâches de diverses guerres navales et à celles des forces spéciales. Cela permet d’accroître l’efficacité au combat des marines des deux pays», ajoute-t-il. 

Les exercices Taboul-5 en cours dans le Royaume impliquent les forces spéciales saoudiennes et égyptiennes, l’infanterie, des véhicules blindés et diverses armes spécialisées. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le cabinet des ministres saoudien se réunit en personne pour la première fois en deux ans

Le roi Salmane d'Arabie saoudite préside une réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Riyad. (SPA)
Le roi Salmane d'Arabie saoudite préside une réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Riyad. (SPA)
Le roi Salmane d'Arabie saoudite préside une réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Riyad. (SPA)
Le roi Salmane d'Arabie saoudite préside une réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Riyad. (SPA)
Short Url
  • Le Cabinet a réaffirmé sa condamnation des attaques houthies contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis
  • Il a également discuté des résultats de la récente visite du président sud-coréen dans le Royaume

RIYAD: Le roi Salmane d'Arabie saoudite a présidé en personne aujourd’hui la réunion du Cabinet du Royaume pour la première fois en deux ans, en raison de la pandémie de coronavirus. 

Au cours de la réunion, le Cabinet a réaffirmé sa condamnation des attaques houthies contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU). 

Le Cabinet a souligné l’urgence pour la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies (ONU), d'agir contre la milice houthie en mettant fin à ses agressions contre la paix et la sécurité mondiales. 

1

Il a également discuté des résultats de la récente visite du président sud-coréen dans le Royaume, de ses entretiens avec le prince héritier, Mohammed ben Salmane, ainsi que des accords conclus dans divers domaines. 

Un protocole d'accord entre le Royaume et le Koweït pour une coopération visant à encourager les investissements directs a également été approuvé lors de la réunion. 

1

Un projet de mémorandum de coopération entre le Royaume et la Malaisie sur la reconnaissance mutuelle des certificats halal pour les produits locaux a également été discuté. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com