Au Liban, une rentrée scolaire morose en perspective avec la crise énergétique et l'effondrement de la monnaie

Prise de vue d’immeubles à Beyrouth, au Liban, le 26 septembre 2018. (Photo, Reuters)
Prise de vue d’immeubles à Beyrouth, au Liban, le 26 septembre 2018. (Photo, Reuters)
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Publié le Mercredi 25 août 2021

Au Liban, une rentrée scolaire morose en perspective avec la crise énergétique et l'effondrement de la monnaie

  • L'une des principales menaces pour la prochaine année scolaire au Liban est le carburant, nécessaire pour le chauffage, l'éclairage et les transports
  • Selon l'Observatoire de crise de l’université américaine de Beyrouth, les frais de transport des étudiants représentent désormais le double des frais de scolarité

BEYROUTH: La crise énergétique au Liban et l'effondrement de la monnaie annoncent une rentrée universitaire morose, affirme un rapport de l'Observatoire de crise de l'université américaine de Beyrouth (AUB).

Les élèves devraient retourner à l’école dans quelques semaines. Lundi, le ministre de l'Éducation, Tarek Majzoub, a annoncé un «retour de l’enseignement en présentiel» après deux ans d'enseignement à distance.

Majzoub a déclaré que l'année scolaire 2021-2022 commencerait le 27 septembre, d’abord en maternelle, puis ensuite dans tous les autres niveaux. Les écoles privées auront la liberté de déterminer leur propre échéancier, qui commence normalement entre le début et la fin du mois de septembre.

Mais cette année, la rentrée ne sera pas ordinaire: les parents incapables de payer les frais de transport de leurs enfants, et de faire face à la hausse des frais de scolarité ont exprimé leur colère. La situation dans le pays a également suscité un tollé du côté des établissements d'enseignement.

Le père Youssef Nasr, président du Secrétariat général des écoles catholiques, a mis en relief mardi la lutte quotidienne des Libanais pour joindre les deux bouts.

L'un des principaux problèmes menaçant la prochaine année scolaire est le carburant, nécessaire pour le chauffage, l'éclairage et les transports.

Son prix a grimpé en flèche après la levée des subventions gouvernementales, et de la dévaluation vertigineuse et continue de la livre libanaise. Mardi, le taux de change du dollar sur le marché noir était d'environ 19 000 livres libanaises (LL).  Le chiffre change quotidiennement.

Selon l'Observatoire de crise, les frais de transport des étudiants représentent le double des frais de scolarité. Le secteur des transports a menacé d'augmenter le tarif pour un passager à 25 000 LL (environ 14 euros, selon le tarif officiel).

L'Observatoire a estimé les prix des fournitures scolaires basiques – stylos, cahiers et sacs à dos – à un minimum de 479 500 LL pour chaque étudiant, soit environ 71% du salaire minimum.

Ghada, une mère de 31 ans, qui a trois enfants dans une école privée de Beyrouth, s’insurge. «Est-il raisonnable que je dépense chaque mois un million de LL pour emmener chaque enfant à l'école, alors que le coût du carburant est passé à 250 000 LL, à condition qu’il soit disponible? Cela signifie que je devrais payer 3 millions de LL pour aller de Hadath (dans la banlieue de Beyrouth) à Moussaitbeh (à Beyrouth), sans compter le coût de la nourriture, de l'eau, de l'électricité, des frais de générateur, des médicaments et de tout le nécessaire pour survivre. C'est insensé!» s’exclame-t-elle.

Dans une papeterie du quartier de Furn el-Chebbak, Raymond, âgé de 35 ans, père de deux enfants a été choqué en découvrant les prix des cahiers, stylos et crayons.

«Le prix d'un cahier est de 45 000 LL, ce qui équivaut au prix de 2 kilos de yaourt, alors que les deux sont des produits libanais. Ils nous volent, et personne n’est tenu pour responsable. C'est de l'humiliation!», s’indigne-t-il. «Je suis très en colère. Mon salaire mensuel ne dépasse pas 2 millions de LL. Je suis un employé. J'avais pu envoyer mes enfants dans une école privée, mais aujourd'hui, je ne pourrai peut-être même plus les inscrire dans une école publique.»

Des activistes ont fait état de la flambée des prix des livres imprimés et publiés au Liban. Le prix du livre de langue arabe pour les élèves de CM2 est de 500 000 LL.

Selon le rapport de l'Observatoire de crise, «70% des familles se fiaient aux écoles privées, en particulier pour le primaire et le collège. À la suite de la crise économique, le transfert vers les écoles publiques est devenu la norme, plus de la moitié de la population libanaise vivant dans la pauvreté, et la majorité des familles étant incapable de payer les frais de scolarité des écoles privées».

Iman Alaywan, professeure à l'université arabe de Beyrouth, explique recevoir des appels quotidiens de ses étudiants extrêmement inquiets de la prochaine année universitaire, et demandant des renseignements sur les solutions proposées par l'université.

«L'administration de l'université est encline à continuer l’enseignement à distance, afin d'alléger le fardeau des frais de carburant et d'internet», affirme-t-elle à Arab News. «L'université permettra d'enregistrer les conférences qui seront données selon un horaire défini pour ceux qui ont l'électricité et l’internet chez eux. Ceux qui ne disposent pas de ces services peuvent revoir les conférences au moment qui leur convient.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.