Le monde musulman a fait d'énormes progrès dans le débat et la discussion sur l'islam depuis le 11-Septembre

Le rapport «L'état du débat sur l'islam: développements théologiques dans le monde musulman depuis le 11-Septembre» fait partie d'une série du TBI qui marque le 20e anniversaire des attentats terroristes survenus le 11 septembre 2001 aux États-Unis. (capture d'écran/Shutterstock)
Le rapport «L'état du débat sur l'islam: développements théologiques dans le monde musulman depuis le 11-Septembre» fait partie d'une série du TBI qui marque le 20e anniversaire des attentats terroristes survenus le 11 septembre 2001 aux États-Unis. (capture d'écran/Shutterstock)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

Le monde musulman a fait d'énormes progrès dans le débat et la discussion sur l'islam depuis le 11-Septembre

  • Le rapport fait partie d'une série du TBI qui marque le 20e anniversaire des attentats terroristes survenus le 11 septembre 2001 aux États-Unis
  • «Bien qu’ils soient rarement relayés, des progrès significatifs ont été réalisés pour faire face aux dirigeants extrémistes aux cours des vingt dernières années»

LONDRES: Selon un rapport publié aujourd'hui par le Tony Blair Institute for Global Change (TBI), les gouvernements des pays musulmans et les hauts dignitaires religieux islamiques ont fait de grands progrès par rapport aux extrémistes dans la reconquête de l'islam.

Intitulé «L'état du débat sur l'islam: développements théologiques dans le monde musulman depuis le 11-Septembre», le rapport fait partie d'une série du TBI qui marque le 20e anniversaire des attentats terroristes survenus le 11 septembre 2001 aux États-Unis. Il analyse les effets que ce drame a eus sur le paysage politique mondial et sur les débats autour de l'islam.

Le rapport, rédigé par Usama Hasan, analyste principal pour l'unité de politique sur l'extrémisme du TBI et imam en exercice, met en lumière plus de cent vingt déclarations, fatwas et édits émis par des érudits islamiques au cours des vingt dernières années pour tenter de faire face à la menace extrémiste. On trouve notamment parmi ces documents la Déclaration de La Mecque de 2002.

Le rapport évoque également le débat animé qui a cours dans le monde musulman depuis le 11-Septembre et il conclut que la discussion dominée par les fondamentalistes sur l'islam du XXe siècle a été remplacée par un récit du XXIe siècle plus progressiste et davantage tourné sur monde et sur les autres religions.

«Bien qu’ils soient rarement relayés, des progrès significatifs ont été réalisés pour faire face aux dirigeants extrémistes et à leurs perversions destructrices de l'islam au cours des vingt dernières années», écrit Hasan.

«Les gouvernements et les décideurs devraient prendre connaissance des débats intenses qui se déroulent à l’heure actuelle dans le monde musulman, car ces derniers devraient permettre de soutenir les voix et les forces qui sont plus ouvertes, inclusives et universalistes. De telles forces représentent un soutien durable aux actions qui sont entreprises pour offrir à l’humanité un avenir partagé et équitable.»

Hasan déclare à Arab News qu'il se félicite des réformes sociétales en cours en Arabie saoudite, qu’il décrit comme «très importantes et bienvenues». Il confie s’être adressé à un certain nombre de Saoudiens, en particulier à des femmes, qui sont «ravis» des réformes menées sous les directives du prince héritier, Mohammed ben Salmane.

Toutefois, malgré les progrès enregistrés, il estime qu'il est possible de faire davantage, non seulement en termes de dialogue et de débat entre musulmans, mais aussi du côté des non-musulmans.

Il donne quelques exemples, rares, de moments où le débat en Occident a atteint un niveau remarquable et mentionne notamment le discours que le président américain de l'époque, Barack Obama, a adressé au monde musulman à l'université Al-Azhar du Caire, en 2009, ainsi que le travail accompli par une poignée de ministres britanniques avec des chefs religieux. Mais ce genre d’occasions n’a pas lieu assez souvent, déplore Hasan.

«Il devrait y avoir une plus grande sensibilisation, aussi bien auprès des gouvernements occidentaux qu’auprès de ceux du monde non-musulman. Peut-être n’y a-t-il pas eu assez de compréhension au niveau gouvernemental, en termes de politique», avance-t-il.

«J'ai assisté à un certain nombre de conférences internationales sur le sujet et la sensibilisation du monde non islamique a tendance à venir de la communauté interconfessionnelle, notamment de la part d’un certain nombre de leaders et d'organismes interconfessionnels de premier plan. Mais, avec le déclin de la religion en Europe occidentale et aux États-Unis, cela remonte rarement jusqu’aux instances gouvernementales», ajoute-t-il.

«Avec les talibans récemment victorieux en Afghanistan, un régime khomeiniste enraciné en Iran, des groupes d'Al-Qaïda et d’autres affiliés à Daech dans le monde musulman, la lutte entre les fondamentalistes et les voix musulmanes progressistes se poursuivra au cours des prochaines décennies», prévoit-il.

Concernant le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, Hasan précise qu'il est dans l’intérêt de l'ensemble de la communauté internationale, et pas seulement du monde musulman, de s'engager davantage avec ses dirigeants afin d’assouplir sa conception de l'islam. Il pense que le Conseil de coopération du Golfe (CCG) peut jouer un rôle plus important à cet égard.

«Si la solution militaire n'a pas fonctionné, les efforts diplomatiques fondés sur le dialogue pourraient porter leurs fruits», précise-t-il.

«J'aurais souhaité, dans un monde idéal, avec tout cet engagement théologique au sein du monde islamique et du monde non islamique, voir les mollahs talibans impliqués. Il est dans l'intérêt de tous de s'engager davantage avec les talibans, de les pousser vers une vision plus progressiste et pluraliste de l'islam», poursuit-il.

Alors que les menaces d'Al-Qaïda et de Daech persistent, Hasan déclare qu'il serait «suicidaire» pour les talibans d’instaurer à nouveau la politique dure de leur dernier passage au pouvoir, entre 1996 et 2001. Leur classe dirigeante sera «très motivée» à l’idée de s'assurer que les groupes extrémistes ne se livrent à aucune nouvelle attaque de l’ampleur du 11-Septembre, explique l’analyste.

Le rapport de Hasan tente également d’expliquer que l'interprétation fondamentaliste et extrémiste de l'islam exploite des concepts islamiques classiques – l’oumma, le califat, la charia et le djihad – pour justifier leurs ambitions.

«Parce que l'islamisme est basé sur des interprétations très particulières de ces quatre termes coraniques, l'islam dominant doit affronter ces interprétations de front, en mettant notamment l'accent sur des compréhensions inclusives et plus larges de ces termes, qui sont davantage en harmonie avec l'esprit progressiste du monde moderne», écrit-il dans le rapport.

Toutefois, tant qu'un débat sain et constructif se poursuit entre les mondes islamique et non islamique, Hasan reste optimiste sur l'avenir et le rôle que les musulmans peuvent jouer afin d’aider à trouver des solutions pratiques et durables aux défis auxquels l'humanité se trouve confrontée, comme le changement climatique et l'amélioration des droits de l’homme.

«Je suis optimiste de nature, mais je pense qu'il faut également être réaliste. Je pense que la lutte va continuer car ces développements font face à l’opposition de certains milieux.»

«Quoi qu’il en soit, la trajectoire montre – et tous les indicateurs de la mondialisation, de l'ouverture du monde et les sondages vont dans le même sens – que les jeunes musulmans et arabes souhaitent une ouverture. Les forces qui travaillent dans ce but sont considérables.

«Ce ne sera pas facile, mais l'histoire est de notre côté; même s'il faut faire des sacrifices en cours de route, je reste très optimiste», conclut-il.

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Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.