Le TGV souffle ses 40 bougies

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Publié le Jeudi 16 septembre 2021

Le TGV souffle ses 40 bougies

  • Macron doit notamment dévoiler une maquette grandeur nature de la motrice du TGV M, longtemps appelé «TGV du futur», que la compagnie publique compte mettre sur les rails en 2024
  • Pour Florence Brachet Champsaur, cheffe du service patrimoine à la SNCF, le TGV est d'ailleurs synonyme de «démocratisation de la vitesse»

PARIS: Le TGV, qui a 40 ans cette année, a bouleversé la géographie des déplacements en France en réduisant les temps de parcours, autant qu'il a transformé la SNCF, même si des pans entiers du territoire sont restés à l'écart.


Emmanuel Macron doit souffler vendredi les 40 bougies du train fétiche de la SNCF, lancé par Georges Pompidou, construit sous Valéry Giscard d'Estaing et inauguré le 22 septembre 1981 par François Mitterrand entre Paris et Lyon.


Il doit notamment dévoiler une maquette grandeur nature de la motrice du TGV M, longtemps appelé "TGV du futur", que la compagnie publique compte mettre sur les rails en 2024.

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Ce nouveau TGV commandé chez Alstom ne sera pas plus rapide que les dernières rames circulant sur le réseau français --320 km/h--, mais la SNCF le veut plus confortable, plus modulable, plus écolo, plus économe.


Depuis 1981, le groupe a acheté 549 rames pour environ 15 milliards d'euros, remarque son PDG Jean-Pierre Farandou.


"Au total, la SNCF a investi plus de 100 milliards d'euros pour le TGV. C'est un investissement considérable au service de l'économie française et des territoires. Avec le TGV, la SNCF a créé de la richesse et changé la vie des Français", expose-t-il.


Le TGV était aussi, avant la pénurie de Covid-19, une activité fort rentable. Mais cet investissement massif a également plombé les comptes de l'entreprise, dont l'énorme dette a longtemps été préoccupante.


Mireille Faugère, qui dirigea longtemps les activités grande vitesse, estime que le TGV a sauvé le train en France, en lui donnant un sacré coup de jeune. 


"La grande vitesse a complètement remis le ferroviaire voyageurs dans le monde du transport. Je pense que les grandes lignes auraient disparu s'il n'y avait pas eu la grande vitesse", relève-t-elle. "A cette époque-là tout le monde était tourné vers l'aérien et la voiture."

Les grandes dates du TGV en France

Lancée il y a exactement 40 ans, l'aventure du train à grande vitesse (TGV) a marqué la France dans le domaine des transports.

1981, naissance et vitesse record

Projet approuvé en mars 1974 par Georges Pompidou peu avant sa mort, la première ligne à grande vitesse (LGV) est inaugurée entre Paris et Lyon le 22 septembre 1981 par François Mitterrand.
Les rames orange des TGV construits à l'usine Alsthom de Belfort (aujourd'hui Alstom) y roulent à 260 km/h, et relient Paris à Lyon en 2 heures 40. Quelques mois auparavant, le 26 février 1981, une de ces rames avait battu un record du monde de vitesse sur rail durant un essai, à 380 km/h.

1989, TGV Atlantique 

En septembre 1989, une nouvelle liaison voit le jour, desservant Nantes et Rennes depuis Paris: il s'agit de la "branche Bretagne" du TGV Atlantique. 
En septembre 1990, la "branche Aquitaine" du TGV Atlantique avec sa liaison vers Bordeaux est mise en service.
Les TGV Atlantique avec leur couleur bleu océan battent plusieurs records de vitesse : le 18 mai 1990 une rame atteint 515,3 km/h.

1993, Lille à une heure de Paris 

Le réseau à grande vitesse s'étoffe en mai et septembre 1993 avec la mise en service d'une LGV vers le Nord: Lille est désormais à une heure de Paris par train.

1994, sous la Manche

Le TGV Nord prolongé devient aussi le premier trait d'union à grande vitesse avec l'Europe. Le Tunnel sous la Manche, inauguré en mai 1994, permet des liaisons à grande vitesse en Eurostar à partir de novembre 1994 entre Paris et Londres. Aujourd'hui 2 heures 15 séparent Saint-Pancras à Londres de la Gare du Nord à Paris.


Une autre branche permet de relier à partir de septembre 1996, avec les trains Thalys, Paris à Bruxelles et à Amsterdam. La capitale européenne est actuellement à 1 heure 22 de Paris.

2001, TGV Méditerranée 

En juin 2001, un nouveau tronçon permet de relier Marseille à Paris en 3 heures: il s'agit de la LGV Méditerranée avec un nombre important de ponts, tunnels et viaducs en raison du relief accidenté traversé et des TGV roulant à 300 km/h.

2003, un milliard de voyageurs

Le 23 novembre 2003, la SNCF célèbre son milliardième voyageur transporté par TGV. Dix ans plus tard, le 25 janvier 2013, le TGV franchit la barre symbolique des 2 milliards de voyageurs transportés.

2007, TGV Est et nouveau record 

Une nouvelle ligne reliant Paris à Strasbourg en 2 heures 20 est mise en service le 10 juin 2007. Peu avant, le 3 avril 2007, un nouveau record du monde de vitesse est battu sur cette nouvelle ligne lors d'un essai, avec 574,8 km/h.

2010, LGV Perpignan-Figueras 

Entre la France et l'Espagne la ligne à grande vitesse reliant Perpignan à Figueras commence à être exploitée en décembre 2010.

2011, TGV Rhin-Rhône 

En décembre 2011, ouvre le premier tronçon du TGV Rhin-Rhône, première ligne à grande vitesse à ne pas conduire vers la région parisienne, devant à terme permettre de relier l'Allemagne à l'arc méditerranéen, en passant par Lyon.

2015, le drame 

Le 14 novembre 2015, un TGV d'essai effectuant le dernier test sur le tronçon final de la ligne Paris-Strasbourg déraille, faisant 11 morts parmi les 53 personnes à bord. Il s'agit du premier accident mortel dans l'histoire du TGV. L'enquête pointe des erreurs d'appréciation de l'équipage.

2017, à l'Ouest, du nouveau 

Paris-Rennes en moins d’une heure et demie, Paris-Bordeaux en un peu plus de deux heures: la SNCF inaugure le 2 juillet 2017 deux nouveaux tronçons à grande vitesse sur la façade atlantique.

2020, Coronatrains 

L'épidémie de Covid-19 en France oblige au printemps 2020 à évacuer des malades des hôpitaux saturés, de l'est et de la région parisienne vers l'Ouest ou le Sud-Ouest à bord de "TGV sanitaires" spécialement aménagés.

SNCF à deux vitesses 
Les TGV ont mis Paris à 2 heures 40 de Lyon en 1981, puis 2 heures en 1983, contre 3 heures 40 pour les trains les plus rapides auparavant. Et la fréquentation s'est envolée de 7,2 millions de voyageurs en 1982 à 20,1 millions en 1991 et 40,8 millions en 2012.


Pour Florence Brachet Champsaur, cheffe du service patrimoine à la SNCF, le TGV est d'ailleurs synonyme de "démocratisation de la vitesse".


"Les trains les plus rapides étaient souvent réservés à une clientèle d'affaires, en première classe avec supplément", rappelle-t-elle. "La révolution du TGV, c'est aussi d'avoir des trains toute la journée et plus de places en seconde qu'en première."


Démocratisation, certes, mais aussi après quelques années l'introduction d'une tarification souvent jugée trop chère --jusqu'à des correctifs récents. 


Une des clefs du succès du TGV est également d'être compatible avec le reste du réseau: les rames peuvent poursuivre leur trajet au-delà des lignes nouvelles, comme vers Toulouse, Genève ou Nice.


Cette flexibilité a permis de tisser progressivement la toile des TGV à partir de Paris, vers l'Atlantique, le Nord, le Sud-Est, l'Est, le Benelux, la Grande-Bretagne... Avec un contournement (imparfait) de la capitale permettant des liaisons province-province assez rapides, mais la suppression de nombreuses transversales, et une bien moins bonne desserte de nombreuses petites villes.


Guillaume Durand, spécialiste transports chez Wavestone, voit dans le TGV "un outil qui a rapproché les villes, en France comme en Europe, et profondément refaçonné l'accessibilité de certains territoires". 


Ce train d'Alstom est aussi selon lui "un fleuron industriel, pur produit de l'ingénierie française --au même titre que le nucléaire ou la fusée Ariane-- qui a su évoluer au fil des décennies", et un mode de transport propre.


Revers de la médaille: l'essor du TGV a créé une "SNCF à deux vitesses", avec des lignes à grande vitesse (LGV) faisant l'objet de toutes les attentions au détriment du reste du réseau classique et des trains du quotidien.


C'est pourquoi Emmanuel Macron a annoncé en 2017 une "pause" dans la construction de LGV.


Mais l'heure est maintenant à la relance de certains projets, à commencer par Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan.


Le réseau français à grande vitesse s'étend actuellement sur 2 700 km, le quatrième du monde après la Chine, l'Espagne et le Japon.


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

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  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.

 

 


La France, 1er producteur européen de blé, importe toujours plus de farine

Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
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  • La production française de farine est restée stable en 2025 à près de 4 millions de tonnes, mais les importations ont bondi de 45 % en deux ans, creusant le déficit commercial du secteur
  • Les meuniers français dénoncent une concurrence accrue, notamment de l’Allemagne, et la pression des marques de distributeurs qui favorisent des farines moins chères, pesant sur les prix et la rentabilité

PARIS: Premier producteur européen de blé, la France se situe au 2e rang pour la production de farine mais a vu ses importations bondir de "45% en deux ans", selon le bilan annuel de la meunerie française.

Une hausse générée par plus d'achats de la grande distribution, et qui tire les prix vers le bas, souligne auprès de l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale de la meunerie française.

En 2025, la production française de farine est restée quasi stable à "près de 4 millions de tonnes de farine à partir de de blé 100% français", soit plus de 11% de la production européenne, au deuxième rang derrière l'Allemagne, selon l'ANMF.

Si ces résultats "confirment le rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale et européenne", la rentabilité du secteur est "très faible" et les échanges commerciaux traduisent "une pression concurrentielle croissante", relève l'association fondée en 1886, qui représente l'immense majorité des meuniers français.

En 2025, la France a exporté 204.000 tonnes de farine mais en a importé 420.000: le déficit se creuse depuis 2018, au profit notamment de l'Allemagne et de la Belgique, qui fournissent plus de 80% des importations françaises.

"En France, on a traditionnellement des boulangers qui utilisent de la farine 100% française, produite par des centaines de moulins. Personne n'a la qualité de pain qu'il y a dans les boulangeries françaises", a affirmé à l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'ANMF.

- Concurrence internationale -

"Mais ces dernières années, ce que l'on voit, c'est une augmentation des achats de farine moins chère, venue surtout d'Allemagne mais aussi d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie, par la grande distribution pour ses marques (propres) MDD", a-t-il ajouté.

L'an dernier, ces achats de farine à l'étranger ont atteint 11% de la consommation nationale, précise le bilan.

"Un vrai problème, parce qu'en vendant de la farine sous marques distributeurs moins chères, la distribution tire les prix vers le bas" et cela met en difficulté les producteurs français, a-t-il souligné.

Le chiffre d'affaires de la meunerie, quant à lui, atteignait 1,84 milliard d'euros l'an dernier et a baissé de près de 17% en deux ans.

Les meuniers français, qui travaillent dans de petites unités, souvent des entreprises familiales, ont du mal à rivaliser avec les gros producteurs allemands, dont "les coûts de production et les charges sociales sont moins élevés", selon M. Loiseau.

La concurrence internationale s'intensifie aussi avec la Turquie, premier exportateur mondial de farine (entre 3 et 3,5 millions de tonnes/an), ou l'Ukraine, qui a quadruplé ses exportations vers la France entre 2022 et 2025, selon l'ANMF.

Dans ce contexte, la meunerie française "ne demande pas d'aide" mais veut voir ses charges baisser pour regagner en compétitivité.

Cela passe notamment par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer", plaide Jean-François Loiseau.


Rachat de SFR en France: la fin des négociations entre opérateurs attendue vendredi

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
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  • Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros
  • Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours

PARIS: Après un premier report, la période de négociations exclusives sur la vente de l'opérateur SFR à ses trois concurrents français doit s'achever vendredi, avec en ligne de mire un possible accord et une reconfiguration du marché à trois opérateurs.

Le secteur des télécoms s'offre un deuxième moment de suspens avec cette nouvelle échéance.

Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros, mais de nombreux détails du contrat restaient à finaliser.

Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours.

"Ce type de dossier est d'une complexité sans nom", estime auprès de l'AFP une source proche des négociations.

Selon cette même source, si "tout le monde bosse dans un esprit constructif" pour parvenir à un accord rapidement, "plus personne n'est à deux jours près".

Deux issues sont privilégiées: un accord, ou une nouvelle extension de la période de négociations.

L'hypothèse d'un recul avec abandon des discussions apparaît quant à elle comme très improbable, après des mois d'échanges entre les trois potentiels acheteurs, regroupés au sein d'un consortium, et la maison mère de SFR, Altice France.

Accord inédit 

"Si ça devait être le cas, j'imagine qu'ils auraient jeté l'éponge il y a quelques semaines déjà", dit à l'AFP Renaud Kanayakis, associé au sein du cabinet 2023 Conseil.

"Côté Altice France, Patrick Drahi doit trouver une solution pour les actifs de SFR, toujours dans cette logique de réduction de sa dette", poursuit le spécialiste des télécoms.

D'après plusieurs sources proches du dossier, l'un des points sensibles des négociations concerne les contours de la clause d'"earn out", qui définit un complément de prix en fonction de certains paramètres liés à l'entreprise rachetée.

Si les contours de l'éventuel deal final n'ont pas encore été réglés, ce premier accord sur le prix de vente, officialisé mi-avril avec l'ouverture de la période de négociations exclusives, constitue déjà un événement inédit dans un secteur des télécoms très compétitif.

La réunion de trois concurrents au sein d'un même consortium d'acheteurs, puis la poursuite des discussions avec le groupe du milliardaire Patrick Drahi, après le refus d'une première offre de rachat à hauteur de 17 milliards d'euros, augurent d'une possible reconfiguration du marché.

Millions d'abonnés 

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.

Les 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes seront répartis à terme vers Free, Bouygues ou Orange.

Si elle aboutit, l'opération restera soumise au contrôle des autorités de concurrence. La compétence de Bruxelles ou de Paris devra alors être tranchée, avant que ne s'ouvre une phase d'évaluation du dossier qui devrait prendre environ 18 mois.

Sur un marché à trois opérateurs, les observateurs du secteur s'attendent à une hausse des prix, qui devrait être relativement modérée selon de nombreux spécialistes.

En parallèle, les salariés de SFR, mais également ceux des autres opérateurs, ont émis des craintes au sujet de leurs emplois.

Tandis que le syndicat CFE-CGC Télécoms s'est inquiété d'une "casse sociale annoncée", les représentations syndicales CFDT chez Bouygues Telecom et SFR ont quant à elle demandé des "garanties concrètes pour l'emploi".