Crise au Liban: le Parlement accorde sa confiance au nouveau gouvernement

Le Parlement libanais a approuvé le cabinet du Premier ministre Najib Mikati, chargé de sortir le pays d'une profonde crise économique après 13 mois d'impasse politique (Photo, AP)
Le Parlement libanais a approuvé le cabinet du Premier ministre Najib Mikati, chargé de sortir le pays d'une profonde crise économique après 13 mois d'impasse politique (Photo, AP)
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Publié le Lundi 20 septembre 2021

Crise au Liban: le Parlement accorde sa confiance au nouveau gouvernement

Le Parlement libanais a approuvé le cabinet du Premier ministre Najib Mikati, chargé de sortir le pays d'une profonde crise économique après 13 mois d'impasse politique (Photo, AP)
  • 85 députés ont accordé leur confiance à la nouvelle équipe ministérielle, tandis que 15 ont voté contre, selon le décompte énoncé par le président du Parlement Nabih Berri
  • Avec une dégringolade de la monnaie nationale, une inflation galopante et des licenciements massifs, 78% de la population libanaise vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU

BEYROUTH: Le Parlement libanais, réuni en séance plénière, a accordé lundi sa confiance au nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Najib Mikati, dont la principale mission sera de stopper l'effondrement du pays en pleine crise.  

Après avoir examiné le plan d'action du gouvernement lors d'une séance marathon de huit heures, 85 députés ont accordé leur confiance à la nouvelle équipe ministérielle, tandis que 15 ont voté contre, selon le décompte énoncé par le président du Parlement Nabih Berri. 

Englué dans une crise économique sans précédent - qualifiée par la Banque mondiale d'une des pires au monde depuis 1850 - le  Liban s'est doté le 10 septembre d'un nouveau gouvernement, à l'issue de 13 mois d'interminables tractations politiques et de vide ayant aggravé la crise. 

Avec une dégringolade de la monnaie nationale, une inflation galopante et des licenciements massifs, 78% de la population libanaise vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU. 

Le Parlement devait commencer le débat sur le vote de confiance à 11H00 locales (08H00 GMT) mais la session a été retardée d'environ une heure en raison d'une nouvelle coupure de courant, dans un pays habité à l'obscurité depuis des mois, a indiqué le secrétaire général du Parlement Adnane Daher.  

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont montré les députés rassemblés dans une cour à l'extérieur du bâtiment en attendant le rétablissement du courant et la reprise de la session. 

Les coupures d'électricité ont fortement augmenté ces derniers mois dans le pays, paralysant la vie de la population et plusieurs secteurs vitaux.  

Les rationnements ont atteint plus de 22 heures par jour dans certaines régions, contraignant même les propriétaires de générateurs à rationner leur production à mesure que le carburant se raréfiait. 

Et les queues interminables ne cessent de s'allonger devant les stations d'essence, faute de carburant. 

Une grande partie de la population accuse la classe politique jugée corrompue et incompétente d'être à l'origine de l'effondrement financier du pays et des multiples pénuries dans lesquelles le pays, à court de devises étrangères, se débat.  

« Apaisement de courte durée »  

Le Liban, où le mouvement armé pro-iranien Hezbollah a une influence prépondérante, était sans nouveau gouvernement depuis la démission du cabinet de Hassan Diab dans la foulée de l'explosion dévastatrice au port de Beyrouth le 4 août 2020, qui a fait plus de 200 morts et dévasté des quartiers entiers de la capitale.  

Parmi les innombrables défis, le nouveau gouvernement devra parvenir rapidement à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), étape incontournable pour une sortie de crise. 

Il devra également préparer le terrain aux élections législatives prévues en principe en mai 2022.  

Devant les parlementaires, M. Mikati s'est de nouveau engagé lundi « à reprendre les négociations avec le FMI et à développer un plan pour relancer l'économie ». 

Il a également promis de s'attaquer à la crise bancaire du pays, alors que les Libanais sont soumis à des restrictions bancaires draconiennes depuis l'automne 2019, en l'absence de tout cadre légal aux mesures prises par les banques.  

« Certes ce vote démontre une tendance à l'apaisement mais c'est un apaisement de courte durée qui va juste permettre au Liban de sortir la tête de l'eau », a tempéré le politologue Karim Mufti.   

Depuis la formation du cabinet, le scepticisme reste de mise au sein de la population, les mêmes partis, conspués unanimement lors d'un mouvement de contestation inédit il y a près de deux ans, étant encore au pouvoir.   

« On peut se poser des questions sur la capacité de ce gouvernement à mettre en oeuvre des réformes nécessaires (...) qui toutes mènent à un manque à gagner pour les oligarques (...) et demandent donc un courage politique que ce gouvernement n'aura pas », a estimé M. Mufti, en allusion aux barons de la classe dirigeante libanaise, quasiment inchangée depuis des décennies.  

La communauté internationale, France en tête, a maintes fois appelé à une formation d'un gouvernement réformateur, conditionnant l'octroi d'aides substantielles à des réformes structurelles qui se font attendre depuis des années. 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.