France: autrefois choyés, les protégés de Rifaat al-Assad laissés sans eau ni électricité

Une photographie prise le 22 septembre 2021 montre le "lot Hara de Saint-Jacques", où vivent des résidents syriens, mais où l'électricité est coupée depuis une semaine, à Bessancourt. Les protégés de Rifaat al-Assad, l'oncle du président syrien, vivaient dans un "havre de paix". Mais depuis plusieurs années, le bienfaiteur est poursuivi en Suisse pour des crimes de guerre commis dans les années 1980, et il a laissé des habitants, des factures et un domaine en ruine. (Alain Jocard / AFP)
Une photographie prise le 22 septembre 2021 montre le "lot Hara de Saint-Jacques", où vivent des résidents syriens, mais où l'électricité est coupée depuis une semaine, à Bessancourt. Les protégés de Rifaat al-Assad, l'oncle du président syrien, vivaient dans un "havre de paix". Mais depuis plusieurs années, le bienfaiteur est poursuivi en Suisse pour des crimes de guerre commis dans les années 1980, et il a laissé des habitants, des factures et un domaine en ruine. (Alain Jocard / AFP)
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Publié le Vendredi 24 septembre 2021

France: autrefois choyés, les protégés de Rifaat al-Assad laissés sans eau ni électricité

  • Le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité en France a décidé de couper le courant après la condamnation de Rifaat al-Assad pour blanchiment de détournement de fonds publics syriens, affaire dite «des biens mal acquis»
  • Depuis quelques années, l’oncle du président syrien, poursuivi en Suisse pour des crimes de guerre commis dans les années 1980, est aux abonnés absents et le domaine où vivent ses protégés tombe en ruine

BESSANCOURT, France : En lisière d'une forêt au nord de Paris, les protégés de Rifaat al-Assad vivaient dans un «havre de paix», toutes factures payées par l'oncle du président syrien. Ils s'y débrouillent désormais, sans eau ni électricité, laissés sur le carreau par leur ancien bienfaiteur.

Sous respirateur, Muhsen Assaad se rend chez sa fille pour brancher son appareil et se laver, faute d'électricité dans le vaste haras à 27 kilomètres de Paris où ce retraité syrien est hébergé depuis des décennies avec une dizaine de familles, longtemps entretenues par Rifaat al-Assad.

Cet ancien homme de main du clan Assad vit «24h/24 sous oxygène», explique son épouse, Fatiha Assaad.

«J'ai peur que mon mari meure», confie la mère de famille, arrivée en France dans les années 1980, dans les bagages de Rifaat al-Assad en exil, après une tentative de coup d'État contre le frère de ce dernier, l'ancien président syrien Hafez al-Assad.

En disgrâce, le frère honni s'installe alors en Europe avec famille, milice et employés. Quelque 200 personnes réparties entre l'Espagne, l'Angleterre et la France, dans la petite commune cossue de Bessancourt, à l'orée de la forêt de Montmorency, où l'ancien vice-président de la Syrie s'est offert le haras Saint-Jacques.

Ce domaine d'une quarantaine d'hectares est composé d'un château, d'une piscine couverte rococo, d'écuries réaménagées en pavillons et de maisons de plus ou moins bonne facture.

«On est 79 Syriens à vivre dans ce havre de paix», s'enorgueillit toujours Hussein Assad, ancien interprète de Rifaat al-Assad.

Débarqué en 1984 de Lattaquié (ouest de la Syrie), il n'a jamais payé de loyer à Bessancourt et ne possède aucun contrat. «Rifaat a toujours payé en temps et en heure les factures», assure le retraité.

- «200.000 euros d'impayés» -

Mais depuis quelques années, le bienfaiteur du haras, poursuivi en Suisse pour des crimes de guerre commis dans les années 1980, est aux abonnés absents et le domaine tombe en ruine, comme en témoignent les trous sur les toitures rafistolées.

Le protecteur a cessé de «transmettre les enveloppes d'argent» pour faire vivre les locataires, glisse anonymement un ancien garde du corps.

Rifaat al-Assad a laissé «une dette de 200.000 euros au château de Bessancourt» et «ne paye ni l'électricité ni les charges», dit le maire de la commune, Jean-Christophe Poulet.

Aussi, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité en France a décidé de couper le courant après sa condamnation début septembre à Paris pour blanchiment de détournement de fonds publics syriens, affaire dite «des biens mal acquis».

A 84 ans, celui qui se présente comme un opposant à son neveu Bachar al-Assad, a été condamné, en son absence, à quatre ans de prison et à la confiscation d'un patrimoine évalué à 90 millions d'euros.

- Appel de Londres -

La «débrouille» est désormais le maître mot au sein de la petite communauté syrio-bessancourtoise. Certains ont opté pour une douche à la piscine ou à l'hôtel, d'autres se lavent chez des proches dans les villes avoisinantes.

Ali Saymeh s'est acheté un réchaud le lundi. La cartouche de gaz s'était «déjà vidée» le jeudi, se désole le jeune homme de 24 ans, qui cohabite avec sa mère. Dans leur cuisine, la marmite se substitue au ballon d'eau chaude.

«Cela fait une semaine que je mange du fast food. Cela devient très difficile au niveau de l'hygiène et de la santé mentale», assure cet assistant commercial chez Renault.

«On est prêts à payer l'électricité si (le gestionnaire) Enedis nous installe nos propres compteurs», dit-il. Mais juridiquement, seul Rifaat al-Assad est propriétaire et les familles vivent dans la crainte d'une expulsion.

Très rapidement, Siwar, l'un des fils de Rifaat al-Assad, sera mis au courant du passage des journalistes de l'AFP dans le domaine. Il téléphonera depuis Londres pour rappeler que son père «a pris en charge ces familles pendant trente ans» et que «la confiscation des biens et des comptes bancaires» par la justice empêche à présent le règlement des factures.

Le maire de Bessancourt a effectué un signalement aux autorités sanitaires, pour faire rétablir d'urgence le courant. «A court terme, il s'agit d'un problème de santé publique. Ce sont des familles qui ont des enfants dont certains ne vont plus à l'école. Des personnes sont en situation de handicap», souligne l'élu.

Ensuite, ajoute-t-il, «il faudra s'interroger sur le sort de ce bien et l'avenir de ces familles venues de Syrie et dont les enfants sont nés en France».


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.


Le Drian: Le Liban est «en situation de péril» 

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
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  • "Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël"
  • "Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé

PARIS: Le Liban est "en situation de péril", a estimé jeudi l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, tout en saluant la poursuite des discussions qui offrent "une perspective" de sortie du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël".

"Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé.

Il a néanmoins salué la poursuite de la trêve, y voyant "une perspective de 45 jours où on va continuer à discuter".

Et dans ce processus, les dirigeants libanais sont "de haute qualité" et "sont courageux", a-t-il souligné, en référence à la demande de négocier directement avec le gouvernement israélien pour faire sortir leur pays "de cet étau et d'aboutir à un processus qui redonnera à l'État libanais les moyens d'agir et d'exister".

Il a en outre jugé "positif" que les Etats-Unis s'impliquent dans le processus de négociation et ce, "même si Israël a refusé que la France fasse partie de cette discussion alors que les Libanais le demandaient".

Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements au Liban malgré la trêve.

L'armée israélienne a mené des frappes au-delà de la "ligne jaune" qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle les soldats israéliens poursuivent leurs opérations, disant protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.