Les États-Unis menacent l’Iran de sanctions à l’AIEA s’il n’autorise pas l’accès d’un site de centrifugeuses

Une résolution critiquant l’Iran au Conseil des gouverneurs pourrait mettre fin aux espoirs de reprise des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis. (Photo, Reuters)
Une résolution critiquant l’Iran au Conseil des gouverneurs pourrait mettre fin aux espoirs de reprise des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis. (Photo, Reuters)
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Publié le Lundi 27 septembre 2021

Les États-Unis menacent l’Iran de sanctions à l’AIEA s’il n’autorise pas l’accès d’un site de centrifugeuses

  • L’Iran a refusé l’accès de l’atelier du site de centrifugeuses de Tesa Karaj aux inspecteurs de l’ONU, suscitant la colère de Washington
  • Une résolution critiquant l’Iran au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pourrait mettre à mal les espoirs de reprise des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis sur le nucléaire

VIENNE: L’Iran doit cesser de refuser à l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU l’accès à un atelier de fabrication de pièces de centrifugeuses, comme convenu il y a deux semaines, sinon il devra faire face à des représailles diplomatiques au Conseil des gouverneurs de l’agence dans les jours qui suivent, ont déclaré les États-Unis lundi.

L’atelier du complexe Tesa Karaj fabrique des composants pour les centrifugeuses d’enrichissement d’uranium. Il aurait été victime d’un sabotage en juin, au cours duquel l’une des quatre caméras de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a été détruite. L’Iran les a retirées depuis, et les images de la caméra détruite ont disparu.

La République islamique a accepté dans un accord conclu le 12 septembre que l’AIEA ait accès à ses équipements, afin de remplacer les cartes mémoire, mais est revenu sur sa parole, menaçant de faire éclater une crise diplomatique. «Nous sommes profondément troublés par le refus de l’Iran d’accorder à l’AIEA l’accès nécessaire à l’entretien de son équipement de surveillance, comme convenu dans la déclaration commune du 12 septembre», indique un communiqué adressé lundi par les États-Unis au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, composé de 35 pays.

Dimanche, l’AIEA a envoyé aux États membres un rapport indiquant que l’Iran avait autorisé l’accès aux sites comme convenu le 12 septembre, mais pas à l’atelier. Les inspecteurs, qui avaient prévu de vérifier s’il était prêt à fonctionner, et s’apprêtaient à réinstaller des caméras, ont été empêchés de pénétrer dans les lieux.

L’ambassadeur d’Iran auprès de l’AIEA, Kazem Gharibabadi, a écrit sur Twitter cette nuit qu’avant de conclure l’accord avec l’AIEA, l’Iran avait précisé que les équipements de surveillance à Karaj n’étaient «pas inclus dans les services de maintenance» en raison des enquêtes en cours. Il a estimé que le rapport publié dimanche par l’agence «dépassait les termes convenus dans la déclaration commune».

L’Union européenne (UE) a considéré que le refus de l’Iran de permettre à l’AIEA d’accéder à l’atelier était «un développement inquiétant, contraire à la déclaration commune du 12 septembre 2021», et a appelé Téhéran à ne «plus tarder à fournir un accès à l’agence onusienne». Une résolution critiquant l’Iran au Conseil des gouverneurs pourrait mettre à mal les espoirs de reprise des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis pour revenir à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

L’Iran réagit généralement mal à de telles résolutions et son nouveau président, Ebrahim Raïssi, a affirmé que l’Iran était prêt à revenir à la table des négociations, mais pas sous la «pression» occidentale. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, avait annoncé vendredi que l’Iran reprendrait les négociations «très bientôt».

«Nous appelons l’Iran à accorder à l’AIEA l’accès nécessaire sans plus tarder», insiste le communiqué américain. « Si cela ne se fait pas, nous nous concerterons étroitement avec les autres membres du Conseil d’administration dans les prochains jours pour convenir d’une réponse appropriée».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.