Banques : Double peine pour les franco-libanais résidant hors de France

Un citoyen libanais passe devant la Banque Libano-française à Tripoli en octobre 2019. (AFP).
Un citoyen libanais passe devant la Banque Libano-française à Tripoli en octobre 2019. (AFP).
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Publié le Jeudi 30 septembre 2021

Banques : Double peine pour les franco-libanais résidant hors de France

  • Au Liban, les franco-libanais se retrouvent comme tous les citoyens libanais dépouillés de leurs dépôts bancaires au Liban, en raison de la crise financière que traverse le pays depuis 2019
  • Ils sont par ailleurs persona non-grata auprès des banques françaises, qui procèdent brutalement et unilatéralement à la clôture de leurs comptes

PARIS : Pour les franco-libanais résidant au Liban, le traitement qui leur est infligé de la part des banques françaises est l’équivalent d’une double peine.

Ils se retrouvent comme tous les citoyens libanais dépouillés de leurs dépôts bancaires au Liban, en raison de la crise financière que traverse le pays depuis 2019.

Ils sont par ailleurs persona non-grata auprès des banques françaises, qui procèdent brutalement et unilatéralement à la clôture de leurs comptes.

Les méthodes varient d’une banque à l’autre, les prétextes aussi, mais le résultat est le même.

Ils se retrouvent tous entravés dans la gestion de leur budget et leurs dépenses au quotidien.

Parmi ceux là, Antoine F, franco-libanais, qui ne souhaite pas révéler son identité, raconte à Arab News en français avoir détenu un compte auprès d’une banque française depuis 1984.

A l’époque, la banque lui avait même accordé un crédit pour l’achat d’un luxueux appartement, dans le 16e arrondissement de Paris.

Dix ans plus tard, il décide de retourner avec sa famille au Liban, il liquide ses biens en France mais garde son compte bancaire qui devient un compte non-résident.

Ce compte est resté inactif jusqu’en 2016, date à laquelle il commence à toucher sa retraite versée par virements bancaires effectués sur ce même compte.

Tout se passait normalement jusqu’au jour où il reçoit une lettre recommandée, l’informant que son compte a été fermé sur décision de la direction générale.

Cette décision inattendue et non justifiée le plonge dans la perplexité.

Les nombreux courriers qu’il a adressé à sa banque pour avoir une explication sont restés sans réponse, alors il appelle la banque qui lui explique que la fermeture de son compte est dû au fait qu’il est un homme politique.

Effectivement Antoine F était à un moment donné, député au parlement libanais, mais pour autant, l’argument lui a paru surprenant.

« Le montant de ma retraite n’était pas onéreux, et aucune autre somme pouvant justifier la suspicion de la banque, ne transitait sur mon compte » affirme-t-il.

Mona A, elle est franco-libanaise et réside au Liban, elle a fait un tollé lorsqu’elle a appris que sa banque en France allait fermer son compte.

Il s’est pourtant résigné à recevoir sa retraite mensuelle sur un compte libanais, et se retrouve à la merci des aléas d’un système bancaire sinistré, qui ne l’autorise à disposer de ses revenus qu’au compte-goutte.

Nicolas F, s’est vu lui aussi notifié une décision de fermeture de son compte en France.

Il est vrai qu’il n’est pas naturalisé français, et qu’il réside au Liban, mais il est propriétaire d’un appartement à Paris.

Son compte français lui était nécessaire pour régler son impôt foncier ainsi que les charges de sa propriété, mais impossible de faire entendre raison à sa banque.

Depuis quelques mois, la fille de Nicolas est installée à Paris, où elle poursuit ses études universitaires, et son compte parisien aurait pu servir à financer le séjour de cette dernière, si celui-ci existait encore, soutient-il à regret.

« Tracfin »

Mona A, elle est franco-libanaise et réside au Liban, elle a fait un tollé lorsqu’elle a appris que sa banque en France allait fermer son compte.

De passage à Paris, elle insiste pouf rencontrer le directeur de la banque, et en bonne femme d’affaires elle parvient à le convaincre de garder le compte ouvert.

Mais à chaque fois qu’elle essaye de transférer de l’argent de son compte français sur son compte libanais, l’opération s’avère impossible.

Aucune explication logique ne lui est fournie par sa banque en France, alors elle se débrouille comme elle peut.

A chaque fois qu’elle a besoin d’argent, elle vire la somme requise sur le compte de son neveu français, qui s’arrange pour la lui envoyer, par l’intermédiaire d’un tiers, à Beyrouth.

Comme Mona, Antoine et Nicolas, nombreux sont les Libanais qui ont subi ce que le secrétaire d’Etat chargé des français de l’étranger Jean-Baptiste le Moine qualifie de « débancarisation ».

Pour s’épargner tout tracas, les établissements bancaires préfèrent recourir à la fermeture arbitraire des comptes des non-résidents, pour éviter de compter parmi leur clientèle des personnes pouvant recycler au profit du Hezbollah, l’argent en provenance de l’Iran.

De son côté, le ministre de l’économie Bruno le Maire, mène depuis quelques mois des discussions avec la fédération bancaire française dans le but de résoudre ce dossier.

Les établissements bancaires estiment de leur côté que les comptes détenus par des personnes établies à l’étranger génèrent des risques pour eux.

Il semblerait que les mesures de fermetures de compte, prises indépendamment d’une demande de l’Etat français, soit dictée par la crainte des banques d’être visées par les services de « Tracfin », organisme français chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent.

Qu’est-ce que le Tracfin ?

Selon le site internet du ministère français de l’Economie, Tracfin est un service administratif de traitement du renseignement financier qui dispose d’une large autonomie et d’une indépendance opérationnelle pour mener à bien ses missions.

Le service a pour mission de recueillir, analyser et exploiter tout renseignement propre à établir l’origine ou la destination des sommes ou la nature des opérations ayant fait l’objet d’une déclaration de soupçon ou d’une information reçue des professionnels déclarants, des organismes publics chargés d’une mission de service public, de l’autorité judiciaire, des juridictions financières, des autorités de contrôle et des cellules de renseignement étrangères.

Lorsque ses investigations mettent en évidence des faits susceptibles de relever du blanchiment, Tracfin saisit le procureur de la République par une note d’information, celui-ci est également informé lorsque les investigations conduisent à mettre en évidence un crime ou un délit.     

Ces mêmes banques préfèrent recourir à la fermeture des comptes des ressortissants fiscalisés au Liban, par crainte qu’ils aient des liens avec le parti chiite le Hezbollah ou avec l’Iran.

D’ailleurs en 2016, « Tracfin » avait identifié entre 150 et 200 individus décrits comme étant des « banquiers » de l’Etat islamique - Daesh, se trouvant au Liban et en Turquie.

Alors pour s’épargner tout tracas, les établissements bancaires préfèrent recourir à la fermeture arbitraire des comptes des non-résidents, pour éviter de compter parmi leur clientèle des personnes pouvant recycler au profit du Hezbollah, l’argent en provenance de l’Iran.

L’affaire n’est pas récente, mais elle est devenue particulièrement pénalisante au regard de la situation financière et bancaire désastreuse au Liban.

 


Inondations Nord/Pas-de-Calais: premières évacuations d'habitants

Onze départements sont par ailleurs maintenus jusqu'à lundi en vigilance orange neige et verglas, a précisé Météo-France. (AFP)
Onze départements sont par ailleurs maintenus jusqu'à lundi en vigilance orange neige et verglas, a précisé Météo-France. (AFP)
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  • En début d'après-midi, 60 personnes ont été évacuées de 20 habitations dans la commune d'Arneke
  • Dans le Pas-de-Calais en milieu de journée, les pompiers avaient procédé à 59 interventions de pompage, la plupart dans le secteur de Saint-Omer et notamment à Arques

LILLE: Les pompiers ont procédé dimanche à des évacuations d' habitants dans le Nord, touché par des inondations  et fortes précipitations affectant aussi le  Pas-de-Calais limitrophe, placé en vigilance orange pour "inondation" par Météo-France, avec des crues des rivières Lys, Lawe et Clarence. 


En début d'après-midi, 60 personnes ont été évacuées de 20 habitations dans la commune d'Arneke, et ont été regroupées dans une salle communale, ont indiqué les pompiers du Nord. 


Dans ce département, des voies publiques étaient aussi inondées dans les communes d'Esquelbecq et d'Eringhem, où une personne âgée invalide a été évacuée à titre préventif de son domicile. 


Dans le Pas-de-Calais en milieu de journée, les pompiers avaient procédé à 59 interventions de pompage, la plupart dans le secteur de Saint-Omer et notamment à Arques, ont indiqué leur service. 


Le département du Pas-de-Calais a été placé dimanche matin en vigilance orange pour "inondation" a indiqué Météo-France. 


Depuis la nuit de samedi à dimanche, "d'importantes précipitations tombent sur les Hauts-de-France et devraient perdurer jusqu'en début d'après-midi de dimanche", signalait le site Vigicrues. 


Dans le Pas-de-Calais, "les cours d'eau Lys amont et la Lawe-Clarence", des affluents de l'Escaut, "ont commencé à réagir à ces précipitations et des débordements localisés sont observés sur ces secteurs".


"Les niveaux de ces cours d'eau devraient continuer à monter cet après-midi et des débordements importants pourraient se produire" sur ces tronçons", mettait en garde Vigicrues. 


Dans ces conditions, "des inondations importantes sont possibles" pouvant affecter les conditions de circulation, l'alimentation en électricité ou submerger les digues, rappelle le site. 


Onze départements sont par ailleurs maintenus jusqu'à lundi en vigilance orange neige et verglas, a précisé Météo-France. Il s'agit de l'Ain, l'Isère, la Savoie, la Haute-Savoie, la Corrèze, la Creuse, le Puy-de-Dôme, l'Ariège, la Haute-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées.


Le Pen appelle Zemmour à se rallier à sa candidature

«Oui, bien sûr», a répondu la candidate RN à l'Elysée Marine Le Pen à la question «appelez-vous Eric Zemmour à vous rejoindre?». (Photo, AFP)
«Oui, bien sûr», a répondu la candidate RN à l'Elysée Marine Le Pen à la question «appelez-vous Eric Zemmour à vous rejoindre?». (Photo, AFP)
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  • Eric Zemmour, qui pourrait annoncer sa candidature à l'Elysée dans les tout prochains jours, s'est lancé en septembre dans la pré-campagne «sur une promesse qui était celle de pouvoir battre Emmanuel Macron»
  • Dans un sondage Ifop/Fiducial pour le Journal du dimanche et Sud-Radio, Emmanuel Macron (stable, entre 25 et 28%) et Marine Le Pen (entre 19 et 20%) seraient toujours en tête si l'élection présidentielle avait lieu dimanche

PARIS: La candidate RN à l'Elysée Marine Le Pen a appelé dimanche le polémiste Eric Zemmour à se rallier à sa candidature, estimant qu'il n'était pas en mesure de battre Emmanuel Macron à la présidentielle de 2022. 
« De manière générale, la mue de polémiste en candidat à la présidentielle ne s’est pas faite », a-t-elle affirmé au grand jury LCI/RTL/LeFigaro. Il « n'a pas l’air très à l’aise dans cet exercice », a-t-elle ajouté, en allusion au déplacement chahuté du polémiste à Marseille qui s'est terminé par un échange de doigts d'honneur avec une habitante.  
Eric Zemmour, qui pourrait annoncer sa candidature à l'Elysée dans les tout prochains jours, s'est lancé en septembre dans la pré-campagne « sur une promesse qui était celle de pouvoir battre Emmanuel Macron et donc de rassembler plus largement que moi. Cette promesse, aujourd’hui, clairement, elle n’est pas tenue », a-t-elle ajouté. 
« Oui, bien sûr », a répondu Mme Le Pen à la question « appelez-vous Eric Zemmour à vous rejoindre? ». « Il est maintenant clair que s’il n’est pas candidat je serais devant Emmanuel Macron au premier tour. Compte tenu du fait qu’au second je suis donnée à 46%, je pense que la famille nationale a la possibilité de gagner », a-t-elle ajouté, en référence au dernier sondage Ifop-Fiducial publié dimanche dans le JDD.  
Selon elle, Eric Zemmour « n’apporte pas une plus-value supplémentaire à nos idées. Je crois donc qu’il est temps de faire maintenant le rassemblement ». 
Dans un sondage Ifop/Fiducial pour le Journal du dimanche et Sud-Radio, Emmanuel Macron (stable, entre 25 et 28%) et Marine Le Pen (entre 19 et 20%) seraient toujours en tête si l'élection présidentielle avait lieu dimanche, alors que le candidat putatif Eric Zemmour perd deux à trois points en trois semaines (entre 14 et 15%). 


Uber affiche ses kilomètres pour ses dix ans en France

Les deux-tiers des passagers utilisent l'application fréquemment: 46% plusieurs fois par mois et 20% plusieurs fois par semaine, selon un sondage réalisé en ligne par Uber auprès 7 108 clients en novembre. (Photo, AFP)
Les deux-tiers des passagers utilisent l'application fréquemment: 46% plusieurs fois par mois et 20% plusieurs fois par semaine, selon un sondage réalisé en ligne par Uber auprès 7 108 clients en novembre. (Photo, AFP)
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  • La course la plus longue a été de 1 129 km: le client, parti de Marseille, a rejoint Plumieux, en Bretagne, le 30 mai 2020, peu après la levée du premier confinement. La course lui a coûté 1 607,91 euros
  • Les deux-tiers des passagers utilisent l'application fréquemment: 46% plusieurs fois par mois et 20% plusieurs fois par semaine, selon un sondage réalisé en ligne par Uber auprès 7 108 clients en novembre

PARIS : Lancée il y a dix ans en France, l'application Uber a assuré depuis 350 millions de trajets, attirant une clientèle jeune et plutôt féminine, a souligné la plateforme de mise en relation entre des chauffeurs indépendants et des usagers.

L'idée d'Uber a germé à Paris, un soir enneigé de décembre 2008, lorsque ses deux fondateurs, au sortir d'une conférence internet, n'avaient pas réussi à trouver un taxi. Quelques mois plus tard, en mars 2009, ils lançaient leur application à San Francisco. Elles est désormais présente dans plus de 10 000 villes dans le monde.

Uber revendique 5 millions de clients dans l'Hexagone en 2021, dans un communiqué publié dimanche.

Le plus grand nombre de courses réalisées en un jour sur Uber s'est élevé à 301 337. Il s'agissait du réveillon de la Saint-Sylvestre du 31 décembre 2019.

La course la plus longue a été de 1 129 km: le client, parti de Marseille, a rejoint Plumieux, en Bretagne, le 30 mai 2020, peu après la levée du premier confinement. La course lui a coûté 1 607,91 euros. Uber ne précise pas s'il a laissé un pourboire.

L'application, lancée le 5 décembre 2011 à Paris, a voulu en savoir plus sur ses clients à l'occasion de son anniversaire. Les deux-tiers des passagers utilisent l'application fréquemment: 46% plusieurs fois par mois et 20% plusieurs fois par semaine, selon un sondage réalisé en ligne par Uber auprès 7 108 clients en novembre.

Les passagers sont à 52% des femmes. Les deux-tiers (67%) des clients ont moins de 34 ans et 20% ont entre 35 et 49 ans.

Près de 80% des passagers utilisent l'application Uber pour rentrer de soirée et les deux-tiers (66%) pour sortir (bar, restaurant, cinéma). Ils sont 47% à déclarer choisir Uber pour ne pas conduire après avoir bu.

En dix ans, ce sont près de 70 000 chauffeurs VTC qui ont utilisé la plateforme Uber dont 30 000 actuellement.

Les chauffeurs ont 42 ans en moyenne, selon une étude d'Harris Interactive réalisée pour Uber. 47% sont de nationalité française mais au moins un de leurs parents est étranger et 30% sont eux-mêmes étrangers.

Ils sont 80% à souhaiter demeurer indépendants à l'avenir et seuls 18% préféreraient devenir salariés.

Cette consultation a été réalisée en ligne du 14 octobre au 2 novembre 2021 auprès de 2 284 chauffeurs utilisant Uber.