Il y a une «volonté commune d'intensifier davantage la coopération UE-Arabie saoudite», affirme Josep Borrell

Josep Borrell a utilisé un article de blog pour décrire sa visite à Riyad, avec des arrêts à Doha et à Abu Dhabi pour la Conférence sur la politique mondiale. (Photo fournie)
Josep Borrell a utilisé un article de blog pour décrire sa visite à Riyad, avec des arrêts à Doha et à Abu Dhabi pour la Conférence sur la politique mondiale. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Dimanche 03 octobre 2021

Il y a une «volonté commune d'intensifier davantage la coopération UE-Arabie saoudite», affirme Josep Borrell

  • L'objectif principal de la visite dans les capitales du CCG est de «faire progresser la coopération stratégique de l'UE avec les partenaires du Golfe»
  • Borrell exprime le «soutien de l'UE à la normalisation en cours des relations au sein de la famille du Golfe»

RIYAD : Ingénieur aéronautique de formation, économiste et professeur de mathématiques, Josep Borrell est entré en politique dans les années 1970 lors de la transition mouvementée de l'Espagne vers la démocratie. Avant d'être nommé haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères en décembre 2019, il a occupé plusieurs postes ministériels dans les gouvernements socialistes de Felipe Gonzales.

Dans un article de blog publié jeudi, Borrell a décrit sa visite à Riyad, avec des escales à Doha et à Abou Dhabi, comme une opportunité d'explorer la réaction à «un changement politique important» dans «une région dynamique» et de «développer de nouvelles formes de coopération» entre l'UE et le Conseil de coopération du Golfe.

Vous trouverez ci-dessous la transcription complète d'une interview qu'il a donnée à Arab News la veille de sa visite.

 

Q : Pouvez-vous nous parler des principaux sujets à l'ordre du jour de votre visite au CCG et, en particulier, de vos rencontres avec les dirigeants saoudiens?

R : L'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis sont des partenaires très importants pour l'UE. J'ai déjà rencontré ou parlé à beaucoup de mes homologues du Golfe, mais c'est ma première visite dans la région en tant que haut représentant de l'UE.

Mon objectif principal est de faire progresser la coopération stratégique de l'UE avec les partenaires du Golfe sur des questions mondiales, régionales et bilatérales d'intérêt commun. Cela inclut le changement climatique, mais aussi l'accès mondial aux vaccins et le soutien à «l'économie verte».

Je tiens également à souligner le soutien indéfectible de l'UE à la normalisation en cours des relations au sein de la famille du Golfe après une rupture qui a duré trois longues années et s'est terminée en janvier dernier lors du sommet d'AlUla.

img
Borrell lors d'un point de presse à Doha le 30 septembre 2021. (Photo, AFP)

Le GCC est l'un de nos plus anciens partenaires. Après plus de 30 ans de partenariat UE-CCG, nous devrions profiter de l'élan actuel pour donner à notre coopération une orientation plus stratégique.

Lors de mes réunions avec les partenaires du Golfe à New York la semaine dernière en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, j'ai partagé mon intention de convoquer un conseil de coopération conjoint au niveau ministériel au début de l'année prochaine, pendant la présidence saoudienne du CCG.

Mes rencontres à Riyad seront une partie essentielle de ma visite. L'Arabie saoudite est un acteur important sur la scène mondiale et multilatérale, et j'espère que ses engagements solides lors de la prochaine 26e Conférence des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP26), inspireront d'autres producteurs d'énergie.

Nous discuterons de la meilleure façon d'accompagner la transformation au niveau national et la diversification économique de l'Arabie saoudite, conformément aux objectifs de la Vision 2030 et avec l'implication des entreprises européennes.

Avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane Al-Saoud, j'ai l'intention de signer un accord de coopération qui reflète notre souhait mutuel d'intensifier encore notre coopération, et cela sera un instrument utile pour le faire. 

Q : Vous avez récemment rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian à New York. Quelles assurances vous a-t-il données sur le respect par Téhéran du pacte nucléaire de 2015? 

R : En tant que coordinateur du Plan d'action global conjoint (JCPOA), j'ai toujours été clair : nous devons revenir à la pleine mise en œuvre de l'accord, ce qui signifie un retour de Washington dans l'accord avec la levée des sanctions américaines connexes et le plein respect par Téhéran de ses engagements nucléaires. 

L'accord sur le nucléaire reste une réalisation primordiale en matière de sécurité. Sans elle, l'Iran aurait déjà pu développer des armes nucléaires, ajoutant encore une autre source d'instabilité à la région.

Évidemment, je suis préoccupé par la trajectoire négative des activités nucléaires iraniennes. C'est pourquoi il est crucial de reprendre les négociations à Vienne dès que possible et de là où nous nous sommes arrêtés le 20 juin.

Mon message au ministre des Affaires étrangères Amir-Abdollahian à New York était simple : la diplomatie demeure, sans aucun doute, la solution; retournons sans tarder à Vienne. 

img 2
Borrell, en septembre, où il a déclaré à Arab News qu'il était préoccupé par la trajectoire négative des activités nucléaires iraniennes. (Photo, AFP/Archives)

Q : Avez-vous l'impression que le nouveau gouvernement iranien, malgré sa réputation radicale, veut améliorer ses relations avec ses voisins arabes du Golfe ainsi qu'avec l'Occident?

R : La diplomatie offre la seule véritable voie pour régler les problèmes en suspens dans le Golfe et entre voisins. Je ne peux pas parler des intentions des autres gouvernements, mais j'ai remarqué qu’il y a plus de dialogue entre les pays de la région.

La conférence de Bagdad (pour la coopération et le partenariat) du 28 août et les pourparlers bilatéraux entre l'Arabie saoudite et l'Iran en sont des exemples. Ce sont des progrès positifs et j'ai été heureux de participer à l'événement de suivi de la conférence de New York récemment.

L'UE est prête à aider les pays de la région du Golfe à instaurer un sentiment partagé de sécurité et de coopération. En ce sens, l'accord nucléaire avec l’Iran est également crucial.

Je reste convaincu que si nous parvenons à préserver le JCPOA et à assurer sa pleine mise en œuvre, il peut devenir un tremplin pour répondre à d'autres préoccupations communes, notamment celles liées à la sécurité régionale.

Q : AUKUS, le pacte de sécurité trilatéral récemment élaboré entre l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, a été mal reçu par certains pays de l'UE. Comment aurait-il pu être mieux géré?

R : Il y a eu une nette déception en Europe quant à la manière dont ce problème a été traité. Nous sommes des amis et des alliés. Et je crois que les amis et les alliés doivent discuter entre eux.

Depuis l'annonce d'AUKUS, nous avons discuté avec nos partenaires américains. J'ai eu même une bonne réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le mois dernier à New York.

Nous considérons maintenant que cette situation est maintenant clarifiée. La preuve en est la déclaration conjointe entre le président français Emmanuel Macron et le président américain Joe Biden, dans laquelle les États-Unis ont reconnu que la situation aurait bénéficié de consultations ouvertes entre alliés.

img 4
Josep Borrell a utilisé un article de blog pour décrire sa visite à Riyad, avec des arrêts à Doha et à Abu Dhabi pour la Conférence sur la politique mondiale. (Photo fournie)

Il faut maintenant aller de l'avant. L'UE et les États-Unis ne peuvent pas se permettre d'être divisés. Nous sommes des partenaires uniques qui travaillent côte à côte sur de nombreux sujets mondiaux importants tels que la santé et le changement climatique, et nous sommes à l’œuvre pour l’intérêt de nos démocraties.

En outre, ces événements récents soulignent clairement la force de l'unité européenne et nous rappellent une fois de plus, la nécessité de réfléchir à la manière de bâtir, renforcer et faire progresser l'autonomie stratégique européenne.

L'Europe doit être plus unie en matière de sécurité et de défense. Si l'Union européenne mettait en commun ses capacités de défense en évitant les chevauchements, nous serions beaucoup plus efficaces dans de nombreuses crises mondiales.

Q : Le retrait militaire chaotique d'Afghanistan a créé une image de l'Occident comme non coordonné, divisé et peu fiable. Pensez-vous que la solution réside dans des dépenses de défense européennes plus élevées au lieu de continuer à dépendre de la puissance de feu américaine?

R : Il ne s'agit pas de choisir l'un ou l'autre, mais, tout à fait, l'Afghanistan a montré de manière frappante que le manque de la capacité de l'UE à agir de manière autonome, aura un prix à payer.

Je veux être clair : agir de manière autonome ne veut pas dire s'éloigner de notre partenariat transatlantique. Au contraire, une Union européenne plus forte en matière de défense signifie un partenaire plus fort pour les États-Unis et pour l'OTAN. Cela signifie être plus capable d'agir avec des partenaires dans la mesure du possible, et seul si nécessaire lorsque nos intérêts et nos valeurs sont en jeu. La seule voie à suivre est d'unir nos forces et de renforcer non seulement nos capacités, mais aussi notre volonté d'agir.

img 5
Lors de son entretien avec Arab News, Borrell a déclaré que l'Arabie saoudite est un acteur important sur la scène mondiale et multilatérale. (Photo, AFP/Archives)

Cela signifie renforcer notre capacité à répondre aux situations hybrides, combler les principales lacunes en matière de capacités, notamment le transport logistique, en augmentant le niveau de préparation grâce à une formation militaire conjointe et en améliorant de nouveaux outils.

Nous discutons de ce genre de propositions depuis de nombreuses années. J'espère que, si elles sont jumelées aux développements récents, cela créera une compréhension commune suffisante des défis et des menaces auxquels nous sommes confrontés de manière à mobiliser la volonté commune des États membres.

Q : Vous avez dit qu'il y a toujours «une forte demande et un besoin impérieux pour l'Europe de s'exprimer et de soutenir ses positions avec les instruments et les formes efficaces dont nous disposons». Une telle approche a-t-elle fonctionné en Libye, par exemple ? Cela fonctionnera-t-il avec les talibans?

R : La Libye et l'Afghanistan sont très différents. En ce qui concerne la Libye, l'UE et ses États membres conviennent de la nécessité d'organiser des élections le 24 décembre et de mettre en œuvre l'accord de cessez-le-feu, en particulier le retrait de toutes les forces étrangères.

À cette fin, nous avons mis en ordre plusieurs outils, notamment l'appui technique aux élections et les missions civiles à l'appui de l'accord de cessez-le-feu et pour la mise en œuvre de l'embargo sur les armes. 

L'Afghanistan se trouve à la croisée des chemins après des décennies de conflit. Nous devons apporter un soutien solide au peuple afghan, surtout à ceux qui sont présents dans la région.

Les pays de l'UE ont fixé des conditions claires qui déterminent le niveau d'engagement avec les talibans. Des pourparlers avec les talibans sont nécessaires afin d’éviter une tragédie humanitaire et contribuer à la protection des personnes vulnérables.

Ces pourparlers n'égalent pas la reconnaissance des Talibans. Il s'agira d'un engagement opérationnel et notre engagement dépendra plus que tout, du comportement de ce gouvernement intérimaire.

Q : Pensez-vous que l'UE et le CCG sont plus ou moins sur la même longueur d'onde par rapport aux principaux problèmes actuels du Moyen-Orient et de l'Asie centrale, de l'Iran et des réfugiés du Moyen-Orient, au Yémen et à l'Afghanistan?

R : Je pense que nous sommes tous intéressés par la stabilité, la sécurité et le bien-être de nos propres citoyens et de nos voisins. Cela devrait être un objectif commun de tous nos efforts et de notre coopération.

En ce qui concerne le Yémen, la communauté internationale, particulièrement le CCG, est unanime : nous voulons assister à la fin des combats et des souffrances du peuple yéménite. Je m'engagerai à fond sur le Yémen lors de ma visite à Riyad.

En ce qui concerne l'Afghanistan, il existe un vaste consensus international sur le fait que le pays ne peut pas devenir un exportateur d'instabilité, de terrorisme et de flux migratoires. Et ce sont les pays de la région qui seront les premiers touchés par les effets négatifs de tout débordement de la situation en Afghanistan.

C'est pourquoi l'UE essaie de s'engager et de coordonner son engagement et ses activités avec des partenaires dans les régions touchées. Les grands défis ne peuvent être résolus efficacement et durablement que par des efforts communs.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Dans une rare visite en Egypte, Xi appelle à combattre «les ingérences» au Moyen-Orient

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
Short Url
  • Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées
  • La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran

LE CAIRE: Le président chinois Xi Jinping, à l'occasion de sa première visite en Egypte en dix ans, a mis en garde mercredi contre les "ingérences extérieures" au Moyen-Orient, au moment où la région s'enfonce de nouveau dans la guerre.

Le conflit était au coeur des discussions au palais d'Al-Ittihadiya au Caire, Xi et son homogue égyptien Abdel Fattah al-Sissi appelant à des "solutions diplomatiques" pour mettre durablement fin aux hostilités.

"Nous devons défendre le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leurs propres affaires, nous opposer aux ingérences extérieures (...)", a déclaré M. Xi, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Il s'est aussi dit prêt à travailler avec les pays de la région pour assurer la sécurité de la navigation, ébranlée par les attaques régulières de navires dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Canal de Suez 

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières.

Les deux pays ont notamment signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise, qui accueille déjà 200 entreprises et représente environ quatre milliards de dollars d'investissements, selon les autorités.

Cette annonce, dont les détails financiers n'ont pas été dévoilés, permettra à Pékin de renforcer davantage sa présence dans la zone du canal de Suez, alors que la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran menace le commerce maritime mondial.

Une série d'accords supplémentaires ont été signés, sans que les autorités égyptiennes en précisent la teneur.

La venue du président chinois intervient au moment où Washington accroît sa pression sur les partenaires commerciaux de l'Iran.

Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées.

La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran.

Autonomie stratégique 

Dans le cadre de son offensive contre l'Iran lancée avec Israël fin février, Washington a juré le mois dernier d'asphyxier l'économie iranienne, menaçant d'élargir ses sanctions, qui pourraient également frapper des banques chinoises.

La Chine, grand acheteur de pétrole iranien, a de son côté promis de défendre ses intérêts.

A l'approche d'une rencontre annoncée entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump plus tard en septembre, Pékin cherche également à renforcer ses liens avec les pays de la région proches de Washington.

Or l'Egypte est l'un des plus gros bénéficiaires de l'aide militaire américaine et un médiateur historique clé au Moyen-Orient.

Selon des analystes, Le Caire compte utiliser cette visite pour mettre en avant son autonomie stratégique, en montrant qu'il peut tirer parti de ses relations étroites avec Washington comme avec Pékin.

Abdel Fattah al-Sissi, dans un texte publié mardi dans les médias égyptiens, a ainsi vanté sa "politique étrangère indépendante". Il a aussi assuré que ces deux membres des Brics étaient des "partenaires" pour "renforcer le rôle du Sud global", dans un monde de plus en plus polarisé.

"Générations d'amitié" 

Xi Jinping doit se rendre plus tard mercredi au Grand Musée égyptien près des pyramides de Gizeh.

A travers la mégapole de plus de 26 millions d'habitants, les grandes avenues ont été décorées de drapeaux chinois et égyptiens, ainsi que de panneaux montrant les deux présidents ou vantant des "générations d'amitié égypto-chinoise coulant comme le Nil".

Les investissements chinois jouent déjà un rôle clé dans les grands projets du président Sissi: ils ont financé le quartier des finances et des affaires, constellé de gratte-ciels, dans la nouvelle capitale administrative située à 50 km à l'est du Caire.

Pékin est un important exportateur vers l'Egypte, avec un excédent commercial atteignant 12 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2026, selon les douanes chinoises.

Les deux pays sont également liés par leur coopération militaire: l'Egypte qui, sous l'administration Sissi, est devenue l'un des plus gros pays acheteurs d'armes au monde, a accueilli en août d'importants exercices conjoints de combat aérien avec l'armée chinoise, mettant en scène le puissant chasseur J-16.


Liban: une frappe israélienne tue un homme dans le sud 

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Short Url
  • Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher
  • Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur Nabatiyé

BEYROUTH: Un homme a été tué et un autre blessé mercredi dans une frappe israélienne sur la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, a rapporté un média d'Etat, l'armée israélienne affirmant avoir visé des infrastructures du Hezbollah pro-iranien.

Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani.

De son côté, l'armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir "frappé des infrastructures terroristes dans la région de Nabatiyé", affirmant riposter "au lancement par le Hezbollah dans la nuit de deux drones d'attaques" contre ses soldats dans la région de la crête d'Ali Taher.

Les violences entre les deux parties ont baissé d'intensité depuis le mois de juin, à la suite d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran puis de la signature d'un accord cadre entre le Liban et Israël.

Mais 11 personnes avaient été tuées le 15 août dans des frappes israéliennes, les attaques les plus meurtrières depuis, et une femme a trouvé la mort la semaine dernière dans un raid israélien.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël le 2 mars en soutien à Téhéran, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

L'accord-cadre signé entre le Liban et Israël prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah est opposé aux négociations entre le Liban et Israël qui doivent en principe tenir une nouvelle session en septembre, dont la date n'a toujours pas été fixée.

Le groupe armé et financé par l'Iran avait déjà entraîné le Liban dans une guerre avec Israël en octobre 2023, en solidarité avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.

Au total, les deux guerres ont fait 8.920 morts selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.

 


«Nous ne nous retirerons pas», lance Netanyahu lors d'un déplacement à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
Short Url
  • "Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent"
  • Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre.

"Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent", a-t-il dit.

Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile, en vigueur depuis octobre 2025.

Lors de cette visite, la première depuis la trêve, M. Netanyahu a réitéré son objectif de "désarmer le Hamas et démilitariser Gaza".

"Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir, et nous l'achèverons", a dit le dirigeant, venu pour la dernière fois en avril 2025.

Ce déplacement intervient en pleine campagne pour les élections législatives en Israël, où la question du devenir de la présence israélienne dans ce territoire palestinien joue un rôle central.

Il se tient aussi au moment où le président américain Donald Trump tente d'arracher un accord pour tourner la page de la guerre déclenchée par Israël à Gaza après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le mouvement islamiste Hamas.

Confronté à un scrutin qui s'annonce très serré, M. Netanyahu a rejeté le mois dernier l'ultime étape du plan de paix. Le Hamas avait lui accepté le texte qui, dans sa version publiée par le "Conseil de paix", lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes.

Mais Israël refuse tout retrait militaire tant que le mouvement islamiste palestinien ne serait pas "véritablement" désarmé.

En dépit du cessez-le-feu, l'armée israélienne bombarde quasi quotidiennement le territoire palestinien.

Mardi, Israël a affirmé avoir arrêté le chef de la sécurité intérieure du mouvement islamiste palestinien Hamas lors d'une opération à Gaza.

Les opérations israéliennes y ont fait au moins 1.334 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.