Alexandra Palt : «Chez L'Oréal, nous sommes une entreprise féministe»

Alexandra Palt lors de l'interview exclusive avec Arab News en français. (Fournie)
Alexandra Palt lors de l'interview exclusive avec Arab News en français. (Fournie)
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Publié le Mardi 26 octobre 2021

Alexandra Palt : «Chez L'Oréal, nous sommes une entreprise féministe»

  • «Personne ne veut être seul dans la lutte contre le changement climatique»
  • «Le changement climatique n'est pas un problème local, c'est un problème planétaire»

Dans une interview accordée à Arab News en français, Alexandra Palt nous présente la stratégie commerciale de L'Oréal et l'impact du développement durable et du changement climatique, le rôle des femmes dans les affaires et la manière dont les entreprises doivent impliquer et responsabiliser les consommateurs afin qu’ils prennent des décisions plus conscientes et durables.

L’importance du développement durable dans la stratégie commerciale globale de L’Oréal

Le développement durable fait partie de l'orientation stratégique de L'Oréal. En 2013, Jean-Paul Agon (PDG de L'Oréal), a annoncé deux transformations majeures du XXIe siècle, la transformation numérique et la transformation durable. Cette dernière a été intégrée, non pas comme une initiative ou un projet, mais plutôt comme une transformation du modèle d'affaires. Un engagement à relever les défis auxquels l'humanité est confrontée aujourd'hui.

L'Oréal a atteint sa première génération d'objectifs de développement durable en 2020. L'entreprise a dépassé son objectif initial de 60 % pour l'activité industrielle, soit enregistrer une réduction de 80 % des émissions de carbone et améliorer l'empreinte environnementale de 95 % de ses produits, contre 85 % en 2019.

D'ici à 2025, 100 % des sites du groupe (usines, centres de distribution, bureaux et centres de recherche) seront neutres en carbone et utiliseront 100 % d'énergies renouvelables.

D'ici à 2030, 95 % des ingrédients de L'Oréal proviendront de sources biosourcées et 100 % du plastique utilisé dans les emballages des produits de L'Oréal proviendra de plastique recyclé.

En mai 2020, le groupe a lancé son programme de développement durable de 150 millions d'euros, «L'Oréal for the Future», une transformation plus radicale vers un modèle économique de plus en plus durable, contribuant à résoudre certains des défis environnementaux et sociaux auxquels le monde est confronté aujourd'hui. Cent millions d’euros ont été alloués à des investissements d'impact, via le Fonds L'Oréal pour la régénération de la nature, pour financer des projets de restauration d'écosystèmes naturels marins et forestiers endommagés ainsi qu’à des projets liés à l'économie circulaire.

L'Oréal a également créé un fonds de dotation caritatif de 50 millions d'euros, pour aider les femmes vulnérables à s'insérer socialement et professionnellement, prévenir les violences et apporter une aide d'urgence.

Une transformation portée par le plus haut niveau de gouvernance. «Le conseil d'administration de L'Oréal s'est engagé en faveur du développement durable qui nous fait prospérer dans la bonne direction», déclare Alexandra Palt.

Une transformation du cœur du groupe et son impact sur la chaîne d’approvisionnement

À la suite de l'engagement de L’Oréal pour améliorer l'empreinte environnementale de 100 % de ses produits en 2013, chaque nouveau produit introduit sur le marché voit son empreinte environnementale évaluée, en tenant compte de la formule, de l'emballage, de la fabrication et de la chaîne d'approvisionnement. Chaque développeur et distributeur de produits utilise l'outil SPOT (outil d'optimisation de produit durable) dans cette évaluation, pour déterminer l’empreinte environnementale du produit.

Impliquer les employés dans le processus, créer une culture orientée vers l'amélioration de l'empreinte environnementale et l'inclure comme mesure de performance, permet un changement organique et un changement des mentalités. La transformation se produit depuis le cœur en intégrant la durabilité dans les opérations quotidiennes.

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Alexandra Palt au Pavillon des femmes. (Fournie)

Le changement de mentalité s'applique également à la chaîne d'approvisionnement. Sur ce front, L'Oréal a réalisé des audits sociaux, réalisant plus de trois mille audits par an, depuis 2000, pour garantir que la chaîne d'approvisionnement soit éthique, responsable et durable.

«La durabilité consiste à changer la façon dont vous faites votre travail. Il ne s'agit pas simplement d'ajouter une étiquette indiquant que le produit est fabriqué de manière éthique ou respectueuse de l'environnement», précise Alexandra Palt. La durabilité conduit à davantage d'innovations dans les cosmétiques solides et les nouveaux matériaux d'emballage et de recharge.

La relation de L'Oréal avec ses fournisseurs commence par une lettre d'engagement éthique mutuel en ligne avec les valeurs, les principes éthiques et l'engagement du groupe envers la société et l'environnement. Des partenariats avec des fournisseurs existent également pour les accompagner dans la construction d'une stratégie de développement durable et pour réduire leurs émissions de carbone. À travers son programme d'approvisionnement solidaire, L'Oréal travaille également avec des organisations, employant des personnes issues de communautés défavorisées ou de communautés équitables. Les différents processus sont analysés par des commissaires aux comptes indépendants.

Women in business, Expo 2020 et le rôle des femmes dans la région

«Chez L'Oréal, nous sommes une entreprise féministe», déclare Alexandra Palt qui souligne que plus de 50 % des membres du conseil d'administration de L'Oréal sont des femmes, plus de la moitié de ses marques sont dirigées par des femmes et près de 60 % des postes de direction sont occupés par des femmes. «Vous pouvez demander aux femmes de découvrir votre œuvre, ou vous pouvez dire “nous construisons ensemble”. Chez L'Oréal, c'est le modèle “nous construisons ensemble” qui prévaut», précise Alexandra Palt.

L'engagement est de responsabiliser les femmes dans tous les domaines: dans la science à travers la fondation L'Oréal, et dans le climat à travers la marque L'Oréal et les formations Stand Up, la dernière en date à l'Expo 2020 Dubaï, et Burj Khalifa pour contribuer à la sensibilisation et à la lutte contre le harcèlement de rue, car les femmes seront touchées de manière disproportionnée par le changement climatique.

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Une projection de Stand Up sur la Burj Khalifa. (Fournie)

Lors de son séjour à Dubaï pour l'Expo 2020, Alexandra Palt a rencontré «des femmes incroyables, puissantes, fortes, résilientes. J'ai été impressionnée par mes collègues, les équipes, les femmes que j'ai rencontrées dans les conférences. Il est important d'écouter les femmes et de comprendre leur situation pour mieux répondre à leurs besoins, au lieu de définir leurs besoins.»

Sensibilisation des consommateurs à la durabilité, à l'évolution des modes de consommation et aux coûts et avantages associés

Les consommateurs aspirent à la durabilité et à des produits durables, mais les options disponibles sur le marché peuvent être séduisantes. «Nous avons une responsabilité mutuelle. Les consommateurs nous poussent à leur apporter des produits plus durables mais ils doivent aussi changer leurs comportements», déclare Alexandra Palt. «Ils doivent commencer à recharger, vérifier l’empreinte environnementale du produit, le recyclage, et être économe en énergie.»

Alexandra Palt au World Green Economy Summit. (Fournie)
Alexandra Palt au World Green Economy Summit. (Fournie)

«Les gens devraient comprendre qu'il n'y a pas d'autre option. Soit on fait cela, et on arrive à une économie décarbonée, soit la pandémie de Covid-19 était une petite crise par rapport à ce qui va suivre. La question n’est pas de savoir combien cela coûtera, mais combien cela coûtera si nous ne le faisons pas.» L'objectif est d'atteindre un espace d'exploitation plus sûr pour l'humanité qui serait autrement confrontée à des troubles sociaux et à une disparité accrue pour les personnes déjà défavorisées.

La dynamique de l'industrie

Il y a une tendance croissante de l'économie privée vers la durabilité, en particulier en Europe et aux États-Unis. «Personne ne veut être seul dans la lutte contre le changement climatique», souligne Alexandra Palt.

L'Oréal ambitionne de concentrer toute son activité dans les limites de la planète d'ici à 2030. Le rendez-vous de Glasgow (COP26) est la prochaine opportunité d’agir, pas seulement de prendre les mêmes engagements. «Le changement climatique n'est pas un problème local, c'est un problème planétaire. Nous devons prendre les décisions nécessaires maintenant, individuellement et collectivement.»


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.


Eric Trump affirme que les réformes boursières de l'Arabie saoudite attireront des milliards de dollars

 Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
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  • Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an
  • "Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump

RIYAD: Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, l'homme d'affaires, qui est le vice-président exécutif de la Trump Organization, a également fait l'éloge des récents projets de développement qui prennent forme à Riyad, en particulier à Diriyah.

Le Royaume a annoncé que ses marchés financiers seraient ouverts à tous les investisseurs étrangers à partir du 1er février, avec la suppression de restrictions telles que le cadre de l'investisseur étranger qualifié, qui exigeait un minimum de 500 millions de dollars d'actifs sous gestion, et l'abolition des accords de swap.

À propos de cette décision, M. Trump a déclaré : "Je pense que la nouvelle législation autorisant les investissements étrangers en Arabie saoudite va permettre à des milliards de dollars d'affluer sur le marché.

"Il est évident que l'ouverture des marchés boursiers eux-mêmes à de nouveaux investissements étrangers va entraîner l'arrivée de milliards de dollars supplémentaires sur le marché. Je pense que cela va aider le commerce, le tourisme et bien d'autres choses encore".

Selon M. Trump, l'environnement d'investissement en Arabie saoudite s'améliore au fil du temps, et de grandes marques du monde entier entrent sur le marché du Royaume pour en exploiter le potentiel.

Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an.

"Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump.

Un rapport publié par l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite en décembre a révélé que les entrées nettes d'investissements directs étrangers ont atteint 24,9 milliards de SR (6,64 milliards de dollars) au troisième trimestre 2025, ce qui représente une augmentation de 34,5 % par rapport à la même période de l'année précédente.

M. Trump a fait ces commentaires alors que le promoteur immobilier saoudien Dar Global a annoncé qu'il lancerait deux projets de luxe portant la marque Trump à Riyad et à Djeddah, d'une valeur totale de 10 milliards de dollars.

Ces projets comprennent le Trump National Golf Course et le Trump International Hotel dans le quartier de Diriyah à Riyad.

Commentant l'attrait de l'Arabie saoudite, M. Trump a déclaré : "La vision de la ville, la vision de ce qui se passe à Riyad, en particulier à Diriyah, est incroyable. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie".

Il a ensuite ajouté : "La vision de ce que sera le nouveau Riyad, et la vision de l'ensemble de l'Arabie saoudite qui continue à s'ouvrir - vous voyez toutes ces grandes réformes financières, qui devraient rendre inévitable l'augmentation des investissements en Arabie saoudite. C'est incroyablement excitant.

M. Trump a poursuivi en déclarant que "les meilleurs jours pour l'Arabie saoudite sont à venir", ajoutant : "Même depuis six ou sept ans que je viens dans le pays, ce qui a été construit, ce qui a été fait, est incroyable. Et je pense que le pays devrait être incroyablement fier de lui-même".


Aux Etats-Unis, la Fed menacée de poursuites par le gouvernement

Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a annoncé dimanche que la banque centrale américaine était menacée de poursuites par le ministère de la Justice, s'ajoutant à de multiples pressions face à son refus de céder aux injonctions de Donald Trump sur les taux d'intérêt. (AFP)
Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a annoncé dimanche que la banque centrale américaine était menacée de poursuites par le ministère de la Justice, s'ajoutant à de multiples pressions face à son refus de céder aux injonctions de Donald Trump sur les taux d'intérêt. (AFP)
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  • La Fed a reçu une convocation de la part du ministère de la Justice qui pourrait conduire à une mise en accusation au pénal, sur la base d'une de ses auditions en juin qui concernait un projet de rénovation du bâtiment de la Fed
  • Cette convocation s'inscrit selon lui dans le climat de pressions exercé par le président américain Donald Trump sur l'institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux

WASHINGTON: Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a annoncé dimanche que la banque centrale américaine était menacée de poursuites par le ministère de la Justice, s'ajoutant à de multiples pressions face à son refus de céder aux injonctions de Donald Trump sur les taux d'intérêt.

La Fed a reçu une convocation de la part du ministère de la Justice qui pourrait conduire à une mise en accusation au pénal, sur la base d'une de ses auditions en juin qui concernait un projet de rénovation du bâtiment de la Fed, a-t-il détaillé dans un communiqué.

Cette convocation s'inscrit selon lui dans le climat de pressions exercé par le président américain Donald Trump sur l'institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux, alors que l'inflation reste toujours au-dessus de sa cible de 2%.

"Cette menace n'est pas au sujet de mon témoignage. C'est un prétexte, la menace de poursuites est la conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans le meilleur intérêt du public plutôt que pour répondre aux préférences du président", a dénoncé M. Powell dans une vidéo publiée sur le site de la banque centrale.

Interrogé sur le sujet lors d'une interview accordée à la chaîne NBC, M. Trump assure qu'il "ne sai(t) rien à ce sujet. Je ne penserais même pas à le faire de cette manière. La seule pression qu'il doit sentir est dans le fait que les taux sont trop élevés. C'est la seule".

Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu'il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre 2,7 milliards prévus initialement, un chiffre que Jerome Powell dément.

Selon ce dernier, la vraie question est "de savoir si la Fed sera capable de continuer à déterminer ses taux en se basant sur les conditions économiques ou si la politique monétaire doit être dirigée par les pressions politiques et intimidations".

Avant même sa réélection, Donald Trump a accusé Jerome Powell, qu'il surnomme "trop tard", de ne pas agir suffisamment vite pour abaisser les taux et d'agir pour des motifs politiques et non économiques.

Une Fed sans président? 

Depuis son retour à la Maison Blanche, le républicain a continué à maintenir la pression, traitant notamment le président de la Fed de "nigaud" et cherchant le moyen de le licencier.

"J'ai servi la Fed sous quatre gouvernements, républicains et démocrates. A chaque fois, j'ai fait mon devoir sans peur ou faveur politique, concentré uniquement sur notre mandat. Je compte poursuivre le travail pour lequel le Sénat m'a confirmé", a insisté M. Powell.

Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié l'enquête d'attaque contre l'indépendance de la Fed. "Quiconque est indépendant et ne se contente pas de suivre Trump à la lettre fait l'objet d’une enquête", a-t-il dénoncé.

Le mandat du président de la Fed doit arriver à son terme en mai prochain, ce qui permettra à Donald Trump de le remplacer, potentiellement par son principal conseiller économique Kevin Hassett, considéré par les analystes comme le favori.

Mais le siège pourrait rester vacant "le temps que l'enquête suive son cours", a estimé le sénateur républicain Thom Tillis dans un communiqué, assurant qu'il ne confirmerait "aucune nomination pour la Fed, y compris pour son président tant que ce point juridique ne (serait) pas pleinement réglé".

"S'il existait encore le moindre doute sur le fait que certains conseillers au sein du gouvernement poussent pour mettre fin à l'indépendance de la Fed, ils sont désormais écartés. C'est à présent la crédibilité du ministère de la Justice qui est en jeu", a-t-il ajouté.

Si le président américain propose les candidats à un poste dans l'administration, y compris pour la banque centrale, ces derniers ne peuvent entrer en fonction tant que le Sénat n'a pas voté en leur faveur.

Outre Jerome Powell, Donald Trump a tenté de révoquer une autre responsable de la Fed, Lisa Cook, une décision repoussée momentanément par la Cour suprême.

Plus largement, le gouvernement américain a estimé en septembre dernier que le travail de la Fed devait faire l'objet d'une évaluation complète. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, estime qu'elle "doit changer de cap".