La Tunisie se dote d'un nouveau gouvernement

Mme Bouden a été nommée le 29 septembre, plus de deux mois après le limogeage le 25 juillet du Premier ministre Hichem Mechichi par le chef de l'Etat qui a également gelé le Parlement et pris en main le pouvoir judiciaire. (AFP)
Mme Bouden a été nommée le 29 septembre, plus de deux mois après le limogeage le 25 juillet du Premier ministre Hichem Mechichi par le chef de l'Etat qui a également gelé le Parlement et pris en main le pouvoir judiciaire. (AFP)
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

La Tunisie se dote d'un nouveau gouvernement

  • Après deux mois d'incertitudes, M. Saied a promulgué le 22 septembre un décret officialisant la suspension de plusieurs chapitres de la Constitution
  • Pour la première fois dans l'histoire du pays, la formation du gouvernement a été confiée à une femme, l'universitaire Najla Bouden

TUNIS: La Tunisie s'est dotée lundi d'un nouveau gouvernement, onze semaines après l'éviction du précédent cabinet par le président Kais Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs.

En pleine crise socio-économique et sanitaire et après des mois de blocage politique, M. Saied a invoqué le 25 juillet un "péril imminent" pour limoger le gouvernement et suspendre le Parlement avant de s'attribuer par décret de vastes pouvoirs le 22 septembre. Des mesures dénoncées comme un "coup d'Etat" par ses opposants et des ONG.

Pour la première fois dans l'histoire du pays, le gouvernement, qui a prêté serment devant M. Saied lors d'une cérémonie retransmise à la télévision, est dirigée par une femme, l'universitaire Najla Bouden, nommée le 29 septembre. 

Mais celle-ci ainsi que son équipe jouiront de prérogatives considérablement réduites après le coup de force présidentiel.

Dans un discours lors de la prestation de serment, Mme Bouden a affirmé que "la lutte contre la corruption sera le plus important objectif" de son gouvernement qui compte 25 membres, dont neuf femmes, outre sa cheffe.

Elle a ajouté que son équipe œuvrerait pour "redonner aux Tunisiens confiance en l'Etat" et "améliorer leurs conditions de vie". 

Seuls deux ministres dans le nouveau gouvernement, ceux des Affaires étrangères, Othman Jarandi, et de l'Education, Fethi Selouati, sont des rescapés de l'exécutif limogé. Le portefeuille de l'Intérieur a échu à Taoufik Charfeddine, un proche de M. Saied qui avait occupé ce poste en 2020 avant d'être limogé par l'ex-Premier ministre Hichem Mechichi.

«Dialogue national»

L'annonce du nouveau gouvernement survient au lendemain d'une nouvelle manifestation à Tunis contre les mesures d'exception décidées par M. Saied, à laquelle ont participé au moins 6 000 personnes dans la capitale Tunis.

Lundi, M. Saied a réaffirmé devant le nouveau gouvernement que les mesures qu'il a prises depuis juillet visaient à "sauver l'Etat des griffes de ceux qui le guettent, à la maison comme à l'étranger, et de ceux qui voient leur fonction comme un butin ou un moyen de piller les fonds publics".

"Ils ont allègrement pillé l'argent du peuple", a-t-il dit, sans identifier les parties visées par ses critiques.

M. Saied s'est engagé à jeter "dans le prochains jours" les bases "d'un dialogue national" destiné à sortir le pays de la crise.

En dépit de la nomination d'une Première ministre, c'est le chef de l'Etat qui sera le réel détenteur du pouvoir exécutif. Il présidera le conseil des ministres en vertu  "mesures exceptionnelles".

C'est la première fois dans l'histoire de la Tunisie, pays pionnier dans le monde arabe en matière des droits des femmes, qu'une femme est chargée de diriger le gouvernement.

Depuis la présidence de Habib Bourguiba qui leur avait aménagé un code de statut personnel en 1956 interdisant la polygamie et la répudiation et autorisant le divorce, la Tunisie est considérée comme le pays du Maghreb à l'avant-garde pour l'émancipation des femmes.

Inconnue

Des militantes des droits des femme ont salué la portée symbolique de la nomination d'une femme mais rappelé que M. Saied s'était par le passé illustré par des positions négatives sur l'égalité entre les sexes.  

Fin 2019, pendant la campagne électorale et une fois élu président, M. Saied s'est opposé à tout projet de loi mettant à égalité hommes et femmes dans l'héritage.

Complètement inconnue du grand public au moment de sa nomination et dépourvue d'expérience politique Mme Bouden, 63 ans, ex-directrice générale au ministère de l'Enseignement supérieur, n'a pas de compétences reconnues en économie non plus.

Très endettée et dépendante des aides internationales, la Tunisie fait face à une profonde crise économique et sociale -chute du PIB, forte inflation, chômage à près de 18%-, aggravée par la pandémie de Covid. 

Le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, principale force au Parlement suspendu, a jugé "inconstitutionnelle" la nomination de Mme Bouden.


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
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  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.

 

 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.