Fragmenté et embouteillé, le marché du streaming vidéo reste mouvant

Le logo Netflix affiché au siège social de la compagnie à Los Angeles, Californie. (Photo, AFP)
Le logo Netflix affiché au siège social de la compagnie à Los Angeles, Californie. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

Fragmenté et embouteillé, le marché du streaming vidéo reste mouvant

  • Sur le marché nord-américain, où des signes de saturation apparaissent, les consommateurs ont tendance à passer de plateforme en plateforme en fonction de leurs envies
  • Pour autant Netflix demeure «en très bonne position, même aujourd'hui, parce que c'est le seul service que beaucoup de gens pensent devoir avoir»

CANNES : Chaînes de télé, studios hollywoodiens, équipementiers, plateformes spécialisées: tout le monde veut sa part dans le streaming vidéo, toujours plus encombré, avec en ligne de mire Netflix, encore référence numéro un pour des consommateurs confrontés à une offre pléthorique.

A chaque saison, sa nouvelle offre de streaming: dernière en date, le lancement de HBO Max, filiale de WarnerMedia, en Europe dès fin octobre qui sera présente dans 27 pays du Vieux continent d'ici fin 2022. A horizon 2026, l'offre de streaming de HBO sera disponible "dans 190 territoires", a annoncé le géant américain la semaine dernière.

WarnerMedia, qui compte dans son giron HBO et CNN, espère bien bousculer le champion du secteur sur son terrain, fort de sa prochaine union en 2022 avec Discovery, maison-mère de Discovery Channel, HGTV, Food Network et Eurosport. En janvier, Discovery lançait aussi sa propre offre de streaming Discovery+ à travers le monde.

"Les cartes ne sont pas encore distribuées, le jeu continue d’être très évolutif", constate auprès de l'AFP Philippe Bailly, président de NPA Conseil, cabinet spécialiste des médias.

"Des offres continuent d'apparaître" tant dans les services de vidéo en ligne payants que dans le streaming gratuit financé par la publicité (AVOD) où des industriels comme Samsung ou LG ont aussi développé leurs propres projets, précise-t-il.

Roi Netflix, reine Disney

"En tant que pionnier, nous voyons beaucoup de nouveaux services qui copient notre modèle", a assuré lors du Mipcom, grand marché mondial de l'industrie audiovisuelle, Olivier Jollet, directeur général de Pluto TV international, plateforme née en 2014. 

Cette filiale de ViacomCBS, qui revendique 52 millions d'utilisateurs actifs dans 25 pays, propose des dizaines de chaînes thématiques avec une programmation pré-définie disponibles via internet. 

Pour son dirigeant, cette concurrence accrue témoigne d'un "avenir radieux" pour ce type de format "dans le monde du streaming".

Coté streaming payant, le marché est dominé par "le roi Netflix, la reine Disney et le prince Amazon", mais à l'échelle mondiale, il existe 130 plateformes représentant des acteurs locaux, régionaux et internationaux, a détaillé Frédéric Vaulpré, directeur de Glance, département médias internationaux de Médiamétrie, lors d'une conférence du Mipcom à Cannes.

Pour autant Netflix demeure "en très bonne position, même aujourd'hui, parce que c'est le seul service que beaucoup de gens pensent devoir avoir", décrypte auprès de l'AFP Julia Alexander, analyste stratégique senior chez Parrot Analytics.

Néanmoins, le géant californien "doit s'inquiéter que des sociétés comme ViacomCBS et NBCUniversal, qui aux États-Unis ont des services de streaming, (respectivement) Paramount+ et Peacock, vont associer une grande partie de leurs actifs en Europe". 

Fatigue du consommateur

"Ils vont trouver des moyens de codistribution en tant que grande plateforme, car leur catalogue de contenus est tellement demandé qu'ils ont plus de chances de s'attaquer à des géants comme Netflix s'ils choisissent cette voie", anticipe-t-elle.

Mais parallèlement les nouveaux entrants risquent d'"avoir du mal à trouver du nouveau contenu qui va attirer du monde". Ils peuvent se heurter à "une règle simple des services de streaming: les nouveaux films et émissions de télévision très attendus ont tendance à être des facteurs d'acquisition" de nouveaux abonnés.

Sur le marché nord-américain, Etats-Unis et Canada compris, où des signes de saturation apparaissent, les consommateurs ont tendance à passer de plateforme en plateforme en fonction de leurs envies, profitant de procédures de résiliation et d'abonnement flexibles, explique l'analyste. 

"La qualité du référencement et la facilité à trouver des contenus" seront parmi les prochains enjeux, d'après Philippe Bailly. Car la fatigue du client, perdu au milieu d'offres chaque fois plus foisonnantes, guette. Les nouvelles offres ne peuvent pas s'empiler mois après mois, estime-t-il.

Quand on est abonné à plusieurs plateformes, comment trouver simplement un programme que l'on veut voir ? Cette solution "n'existe pas aujourd'hui", constate M. Bailly. "Si on veut éviter de trop lasser le consommateur, il faudra revenir à quelque chose de plus simple".


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.