L'Iran va appliquer un impôt sur les fortunes immobilières

 «Les sanctions frappent durement l'économie iranienne. Les sources de revenus ont été réduites ces dernières années tandis que les dépenses courantes ont augmenté». (Photo, AFP)
«Les sanctions frappent durement l'économie iranienne. Les sources de revenus ont été réduites ces dernières années tandis que les dépenses courantes ont augmenté». (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

L'Iran va appliquer un impôt sur les fortunes immobilières

  • Pour l'Irna, «le principal défi consiste à identifier les propriétés et les actifs imposables afin d'empêcher l'évasion fiscale»
  • Le fisc avait estimé que l'évasion fiscale annuelle se monte à plus de 1000 000 milliards de rials (plus de 3,5 milliards d'euros)

TEHERAN : Le gouvernement ultraconservateur iranien va mettre en place un impôt sur les grandes fortunes immobilières pour combler partiellement un déficit budgétaire abyssal largement lié aux sanctions internationales.

Le budget pour l'année fiscale (21 mars 2021-21 mars 2022), adopté par le Parlement début mars, instaure une taxe sur les biens immobiliers cossus, indique l'agence officielle Irna. 

"Ces propriétaires vont être identifiés par l'administration fiscale et informés d'ici le 21 décembre du montant à payer", indique l'agence.

Cet impôt frappera les propriétaires des appartements ou villas dont la valeur estimée s'élève à au moins 100 milliards de rials (384 000 dollars au taux de la Banque centrale - BCI ou 332 000 euros).

Le système fiscal imposait jusque-là les revenus mais pas les biens immobiliers.

Pour l'Irna, "le principal défi consiste à identifier les propriétés et les actifs imposables afin d'empêcher l'évasion fiscale".

Le fisc avait estimé en juillet que l'évasion fiscale annuelle se monte à plus de 1000 000 milliards de rials (plus de 3,8 milliards de dollars ou 3,5 milliards d'euros).

Le budget de l'État s'élève, selon le taux de la BCI,  à environ 11 milliards de dollars (9,5 milliards d'euros). 

Mais, "nous estimons que le déficit budgétaire sera cette année supérieur à 50%", avait déclaré dimanche à l'agence de presse Ilna, le député Jafar Ghadéri, membre de la commission de la planification et du budget.

"Il faut que le gouvernement  présente des propositions sérieuses pour augmenter les revenus et combler les déficits", avait-il souligné.

Pour l'économiste iranien Bahman Arman, "les sanctions frappent durement l'économie iranienne. Les sources de revenus ont été réduites ces dernières années tandis que les dépenses courantes ont augmenté".

"Aussi, le gouvernement n'est pas en mesure de mener à terme ses projets, notamment dans la construction, et doit utiliser divers outils pour se financer", a-t-il expliqué à l'AFP. 

"Cependant, de telles lois peuvent nuire à l'investissement dans le logement. Elles ne résolvent que temporairement la question du déficit budgétaire car le montant récolté ne sera pas assez significatif pour le combler", dit-il.

Pour cet économiste, "le système fiscal en Iran est malade : il encourage les activités spéculatives (...) et ne conduit pas à la croissance économique, à l'emploi et à la baisse de l'inflation".


Des salariés de TAP Air Portugal manifestent à Lisbonne

Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État (Photo, AFP).
Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État (Photo, AFP).
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  • Des pilotes de TAP avaient déjà manifesté début août afin de s'opposer aux coupes salariales, prévues dans le plan de restructuration
  • Le plan de sauvetage de TAP prévoit notamment des baisses de 25% pour les salaires supérieurs à 1 410 euros jusqu'en 2025

LISBONNE: Des centaines de salariés de TAP Air Portugal ont manifesté mardi à Lisbonne contre les "erreurs" de gestion qui compromettent, selon eux, le succès du plan de restructuration de la compagnie aérienne renationalisée en 2020 à la suite de la crise sanitaire.

Des pilotes, des techniciens de maintenance ou encore des membres d'équipage, majoritairement en uniforme, ont défilé en silence jusqu'au ministère des Infrastructures qui a la tutelle des transports.

"Nous sommes des salariés mais également des contribuables", "les licenciements chez TAP reviennent cher": pouvait-on lire sur les pancartes brandies par un millier de manifestants, selon les organisateurs, qui ont participé à ce mouvement à l'appel de trois syndicats.

"Nous demandons au ministre de reconnaître" les "erreurs de gestion" de TAP, a déclaré Tiago Faria Lopes, président du syndicat des pilotes de l'aviation civile (SPAC).

Les syndicats reprochent notamment à la compagnie de "gaspiller les recettes" générées par la reprise du trafic aérien cet été en faisant notamment appel à des prestataires externes, après un plan de départs ayant entraîné une pénurie de personnel et de nombreuses annulations cet été.

Des pilotes de TAP avaient déjà manifesté début août afin de s'opposer aux coupes salariales, prévues dans le plan de restructuration, qu'ils estiment supérieures à celles des autres salariés de la compagnie.

Le plan de sauvetage de TAP prévoit notamment des baisses de 25% pour les salaires supérieurs à 1 410 euros jusqu'en 2025, ainsi qu'une réduction de la flotte de TAP et la cession de créneaux de décollage et d'atterrissage.

"Sans cet effort, nous n'aurions pas obtenu le feu vert de la commission européenne pour le plan de restructuration qui a permis de sauver TAP", a estimé la direction du transporteur portugais, rappelant que les syndicats avaient validé cet accord.

Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État, qui va injecter 3,2 milliards d'euros au total, en échange d'un plan de restructuration imposé par Bruxelles.

Alors que ce plan est "mis en œuvre avec succès", le ministère des Infrastructures a appelé mardi les salariés "au sens des responsabilités" afin de transformer TAP en une compagnie "rentable".


Le fonds souverain saoudien acquiert des actions dans Alphabet, Zoom et Microsoft

Le PIF se place actuellement au cinquième rang des plus grands fonds souverains du monde; ses actifs sont évalués à 620 milliards de dollars. (Shutterstock)
Le PIF se place actuellement au cinquième rang des plus grands fonds souverains du monde; ses actifs sont évalués à 620 milliards de dollars. (Shutterstock)
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  • Le PIF de l'Arabie saoudite a acquis des actions chez JPMorgan (3,9 millions d'actions) et BlackRock (741 693 actions)
  • Le Fonds d'investissement saoudien est également l'actionnaire majoritaire de la société Lucid Motors, dont le siège social se situe en Californie

RIYAD: Le Public Investment Fund (PIF), en l’occurrence le fonds souverain saoudien, a acquis des actions auprès des entreprises Alphabet, Zoom Video et Microsoft. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une sélection plus large d'actions américaines, et porte à quelque 40,8 milliards de dollars les investissements du fonds souverain saoudien au cours du deuxième trimestre.

Selon une déclaration de la US Securities and Exchange Commission (l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, NDLR), le PIF a acheté 213 000 actions de classe A dans Alphabet, 4,7 millions d'actions de classe A dans Zoom et 1,8 million d'actions dans Microsoft.

Le PIF de l'Arabie saoudite a par ailleurs acquis des actions chez JPMorgan (3,9 millions d'actions) et BlackRock (741 693 actions).

Le PIF a acquis également 6,3 millions d'actions dans Starbucks et d'autres actions encore notamment dans les sociétés suivantes: Adobe Systems, Advanced Micro Devices, Salesforce, Home Depot, Costco, Freeport-McMoRan, Datadog et NextEra Energy.

Fort de ses 620 milliards de dollars (1 dollar = 0,98 euro) d'actifs, le PIF occupe une place centrale dans la stratégie de l'Arabie saoudite visant à transformer l'économie en développant de nouveaux secteurs et en élargissant les sources de revenus au-delà du pétrole.

Une stratégie à deux volets est poursuivie par le PIF: créer un portefeuille international d'investissements et investir au niveau local dans des projets qui réduiront la dépendance du Royaume vis-à-vis du pétrole.

Outre les entreprises susmentionnées, le Fonds d'investissement saoudien est également l'actionnaire majoritaire de la société Lucid Motors, dont le siège social se situe en Californie. Aujourd'hui, plus de 60% des parts de ce constructeur de véhicules électriques appartiennent au PIF.

Durant le premier trimestre de cette année, le PIF a réduit de 22% la part des actions qu'il détient sur le marché américain: celle-ci se chiffre à 43,6 milliards de dollars, contre 55,9 milliards de dollars un trimestre auparavant.

La US Securities and Exchange Commission a révélé dans un rapport publié à la fin du premier trimestre que le PIF a baissé sa participation dans trois sociétés: Visa Inc, Plug Power et Walmart.

Le fonds a en revanche augmenté sa participation dans Take-Two Interactive, PayPal, Alibaba et Farfetch Ltd.

Les données publiées par le Sovereign Wealth Fund Institute au mois d'avril révèlent que le PIF se classe actuellement au cinquième rang des fonds souverains les plus importants au monde; ses actifs représentent un total de 620 milliards de dollars. 

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le gaz monte avec les craintes en Europe, le pétrole stable

Des tuyaux et des manomètres pour conduites de gaz à Open Grid Europe, l'un des plus grands opérateurs de réseau de transport de gaz d'Europe, à Werne, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
Des tuyaux et des manomètres pour conduites de gaz à Open Grid Europe, l'un des plus grands opérateurs de réseau de transport de gaz d'Europe, à Werne, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
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  • Historiquement, le prix du gaz n'a été plus élevé que lors de deux séances, début mars, quand les sanctions économiques contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont bouleversé le marché
  • Et l'impact de la crise énergétique semble désormais se profiler

LONDRES: Le prix du gaz grimpait mardi à son plus haut niveau en six mois en Europe où les inquiétudes sur l'approvisionnement énergétique s'intensifient, tandis que les cours du pétrole se stabilisaient.

Le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, prenait 4,72% à 230,50 euros le mégawattheure (MWh) vers 09H35 GMT (11H35 à Paris).

Historiquement, le prix du gaz n'a été plus élevé que lors de deux séances, début mars, quand les sanctions économiques contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont bouleversé le marché.

Et l'impact de la crise énergétique semble désormais se profiler: les factures de gaz vont augmenter en Allemagne.

Même si le gouvernement a promis lundi d'amortir le choc pour les plus modestes, à partir du 1er octobre, les importateurs pourront prélever 2,4 centimes de plus par kilowattheure (KWh) de gaz auprès des entreprises et des particuliers.

"Les gouvernements espèrent que de telles mesures suffiront à réduire la demande, et permettront à tout le continent de passer l'hiver", commentent les analystes de Deutsche Bank.

Très dépendante des importations de gaz russe, l'Allemagne est également confrontée à une sécheresse qui fait baisser le niveau du Rhin sous son niveau nécessaire au transport fluvial.

"Le niveau du Rhin est assez bas pour que les centrales à charbon, qui dépendent des barges pour leur amener le matériau de base, peinent à faire venir le carburant jusqu'à elles", commentent les analystes de UniCredit.

Du côté du pétrole, l'Union européenne (UE) a annoncé mardi qu'elle examinait la réponse de l'Iran à son compromis sur le dossier nucléaire, une étape cruciale qui pourrait marquer l'entrée de longues et difficiles négociations dans leur dernière ligne droite.

La perspective du retour des barils iraniens sur le marché a fait reculer les prix, d'autant que la faiblesse de l'économie mondiale promet une demande en berne.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdait 0,88% à 94,27 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre cédait quant à lui 0,53%, à 88,94 dollars.