Le Liban à cran avec un septième décès au lendemain des affrontements

Des Libanais assis devant un magasin à côté de fragments de verre brisé dans le quartier chrétien d'Ain al-Remmaneh, adjacent au quartier de Tayouneh, dans la banlieue sud de la capitale Beyrouth, le 15 octobre 2021, un jour après des affrontements meurtriers. (Joseph Eid/AFP)
Des Libanais assis devant un magasin à côté de fragments de verre brisé dans le quartier chrétien d'Ain al-Remmaneh, adjacent au quartier de Tayouneh, dans la banlieue sud de la capitale Beyrouth, le 15 octobre 2021, un jour après des affrontements meurtriers. (Joseph Eid/AFP)
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Publié le Vendredi 15 octobre 2021

Le Liban à cran avec un septième décès au lendemain des affrontements

  • Cinq des victimes relèvent des deux partis chiites, le Hezbollah pro-iranien et son allié le mouvement Amal, qui avaient organisé jeudi une manifestation devant le Palais de Justice de Beyrouth
  • Les formations chiites accusent le parti chrétien des Forces Libanaises d'avoir déployé des francs-tireurs sur les toits des immeubles environnants et d'avoir visé leurs partisans

BEYROUTH, Liban : Le Liban se prépare à inhumer vendredi les victimes des plus violents affrontements depuis des années dans le pays, dans une atmosphère tendue au lendemain de heurts qui ont secoué le centre de Beyrouth et ravivé le spectre de la guerre civile.

Un nouveau bilan fait état de sept morts vendredi après le décès d'un des blessés, selon le ministère de la Santé.

Cinq des victimes relèvent des deux partis chiites, le Hezbollah pro-iranien et son allié le mouvement Amal, qui avaient organisé jeudi une manifestation devant le Palais de Justice de Beyrouth pour exiger le remplacement du juge chargé de l'enquête sur l'explosion au port de la capitale l'an dernier.

Les formations chiites accusent le parti chrétien des Forces Libanaises d'avoir déployé des francs-tireurs sur les toits des immeubles environnants et d'avoir visé leurs partisans qui s'approchaient des quartiers chrétiens jouxtant le secteur.

Les Forces Libanaises ont démenti et réclamé une enquête officielle, accusant le Hezbollah d'avoir "envahi" les quartiers chrétiens.

Vendredi, le journal Al-Akhbar, proche du Hezbollah, a publié en première page un portrait du chef de la formation chrétienne, Samir Geagea, en uniforme nazi, avec une moustache à la Hitler, l'accusant d'avoir "planifié, préparé et exécuté un grand crime".

La tension restait vive vendredi, décrété jour de deuil national. L'armée libanaise s'est déployée en force dans le quartier de Tayouné, théâtre des affrontements, érigeant des barrages pour contrôler les voitures, selon des correspondants de l'AFP.

Les propriétaires des commerces et les habitants inspectaient les dégâts et nettoyaient les débris de verre. "Nous sommes revenus comme en 1975", a déploré Fawzi Saghir, un concessionnaire de voitures à Tayouné.

Jeudi, des centaines de miliciens d'Amal et du Hezbollah se sont déployés dans ce secteur proche du Palais de Justice, près de l'ancienne ligne de démarcation lors de la guerre civile (1975-1990).

Les circonstances exactes des violences restent confuses. L'armée a fait état "d'échanges de tirs" "au moment où les manifestants étaient en route pour protester". Le ministre de l'Intérieur Bassam Mawlawi a affirmé que des "francs-tireurs" avaient tiré sur les manifestants.

Le déluge de feu qui s'est abattu a terrorisé les habitants, ravivant le spectre de la guerre civile qu'ils croyaient avoir oubliée.

Moscou a appelé vendredi les acteurs de la crise à "faire preuve de retenue". La France a pour sa part appelé jeudi à "l'apaisement" et les Etats-Unis à la "désescalade".

Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a appelé à "cesser les actes provocateurs" et plaidé pour une "enquête impartiale" sur l'explosion.

- Crise gouvernementale -

Deux des victimes sont des membres du puissant Hezbollah et trois faisaient partie du mouvement Amal. Une mère de cinq enfants, tuée chez elle par une balle perdue, a été comptabilisée par le Hezbollah au nombre de ses "martyrs". Leurs funérailles sont prévues dans l'après-midi.

Ces violences viennent accroître la tension politique dans le pays, où le Hezbollah et ses alliés exigent le départ du juge Tareq Bitar qui, malgré les pressions, veut poursuivre plusieurs responsables dans le cadre de son enquête sur l'explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 (plus de 200 morts).

Mais les responsables politiques refusent d'être interrogés même si les autorités ont reconnu que les énormes quantités de nitrate d'ammonium qui ont explosé avaient été stockées pendant des années sans précaution.

La manifestation s'est produite après que la Cour de cassation a rejeté des plaintes de députés et ex-ministres à l'encontre de M. Bitar, lui permettant de reprendre ses investigations.

Mais le juge ne pourra pas le faire avant mardi, au moment où s'ouvre une nouvelle session parlementaire durant laquelle les députés jouissent de l'immunité.

L'affaire a provoqué la crise la plus grave pour le gouvernement de Najib Mikati depuis sa formation le mois dernier.

Une réunion du cabinet mardi a failli imploser en raison de la demande des ministres relevant des partis chiites de remplacer le juge, tandis que les autres membres du cabinet défendent la séparation des pouvoirs.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.